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01/14/2012: Suite au décès du frère Abbas Adoum Bakhit Haggar, chef de canton de Kobé nord, la famille et les amis au Canada et aux États-Unis présentent leurs sincères condoléances aux parents paternels et maternels du défunt. Que son âme repose en paix. 01/01/2012: Le CNR vous souhaite une bonne et heureuse année 2012. Happy New Year. 20/12/2011: intéressant article à lire sur la vente du pétrole tchadien. 11/11/2011: Tchad: violente manifestation des lycéens. 20/10/2011:le colonel Kadhafi, l'homme qui a gouverné la Libye, d'une main de fer, pendant 42 ans vient d'être tué à Syrte, sa ville natale. == 13/10/2011: Hachim Adoum Haggar, un opposant irréductible au régime de Deby, n’est plus! Il vient de décéder ce matin à Khartoum (Soudan) de suite de maladie. Que son âme repose en paix. 17/09/2011: les autorités soudanaises continuent de traquer les opposants tchadiens vivant en terre soudanaise pour les remettre, mains et pieds liés, au régime tchadien. La dernière arrestation en date est celle du syndicaliste Djibrine Assali. Cette chasse aux sorcières est une méthode illégale qui mérite d’être dénoncée vigoureusement. == 22/08/2011:La rédaction vous souhaite bonne et heureuse fête de la fin du ramadan. == 22/08/2011:Le régime tyrannique de Ghadafi s’effondre comme un château des cartes après 42 ans de pouvoir sans partage. Enfin, la rébellion, partie de Benghazi il y a 6 mois, entre à Tripoli, le dernier bastillon du régime. == 16/08/2011:Tchad: Idriss Deby reconduit son ancien PM et forme un gouvernement qui n’incarne en rien la fameuse renaissance tant clamée haut et fort == 09/05/2011:Idriss Deby se tape un record des 88,66% des voix aux élections présidentielles, ce qui n’a rien de surprenant aux yeux des Tchadiens. Seulement, les génies de la CENI ne se sont pas rendu compte que 88,66 + 5,32+ 6,03 = 100,1. Hop!

Nos martyrs


Les martyrs du CNR

Dans la lutte contre le regime dictatorial, clanique et de démission nationale de Deby, le CNR paya un lourd tribut. Sans pour autant dresser une liste exhaustive des militants du mouvement tombés sur le champ d'honneur, nous vous présentons quelques uns de nos martyrs.

Le colonel Abbas Koty Yacoub, premier Président du CNR assassiné le 22 octobre 1993 sur ordre du président Deby.

AkotyM. Abbas Koty Yacoub est né en 1952 dans le canton Dourène, sous/préfecture d'Iriba. Il avait fait ses études primaires à l'école d'Iriba avant de continuer son secondaire au lycée Franco-Arabe d'Abéché et au Lycée de Faya-Largeau puis au Lycée Félix Éboué de N'djamena.
Intéressé très tôt par le métier des armes, le jeune Abbas, titulaire d'un Baccalauréat série 4, entre à l'école militaire inter-armes des officiers de N'djamena en 1976 où il sort officier en 1978.
Révolté par la situation d'injustice sociale qui prévalait à l'époque, il refuse de servir le régime en place et décide de se mettre au service de la rébellion en rejoignant le Front de libération nationale du Tchad (Frolinat) en 1978. Très vite, il montre ses talents de stratège et de grand combattant en faisant preuve de combativité, de bravoure et d'un calme légendaire durant les combats. Estimé et admiré par ses camarades de lutte, il gravit rapidement les échelons du pouvoir en devenant successivement membre du Conseil provisoire de la révolution (CPR), membre de l'État-major et commandant de brigade de la ville de Faya lorsque le Frolinat s'en empare le 17 février 1978.
Membre des forces armées populaires (FAP) de Goukouni et du Conseil de la révolution, Abbas Koty occupa de février 1979 en juin 1982 les postes de directeur du cabinet militaire du président Goukouni Weddeye et commandant des régions militaires du Chari-Baguirmi, du Guéra, du Salamat et d'une partie du Ouaddaï.
En juin 1982, après la défaite du GUNT de Goukouni face aux Fan de Hissein Habré, Abbas se réfugie au Nigeria où il vécut jusqu'en 1985 sans pour autant renoncer à ses objectifs politiques. Resté fondamentalement hostile au régime de Habré, il profite de la politique de réconciliation nationale prônée en 1985 pour rentrer au pays.
En 1986, il fut nommé alors chargé d'affaires du Tchad auprès de la République du Soudan où il restera jusqu'en 1988 avant d'être rappelé. Son retour au Tchad avait coïncidé avec la période de la montée du mécontentement dans l'armée nationale tchadienne. C'est ainsi qu'il participera activement à l'Action du 1 avril 1989.
De part ses relations avec les Soudanais et les Libyens, Abbas joua un rôle de premier plan dans la réussite du Mouvement patriotique du salut (MPS). Membre du Bureau politique du MPS, il était chargé de la logistique. Nommé chef d'État-major en 1990, Abbas pesa de tout son poids pour calmer la contestation de Deby au sein du MPS et garder le mouvement uni. Il rentre victorieux à N'djamena, le 2 décembre 1990.
Monté au grade de colonel, Abbas Koty devint Chef d'État-major général de la nouvelle armée nationale tchadienne (ANT), en décembre 1990. Dans ses démarches de réorganiser l'armée, il se heurte au refus catégorique du président de la république.
En mai 1991, il rentre au gouvernement avec le porte-feuille de la Défense, des anciens combattants et de victimes de guerres, puis ministre des travaux publics et de transports. Après le congrès du MPS, le Colonel Abbas est élu également au comité exécutif du parti et responsable de la défense et de sécurité.
Le mécontentement au sein des anciens combattants écartés par Deby et le manque de volonté de ce dernier finirent par devenir la pomme de discorde entre les deux hommes.
En dépit de ses efforts pour trouver un terrain d'entente entre le président Deby et ses anciens camarades du MPS laissés pour compte, le colonel Abbas Koty sera accusé d'avoir fomenté un coup d'État contre le gouvernement, le 18 juin 1992. Réfugié au Cameroun, il crée avec d'autres camarades, le Conseil national de redressement du Tchad (CNR) un mouvement d'opposition au régime du Président Deby, le 21 juin 1992. A son congrès constitutif de Maroua (Cameroun) en novembre 1992, le mouvement élit le colonel Abbas, Président du CNR.


M. Bichara Digui Arou, membre du Bureau politique, Responsable du département des affaires économiques et financières du CNR, assassiné le 16 août 1996 sur ordre du Président Deby.

DiguiM. Bichara Digui Arou est né en 1949 à Kouba (sous/préfecture d'Iriba). Il a fait ses études primaires à l'école d'Iriba avant d'entrer à l'école normale des instituteurs de Bongor (Mayo-Kebbi). Sorti diplômé en 1969, il était mis à la disposition de l'inspectorat du Chari-Baguirmi. Son premier poste d'affectation fut à Massakory.
Enseignant consciencieux, profondément attaché à la liberté, à la justice et ayant un franc parler, le jeune enseignant Digui ne tardera pas à entrer en conflit avec sa hiérarchie notamment avec l'inspecteur du Chari-Baguirmi. Ce dernier profitera de sa position et de ses relations au niveau du gouvernement d'alors pour le faire licencier arbitrairement de la fonction publique pour «indiscipline et non respect de la hiérarchie».
Révolté par cette décision injuste, Bichara Digui tourne carrément le dos à l'enseignement et rentre dans le privé où il obtint un poste à la coopérative des transports tchadiens (CTT).
En 1978, il bénéficie d'une bourse d'études au Canada pour faire l'Administration et Gestion des Finances, dans la ville des Trois-Rivières. De retour au Tchad, il offre ses services à la compagnie nationale Air-Tchad. Nommé directeur général adjoint, il restera jusqu'en 1985 avant de quitter pour s'occuper de ses propres affaires.
Ayant le contact facile, très connu dans les différents milieux tchadiens, M. Bichara Digui va rapidement diversifier ses affaires dans les domaines du commerce du pétrole, le bâtiment et le transport...
Son esprit d'indépendance et son franc parler firent de lui l'opposant de différents régimes politiques qui se sont succédés au Tchad (de Tombalbaye en passant par Goukouni, Habré et Deby).
Lassé d'être visé constamment pour son esprit d'indépendance par le régime de Deby, Digui décida de s'engager ouvertement dans la politique en participant à la création du Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès (RDP). Membre fondateur, il entre au Directoire du RDP et devient membre de la commission économique et financière.
Très vite, il s'attire les foudres de Deby qui n'accepte pas qu'un membre de l'ethnie Zaghawa puise aller militer dans un parti autre que le MPS. Malgré les intimidations et menaces, Bichara Digui était resté fidèle à ses engagements politiques.
Pour se débarrasser de lui, le régime l'accusa de fomenter un coup d'État en complicité avec le Colonel Abbas, en juin 1992. Réfugié au Cameroun, il participe à la création du Conseil National de Redressement du Tchad (CNR), un mouvement politico-militaire d'opposition au régime du président Deby, le 21 juin 1992. Élu membre du Bureau politique du CNR au Congrès de Maroua, il fut chargé du département des affaires économiques et financières du mouvement.
Fervent opposant des accords de Tripoli, Bichara Digui accompagna le colonel Abbas en N'djamena le 15 août 1993 pour entamer des discussions sur la paix et la réconciliation avec les trois institutions issues de la conférence nationale souveraine.
Le 22 octobre 1993, Deby fit assassiner le colonel Abbas, arrêta puis jeta Bichara Digui en prison sans jugement. En prison, Deby use toute sorte de pressions physiques et morales pour obtenir la soumission de Digui mais en vain. Car, Bichara préféra moisir dans les geôles de Deby que de renier ses opinions politiques.
Sous la pression des organisations de défense des Droits de l'Homme, Bichara fut libéré en décembre 1994. Aussitôt libre et en attendant une possibilité de rejoindre le CNR, il décida de militer au sein de son ancien parti politique, le RDP, aux prix de sa vie.
Persuadé de ne pouvoir arriver à faire changer Bichara Digui d'opinion, le président Deby décida alors de l'éliminer physiquement. Il a commencé d'abord à lui proférer directement des menaces de mort, à l'isoler ensuite et enfin de le faire assassiner le 16 août 1996, par un commando composé de trois personnes devant son domicile de Klep-Matt, à N'djamena.
M. Bichara Digui Arou était un nationaliste convaincu, un homme d'une générosité et d'une sociabilité inégalables. Marié et père de seize (16) enfants, il fut un père de famille exemplaire dont son seul défaut était d'avoir eu le courage de signifier clairement à Deby qu'il refuse de collaborer à sa politique dictatoriale et clanique.


Biographie de Yacoub Aldaris Ibrahim

AdarisLe colonel Yacoub Aldaris Ibrahim est originaire de Batha, plus précisément de la sous- préfecture de Haraze-Djombo. Ancien cadre du CDR puis des forces armées tchadiennes, il rejoint le MPS en 1990. Après leur arrivée en décembre, il fut nommé commandant de la région militaire de Chari-Baguimi. Mais très vite il se trouva en désaccord avec les méthodes claniques de Deby et se range du côté du colonel Abbas Koty Yacoub pour réclamer les droits des militaires lésés par le régime.
Grièvement blessé aux combats du Lac en 1992, il fut évacué vers l'Égypte pour des soins médicaux. Après les événements de 18 juin 1992, il entra en contact avec le CNR en août 1992, au Caire (Égypte).
De retour au Tchad, le commandant Yacoub prit ses distances vis-à-vis du régime et s'attela activement à la sensibilisation et à la mobilisation des combattants en faveur du CNR. A la suite de l'assassinat du colonel Abbas le 22 octobre 1993 avec qui il avait des contacts suivis, le commandant Yacoub, accompagné de quatre officiers, quitta le Tchad pour rejoindre la direction politique du CNR, en Libye. Arrêté à Sebha puis transféré à Tripoli où il fut emprisonné avec le reste des membres du Bureau politique du CNR jusqu'en 1995.
Nommé inspecteur général des forces armées du CNR, le Bureau politique réussit à le faire évader du camp de détention pour le Soudan où il rejoignit les forces combattantes du mouvement à la frontière tchado-soudanaise.
Usant de ses anciennes relations dans les milieux arabes vivant dans la zone opérationnelle, le commandant Yacoub redonna un nouveau souffle au maquis et joua un rôle déterminant dans le rapprochement des forces du CNR avec les éléments de l'ANT/TD commandés par Bachar Abdoulaye, ancien maire de la ville de N'Djamena.
Arrêté par la police soudanaise en même temps que le commandant Ibrahim Souleyman à El-Géneina en 1996, le commandant Yacoub Aldaris Ibrahim fut livré aux responsables de l'État-major de l'armée Tchadienne. Ces derniers les exécutèrent sans procès entre Adré et Abéché.
Père de famille, le commandant Yacoub Aldaris Ibrahim était connu pour sa bravoure, sa droiture et son amour de justice.





Biographie de Mahamat Issakha Fouzari dit «Koché»

KocheyLe jeune Mahamat Issakha Fouzari, connu sous le nom de Koché Issakha, était originaire du B.E.T. Il rejoignit très tôt la cause du CNR et en fut l'un des fondateurs. Malgré son jeune âge, il fit preuve des qualités de bravoure, de discrétion et d'engagement militant. Nommé aide de camp du président du CNR en 1992, il s'acquitta avec efficacité et confiance les «missions de courrier» entre Maroua et N'djamena que le Bureau politique lui confiait. Il fut de toutes les luttes : Du Tchad en passant par le Cameroun, le Niger, l'Algerie et la Libye.
Après l'accord de Tripoli, Issakha Koché accompagna le colonel Abbas à N'djamena le 16 août 1993. Le 22 octobre 1993 Deby fit assassiner le colonel Abbas et fit arrêter Issakha Koché par sa garde prétorienne en même temps que l'autre aide de Camp, Issakha Koty Yacoub. Jeté en prison, le jeune Issakha Koché fut enlevé de sa cellule en pleine nuit, une semaine après, par des proches de Deby puis exécuté extrajudiciairement.
Koché était un jeune calme, très intelligent, sociable et digne de confiance. Il manquera certes à sa famille mais aussi beaucoup au mouvement. Ce jeune célibataire, passionné de justice nous restera à jamais dans nos cœurs.