Les interviews


Interview du Dr LEY-NGARDIGAL Djimadoum, Président du Comité chargé de l’organisation de la Conférence nationale inclusive de paix (COPORT)

 « Nous ne voulons pas donner des faux espoirs  ou vendre des illusions à notre  Peuple  martyr  quand toutes les   démarches ne seraient pas  ficelées et que nous serions sur le point d’une  concrétisation éminente de ce projet »                                                                                                              .  Dr  LEY- NGARDIGAL Djimadoum

Hier le 1er mars devait se tenir à Addis Abéba en Ethiopie la Conférence de Paix inclusive mandatée au COPORT.La Conférence n’a finalement pas eu lieu à cette date consensuelle retenue par la conférence de l’opposition plurielle. Interviewé par Ialtchad Presse, Dr LEY-NGARDIGAL Djimadoum ,Président du Comité chargé de l’organisation de cette Conférence a bien voulu faire le point sur cette question.                                                                                                                                Brahim  Wardougou

Ialtchad : Vous étiez le vice-président du COPORT (Comité chargé de l’organisation de la conférence nationale inclusive de paix), aujourd’hui vous assurez la présidence, des missions qui sont assignées au COPORT où en êtes vous ?
Dr LEY-NGARDIGAL Djimadoum : Nous remercions infiniment la rédaction de Ialtchad de nous avoir offert cette opportunité, en notre qualité de Président du COPORT pour faire le point sur la mission qui nous a été confiée par la Conférence de l’Opposition plurielle des 28 et 29 Octobre 2006 à Paris.
Notre mission première est l’application de l’une des résolutions de ladite Conférence, en l’occurrence l’organisation de la conférence nationale inclusive de paix. Le Comité avait commencé à peine à prendre des contacts avec les dirigeants de certains Etats et institutions internationales, que le début prometteur du travail fut perturbé  par la démission de M.Ahmat Yacoub qui a crée une vaste confusion au sein l’opinion nationale et internationale. Eu égard à l’enjeu fondamental  de la question de paix  pour le Peuple  tchadien, nous ne nous sommes pas laissés décourager. Le Bureau du COPORT a pris le taureau par les cornes. Des contacts et entretiens tous azimuts ont été établis  entre le COPORT et les Partenaires internationaux  dont les implications  dans l’organisation de la Conférence de Paix inclusive le 1er mars 2007 à Addis Abéba  nous sembleraient indispensables. Je voudrais  rappeler que lors de la Conférence de l’Opposition plurielle à Paris, des vives discussions ont fusé autour de la question de cette date qui semblerait trop proche et du lieu. Nombre de Conférenciers ont estimé que nous ne devons pas imposer une date à nos partenaires car nous ne connaissons pas leurs agendas, de plus ne pouvons présager de leurs accueils.  Le consensus retenu était  de proposer la date de 1er mars 2007 à Addis Abéba, siège de l’Union Africaine au détriment de Dakar qui n’a pas eu la faveur des Conférenciers pour cause d’hébergement de l’Ex président Hissein Habré qui vit en exile depuis 17 ans au Sénégal. D’autres Conférenciers ont réfuté le Sénégal car pour ces derniers, ce pays appartiendrait à la Françafrique et que son régime serait plutôt favorable au Président Déby. Selon eux l’Ethiopie, anglophone serait neutre et  recevrait leur  préférence.    
Le COPORT poursuit  inlassablement son travail en collaboration avec les partenaires internationaux. Nous tenons à préciser en toute humilité que les enjeux du problème tchadien  focalisent des intérêts divergents extérieurs. Ces derniers obéissent à des agendas que notre modeste institution ne saurait prétendre imposer  définitivement ni la date et ni le lieu. Nos interlocuteurs exigent de nous de la discrétion car ils estiment que des tractations diplomatiques efficaces ont besoin de cela. C’est en conformité avec le souhait de nos partenaires que vous pouvez constater vous-même que le COPORT reste discret sur son travail. Nous ne publierons jamais sur sites les échanges de correspondances écrites entre le COPORT et certaines très hautes personnalités internationales.     Le silence et le travail de fourmi que mène le COPORT ont conduit certains milieux, animés de souhait d’échec pour notre mission, de pérorer la disparition du COPORT et de son échec. Le COPORT n’est pas en mal de notoriété publique et ne se livrerait jamais à une sorte de concurrence malsaine ou de surenchère  médiatique par diffusion sur web des rencontres, contacts et entretiens avec nos partenaires internationaux. Nous ne voulons pas donner des faux espoirs  ou vendre des illusions à notre Peuple martyr quand toutes les démarches ne seraient pas ficelées et que nous serions sur le point d’une concrétisation éminente de ce projet.
En conclusion, des contacts positifs se poursuivent entre le COPORT et les partenaires internationaux qui sont par ailleurs, favorables à un report de la Conférence nationale de paix inclusive, initialement prévue pour le 1er mars 2007 à Addis Abéba (Ethiopie) à une date qui sera fixée ultérieurement en conformité avec les agendas diplomatiques.  

Ialtchad :  Dans l’une de vos résolutions vous parlez de la nécessité de coordonner les actions des politico-militaires, en quoi cela aidera une conférence de paix qui semble être la mission principale du COPORT ?
Dr LEY-NGARDIGAL Djimadoum : Chers Compatriotes, une expression populaire dit « qui veut la paix, prépare la guerre. Dans le cas des Forces de résistance tchadienne, elles n’ont jamais préparé la guerre. Elles sont contraintes par le Général-Président Idriss Déby Itno à prendre les armes pour se défendre, elles  s’opposent à la répression et aux crimes institutionnalisés par le pouvoir. La résolution dont vous faites allusions n’est qu’une contre-mesure légitime face au pouvoir qui dilapide les ressources pétrolières  dans l’achat des armes. Serait-il logique que les Forces de résistance restent divisées, par conséquent faibles et seraient exterminées par le bulldozer gouvernemental ? Une Conférence de Paix inclusive ne peut avoir lieu sans les Forces de résistance nationale ou en présence des cadavres de ces dernières. Elles sont objectivement incontournables et doivent s’unir pour renforcer leur capacité de défense  et d’existence.
Le COPORT ne fait pas l’apologie de la guerre et de la violence  mais souscrit au droit des Peuples à l’autodétermination et à lutter contre toutes les formes d’oppression y compris par la lutte armée qui est reconnue par la déclaration d’Alger de 1976.
De plus, les politico-militaires présents massivement à la Conférence de l’Opposition plurielle de Paris, ont pour la première fois, souscris publiquement à la résolution proposant la tenue d’une Conférence de Paix. N’est-ce pas là une volonté réelle de paix ? Alors que le Général-Président Idriss Déby Itno continue de clamer qu’il ne négocierait pas avec les opposants armés. Le COPORT poursuit son travail de catalyseur pour la paix.
Ialtchad : Quelles sont aujourd’hui les épreuves auxquelles le COPORT se heurte; s’il y en a, comment comptez vous relever ces défis ?
Dr LEY-NGARDIGAL Djimadoum : Le COPORT est confronté à plusieurs problèmes: Tout d’abord, la crise structurelle  dont j’avais évoqué plus haut  mais qui est surmontable car notre équipe s’abstient de répondre aux surenchères verbales, aux actes de sabotage et autres provocations. Nous estimons que ces petites contradictions secondaires doivent s’effacer au profit  de la tenue d’une Conférence de Paix globale inclusive. Nous nous retrouverons tous un jour malgré nos animosités secondaires, afin de bâtir notre pays.
La seconde épreuve à laquelle le COPORT est confronté et la plus importante par ailleurs, est celle  de la disponibilité et de l’agenda réel des partenaires internationaux. Le COPORT est dans la phase ultime de persuasion de nos  partenaires. Les perspectives sont meilleures. Ce qui se traduirait  par des missions d’une délégation du COPORT dans certains pays.
 
Ialtchad :  Pourquoi l’ex-président du COPORT Ahmat Yacoub a t-il démissionné ?
Dr LEY-NGARDIGAL Djimadoum : La démission du COPORT de M. Ahmat Yacoub est un non-événement  car l’intéressé  a tenté de justifier son acte dans son interview. Dans ma longue lettre explicative de mon départ de mon poste de Rédacteur en chef du journal web  Alwihda et dont le Directeur Général est M.Ahmat Yacoub, j’ai expliqué avec de détails précis la genèse de ma décision  relative au comportement  de ce dernier qui voulait  affilier le COPORT à Alwihda, et  que ces deux entités devraient être au service de ses ambitions inavouées. Dès lors que les Membres  du COPORT s’opposent à cette hégémonie et orientation sournoise et de mépris, M. Ahmat Yacoub  n’a  pas pu résister à ce qu’il considère comme un affront : il démissionna sans consultations préalables et nous l’avons appris comme vous sur son site Alwihda. Dans sa furie guerrière, il s’était livré à des attaques personnelles contre nous sur son site en exploitant de surcroît de manière honteuse les conflits internes de notre Parti, l’ACTUS. Nous ne nous sommes jamais immiscés dans les conflits internes de son Parti, le FNTR. De plus, nous avons évité de polémiquer en nous  abstenant de répondre à toutes ces insanités, propos orduriers autres manœuvres grossières de bas étages dont nous sommes victimes.
M. Ahmat Yacoub a démissionné du COPORT, c’est son droit absolu. Cependant, le cynisme dont il fait preuve, est sa propension à déployer sournoisement son talent pour détruire le COPORT. Son insistance auprès d’un Membre du Bureau du COPORT de démissionner témoigne si besoin en était, de la stratégie de sabotage de la mission confiée au COPORT. Il est aidé en cela par certains de ses amis qui ont passé leur temps à convaincre une partie des Membres du COPORT à rendre le tablier ou à boycotter nos réunions. La palme  d’or de ce travail de destruction du COPORT revient à un membre du cercle de M.Amat Yacoub qui a eu recours à l’arme tribale et confessionnelle pour persuader ses coreligionnaires de quitter le COPORT en faisant des déclarations ahurissantes : «…vous avez fait un coup d’état contre votre frère Ahmat Yacoub afin de donner le pouvoir à un Kirdi, le sudiste Dr Ley-Ngardigal Djimadoum qui travaille pour Yorongar...
Rappelons pour mémoire que le Dr Ley-Ngardigal Djimadoum a été démocratiquement élu Vice-Président du COPORT par la Conférence de l’Opposition plurielle les 28-29 octobre 2006 à Paris. Il fut par la suite encore élu démocratiquement Président du COPORT par les Membres à l’Assemblée générale extraordinaire du 16 décembre 2006 de Paris-la Défense suite à la démission de M.Ahmat Yacoub.
Enfin, Nous sommes Secrétaire Général de l’ACTUS, un Parti d’opposition qui entretient de relations avec bon nombre de Partis politiques démocratiques, des polititico-militaires et la société civile qui luttent aussi contre la dictature du Général-Président Idriss Déby Itno. Affirmer que nous travaillons pour les Leaders de toutes ces organisations, relève de la mauvaise fois tribale. Il n’y a qu’un pas que tout esprit équilibré, militant et patriotique n’oserait  franchir. Ces Opposants qui prétendent lutter contre la dictature du Général-Président Idriss Déby n’observent en réalité aucune règle élémentaire de déontologie démocratique dans une petite structure qu’est le COPORT. Alors que pourrait-on attendre de mieux avec la persistance d’une telle culture antidémocratique à l’échelle nationale  s’ils arrivaient aux commandes de l’Etat ?
Comment expliquer cet acharnement de M.Ahmat Yacoub et de ses amis de vouloir détruire à tout prix les initiatives de Paix du COPORT en semant la confusion auprès des partenaires internationaux et de l’opinion publique nationale ? N-a t-il pas déclaré à un Membre du Bureau du COPORT à propos des articles de dénigrements de notre Comité sur Alwihda, que cela ne le dérangeait  guère si on frappe sur le COPORT ? Pourquoi tant de haine, de manœuvres dilatoires, des coups bas, de souhaits formulés pour qu’échoue la mission du COPORT ? Ce milieu veut-il réellement la Paix et quel type de paix ? et  pour qui ? Pourquoi se réjouir dans le cas d’un échec d’une conférence de Paix ?     
Chers Compatriotes, vous pouvez vous-même faire le constat terrifiant du combat immense que le COPORT se doit de livrer contre les visées de destruction endogène d’un certain milieu hostile injustement à son existence. Cependant, cette manœuvre pour saborder le COPORT est mise en échec par la solidarité inébranlable de ses membres dont le patriotisme et le militantisme  transcendent les clivages ethniques, confessionnels, régionalistes. Nous tenons ici à exprimer notre profonde gratitude à tous ceux qui  à nos côtés contribuent positivement à nous aider de poursuivre notre mission  malgré la déferlante campagne insensée pour discréditer le COPORT.  
Ialtchad : Dernièrement, Ahmat Yacoub président démissionnaire du COPORT dit avoir rencontrer le Président Deby Itno dans « le cadre des démarches en vue d’une conférence de paix inclusive », d’où tient-il sa légitimité ? N’est ce pas de la dernière conférence de l’opposition des 28 et 29 octobre de Paris?
Dr LEY-NGARDIGAL Djimadoum : Le COPORT est une institution légale et légitime car il est une émanation juridique de la Conférence de l’Opposition plurielle des 28 et 29 octobre 2006 à Paris.       M. Ahmat Yacoub ayant démissionné du COPORT n’a aucune légitimité ni mandat de poser des actes au nom de cette même Conférence de l’Opposition plurielle. Si ce dernier avait rencontré le Général-Président Idriss Déby Itno dans le cadre de la Paix, ne serait-il pas judicieux  pour ce problème crucial de Paix de se faire accompagner d’au moins un Tchadien appartenant à son cercle politique? Aller à la sauvette rencontrer le Général-Président  Idriss Déby Itno est bien un acte isolé, individuel qui n’engage que son auteur qui verrait ainsi son dessein se réaliser.
La chronique de cette rencontre annoncée nous a été déjà livrée par M.Ahmat Yacoub dans son auto-interview du 05.01.2007 sur son site Alwihda. Il déclara : «…Entre Alcheikh et Idriss Deby, je choisis le dernier », «je ne refuserai plus de le rencontrer en dehors du Tchad dans des conditions transparentes et dénuées de toute fourberie et de traîtrise pour lui dire ce que je pense de la paix.  Il a choisi son camp qui n’est pas celui de l’opposition mais  celui du pouvoir en se rendant seul à cette rencontre  qui est dénuée incontestablement de toute transparence.
Autre observation relative à cette rencontre est le coup médiatique recherché par son auteur en mal de notoriété publique grâce à son site Alwihda. Cependant, nous constatons que le Gouvernement et notamment le Goebbels, le prolixe Ministre de la Communication et Porte-parole, Moussa Doumngor n’a fait aucune déclaration de cette rencontre que seul M.Ahmat Yacoub s’était empressé de pérorer à satiété sur son site. Une rencontre officielle non sanctionnée par un quelconque communiqué conjoint ni par une simple déclaration gouvernementale entre l’Opposition et le Gouvernement, témoigne du caractère privé de ce fait : c’est un non-événement. La montagne a bien accouché d’une souris.
Dans nos contacts avec les partenaires internationaux, nous avons souvent enregistré le message suivant «…nous devons d’abord persuadé le principal partenaire de dialoguer avec tous les protagonistes…. Cela sous-entend le gouvernement tchadien. Alors que M. Ahmat Yacoub dans son coup de publicité après sa rencontre avec le Général-Président Idriss Déby Itno, écrit : «…Le Président Déby accepte le principe de la Conférence de Paix inclusive…. Si tel était le cas, où est le communiqué conjoint ou la moindre déclaration du gouvernement confirmant cette assertion ? . Nous avons incontestablement à faire à une propagande plutôt de démobilisation de notre Peuple en lutte pour sa libération de la tyrannie. Cette phrase donnerait de faux espoirs à notre Peuple victime de la dictature. Cependant, elle redorerait le blason fort terni du Général-Président Idriss Déby Itno et répondrait à la quête de notoriété publique maladive tant recherchée par M.Ahmat Yacoub.
Pourquoi ce principe de Conférence de paix inclusive ne s’est jamais concrétisé depuis 17 ans ? Le Général-Président Idriss Déby Itno, nouveau serait-il arrivé avec cette rencontre-spectacle? Oserait-on encore croire à la bonne prédisposition du Général-Président dont la seule philosophie demeure les débauchages individuels des opposants ou la réalisation des accords séparés? Les dernières  rencontres entre les délégations gouvernementales et certaines Forces de résistance après le ralliement individuel de Mahamat Nour, n’augureraient-elles pas cette même stratégie sectaire en lieu et place d’une véritable Conférence de Paix globale et inclusive? Cela est inquiétant. Mais on ne saurait tromper indéfiniment tout un Peuple qui lutte les armes à la main. L’instinct de survie le permettrait de résister à toute tentation d’être phagocyté  par le gouvernement.
Nous avons lu dans l’un des communiqués signé de Boulandi avec l’entête de « Présidence de l’Opposition plurielle », une volonté manifeste de considérer les Tchadiens conférenciers comme des objets ou des sujets à qui on impose un pouvoir et une structure dont ils n’ont pas élaboré. Il s’autoproclame Président de l’Opposition plurielle y compris des Forces de résistance nationale de du Nord, du Sud, de l’Est et de l’Ouest dont les sacrifices énormes de libération mériteraient plus de décence et  du respect qu’un tel comportement abject et d’imposture caractérisée. Quand et où a été créée cette Présidence de l’Opposition plurielle ? et par qui ?  Le COPORT n’est nullement opposé à des initiatives pertinentes, tranparentes, coordonnées et désintéressées susceptibles de contribuer à une démarche globale de la tenue d’une conférence de Paix inclusive. La rencontre individuelle de M.Ahmat Yacoub dans des circonstances rocambolesques avec le Général-Président Idriss Déby Itno ne présenterait pas les conditions objectives que nous évoquions. Cette rencontre viserait plutôt un projet personnel de M.Ahmat Yacoub. Cette rencontre révèlera un jour ses secrets partiellement enfouis… 
Ialtchad : Revenons à vous. L’ACTUS dont vous êtes le Secrétaire Général apporte bien souvent son soutien aux politico-militaires dans leurs luttes armées. Pouvez-vous nous affirmer aujourd’hui que la solution tchadienne reste militaire?
Dr LEY-NGARDIGAL Djimadoum : Chers Compatriotes, notre Parti , l’ACTUS, réaffirme sans ambages et avec conviction son soutien aux Forces de résistance nationale (UFDD, RaFD, CNT,Telssi, MDJT,Volcan de la liberté, MRPD, RNDP,RFC…). Nous ne faisons pas l’apologie de la guerre, nous ne sommes pas des va-t-en-guerre. Cependant, face à la répression et aux massacres du pouvoir du Général-Président Idriss Déby Itno, face à son refus obstiné d’une conférence inclusive de Paix, le Peuple doit exercer le principe de la légitime défense et l’application de la loi de talion. Contrairement à certains opposants qui préfèrent choisir le camp du Général-Président Idriss Déby Itno à celui de l’opposition, nous continuerons à choisir le dernier.                    
Nous sommes toujours stupéfaits que l’opinion internationale condamne systématiquement la légitime défense et la riposte des Forces de résistance tchadienne mais oublie l’origine de cette réponse adéquate des victimes suite aux massacres des populations par l’armée gouvernementale. C’est le gouvernement qui est bien à l’origine des violences  et massacres des populations. Quand va t-on arrêter de confondre l’agresseur (le Gouvernement) et la Victime (le Peuple) ? Enfin, chers Compatriotes, si le Général-Président  persiste dans son refus d’accepter une Conférence de Paix globale inclusive, alors la seule solution alternative resterait militaire. Après une victoire militaire, la Conférence de Paix globale inclusive s’imposerait inévitablement. Le Général Mahamat Nouri, Président de l’UFDD l’a confirmée dans son interview du 12 février 2007 sur les antennes de RFI. Alors pourquoi le gouvernement s’obstine dans son refus ?  Pourquoi tant de victimes pour en arriver à un Forum de paix ?  Eviter la guerre, c’est épargner les vies humaines. C’est pourtant la meilleure solution pour les masses populaires.

Ialtchad :  Que peut-on attendre du COPORT ?  En quoi ce n’est pas un autre échec à la CMAP ?
Dr LEY-NGARDIGAL Djimadoum : Les deux institutions sont apparues à des circonstances différentes et avec d’acteurs différents. Elles sont par conséquent différentes. Il serait réducteur et prématuré de parler déjà d’échec du COPORT dont la mission se poursuit malgré les actes de sabotage avérés  et incontestables d’un certain milieu hostile dont le leitmotiv, le projet  et l’unique prière sont de contribuer à l’échec de la mission du COPORT. À titre d’exemple un membre de ce milieu hostile au COPORT, en l’occurrence M.Ahmat Yacoub  n’a t-il pas publiquement déclaré dans une auto-interview  du 05.01.07 sur son site Alwihda  et ce curieusement à quelques jours après sa démission la phrase suivante : « Je dois dire si j’avais seulement 1% d’espoir pour aboutir à la conférence d’Addis, je n’aurais pas du tout démissionné.» En d’autres termes l’esprit mercantile qui sous-tend son maintien ou sa démission du COPORT ne fait aucun doute. Ce même personnage avait dès la première réunion du bureau du COPORT évoqué  l’échec de la conférence d’Addis Abéba. Curieuse coïncidence  et enchaînement de logique et pourtant il n’y a que des combats non livrés qui sont perdus d’avance. Comment pourrait-on implorer un échec pour cette conférence de paix inclusive avant même que les démarches du COPORT ne soient engagées ?
Pour  mieux vous édifier sur le comportement  nocif de M.Ahmat Yacoub, nous vous citerons entre autre l’exemple de la réunion du Comité  Ad hoc préparatoire (présidé par le Dr Boulada Jean-Prosper) de la Conférence de Paris  des 28 et 29 octobre 2006.   À 48 heures  heures de l’ouverture de la Conférence, ce dernier, dans un débat houleux menaçait déjà de démissionner du Comité Ad hoc préparatoire si on  n’annulait pas ladite conférence aux dates prévues d’une part et que si on ne procédait pas à la dissolution du Comité Ad hoc préparatoire. À  l’unanimité, les Membres du Comité Ad hoc s’étaient opposés à son chantage et aux arguments farfelus telle que l’impréparation. Drôle d’agenda pour un Membre du Comité Ad hoc préparatoire qui ne s’aperçoit seulement à quelques heures  de l’ouverture de la Conférence de retard accumulé. L’histoire nous a donné raison car cette Conférence de Paris fut un succès par le nombre des participants de l’opposition plurielle et surtout pour la première fois les Forces de résistance étaient présentes massivement.
L’Echec de la CMAP dont vous faites allusion est aussi l’œuvre de M.Ahmat Yacoub. Je ne m’étendrais pas sur ses basses manœuvres qui ont abouti à l’explosion en plein vol de la CMAP. Le principe philosophique fondamental de M. Ahmat Yacoub demeure le contrôle absolu, la soumission et l’utilisation de toute structure pour servir ses desseins. Dans le cas échéant, il met à contribution son Arme de destruction massive (ADM), en l’occurrence son site Alwihda pour atomiser ladite structure.  Combien de mouvements politico-militaires et leurs leaders ont été fabriqués de toute pièce puis défaits par Alwihda ? Cette versatilité congénitale a affaibli incontestablement la lutte de libération des Forces de résistance. C’est ce qui expliquerait  par ailleurs, l’amertume, la désapprobation et la farouche opposition de la majorité de Leaders des Forces de résistance à la désignation de l’ex président du COPORT, M. Ahmat Yacoub.
À  quel  jeu se livre donc Ahmat Yacoub ? Ce comportement  étrange nous rappelle le cas de certains Officiers  qui désertent les  fronts  de combats ou qui quittent les navires  avant même que le combat ne soit engagé. Cela est pitoyable, détestable et condamnable par les masses populaires tchadiennes suppliciées de la dictature féroce du Général-Président Idriss Déby Itno. Elles ont besoin de véritables activistes et militants  au sein de l’Opposition et non des capitulards et autres taupes dont les actes conscients ou inconscients renforcent le pouvoir du Palais rose. Le COPORT en toute humilité reconnaît que notre mission est difficile et parsemée d’embûches. Cependant, notre détermination face à cette adversité coriace reste intacte et résiste à toute épreuve. Nous poursuivons imperturbablement sans trompette ni tambour la mission qui nous a été confiée par la Conférence de l’Opposition plurielle  des 28 et 29 octobre 2006 à Paris.  
Le COPORT agit avec ténacité et abnégation dans la mesure de ses capacités et prérogatives pour la tenue de la Conférence de Paix globale et inclusive qui a été reculée. Elle ne prétend nullement imposé une quelconque date  et lieu aux partenaires internationaux qui financeraient ce projet et qui se concerteraient aussi pour son organisation.
Enfin, le COPORT rappelle et réitère son caractère de catalyseur des préparatifs à la tenue de la Conférence inclusive de Paix. Il ne prétend nullement s’octroyer la présidence des débats, ni imposer son point de vue. Il sera dissout dès que l’Assemblée aurait désignée la direction de la Conférence. Les partenaires internationaux impliqués auraient incontestablement un droit de regard afin de favoriser un dialogue serein entre les différents protagonistes en présence.
Ialtchad : Dr Ley, merci
Dr LEY-NGARDIGAL Djimadoum : Pour finir, je remercie infiniment toute l’équipe de Rédaction de Ialtchad pour sa mission d’information.

Propos recueilli par

Brahim  Wardougou

Ialtchad Presse
http://ialtchad.com/interview.htm

 

Interview de Abbo Sileck

انتخابه  ديمقراطيا ماردكم ؟
La situation politique actuelle au Tchad laisse à penser que l’on va vers une guerre civile menée par l’opposition contre le président Deby qui jouit du soutien de la communauté internationale, et qui a été élu démocratiquement ; qu’en pensez vous ?

Deby, en tant qu’âme damnée de Hisseine Habré et ensuite comme Chef d’Etat est la cause directe de dizaines de milliers de morts et de millions de réfugiés au Darfour. Le peuple tchadien épuisé par la dictature a eu un moment d’espoir car Deby devait partir, ayant épuisé la durée de ses mandats.
Il s’est alors livré à une manipulation honteuse de la constitution.
En outre il n’a pas été élu démocratiquement puisque plus de la moitié du territoire échappait à son contrôle et que toute la classe civile et politique a boycotté l’élection. Il s’est autoproclamé Président à vie, c’est pourquoi il n’a aucune légitimité et l’ensemble du peuple tchadien le rejette.
Transparency International classe le Tchad comme le pays le plus corrompu au monde, la misère, l’injustice, l’incompétence règnent partout. Je ne crois pas que la communauté internationale soutienne un individu aussi répugnant.
L’opinion internationale a déjà condamné Deby, il n’est nulle part chez lui, il n’a aucun ami et il ne se maintient que par une férocité épouvantable dont le peuple tchadien est la première victime.
Les jours de Deby au pouvoir sont comptés non seulement parce qu’il ne peut pas réduire la rébellion qui ne cesse de se renforcer mais surtout parce que tous les tchadiens sont en fait dans l’opposition. Nul ne peut se maintenir indéfiniment au pouvoir dans ces conditions.

تتهمكم الحكومة بانكم تتلقون دعما من الحكومة السودانية عسكريا وماديا وان  المعارضة ضعيفة لا تستطيع محاربة نظام دبي ما صحة ذلك ؟
Tchad vous accuse de bénéficier du soutien militaire et logistique du gouvernement soudanais ; elle dit également que l’opposition est faible et n’est pas en mesure de faire face au régime ; dans quelle mesure cela est vrai ?

Mais Deby est arrivé au pouvoir grâce au soutien soudanais, il est assez piquant de voir qu’il se plaint qu’on lui fasse ce qu’il a fait aux autres !
En ce qui me concerne j’ai été maintenu 8 mois en prison au secret et dans des conditions très dures au Soudan. Je ne crois pas qu’on puisse dire que je suis, comme l’a été Deby, une créature des soudanais.
Toutefois je considère que le Tchad et le Soudan doivent obligatoirement s’entendre mais sur les bases du respect mutuel. Nous sommes liés par l’histoire, la langue et la culture et nous devons établir des relations de bon voisinage basées sur l’indépendance et le respect de l’autre.
Aujourd’hui Deby crée une énorme instabilité à L’Est pour se maintenir au pouvoir car il prospère sur la mort des autres. Inversement Khartoum croit, à tort, pouvoir imposer ses protégés à N’Djaména.
Cette situation est profondément malsaine et elle provoque par nature des conflits inextricables. Dés le départ de Deby, il conviendra de rétablir des relations saines et équilibrées entre le Soudan et le Tchad.
L’opposition responsable est consciente de toutes ces difficultés, aussi patiemment et fermement, elle met en place les instruments de réflexion, de coordination et d’action nécessaires.
Cela doit se faire dans la plus grande discrétion car, dans ce genre d’affaires, surprendre l’ennemi est un facteur important de réussite.
Certains aiment faire parler d’eux mais ils n’ont qu’une réalité de façade, avec l’ANR ( Alliance Nationale pour la Résistance ) du Tchad, nous préférons être efficace. Pour ceux qui l’auraient oublié, c’est l’opération «  Printemps « qui a été la cause de la première offensive sur N’Djaména.

 

يتردد ان  المعارضة منقسمة علي نفسها ولا تجد دعما من الشعب التشادي
ولذلك ليس في مقدرتها  إسقاط النظام كيف تردون علي ذلك ؟
On parle des divisions au sein de l’opposition, qu’elle ne jouit pas de soutien du people tchadien, et qu’elle n’est pas en mesure de faire tomber le régime ; quelle réponse apportez vous à toutes ces accusations ?

Mais Deby a en main depuis des dizaines d’années tous les pouvoirs de l’Etat !
Il menace, torture, exécute les familles de tous ceux qui émettent la moindre critique. Il utilise l’argent du pétrole pour corrompre et mentir. Vous croyez que c’est facile pour l’opposition ?
Il faut être raisonnable et lui laisser le temps de s’organiser.
Par ailleurs une partie de ceux qui se disent des opposants ont été les meilleurs piliers du régime. Ils ne sont partis de la table où ils festoyaient grassement que parce qu’ils pensent que la fin de Deby est proche. Ceux la n’ont aucune considération pour le peuple tchadien, ils veulent simplement se mettre à la place de Deby et il est bien normal que le peuple s’en méfie.
Mais il existe aussi une opposition responsable et démocratique.
Depuis des années, avec l’ANR que je préside, nous avons rencontré et travaillé avec toutes les composantes de la société tchadienne. Ce travail sérieux et documenté à donné lieu à de nombreux dossiers et notamment à la charte de transition démocratique qui a circulé largement et qui sert de base à toutes les discussions sur l’après Deby.
Alors vous vous demandez si l’opposition est en mesure de renverser Deby mais je vous rappelle qu’il y a peu de temps, mon ami Mahamat Issa, à la tête de 300 hommes à peine, est rentré à N’Djaména et qu’il l’aurait sans doute prise s’il avait reçu l’aide qu’il escomptait de Mahamat Nour.
Faire la guerre c’est, hélas, trop facile mais, dans l’intérêt supérieur du pays, il faut être responsable et éviter au maximum de verser le sang tchadien.
Je pourrais demander à nos troupes de combattre et ce serait le début d’une affreuse guerre civile.
Aussi avec mes amis de l’opposition, nous préférons attendre que la gangrène qui détruit le régime achève  son œuvre chez Deby.
Pour le reste nous sommes assez proche de Mao Tsé Toung lorsqu’il disait « Lorsque l’ennemi avance, nous reculons, lorsque l’ennemi recule nous avançons, lorsque l’ennemi s’arrête, nous le harcelons «.
Notre tactique porte ses fruits, Deby n’en a plus pour longtemps car le peuple tout entier nous soutient. Nous sommes responsables de l’immense espoir qui se lève et nous ferons de notre mieux pour en être digne. 

تأثير  العمل المسلح في تشاد ودارفور القي بظلاله في الإقليم وأصبح شبح التدخل  الدولي واردا سواء لحل مشكلة دارفور او لحماية الحدود التشادية من انتقال  العمل العسكري  إلي داخل البلاد كيف تنظرون لتدخل المجتمع الدولي خاصة ان  الرئيس دبي يرحب بذلك ؟
Devant l’effet désastreux des combats dans la région, le spectre d’une intervention internationale est devenue fort probable soit pour mettre un terme à la crise du Darfour ou pour protéger les frontières tchadiennes et faire en sorte que le conflit ne se déplace à l’intérieur de ce pays ; quelle est votre position sur une intervention internationale, notamment le président Deby y est favorable ?

Deby a profondément peur de la situation à l’Est du Tchad c’est pourquoi il souhaite la présence d’une force internationale car il espère que cela contrariera les efforts des rebelles. C’est d’ailleurs une réponse à votre question précédente, si l’opposition
ne représentait pas une menace pour lui, Deby éviterait soigneusement toute ingérence sur son sol.
Ceci posé la situation sur place est effroyablement compliquée et dangereuse.
La présence d’une force internationale sur place ne se justifie que si son mandat est clairement défini et accepté par toutes les parties qui comptent, y compris l’opposition tchadienne et les différentes autorités traditionnelles.
Faute d’une réflexion suffisante et des moyens adéquats, sans l’accord de ceux qui sont les acteurs où les victimes de la situation actuelle, l’envoi d’une force internationale ne résoudra rien. Je prédis même qu’elle s’embourbera dans une situation sans issue et sans espoir de solution.
J’avais, il y a deux ans, soumis aux plus hautes instances de l’ONU un plan de paix.
Il a sans doute été égaré dans les vastes couloirs de l’Assemblée.
Je suis tout à fait prêt à le compléter et à le soumettre à nouveau aux Autorités compétentes, enfin si on me le… demande !

 

تتهمون فرنسا بأنها تتدخل لصالح دبي ضد المعارضة ما هو دليلكم علي هذه  الاتهامات ومعروف إن المعارضة لديها علاقات كذلك مع باريس وهل تتطلبون أن تتوسط لكم مع النظام ؟
Vous accusez la France d’intervenir dans le conflit aux cotés du président Deby, quelles sont vos preuves ; est-ce que vous demandez que Paris mène une médiation entre vous et le régime ?

Je ne pense pas que la France soutient Deby à fond, même si je trouve choquant que M. de Villepin lui ait récemment rendu visite. Est-ce que le Premier Ministre Français ne sait pas que son vis à vis est coupable de crimes contre l’humanité ?
En tout cas l’ANR travaille en ce moment à faire inculper Deby.
Ce dont la France a peur c’est la somalisation du Tchad, c’est à dire l’éclatement du pays entre des bandes rivales. Il faut donc que l’opposition sache rapidement montrer qu’elle représente une alternative crédible au tyran.
Il faut par tous les moyens éviter que la guerre continue au Tchad dans l’intérêt du pays mais aussi pour assurer la paix en Afrique centrale.
C’est pourquoi la France serait bien inspirée d’aider à organiser la Conférence Nationale que l’ANR demande avec insistance et qui doit regrouper toutes les forces vives du Tchad sans aucune exclusive. Que Deby y participe pourquoi pas, mais les différentes composantes de cette Conférence devront être traitée sur un pied d’égalité.
Deby n’est pas un Chef d’Etat, c’est un chef de gang qui accueille dans son gouvernement des maffieux et des gens recherchés par le TPI, et il n’y pas de considération particulière à lui porter.

 

الي  اين تتجه الأوضاع حاليا خاصة بعد ان توصل القائد محمد نور الي اتفاق مع  الحكومة بوساطة ليبية وهل يمكن ان تحذو القوي الاخري ذات المنحي قريبا وما  هي اجندتكم التي    تريدون فرضها في اي لقاء يجمعكم مع دبي ؟

Dans quelle direction évolue maintenant la situation, surtout le chef rebelle Mahamat Nour a conclu un accord, sous la houlette libyenne, avec le gouvernement tchadien ; est il possible que vous franchissiez le pas dans la même direction ; quelle sont les revendications que vous allez mettre sur la table des négociations avec Deby.

 

Mahamat Nour a conclu un accord à titre personnel, il ne représente que lui et la triste trajectoire d’un petit aventurier brutal et stupide.
Tous les éléments de l’ANR qui ont été abusé par cet opportuniste doivent garder leur calme et regagner leurs bases et ils seront bientôt amenés à agir dans l’intérêt du pays.
Car l’ANR et l’opposition démocratique ne recherchent pas des avantages personnels mais le bien du Tchad. Or l’intérêt du Tchad nécessite obligatoirement le départ de Deby qui a assassiné et volé impunément depuis trop longtemps.
Encore une fois il ne convient pas de faire couler du sang tchadien si on peut l’éviter. C’est pourquoi nous sommes prêts à négocier le départ de Deby mais c’est tout, et encore doit il partir dans des conditions raisonnables et acceptables.

تقول  الحكومة في تشاد ان الكثير من معارضيها فاسدون وعملاء لدول اجنبية وليست  لديهم قضية وانها لن تتحاور الا مع القوي السياسية في الداخل ما ردكم ؟
Le gouvernement tchadienne prétend que beaucoup de ses opposants sont corrompus et les accuse d’être des agents des pays étrangers ; de ce fait il se dit uniquement favorable au dialogue avec l’opposition politique à l’intérieur du pays ; quelle est votre réponse ?

En matière de corruption Deby et ses sbires sont des experts redoutés et reconnus, même le trafic de fausse monnaie et de drogue ne les effraient pas.
Les accusations qu’ils lancent n’ont aucune valeur, cet homme et ses valets sont un véritable défi à la morale et à la dignité humaine.
Deby a détruit toute opposition intérieure, que veut il donc quand il dit qu’il veut converser avec l’opposition, se parler à lui même ?
Toutes ces divagations sont de la poudre aux yeux sans aucun intérêt.

ما هي  القضايا الخلافية بين أقسام المعارضة التي تعتبر انها أكثر من الشعب التشادي ؟
Quelles sont les questions qui divisent les forces d’une opposition considérée plus nombreuse que le peuple tchadien ?

Le problème est qu’une partie de ceux qui se disent opposants à Deby ne sont que des opportunistes. Ils ont tous occupé de hautes fonctions sous Deby et ils veulent tous être khalife à la place du khalife. Ce sont eux qui sont divisés car ils se disputent les places entre eux. Ayant largement bénéficié des largesses de leur maître puis l’ayant trahi au moment choisi par eux, ils ont pu accumuler armes et richesses et font momentanément parler d’eux.
Cette opposition là est totalement discréditée aux yeux du peuple tchadien et elle n’a aucun avenir.
Beaucoup plus discrète mais beaucoup plus déterminée, l’opposition responsable et démocratique s’organise.
Elle bénéficie de beaucoup de soutiens. Par exemple c’est une mobilisation  populaire sans précédent et le soutien de nombreux responsables politiques, notamment français, qui a obtenu ma libération.
Cette opposition là n’est pas divisée sur les principes, elle veut imposer l’état de droit au Tchad, la paix civile et le respect des biens et des personnes. Vous pouvez lire l’ébauche d’un programme de transition démocratique et de bonne gouvernance sur le site de l’ANR.
Dans cette opposition responsable et démocratique il existe beaucoup de sens des responsabilité et un fort sentiment de fraternité, vous savez, à la fin, ce sont toujours les valeurs morales qui finissent par l’emporter parce que,heureusement, les gens se battent mieux quand ils croient à un idéal.

 

بعد  الهزيمة التي تلقتها بعض المتمردين في شرق تشاد هل يمكن الحديث عن مفاوضات بين  الحكومة  والمعارضة في وقت قريب ؟
A l’issue de la défaite militaire infligée à l’Est du Tchad à une partie de l’opposition, croyez-vous que l’on peut parler des pourparlers entre le gouvernement et l’opposition dans un avenir proche ?

Je ne vois pas de quelle défaite vous parlez et j’ai plutôt l’impression que Deby est totalement incapable de mettre fin à la rébellion. Quand le pouvoir central ne peut pas mettre un terme à l’opposition armée, l’histoire montre que sa fin est inéluctable car le temps joue toujours contre lui.
Deby a de moins en moins de soutien, c’est un mort en sursis.
A part négocier son départ pour éviter des morts inutiles, il n’y a rien a discuter avec lui. De plus l’homme est atteint de folie sanguinaire, tous ses proches vous le diront, on ne peut pas négocier avec lui de bonne foi, il ne comprend que la force.
A l’opposition donc de se mettre dans une telle position.

ما  هي العلاقة بين المعارضة التشادية وفصائل الحركات المسلحة في دارفور وما  صحة ان كلا المعارضتين تعملان لصالح الدول التي تدعمها بمعني ان المعارضتين  تقومان حربا بالوكالة ؟

Quelle est la relation entre l’opposition tchadienne et les différentes factions des rebelles au Darfour, y-t-il une part de vérité dans cette accusation que les deux oppositions sous-traitent une guerre entre les deux pays ?

Malheureusement et depuis longtemps toutes les parties prenantes au Darfour et à l’Est du Tchad ont tenté d’instrumentaliser les uns et les autres pour qu’ils accomplissent les sales besognes à leur place. Tout cela aboutit toujours aux pires catastrophes comme on le voit, hélas.
Par ailleurs cela ne marche jamais comme on les cyniques l’avaient prévu.
Un bien triste exemple en est donné par Mahamat Nour, l’homme des reniements successifs. Chef des épouvantables jandjawids, Nour a fait illusion en se présentant comme le soi disant principal adversaire de Deby qu’il vient honteusement de rallier aujourd’hui.
Cela montre bien qu’il n’y a rien de bon à soutenir des gens sans honneur et sans idéal.
Il existe aujourd’hui une situation catastrophique à l’Est du Tchad et au Darfour.
La solution exigera du temps, énormément de savoir faire et de gros moyens.
Comme le disait Einstein «  on ne peut pas régler un problème avec ceux qui l’ont créé ». Par conséquent le départ de Deby est une condition préalable à toute tentative de solution.

 

ما هو مستقبل المنطقة في ظل الأوضاع المتردية في  تشاد ودارفور والضحايا الذين أصبحوا في ارتفاع متزايد ؟
Avec la détérioration de la situation au Tchad et au Darfour et le nombre croissant des victimes, quelle est d’après vous l’avenir de la région ?

L’avenir de la région est extrêmement sombre mais essayons de prendre un peu de recul. Tout le monde a une part de responsabilité dans ce drame effroyable et il faut que chacun fasse des efforts.
Je ne peux m’engager que pour le Tchad mais il s’agit d’une des composantes essentielles du problème.
Depuis des années, Deby, sciemment, a armé ses partisans qui ont volé et tué les autres tribus qui n’ont eu d’autre solution que de franchir la frontière du Darfour.
Petit à petit les cycles des exactions et des vengeances ont créé un gigantesque chaudron de sorcières qui n’en finit pas d’exhaler ses miasmes putrides.
Dés que nous aurons mis Deby dehors, la situation à l’Est du Soudan sera l’un des chantiers prioritaires du nouveau pouvoir.
Avec le Soudan, l’aide des populations sur place et aussi le soutien de la communauté internationale, nous devrons tous nous efforcer de rétablir d’abord la paix, puis un minimum de développement et de justice.
C’est un immense effort qui sera demandé car le Darfour et l’Est du Tchad sont en passe de représenter la pire catastrophe humanitaire du 21eme siècle.
Le pire n’est pas toujours sur. Si les différents pays riverains font preuve de bon sens, de coopération et de volonté, peut être pourra t’on mettre fin à tous ces drames, à toutes ces horreurs.
Ce qui se joue la, c’est la paix de la région,mais c’est aussi une certaine idée de la dignité de l’homme qu’il faut défendre. Souvent, dans les pires moments, l’histoire apporte une solution inattendue.
Je crois que tous les responsables politiques agiront sinon ils seront tous emportés dans la tourmente. A côté de ce réalisme de base, rien ne dit que nous ne verrons pas se lever des hommes nouveaux qui sauront mêler générosité, détermination et sens des réalités.
Gardons espoir, il n’y a pas de force plus grande face au malheur que l’espérance qui nous donne le courage d’agir.

 

 

Propros recueillis par Jean-Claude Fabien, Freelancer, Journaliste Stagiaire
Pour le compte de son Diplôme de Journalisme Spécialiste des Questions Africaines

Les Tchadiens ont appris à connaitre Monsieur Félix Ngoussou grâce aux sites internets, notamment tchadforum.com et africatime.com qui mettent les pouvoirs africains dans tous les états.
Originaire du Moyen-Chari, dans le Sud du Tchad, M. Ngoussou écrit beaucoup avec un langage très dur et une analyse très pertinente de la situation politique du Tchad. Installé aux Etats-Unis depuis bientôt 6 ans après le Niger et le Sénégal, M. Ngoussou semble être un opposant à l’injustice et non seulement à Idriss Deby Itno. Il tire dans ses écrits sur le comportement de l’opposition aussi bien que sur celui des dirigeants du Tchad actuel quand le peuple est trompé.
Dans cet entretien , il livre son analyse de politique au Tchad avec une interpellation présente en direction des forces politiques de l’opposition.

Jean Claude Fabien (JCF) : M. Félix Ngoussou. Vous suivez avec attention la situation politique dans votre pays depuis les Etats-Unis.Comment jugez-vous la décénnie du Président Idriss Deby Itno?


Félix Ngoussou: Merci pour m’avoir donné l’occasion de parler du Tchad . En 1990, le Président Idriss Deby avait donné le sentiment qu’il était porteur d’un projet de paix aux tchadiens.Il a dévoloppé avec ses amis des slogans de la paix au point que beaucoup d’opposants et leaders sérieux lui ont laissé le champ libre. Mais peu après la conférence nationale qu’il était forcé à accepter, son ballon des promesses et la déception sont revenus à une allure vertigineuse. Au lieu de jeter les ponts vers les parties politiques et des personnalités nationales de l’opposition, il a préféré la centralisation des pouvoirs ignorant la confiance que les tchadiens avaient placé en lui . Aujourd’hui , on constate que le président Idriss Deby a adopté le discours de la force éliminant un après l’autre les hommes qui l’ont améné au pouvoir. Un pouvoir ne pouvait jamais rêver mieux . Le resultat, vous assistez avec nous d’une défection à une autre des membres de son armée et son entourage le plus proche..

JCF: Croyez-vous que le Président Idriss Deby Itno acceptera le Forum National que l’opposition démocratique et les politco-militaires lui demandent?

Félix Ngoussou: C’est une option à moindre coût et sans pertes humaines ni matérielles. L’opposition démocratique et les politico-militaires connaissent que le plus grave n’est pas de commettre une faute, mais de persister dans cette logique qui coûte chaque jour des vies humaines. Le Président Idriss Deby que nous connaissons bien, s’il lui arrive d’accepter le forum pacifiquement, il voudra qu’on lui assure préalablement d’avoir les resultats qu’il desire: pas une solution qui entrainera sa chute. Il avait fait cela avec la Conférence Nationale mais la repetition serait un cauchémar pour les tchadiens pourquoi son bateau prend l’eau de partout aujourd’hui.


JCF: Y-at-il une solution selon vous?

Félix Ngoussou: Comprenez qu’il éxiste un consensus chez les tchadiens aujourd’hui sur la nécessité de trouver une solution alternative au régime du Président Deby et la situation en vigueur. Le verrouillage de la scène politique par un petit groupe d’hommes et les entraves que ce groupe met devant l’action politique justifie les nombreuses sources de tension que nous voyons.
Le Forum National est une nécessité impérieuse pour rendre l’espoir aux tchadiens.
Le Tchad n’est pas un Etat fondé sur la transmission héréditaire du pouvoir pour qu’un seul groupe puisse continuer à croire à cela. Le peuple tchadien est prêt pour la démocratie et cela commencera bientôt quand le compteur sera rémis à zero avec une élection saine.

JCF: Dans vos écrits que nous lisons souvent, vous vous s’ inscrivez en faux contre l’idée que les spécifités réligieuses et culturelles sont des freins à l’avancement de la démocratie au Tchad?

Felix Ngoussou: Avancer cet argument pour s’opposer à la marche de la démocratie est une tentative vaine dont usent ceux qui ne respectent pas les tchadiens , leurs genies et leurs aspirations.Que diront-ils de l’Afrique du Sud?

JCF: Vos sorties gênent et suscitent la colère de beaucoup de chefs de partis politiques et des chefs politico-militaires; vous l’a-t-on signifié?

Félix Ngoussou: La colère de certains hommes contre mes écrits fait partie de la pratique en vigueur au Tchad qui consiste à essayer de fermer les espaces médiatiques aux opinions différentes . Pour ma part, j’exprime mes opinions en toute objectivité sans accorder la moindre importance à des critiques aux colorations politiques ou regionalismes.Je me mets du côté de ceux qu’il faut defendre et non de ceux qu’il faut plaire.

JCF: Que dites-vous de la guerre de Palais qui se deroule au Tchad en ce moment?

Félix Ngoussou: C’est une bonne guerre quand bien même elle a commencé tard. Elle aurait plus d’éffet si ce groupe nous avait rejoint au moment du referendum dernier. Toute fois, pour garder la dynamique de l’opposition contre Idriss Deby, toute defection de l’armée est salutaire. Mais comme vous le constatez par le mot “palais” bien utilisé dans votre question , la déception d’un membre du palais n’est pas comparable à celle d’un citoyen Lamda parceque les degrés de la peine subie et sa longueur sur le temps et dans l’espace sont différents d’un homme à l’autre , d’une opposition à l’autre au même régime.


JCF: Un mot aux tchadiens?

Félix Ngoussou: Je salue au nom de tchadforum.com ceux qui vivent au Tchad, dans les maquis , en éxil, en prison pour avoir osé dire non à la méthode de la gestion du Pays et qui continuent à se battre pour le changement démocratique, la reconciliation et la construction du Tchad de demain. Surtout ceux qui mènent ce combat malgré tant de risques, encourus à chaque instant, pour leur intégrité physique et dans les necessités de leur vie quotidienne. Qu’ils sachent que le Tchad est un pays d’espoir et que les tchadiens dans le grand silence sont de Coeur avec eux.

Je vous remercie.