Choisis pour vous!


Dans cette section nous publierons tous les articles qui nous paraissent tout simplement intéressants, susceptibles de contribuer à la prise de conscience de nos compatriotes en particulier et les Africains en général. Ainsi, en consacrant cette rubique à cette fin, nous entendons apporter notre modeste contribution permettant à tous ceux qui sont épris de paix et de justice de mieux comprendre leur vecu quotidien afin de mener perspicacement le combat qui s'impose pour libérer notre peuple du joug colonial et de la dictature.

 
 

Lettre à Idriss Déby
Et maintenant que tu l’as tué, que vas-tu faire ?

(07/09/2008)IBNI OUMAR MAHAMAT SALEH est mort, il n’y a plus de doute. Tu l’as assassiné, froidement sans regret comme tu l’as fait avec Me Behidi, Moïse Ketté, Abbas Koty, Laokein Bardé, Ibrahim Elias, Mahamat Guetti, Mamadou Bisso, Youssouf Togoïmi, Brahim Selgué, Bichara Digui, Mbaïlao Mianbé…La liste est interminable.
Confortablement assis dans ton fauteuil, tu te  frottes les mains, heureux de cette énième forfaiture et élaborant déjà, d’autres assassinats, manigançant des plans chaque fois plus diaboliques.
Du sang, encore du sang, toujours du sang, sans cesse du sang des Tchadiens. Toujours en manque de sang, tu te délectes tel un vampire imaginant tout ce sang qui déferle de nos corps,  vide nos veines, emporte nos vies, ce flot de sang tchadien qui depuis dix huit ans de dictature et de terreur, va  remplir le lit du Logone, gonfler les eaux du Chari. Et toi qui nages, te saoules de bonheur dans ce bain écarlate, ta cure de jouvence.
Et maintenant dis-nous comment as-tu tué IBNI ? L’as-tu déshabillé et passé sur tout son corps des décharges électriques jusqu’à ce que mort s’en suive ? Où, lui as-tu assené des coups de matraque juste là où il faut pour lui ôter la moindre chance de survie ? Lui as-tu bandé les yeux ? Oui sans doute, les bourreaux ne regardent jamais leurs victimes dans les yeux, c’est un signe de lâcheté bien connu chez eux. As-tu savouré chaque cri de douleur ? Mais il ne t’a pas offert cet ultime plaisir. Les hommes de cette trempe ne crient pas, ça aussi c’est connu. Alors, frustré, tu as frappé, cogné, battu, roué de coups. Tu as frappé de toutes tes forces, avec  toute la violence de la haine qui t’étreint, tu t’es surpassé, tu as frappé encore et encore  jusqu’à t’épuiser,  jusqu’à  son dernier souffle.
Et maintenant ? Qu’as-tu fait de son corps ? L’as-tu accroché à ton tableau de chasse ?  Où l’as-tu exposé dans la crypte secrète de ton Palais Rose avec tes autres macabres médailles de chasse ? Et que pensent tes amis Sarkozy et Kouchner de cet autre exploit ? Entre chasseurs on aime à commenter une fructueuse chasse dit-on. En quel terme leur as-tu conté cette battue à l’homme ? Ils auraient aimé, dis-tu, cette corrida d’un autre genre, la proie était de taille. Un Lion. Oui sans doute qu’ils sont impressionnés. Ils ne tarissent pas d’éloges à ton sujet. Toi gardien du temple et des traditions,  si soucieux des intérêts de la fratrie. Toi qui assures si bien la descendance de cette race de prédateurs sans foi ni loi en perpétuelle guerre contre l’humanité.
Et maintenant ? Qui est ta prochaine victime sur ta longue liste noire ? Ce paisible citoyen Tchadien dont le chemin,  malencontreusement croise le tien ? Ce journaliste qui écrit la vérité sur ton régime ? Cette jeune fille Tchadienne qui refuse tes avances ? Le Ouaddaïen, le Ngambaye, le Lakka, l’Arabe, le Mbaï, le Tama, le Gor, le Gorane, le Moudang, le kabalaye, le Massa, le Hadjarraï… tous  coupables d’être Tchadiens ? Ou cet intellectuel dont tu ne supportes l’esprit éclairé ? Cet autre leader politique qui a le malheur d’être de l’opposition ? Son frère ? Sa femme ? Ses enfants ? Ses partisans ? Ce défenseur des droits de l’Homme qui ose dénoncer les atteintes aux droits fondamentaux dans un pays où les évoquer  est passible de mort ? L’exilé tchadien qui crie au monde sa douleur ? Moi ? Lui ? Elle ? Nous ? Eux ? Sara ? Ronel ? Kalthouma ? Mahamat ? Laobara ? Moussa ? Djim ? Issa ? L’HOMME ?
Tu tues, tu corromps, tu terrorises, tu piétines, tu mens, tu voles, tu violes, tu saccages tout sur ton passage et bien souvent avec la bénédiction de cette nébuleuse communauté internationale qui,  selon que vous êtes Noirs ou Blancs, pauvres ou riches, Africains ou Européens, au gré de ses intérêts,  fait de la démocratie et des droits de l’homme une valeur sacrée ou au contraire la vide de son sens et de sa valeur intrinsèque.
Mais, en attendant que tu nous tues tous,  je tiens à te dire que nous n’avons pas peur. Que tout ce rabattage de gibier ne nous fait pas peur. Que cette battue à l’homme ne nous effraie pas le moindre du monde. Nous sommes là. Debout. Prêts à t’affronter.
IBNI n’est plus, c’est vrai ! Un HOMME est tombé, c’est vrai ! Le Tchad une fois encore est orphelin, c’est vrai ! Le Tchad est de nouveau privé d’une voix éclairée, c’est vrai ! La démocratie au Tchad vient encore d’être décapitée, c’est vrai ! Tout ceci est vrai et nous en souffrons au plus profond de notre être. Comment pourrait t-il en être autrement ?
IBNI va nous manquer, certainement. Il nous manque déjà terriblement. Sa grande et élégante silhouette manquera au paysage politique tchadien. Sa présence apaisante et forte tout à la fois manquera à  ses camarades du Parti pour les Libertés et à la Démocratie (PLD). Il manquera encore plus cruellement à sa famille, sa femme, ses enfants, ses proches.
Aujourd’hui, en ces heures sombres, nous sommes tous de la famille de IBNI et tous membres du PLD. Aujourd’hui chaque Tchadien épris de paix et de justice porte fièrement le nom IBNI. Parce que le combat de cet homme que j’ai eu l’immense honneur de connaître c’était justement cela, LA PAIX ET LA JUSTICE POUR SON PAYS.
Mais si IBNI n’est plus là physiquement parmi nous, son Esprit, lui, est là bien vivant. Sans doute plus fort et plus réel que jamais. Son amour pour le Tchad, son engagement politique en faveur de la liberté, son intégrité, sa probité, ses convictions démocratiques, son combat pour la justice, son respect  pour tous les Tchadiens, quelque soit leur origine ethnique, régionale, leur croyance, leur choix politique, leur statut social.  Toutes ces valeurs qui ont façonné sa vie et rempli son âme de grandeur lui conférant sa stature d’homme d’Etat, sont vivantes.   
Chers compatriotes, c’est cela l’HÉRITAGE que nous lègue IBNI. Un Patrimoine national hors du commun que ne peut détruire Déby et ce, malgré  son impressionnant arsenal de guerre bâti au détriment du bien-être collectif et ses implacables escadrons de la mort.
Nous devons tous nous attacher à ancrer profondément dans nos consciences, cette conviction qui portait IBNI : le Tchad, le peuple tchadien a droit à la liberté, à la justice, au développement, à la démocratie, à la paix. Il a payé de sa vie ce rêve d’un avenir meilleur pour nous tous. Nous devons être prêts à payer le même prix, s’il le faut.
Frantz Fanon écrivait « En tant qu’homme, je m’engage à affronter le risque de l’anéantissement pour que deux ou trois vérités jettent sur le monde leur essentielle clarté ». IBNI a fait sienne cette parole.
Sa première vérité, est que nous, peuple du Tchad, avons pleinement droit à la liberté, à la justice et à la paix. Sa deuxième vérité est que toi Idriss Deby tu écrases sous tes bottes ce droit fondamental. Voilà pourquoi il te combattait avec la seule arme qui à ses yeux comptait : la lutte démocratique. Pour nous, peuple du Tchad, cette essentielle clarté est de nous battre à notre tour de toutes nos forces, pour nous réapproprier nos pleins droits.
INBI était un patriote dans le sens le plus noble du terme. Il aimait profondément son pays et les Tchadiens. Son parti, le PLD, d’envergure nationale, rassemble les Tchadiens de toutes les régions. C’est là aussi une leçon et un legs que nous laisse IBNI.
Chers compatriotes, en hommage à ce camarade, taisons ces querelles nauséabondes  qui resurgissent avec violence ces jours ci sur les sites nous plongeant dans les moments les plus sombres de notre histoire.
L’Unité Nationale, la Cohésion Sociale, l’Egalité pour tous, c’est à cette bataille qu’il faut nous atteler pour construire La NATION tchadienne. Il en va de notre avenir à tous. Sinon, j’ose à peine imaginer les années à venir. Quel héritage laisserons nous à nos enfants ? Je vous le demande ? Ne nous trompons donc pas de cible.
Repose en paix Dr IBNI Oumar Mahamat Saleh ! Que la terre de nos ancêtres te soit légère ! Nous avons saisi à pleines mains le relais que tu nous as tendu. Nous continuerons ton combat jusqu’à ce que victoire s’en suive. Nous traquerons tes assassins jusqu’aux tréfonds de la Terre ! Et nous crierons JUSTICE.
Merci de nous avoir éclairé de cette essentielle clarté.
Et toi Idriss Déby, que vas-tu faire maintenant de nous tous ? Nous qui refusons de nous soumettre à ta volonté ? Nous qui continuons le combat  mener courageusement par  IBNI ? Que vas tu faire de ces près de neuf millions de Tchadiens qui refusent l’embastillement ? Qui rêvent d’un avenir meilleur ? Qui aiment leur pays ?   Nous tuer tous ?
 
LAOKOLÉ Yoram Annette. - lyadishtans

Envie de changer de malheur

(09/02/2008)Mais quel génie, ce général Déby ! On le croyait à terre, complètement fini, le voilà ressuscité et plus vindicatif que jamais. D’un point de vue militaire, en tout cas, il a plutôt bien manœuvré pour sauver sa peau… et son régime. Tant mieux pour lui, serait-on tenté de dire, sans aucune malice !

Mais alors le peuple tchadien ? Qui donc sauvera ce peuple, si bafoué par les chefs de guerres et de clans qui se disputent le pouvoir à Ndjamena ? Face à la détresse des quelque 10 millions de Tchadiens, le sort personnel du président Déby importe peu. Il compte d’autant moins, aux yeux des Africains, que sa présence au pouvoir depuis plus de dix-sept ans ne s’est traduite ni par un mieux-être pour les populations, ni par des progrès notables pour l’Etat de droit et la démocratie. Dans ces conditions, inutile d’espérer des Tchadiens qu’ils célèbrent sa victoire sur les rebelles. Ils n’applaudiront pas ! Et très peu de gens, en Afrique, auraient versé des larmes sur le sort du général Déby, si son régime avait été renversé. Car cette guerre n’est pas celle du peuple tchadien, mais une lutte de clans et parfois au sein d’un même clan, pour le contrôle d’une manne pétrolière prioritairement affectée à l’équipement militaire et au confort matériel de quelques-uns, plutôt qu’au développement du Tchad et au bien-être de ce peuple qui souffre tant, qui souffre trop.

A ceux qui ont volé au secours d’Idriss Déby, on a envie de dire que s’ils veulent garder un minimum de crédibilité aux yeux des Africains, ils feraient mieux de convaincre le miraculé de Ndjamena de respecter un peu son peuple et de travailler enfin au développement de son pays. Pour justifier son soutien à Idriss Déby, Paris a beaucoup insisté sur sa légitimité et sur la légalité de son régime. On a même entendu parler de « président régulièrement élu ». Si l’objectif est de persuader l’opinion de la respectabilité de ce régime, alors, la cause est perdue d’avance. Car aucun des scrutins tenus au Tchad depuis 1990 ne ressemble à une élection régulière.

Evidemment, on entend aussi des voix qui font observer que le choix entre Idriss Déby et les rebelles revient à demander aux Tchadiens de choisir entre la peste et le choléra. On peut les comprendre. Mais en même temps, en demeurant dans cette métaphore, comment reprocher à des gens qui ont vécu dix-sept ans de peste, l’envie d’essayer un peu le choléra, ne serait-ce que pour changer de malheur ?


par Jean-Baptiste  Placca - RFI

 

Afrique : dictatures et élections bidons!

(19/01/2008)Le mois dernier, une émission d'information de Radio-Canada concernant l'Afrique n'aura servi qu'à perpétuer un misérabilisme qui ne tient aucunement compte des réalités quotidiennes de ce continent. En tant que coopérant, j'aimerais ici soulever des aspects importants de la problématique du développement en Afrique, soit la perpétuation de la dictature sous des déguisement, disons, démocratiques...
Malgré des élans de démocratie en Afrique, il faut vivre sur ce continent pour s'apercevoir que la dictature est toujours bel et bien existante ici. La vie de tous les jours nous démontre en effet les effets de ces dictatures jusque dans les ramifications du quotidien.
Le fonctionnement de la dictature
Beaucoup de gens croient qu'un régime dictatorial se résume à un parti unique avec un appareil gouvernemental tout orienté vers les besoins de ce parti unique, avec une armée toute soumise au parti et prête à intimider toute opposition ou force de rébellion. La dictature en Afrique est beaucoup plus que cela. Elle se déploit jusque dans les activités économiques de tous les jours.
C'est ainsi que des membres influents du parti régnant d'un pays africain deviennent président, directeur commercial, ou directeur technique des sociétés d'Etat comme dans le domaine de la téléphonie, de la télécommunications, sans oublier des postes influents aux douanes ou aux ports, là où la corruption enrichit de façon exponentielle ces gens avec les droits de douane. Il devient alors extrêmement difficile pour ces gens de quitter volontairement un appareil politique qui les sert grassement.
L'argent détourné
Il faut aussi noter cette mentalité de dictature à travers la corruption fiscale qui mine toute tentative de constituer un véritable trésor public. L'argent qui devrait normalement être destiné à la construction et entretien des routes et des rues, à la construction d'école et de clinique médicale est trop souvent détourné vers les poches des membres influents du parti. Une amie togolaise me racontait que pour favoriser son ascension professionnelle dans la fonction publique, elle serait sollicitée pour faire partie du parti régnant. Ainsi la dictature en Afrique a des racines profondes qui conditionne toute la vie quotidienne.
Dans cette perspective, il est évident que les nouvelles exigences démocratiques des pays développés face à l'Afrique impliquent alors que la dictature veut se légitimer avec des élections qui ne peuvent être que bidon. En effet, les membres du parti régnant ne laisseront jamais un pouvoir politique qui leur garantit tous ces postes de commande de sociétés d'État et autres monopoles étatiques et par lesquels ils s'enrichissent de façon exponentielle. Il devient ainsi extrêmement difficile d'entrevoir tout changement salutaire, d'autant que ces régimes légitimés par des élections bidons sont accrédités par des pays comme la France qui est toujours une des premières à reconnaître ces régimes bidons.
L'obstacle majeur au développement
Une lettre au Devoir a récemment soulevé le problème de la militarisation de l'Afrique comme étant un frein au développement. Il existe certes une relation entre la militarisation d'un pays sous-développé africain et l'impact de celle-ci sur son niveau de vie.
Prenons un exemple démontrant cela. Si le Québec avec ses 7 millions d'habitants devait financer une force militaire comme celle du Togo avec ses 4,5 millions d'habitants, le niveau de vie au Québec en serait grandement affecté. Alors, imaginons cet impact militaire sur un pays pauvre comme le Togo... Les pays ouest-africains investissent plus dans le militaire que dans la santé ou l'éducation. Ceci est le désolant héritage de la France en Afrique. Oui, un héritage de quincaillerie militaire et de dictatures légitimées par des élections bidons comme au Gabon, Togo, Tchad, Burkina, etc.
La France a osé parler de l'aspect dit "positif" de la colonisation. Il en faut tout un culot pour parler ainsi! Il est évident que la France se terre derrière le principe d'une coopération dite "militaire" pour justifier ses menées peu honorables et la défense de ses seuls intérêts à tout prix. Or cette coopération militaire appauvrit l'Afrique et enrichit la France. On pourrait même penser que le niveau de vie des Français dépend de l'exploitation honteuse des pays africains. Voilà pour le malheureux héritage de la France en Afrique.
Ce sont donc des réalités que la Société Radio-Canada pourraient tenir compte dans ces futurs reportages en provenance d'Afrique... Marc Gothrich   /  Coopérant canadien au Togo / cyberpresse.ca

Le Concept de la Françafrique chez Verschave  (1/19/2008) 

LIBREVILLE, 18 janvier (Infosplusgabon) - L’ancien président de la Côte d’Ivoire, Félix Houphouët-Boigny, inventa l’expression France-Afrique en 1955 pour définir les bonnes relations qu’il voulait établir avec la France. L’expression dérivée « Françafrique » a ensuite été forgée par François-Xavier Verschave.
  L’auteur décrit alors la Françafrique comme « une nébuleuse d’acteurs économiques, politiques et militaires, en France et en Afrique, organisée en réseaux et lobbies, et polarisé sur l’accaparement de deux rentes : les matières premières et l’Aide publique au développement. La logique de cette ponction est d’interdire l’initiative hors du cercle des initiés. Le système autodégradant se recycle dans la criminalisation. Il est naturellement hostile à la démocratie ».

Il fait alors remonter les origines de cette nébuleuse à 1960 lorsque De Gaulle accorde l’indépendance aux colonies d’Afrique Noire et crée les "réseaux Foccart".

La mise en place de ce système aurait eu plusieurs types de motivations : Assurer la place de l’État français au niveau international, grâce à une « sphère d’influence » en Afrique francophone garantissant un nombre important de votes à l’ONU. Un accès privilégié aux matières premières stratégiques, fort nombreuses dans la région, soit l’« exploitation des rentes ».

La corruption et le détournement de l’aide publique au développement au profit d’intermédiaires divers, d’hommes politiques français et africains, et des grands partis politiques français, avec son corollaire : les trafics délictueux ou criminels.

Le rôle de l’État français durant la Guerre froide, sous-traitant des États-Unis en Afrique. La défense de la Francophonie, allant de pair avec une volonté de contrer l’hégémonie grandissante de la culture anglo-saxonne dans le monde. La poursuite de la « grande politique arabe » de l’État français. Le corporatisme et la défense mutuelle d’intérêts au sein des réseaux.

Méthodes de la françafrique
Selon la thèse de Verschave, une grande majorité de présidents et dictateurs africains des anciennes colonies françaises ont été mis en place, soutenus et protégés par l’État français. Il cite ainsi Omar Bongo (Gabon), Gnassingbé Eyadéma (Togo), Paul Biya (Cameroun), Denis Sassou-Nguesso (Congo), Blaise Compaoré (Burkina Faso), ou Idriss Déby (Tchad).

Parmi les méthodes employées on note :

L’inaction face à des guerres reposant sur des schémas ethniques, comme l’extermination des Tutsi au Rwanda voire leur encouragement.

Chaque chapitre du livre mentionne ces accords secrets, ces "coups tordus", ces manipulations fomentés par plusieurs personnes proches des milieux mafieux, FN, franc-maçons, contre la démocratie et les opposants politiques de plusieurs pays d’Afrique. Le livre regorge d’exemples historiques, avec à chaque fois des références aux sources.

D’après François-Xavier Verschave, la Françafrique se caractérise par de nombreux réseaux d’influence aux motivations variées.

Le principal d’entre eux serait le réseau Foccart, du nom de l’instigateur de ce système, responsable de la cellule Afrique de l’Élysée sous De Gaulle, et acteur de premier plan dans les relations franco-africaines jusqu’à sa mort en 1997. Son influence aurait reculé au cours des années 1980, au profit des réseaux néo-gaullistes de Charles Pasqua et des réseaux mitterrandiens. Jacques Chirac serait l’héritier de ce réseau.

Dans les pays d’Afrique francophone nouvellement indépendants, au début des années 1960, Jacques Foccart aurait œuvré à la mise en place de dirigeants "amis". Les mouvements démocratiques échappant à la sphère d’influence de l’État français auraient été systématiquement combattus par des moyens économiques, diplomatiques et militaires, y compris par l’encouragement de guerres, assassinats et fraudes électorales.

Le maintien du système françafricain permettrait à certaines entreprises de continuer à assurer une domination économique en Afrique francophone, bien que remise en cause actuellement par de nouveaux acteurs (États-Unis, Chine).

L’exemple le plus significatif est celui de l’entreprise pétrolière Elf, qui aurait « fait » la politique de l’État français au Gabon, au Cameroun, au Nigeria au Congo-Brazzaville et en Angola, et aurait même été responsable de l’éclatement ou de la poursuite de guerres civiles dans ces trois derniers pays.

En position de monopole dans certains secteurs de certains pays, Bouygues (services publics) et Bolloré (transports, logistique) sont également montrés du doigt. La position hégémonique de ces entreprises, accusées en outre de bénéficier d’une partie de l’aide publique au développement (APD), s’expliquerait par la collusion avec une partie des dirigeants.

Selon ses détracteurs, la présence militaire française est indissociable du système françafricain, à travers les accords de défense et de coopération militaire.

Ceux-ci permettent à la France de conserver un poids prépondérant, par l’encadrement par des officiers français l’encadrement de troupes nationales africaines ou des interventions armées en cas de menaces externes ou internes. Les bases militaires françaises constituent donc des piliers de la Françafrique dans des pays comme le Sénégal, le Gabon, le Tchad ou la Côte d’Ivoire.

Les services secrets (DGSE, DST) sont également désignés comme un élément important de ces réseaux, de par leur collaboration intense avec les services de plusieurs pays africains, pas nécessairement francophones (Angola ou Soudan par exemple).

L’accusation la plus grave porte néanmoins sur l’utilisation de groupes mercenaires, lorsque les services secrets ou les réseaux politico-affairistes, ne veulent pas agir au grand jour. Cette pratique aurait été particulièrement courante sous l’égide de Jacques Foccart.

L’État français est donc accusé par Verschave d’avoir rétribué des mercenaires (comme Bob Denard), ou des sociétés spécialisées dans ce type de services (dont celle de Paul Barril), lors de guerres civiles ou de coups d’État. Infosplusgabon 

 

Ahmed Lyadish dénonce le régime de Deby

Tout a été déjà dit sur le régime politico-militaire au pouvoir au Tchad. On n’y a retenu absolument rien de positif. Un régime politique initialement révolutionnaire devenu autoritaire, puis clanique et enfin autocratique. Un régime totalitaire, réfractaire à toute réforme politique. Un régime entretenu et soutenu par une poignée de personnes à moralité douteuse, rompues dans l’art de la prostitution politique, corrompues jusqu’à la moelle. Un régime politique vénal, qui des projets de développements n’en maîtrise que les affreuses techniques de détournements de fonds publics. Un régime qui clochardise ses hauts fonctionnaires, pratique le népotisme sans discernement, rétribue généreusement les repris de justice et responsabilise publiquement les ripoux. Un régime politique qui ne connaît ni autorité judiciaire ni pouvoir législatif. Un régime politique qui, pour le maintien au pouvoir d’un lobby mafieux contesté, n’hésite pas à se servir des jeunes vies innocentes comme rempart. Un régime politique taillé aux dimensions d’un homme qui du pouvoir et de la gestion de la cité a une conception singulièrement néfaste.

Vous doutez certainement de ce que je sois incapable de dresser une typologie exhaustive des tares du régime politico-militaire au pouvoir à N’Djamena. Rassurez-vous, il ne s’agit plus seulement de stigmatiser et d’attendre un hypothétique changement de comportement de la part du chef de l’Etat et de ses adjudants. Sachez-le, Idriss Déby ne changera pas, sinon en pire. Ses adjudants l’encouragent à rester comme il est, quitte à voir périr tous les Tchadiens dans les combats fratricides. Chaque jour qui passe, des innocents meurent dans des guerres sciemment orchestrées pour permettre à certains parvenus de piller les maigres richesses du pays. Paradoxe d’un régime politique complètement avili, certains ministres et hauts fonctionnaires sont immensément riches alors que l’Etat est incapable de faire soigner au pays ses soldats blessés aux combats. Pour ne prendre que cet exemple, malgré les milliers de milliards de recettes pétrolières de ces dernières années, il n’y a pas encore un  véritable hôpital au Tchad où l’on peut soigner de simples blessures physiques. Et il n’y en aura pas aussi longtemps que les Tchadiens se laisseront abuser par des discours effrayants sur la rébellion et les prévisions des Cassandres sur l’après-Déby.

Non ! Sérieusement, il n’est pas besoin d’être devin pour dire qu’à l’avenir personne ne fera pire que ce que font aujourd’hui Idriss Déby et ses faucons. Lui cherche absolument à conserver son pouvoir. Pour cela, il n’hésite pas à s’approprier l’argent du pays pour acheter des armes sophistiquées quitte à les faire manipuler par d’innocents enfants. Conséquemment, ses faucons trouvent dans la guerre un moyen de transvaser le contenu des caisses de l’Etat vers leurs caisses personnelles illicitement constituées. Ils s’enrichissent du sang des Tchadiens. Font tout pour décourager les initiatives de paix et de réconciliation parce que celles-ci menacent leurs intérêts. Le Tchad est devenu une véritable vache à lait pour cette poignée d’individus aussi vils que méchants. Refuser de voir cette réalité, c’est donner quitus aux aigrefins qui se moquent éperdument de la situation sociale de notre pays.

Á mon sens, si l’on souhaite que le Tchad rompe définitivement avec l’injustice et renoue avec la légalité, il est désormais plus que jamais urgent de se débarrasser aussi vite que possible de ce régime gangrené. Nous devons dépasser nos préjugés, surtout ceux qui nous ont été subtilement distillés par des individus ayant manifestement intérêt à ce que perdure le désordre dans notre pays. Tout comme on nous a toujours dit que le pouvoir ne doit plus repartir dans le « Sud des Kouffars », on nous dit aujourd’hui que les Erdimi ont suffisamment pillé le pays et qu’il importe de les empêcher de chercher à renverser Déby afin de conserver le pouvoir au sein de la communauté zaghawa. On nous fait également croire qu’il faudra empêcher Mahamat Nouri de combattre le régime parce que sinon les Goranes reviendront au pouvoir. Mais jusqu’à preuve du contraire, personne n’est capable de dire exactement ce que les Sara (terme générique), les Goranes ou encore les Zaghawa ont fait de particulièrement atroce aux Tchadiens. Surtout, ces manipulateurs ne sont pas capables de nous dire exactement ce que le régime de Déby (dont ils profitent personnellement) à apporter de positif aux populations tchadiennes.

Il est important d’être conscient du fait que ni les Sara ni les Goranes, moins encore les Zaghawa n’ont exclusivement contrôlé le pouvoir qu’un des membres de leur communauté a eu à exercer. La manipulation qui consiste à indexer une communauté en particulier afin de se disculper alors même que l’on a soi-même activement participé aux forfaitures d’un pouvoir vénal et répressif n’est plus acceptable. Ceux qui gravitent tout autour du pouvoir d’Idriss Déby ne sont pas tous des Zaghawa. Mais ils profitent de la propension des Tchadiens à raisonner ethniquement pour minorer leur part de responsabilité dans la gestion chaotique du pouvoir. Aussi, afin que demain ceux qui gravitent aujourd'hui autour du chef de l'Etat ne cherchent-ils pas à faire endosser leurs propres responsabilités par les seuls Zaghawa sous prétexte que Déby était un Zaghawa au pouvoir, il est plus qu’urgent de réorienter désormais nos critiques. La manipulation des faucons ne doit plus passer !

Lyadish Ahmed
http://lyadish.over-blog.com/article-14669323.html

Arche de Zoé: Rachida Dati était informée - Contrejournal

Dans l'affaire de l'Arche de Zoé, la secrétaire d'Etat chargée des droits de l'homme, Rama Yade, affirmait avoir alerté son homologue de la justice sur l'opération illégale de l'ONG française. La lettre du Continent (Africa intelligence) s'est procuré la précieuse missive adressée le 1er août 2007 par Brigitte Collet, dircab de Rama Yade, à son homologue de la justice, Patrick Gérard, dircab de Rachida Dati. Le document et les explications de la Lettre du continent:

« Il y est écrit: "Je souhaite vous alerter sur l'annonce du transfert vers le territoire français de 250 à 1 000 enfants de moins de cinq ans rapatriés de la zone du Darfour (Soudan) et proposés à l'adoption ou l'accueil à des familles françaises, par l'association loi de 1901 "L'Arche de Zoé" qui présente l'opération comme imminente. Cette opération, si elle venait à être réalisée, se déroulerait en toute illégalité au regard des conventions internationales". Le Secrétariat général de l'autorité centrale pour l'adoption internationale (SGAI) qui est sous tutelle du Quai d'Orsay, a saisi le 9 juillet, le Procureur de Paris pour activité illicite en matière d'adoption.

"Nos services sont à la disposition des vôtres pour toute information complémentaire qui vous semblerait utile, qu'il s'agisse d'informer les familles susceptibles d'accueillir les enfants ou de toute autre disposition que vous jugeriez nécessaire" conclut la dircab de Rama Yade. Et pourtant, sur le terrain, les "sapeurs pompiers volontaires" ont poursuivi l'opération d'"ingérence humanitaire"  ! Misère de la diplomatie française… Elle n'est même plus écoutée à Paris !"

Voir le fac-similé de la lettre sur la page suivante.

OPPOSITIONS AFRICAINES
POURQUOI CET ETIOLEMENT QUI ALTERE LA PRATIQUE DEMOCRATIQUE ?


L’opposition en Afrique, sauf quelques très rares cas, est souvent l’ombre d’elle-même, enlevant par le fait toute vitalité à la démocratie. Comment en est-on arrivé là ?

On trouvera des explications dans la vie propre des partis d’opposition, comme dans l’environnement national et international.
Au niveau des partis politiques, tout est loin d’être rose. Les partis, il en a tant été créé à la pelle que les mauvais sont en passe de chasser les bons, comme la mauvaise monnaie le fait de la bonne. Pas étonnant que la plupart n’aient pas de programmes conséquents mais des copier/coller, que certains vivent en se vendant au plus offrant et d’autres, juste le temps des élections pour toucher la manne du financement public et retomber en hibernation le reste du temps. Comment dans ces conditions obtenir d’eux une contribution au processus de nationalisation du pouvoir, au développement d’une culture partisane. Comment avec de telles déviances, espérer qu’ils développent des activités de contrôle sans complaisance avec pour horizon, l’alternance au pouvoir ? D’où les critiques et la désaffection grandissante de l’opinion à leur endroit. Mais précision de taille : il n’ y a que les véritables partis d’opposition qui vivent cette situation, et on verra pourquoi.

Mais l’étiolement des partis politiques tient aussi à l’environnement politique, économique et social, aux données de la gouvernance nationale.

Les pouvoirs en place ne se sont pas toujours donnés pour objectif d’asseoir la démocratie sur la légitimation populaire, le respect du droit et du pluralisme, de soumettre leur pouvoir aux contrôles administratifs et politiques vrais et par conséquent de respecter scrupuleusement le suffrage populaire et la place qui doit revenir aux vrais partis d’opposition.

Tout au contraire, ils se sont efforcés de se consolider, de prendre racines en confisquant le pouvoir du peuple, en neutralisant de multiples façons les partis politiques d’opposition : ils ont aussi mis en œuvre une implacable stratégie de vampirisation de la vie politique et économique, dont le but ultime a été le formatage d’ un espace politique animé par des acteurs créés ou récupérés auxquels ils ont fait jouer des rôles dans un jeu politique parfaitement maîtrisé.

Mais cet objectif n’aurait pas été pleinement atteint si la subordination, la captation, l’inféodation des contre-pouvoirs non étatiques (contrôleurs administratifs et politiques) n’avaient pas été menées de façon globale, intégrale, pour atteindre, au-delà des partis d’opposition, les syndicats, les mouvements de droits de l’homme, les médias, les intellectuels, les opérateurs économiques et surtout les structures coutumières et religieuses. C’est cela qui a construit ici et là des démocraties globalisantes, unanimistes au sein desquelles les partis d’opposition qui n’acceptent pas de se rallier d’une façon ou d’une autre à la galaxie présidentielle, connaissent de graves tourments de la part des pouvoirs en place. L’opposition devient ainsi un enfer, ce qui favorisera notamment le phénomène de la transhumance.

Cependant, cette déconstruction de la démocratie, ce retour à des régimes d’exception qui ne disent pas leur nom, n’aurait pas enfin atteint ce stade achevé si des assurances n’avaient pas été prises au plan international pour verrouiller par le sommet, tout le mécanisme construit en interne. En effet, la communauté internationale a fermé les yeux (sauf en concédant de temps en temps, quelques protestations de pure forme) sur le processus de dénaturation de la démocratie, sur les élections tronquées, sur les constitutions violées, sur les oppositions démantelées et sur les forces vives de la nation récupérées.

Plus grave, il est même arrivé à certains de ses représentants de prêter main forte aux dictateurs dans leurs multiples entreprises : en appuyant l’idée que l’Afrique avait beaucoup plus besoin de sécurité, de santé, de nourriture, d’éducation que de démocratie ; en intervenant à l’occasion directement ou indirectement dans des actions de prédation interne et externe des gouvernants ; en fermant l’accès des oppositions aux médias internationaux... Pas étonnant, comme l’a relevé Alpha Oumar Konaré, que les oppositions africaines en soient réduites à n’être que l’ombre d’elles-mêmes, les élections servant plus à leur exécution électorale qu’à la légitimation de la volonté populaire. La situation est vécue dans des pays aussi différents que le Sénégal, le Cameroun, le Burkina Faso, le Maroc et l’Algérie. Pas étonnant aussi qu’à la limite, la nécessité faisant loi, des bruits courent que des leaders comme John Fru N’di seraient sur le point de rejoindre Paul Biya pour tenter de survivre, lui qui a été artificiellement ravalé, selon une technique bien huilée en Afrique, du rang de premier parti d’opposition, à celui de deuxième, de troisième parti voire demain de 4èm, dans l’indifférence de la communauté internationale.

Mais comme l’a dit le professeur Loada, on peut tout faire avec la démocratie sauf s’asseoir dessus. De fait, on arrive maintenant à ce constat amer de l’écoeurement populaire vis-à-vis de la démocratie avec des abstentions record aux élections, une explosion du phénomène de l’émigration pour déficit de démocratie. On s’aperçoit alors à l’extérieur qu’il y a plus d’inconvénients que d’avantages à mal déployer la démocratie et qu’il faut la re- profiler. C’est toute la question qui se pose aujourd’hui un peu partout au sujet de la refondation de la démocratie et dont les chantres se trouvent, même paradoxalement, au cœur de la Commission de l’Union Africaine.
La Rédaction
San Finna N°433 du 01 au 07 Octobre 2007

 

Mamadou Koulibaly renvoie Nicolas Sarkozy dans les cordes : Non à l’Eurafrique, Oui à la Librafrique

Le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, l’économiste Mamadou Koulibaly n’est pas à ses premières escarmouches avec la Francafrique qui a entraîné son pays dans une guerre fratricide, dont il essaye vaillamment de se tirer. Devant le discours stupéfiant d’arrogance et de paternalisme missionnaire du 26 juillet 2007 à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar prononcé par un président français confondant apparemment «droite décomplexée» et certitudes ethno-raciales à la Tintin au Congo, Mamadou Koulibaly est -c’est son mérite, mais c’est triste pour l’Afrique- une des seules personnalités africaines de premier plan qui ait réagi officiellement aux propos surréalistes entendus. Il livre une réponse libre et sur un ton décalé d’où il ressort un refus net de repartir sur les ficelles anciennes et rances de la Francafrique, même présentée en Eurafrique. Une prise de parole d’«Africain», cette catégorie que le président français affectionne et dont il s’est fait l’ethnologue de circonstance.
Le président de la République française est venu, comme De Gaulle et il a parlé aux Africains. Qu’a-t-il dit au juste ? Il nous a fait une série de propositions et d’analyses. Écoutons-le :
“Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est une alliance, c’est l’alliance de la jeunesse française et de la jeunesse africaine pour que le monde de demain soit un meilleur monde». Le nom de cette alliance est Eurafrique. La France s’est mariée à l’Europe et nous vous apportons cette Europe de même que nous vous apportons à l’Europe. L’Afrique sera dans la corbeille de mariage de la France avec l’Europe et dans la corbeille de l’Europe avec le monde. Je suis venu vous proposer une place, comme la France sait le faire habituellement. Souvenez-vous par exemple des Dom Tom.
Mais comme vous le savez, l’Afrique est très différentiée. Il y a l’Afrique du Nord. Et il y a l’Afrique noire. En Libye, donc en Afrique du Nord, où je suis passé, j’ai signé des contrats juteux d’exploitation de centrales nucléaires et d’uranium. Des contrats portant sur la défense et autres affaires hautement stratégiques pour mon pays. Avec l’Afrique du Nord, on ne parle ni de morale, ni de développement. On ne donne pas de leçons mais on passe des contrats. On ne lance pas d’appels aux Libyens de l’étranger pour leur retour dans leur pays. On ne fait pas de promesses d’aides publiques françaises à la Libye. On parle affaires. Des contrats, des contrats et encore des contrats. Sur l’uranium, sur la défense, sur le nucléaire. Trade not aid, telle est notre règle.
Avec l’Afrique noire, avec vous, que dire ? Je vous ai fait mal, mes bébés. Hum ! N’en parlons plus. Mais ne me demandez surtout pas de repentance, puisque vous-mêmes, vous êtes coupables de vous être laissés battre par mes ancêtres. En plus, quand mes ancêtres arrivaient chez vous, vous vous décimiez vous-mêmes déjà sans notre aide. Vous êtes plus coupables que nous. Nous avons commis des crimes contre l’Humanité. Oui, mais vous n’avez rien fait pour nous en empêcher. En tout cas pas suffisamment pour nous convaincre que ce que nous avions l’intention de faire, était criminel.
Ne rêvez surtout pas à un retour en arrière pour rejoindre votre prétendu âge d’or qui aurait existé dans le passé. Vous n’avez jamais eu d’âge d’or. N’en rêvez pas. Le monde ne marche pas à reculons mais progresse vers l’avenir. L’histoire a un sens. La colonisation a été un crime contre l’humanité, mais mes parents ont proposé aux vôtres l’indépendance, qu’ils ont acceptée.
La colonisation c’était l’exploitation de l’homme par l’homme ; l’indépendance est exactement le contraire. Vos historiens et autres anthropologues vous mentent. Je vous le dit ici à vous, les jeunes d’Afrique, à l’Université Cheick Anta Diop. Devant vos chefs. Devant vos profs. Devant votre classe politique, gouvernement et opposition réunis. Devant vous étudiants, hommes de maintenant et hommes de demain. Arrêtez de rêver d’un futur qui puisse être le vôtre, à vous tout seuls.
Maintenant, vous m’appartenez définitivement. Arrêtez d’avoir la nostalgie d’un passé qui n’a jamais existé.
Je vous propose l’Eurafrique. Vous entrez avec moi dans les bonnes grâces de l’Europe. Je vous apporte l’Europe comme hier je vous ai apporté l’Esclavage. Je vous apporte l’Europe comme hier je vous ai apporté la Colonisation. Je vous apporte l’Europe comme hier je vous ai apporté l’Indépendance.

Je vous vois stupéfaits, n’est-ce pas ? Mais je vous apporte aussi les moyens qui vous seront propres pour inventer, vous-mêmes, votre avenir. Oubliez le passé. Maintenant, vous ne serez plus seulement à la France, mais à l’Europe. La France, c’est votre héritage occidental. La colonisation vous l’a apportée. Aid not trade. Telle est mon offre. Ne vous coupez pas de cet héritage. La civilisation européenne vous appartient. A vous aussi. Renoncez à la tentation de pureté comme nous le faisons en Europe. Ne répondez pas au racisme de la France par le racisme. Ne répondez pas à l’intolérance de la France par l’intolérance. Je sais, je vous ai fait mal, mais laissez tomber. Allons ensemble dans l’avenir. Renoncez à la maladie de l’intelligence. Si vous voulez venir chez nous, pas de problème, nous négocierons votre migration. Nous déciderons ensemble, pour vous, comment vous viendrez. Pas en citoyens libres, mais en immigrés.
Vous rêvez de la Renaissance africaine ? Pourquoi pas ! Après tout, vous avez eu, semble-t-il, l’Egypte et d’autres brillantes civilisations que mes ancêtres ont battues à plate couture et soumises depuis des siècles. Oubliez le passé peu glorieux que vos ascendants vous ont laissé. Nous vous aiderons à la bâtir, cette renaissance, si tel est votre désir.
Commencez déjà par prendre notre civilisation comme héritage. Vous voulez la liberté, la démocratie ? Bien. Mais savez-vous que l’Europe est bâtie sur l’égalité, la justice, le droit, la liberté, la démocratie et la libre propriété ? Je vous apporte ces valeurs universelles. Et n’allez pas chercher ailleurs. Tout ce que vous voulez, commandez et je vous livre tout de suite. Nous sommes généreux, nous vous aimons. Ce n’est pas de la pitié, mais c’est notre intérêt.

Ainsi nous a parlé Nicolas Sarkozy, le président de tous les Français.

Que lui dire ?

Merci Sarkozy. Merci pour tes propositions. Mais nous, on veut aller dans le monde par le marché et non sous la protection de qui que ce soit. Nous connaissons le chemin. Le monde, ce n’est pas que la France; le monde, ce n’est pas que l’Europe. Le monde, c’est aussi l’Afrique, c’est aussi l’Amérique, c’est aussi l’Asie. Le monde, c’est ailleurs. Nous voulons choisir librement notre méthode d’y entrer, notre façon d’y participer. Ce n’est pas par dégoût, mais c’est notre intérêt et rien que cela.
L’Eurafrique ? Très bien merci. Mais ça sera vraisemblablement comme par le passé. Il y a déjà les sommets franco-africains. Il y aura des sommets Eurafricains. Il y aura une bureaucratie Eurafricaine, comme il y a celle des UE-ACP. Nous n’avons plus du temps à perdre à négocier lors de sommets de Chefs d’Etat. Nous allons directement sur les marchés librement avec nos besoins et nos moyens.
Nous ne voulons plus être marchés captifs de qui que ce soit. Nous voulons redevenir libres. Il ne s’agit pas d’un retour à un quelconque âge d’or. Il ne s’agit pas d’une option pour nous, mais de notre survie.
Il s’agit d’être simplement des humains, de vivre comme tels et d’être traités comme tels. Nous ne voulons pas de traitement de faveur. Nous voulons avoir notre liberté de choix. Nous voulons tirer profit des droits imprescriptibles que nous avons d’être propriétaires de nous-mêmes en tant qu’humains. Nous voulons être libres dans la mondialisation, comme nous ne l’avons jamais été sur les marchés des esclaves. Sur les marchés coloniaux. Dans le pacte colonial. Nous ne voulons pas aller sur les marchés mondiaux enchaînés par des accords protectionnistes ; ni avec la France, ni avec l’Europe.

N’est-ce pas vous qui avez dit que l’Afrique ne comptait pas pour la France ? N’est-ce pas vous qui dites aussi que le Niger, avec son uranium, compte énormément pour la France ? Savez-vous que le Niger est un pays d’Afrique ? La duplicité de votre langage ne nous rassure guère. Vous parlez d’amour là où le monde parle d’intérêt et d’intérêt là où le monde parle d’amour. Nous ne voulons plus de cette protection infantilisante qui vous donne le droit de vouloir: Tout faire pour nous. Tout faire avec nous. Tout faire par nous. Tout faire sans nous. Et au bout du compte, tout faire contre nous. Nous ne voulons plus des accords léonins qui, sous prétexte de vouloir nous aider, nous font plus de mal que de bien.

Nous voulons que Sarkozy nous laisse faire, nous laisse passer. Nous voulons que la France nous laisse faire, nous laisse passer. Nous voulons que l’Europe nous laisse faire, nous laisse passer. Nous voulons que le monde nous accueille comme nous sommes, tels que nous sommes et non comme la France veut que nous soyons ou que l’Europe voudrait que nous soyons. Nous connaissons le mode d’emploi de la mondialisation. Aucun épouvantail ne nous fera renoncer sur la route de la liberté.
L’Eurafrique ? Pourquoi pas. Merci pour votre offre. Mais nous sommes déjà dans le monde sous le couvert de l’Europe qui agit par procuration de la France. Nous ne voulons pas de la mondialisation des servitudes. Nous voulons celle des libertés. Nous voulons simplement : De l’économie de marché. De la société ouverte. De la société de droit. Ni plus, ni moins. Sarkozy pourrait-il nous aider dans ce sens ? A nous libérer des accords précédents ? Ceux des indépendances ? Pour enfin nous libérer du carcan post colonial.
Nous ne voulons pas aller dans le monde comme hier nous sommes allés dans l’Europe, par la France. Nous ne voulons pas de votre liberté en double standard, et sous surveillance. Nous ne comprenons pas que nos avoirs extérieurs nets en devises soient déposés au Trésor Public de chez vous. Nous ne comprenons pas que nous soyons perçus comme des contribuables par l’Etat français, alors que vous nous ressassez que la colonisation est terminée depuis belle lurette ?
Nous ne voulons plus de vos accords de coopération qui ne règlent rien, mais qui pillent tout. Nous voulons être libres de choisir nous-mêmes notre destin. Libres de choisir nous-mêmes qui nous accompagnera et pour quoi. Merci de votre sollicitude.
Tu veux que je décide librement ? Soit. Mais je ne veux pas que tu sois là. Tu veux que je décide librement ? Mais soit. Je ne veux pas décider avec toi. Je veux décider seul. Tu veux que ma volonté se réalise pleinement ? Oui, je le veux aussi. Mais je ne veux pas réaliser mon destin avec toi. Je veux le faire moi-même, sans guide, ni parrain, ni gourou. Tu veux t’associer avec moi ? Oui, mais ne me demande pas d’être exclusivement à toi. D’être ta chose. Je veux être libre de m’associer avec qui je veux et comme je le veux et quand je le veux. La mondialisation telle qu’elle est faite pour moi ne me plait pas. C’est vrai. Je veux la démocratie. Je veux le droit. Je veux la justice. Je veux la propriété libre. Je veux la liberté. Mais je veux aussi la responsabilité.

Rencontre de deux visions

Au lieu de l’Eurafrique, nous voulons la Librafrique. Si vous voulez un véritable discours de rupture, monsieur le président de la République française alors, en plus de définir la politique africaine de la France, il vous faudra désormais intégrer la politique française de l’Afrique. C’est de la rencontre des ces deux visions sous la contrainte de nos autres relations que naîtra le monde meilleur souhaité par la jeunesse africaine et pour lequel elle est prête à travailler avec toutes les jeunesses du monde. Pour cela, il faut que vous nous laissiez faire.

Les libertés et les droits de l’homme ne se négocient pas. L’autodétermination des peuples est un droit. Vous ne pouvez pas garder les démocraties pour vous et cultiver les autocraties chez nous. Arrêtez de le faire. Le marché ne peut pas être pour l’Europe et les bureaucraties pour l’Afrique. Arrêtez de le concevoir.

Encore une fois merci d’être venu et d’avoir parlé comme vous avez parlé. Votre discours avorté de rupture donne une occasion de rupture effective à la Jeunesse d'Afrique si discourtoisement interpellée par vous à Dakar le 26 juillet 2007. Vos désirs de rupture d'avec les vues de vos prédécesseurs ne nous intéressent pas, d'autant qu'ils n'iront jamais jusqu'à la remise en cause des fondamentaux de la traditionnelle politique africaine de la France. Par contre, nous avons avec la mondialisation l'occasion de rompre avec le modèle de coopération que la France nous propose. Merci de nous avoir donné l’occasion de vous le dire. Parce que nous avons compris que, si pour le moment, la rupture, ce n'est pas pour vous, nous vous indiquons que c'est avec vous, nouvelles et anciennes élites françaises, que nous, jeunes d'Afrique, nous rompons.

Mamadou KOULIBALY Président de l'Assemblée Nationale de Côte d'Ivoire

Article repris des journaux africains Le Quotidien de Dakar (le 04.07.07) et Le Messager (Douala, le 06.07.07)

 

 

APRES LES PRATICIENS BULGARES, AU TOUR DE SARKOZY ET DES LEADERS EUROPEENS, D’ETRE OBJET DE CHANTAGE ?

Les dirigeants libyens n’ont jamais ignoré l’attrait qu’exercent les nombreuses potentialités de leur pays, notamment en matière de pétrodollars et de contrats (équipements, infrastructures, services, armement, tourisme…). Ils ont appris à utiliser ce capital de différentes façons dans leurs rapports avec les pays africains et plus spécifiquement avec les pays industrialisés demandeurs par excellence d’énergie et de grands contrats juteux. Pour ce faire, ils n’hésitent pas à les mettre en compétition au détriment de la morale et du droit. Pour dire les choses telles qu’elles apparaissent, le régime du « Guide », qui a systématisé (en réponse au fait colonial, dit-il mais aussi à ses ambitions) à un niveau rarement égalé le cynisme politique, applique le chantage d’Etat sans vergogne et ce même lorsqu’il a affaire aux plus grandes puissances de ce monde. Ce fut, après bien d’autres exemples, ceux éclatants des attentats terroristes libyens de Lockerbie (vol Pan Am ayant fait 280 victimes) et du Ténéré (vol UTA ayant fait 170 victimes).
LA PRISE D’ OTAGES AUX BENEFICES MUTUELS

Le « Guide », avec les cartes qu’il avait donc en main, a réussi le tour de force de ne pas être poursuivi devant un tribunal pénal international ; mieux, il a dévoyé les principes et les règles du droit pour étendre le principal transactionnel admis sur le seul plan des actions civiles, à celui, interdit, des actions pénales. De la sorte, il a assorti l’offre officielle de dédommagements des victimes de ces deux actes terroristes, de la conditionnalité de l’abandon des poursuites pénales pour amener Américains, Britanniques, Français…, à adhérer au processus de règlement amiable, toutes causes de préjudices confondues. Cet acte de défi vis-à-vis de crimes de compétence universelle et par définition imprescriptibles, passera comme une lettre à la poste, malgré les cris révoltés de bien de victimes contre ce déni de justice internationale. Le Colonel Kadhafi, dès lors, ne pouvait pas s’arrêter en si bon chemin.

L’affaire des soignants bulgares sera une autre occasion de chantage d’Etat et c’est quasiment les pieds sur la table que les captifs seront utilisés comme otages pour combler le trou causé par le paiement des sommes déboursées dans le cadre des attentats de Ténéré et de Lockerbie et pour accélérer les processus de réintégration de la Libye dans le concert des nations.

La libération des soignants se fera sur la base d’avantages réciproques et multiformes, cachés ou connus. Le fils Kadhafi, Saïf Al-Islam Kadhafi, les autorités libyennes et françaises, la direction d’EADS…, ont beau dire et se dédire dans des communiqués diplomatiques et à travers des plans de communication, l’opinion à ce sujet n’en est pas dupe, encore moins les victimes et leurs avocats. Ces derniers, en particulier ont avoué qu’ils ne sont pas étonnés de l’existence de possibles transactions puisque leur stratégie pour obtenir la libération de leur clients, a toujours consisté à aiguiser l’appétit des puissances européennes par rapport aux avantages qu’ils pourraient tirer en s’intéressant aux négociations. Ils sont eux-mêmes entrés dans le jeu du chantage « kadhafien » pour extraire les soignants des griffes libyennes. Mais là où on peut comprendre un tel choix de la part des victimes et de leurs conseils, on ne saurait l’admettre s’agissant des plus grandes puissances mondiales ayant les plus grandes forces de contrainte organisée et étant toujours promptes à jurer de leur fidélité aux fondements moraux et juridiques intangibles qui fondent leurs régimes.

A la limite, si ces puissances étaient elles aussi entrées dans le jeu uniquement dans le même but (la libération des praticiens bulgares), à charge de poursuivre les autorités libyennes une fois le but atteint pour que force reste à la vérité et à la justice internationale, on aurait accepté. Mais à l’évidence, tel n’a jamais été le cas puisque depuis que les captifs ont rejoint Sofia, il n’est pas envisagé de la part de l’Union européenne d’engager une quelconque poursuite ni pour extorsion de fonds, séquestration, ni pour tortures et encore moins pour prostitution du droit. On comprend que les victimes aient le sentiment d’avoir été utilisées par tous les intervenants dans la négociation.
LE CHANTAGE D’ ETAT PERMANENT

Le « Guide », une fois de plus a joué, et il a gagné. Mais, pour être un joueur invétéré, il n’est pas pour autant inconscient des risques qu’il encourt. C’est pour cela qu’il prend toujours le soin de bien verrouiller les choses. Dans le cas d’espèce, il s’est employé à neutraliser toute action judiciaire à son encontre. Le contrat signé par les soignants (en présence des intermédiaires européens) de ne pas se pourvoir devant une quelconque juridiction à leur libération, en est une des illustrations. Il y à là beaucoup à redire sur un tel acte entaché d’un vice irréfragable puisque conclu sous la menace, donc en l’absence de toute adhésion volontaire de la part des otages. Pour autant, non seulement il n’a pas été dénoncé par les Européens mais on constate que ces derniers (les Bulgares en tête), malgré les révélations les unes les plus douloureuses que les autres sur la captivité des soignants, incitent ces derniers à le respecter. L’attitude ici est révélatrice d’une complicité d’Etat et concourt à faire de cette affaire, une affaire de délinquance internationale.

En soi, cela suffisait à donner du crédit à tous ceux qui pensent depuis le début que la communauté internationale n’était pas convaincue que la vie des captifs était réellement menacée. Les soignants se sont trouvés effectivement là, à un moment où les bien-pensants de ce monde et la Libye avaient convenu de renouer pour relancer les affaires. Alors, ils ont servi de prétexte. C’est en somme l’occasion qui a fait des larrons. Mais pour autant, le « Guide » a pris soin d’assortir le « deal » de largesses compromettantes pour s’assurer le silence des puissances européennes. De ce point de vue, il n’est pas du tout incongru de penser que la fulgurante réaction libyenne, après l’annonce de l’amnistie accordée aux soignants par la Bulgarie et les fuites manifestement provoquées et rattrapées du fils Kadhafi, soit des mises en garde contre les soignants mais aussi contre les dirigeants européens. Deux précautions valent mieux qu’une ! S’il venait à une des parties l’idée de violer l’ « omerta », les dirigeants français et européens seront jetés en pâture à leur opinion avec toutes les conséquences qui s’y attachent. Quant aux victimes ingrates, elles pourraient perdre plus que leur liberté ! Tel pourrait être le double message, et comme contrairement au « Guide », les Européens ne craignent rien autant que l’opinion, ce dernier est ainsi assuré de pouvoir continuer à jouer et à gagner sans danger.
Pour avoir réussi à impliquer les gouvernants européens dans ce dossier des praticiens bulgares, il reste en définitive aux victimes et à leurs avocats de réussir cette fois-ci la prouesse d’intéresser les déterminants de cette opinion : les médias mais aussi les altermondialistes, les associations de défense de droits de l’homme et les confessions religieuses (très silencieux sur la question jusqu’à présent) à engager une contre procédure internationale pour connaître la vérité et pour rendre justice non seulement aux victimes mais à la communauté internationale elle-même.
VT - San Finna N°425 du 06 au 12 Août 2007

 

AU SECOURS DES IDEES MES VŒUX EN 2007 : CHASSONS LES IMPERIALISTES DE L’AFRIQUE

 

·                                 L’année 2006 se termine très mal en Afrique : la Somalie, le Darfour, le Tchad et le Centrafrique, sont en plein conflit. Les solutions que l’Union Africaine (UA) propose pour y faire face, sont loin d’être adaptées aux différentes situations. Rien ne pourra marcher en Afrique si les organisations qui sont supposées accompagner notre continent dans sa quête d’indépendance et du mieux-être, sont sous une totale influence extérieure. C’est le cas de l’UA, par exemple, que les Occidentaux ont réussi à « prostituer » au point qu’elle est devenue pire que ne l’était, hier, la défunte Organisation de l’Unité Africaine (OUA). Je me souviens du chaud débat, au Sommet de Lomé, en juillet 2000, quand il avait fallu enterrer l’OUA au profit de l’UA. J’avais écrit des éditoriaux dans lesquels je m’étais montré contre la création de l’UA car j’ai toujours pensé que ce n’est pas en cassant le thermomètre qu’on peut guérir du paludisme. OUA ou UA, pour moi, c’est bonnet blanc – blanc bonnet. Tant que les Africains ne se donneront pas les moyens de la maîtrise de leur destin, notre continent tournera toujours en rond.

·                                 Je pense sincèrement que Thabo Mbeki, malgré parfois son incohérence, avait eu une bonne idée en prônant la Renaissance Africaine. Nous aurions dû le conforter dans cette idée dont il est le concepteur. Certains chefs d’Etat l’ont au contraire combattu sans réel fondement. Partie de la Renaissance Africaine qui avait pour ambition d’aboutir à une demande collective africaine de l’effacement de la dette du continent, l’Afrique a eu droit au NEPAD qui est le contraire de ce qui était pensé avant. Lancé à très grand renfort de publicité depuis cinq ans, ce concept mort-né n’a finalement servi à rien. Pourtant la Renaissance Africaine avait un contenu où l’Africain était l’alpha et l’omega de tout le processus contrairement au NEPAD qui se définit, d’abord, à partir du bon vouloir de nos « bienfaiteurs » du Nord.

·                                 Je comprends qu’Alpha Oumar Konaré ne soit pas candidat à sa propre succession à la tête de l’UA qui, en réalité, est une coquille vide. Il avait pourtant remué ciel et terre pour en chasser Amara Essy qui y avait trouvé un excellent point de chute, sa Côte d’Ivoire natale n’étant plus un pays très fréquentable. Mais à force d’avaler les couleuvres, il a fini par jeter ses propres principes éthiques dans le fleuve Niger. Ne pouvant plus continuer de présider la Commission d’une organisation continentale qui prend l’essentiel de ses ordres et de ses financements à l’extérieur, il est normal qu’il plaque tout pour retourner à Bamako sinon l’échec de l’UA se confondra à sa propre image.

·                                 Si le président de la Commission Européenne, José Manuel Barroso, recevait certains ordres de Washington ou de Moscou, que diraient les Européens ? Pourtant, ce sont les Français, par exemple, qui décident de ce qu’il y a lieu de faire en Centrafrique, au Tchad, deux pays où la politique qu’ils prônent en Afrique est radicalement contraire de ce qu’ils soutiennent en Côte d’Ivoire, au grand dam de l’UA dont les chefs d’Etat ne font qu’avaliser de telles positions avant de les soumettre aux Nations-Unies, sans se soucier des qu’en dira-t-on au sein de leurs opinions publiques. La défunte OUA proposait au moins un semblant de débat avant de s’enliser dans des luttes idéologiques. Avec l’UA, il n’y a plus rien. Quand on annonce un semblant de discussion au sein de ses différentes instances, c’est toujours pour adopter les positions que la rumeur a déjà fait courir dans des capitales occidentales.

·                                 Quand un chef d’Etat africain (à quelques très rares exceptions près) veut procéder à un remaniement ministériel, il soumet sa liste qui à Paris, qui à Londres, qui à Washington, qui à Bruxelles, qui au FMI et à la Banque mondiale. Objectif : obtenir l’adhésion de cette communauté des bailleurs de fonds. Quand nos opposants bien aimés veulent briguer la magistrature suprême, ils font, aussi, le tour des mêmes capitales et des mêmes institutions, comme s’ils ne pouvaient pas être élus sans recevoir l’onction de ces dernières. L’Africain peut-il se faire respecter avec de tels comportements ? A-t-on déjà vu Bush ou Blair ou Merkel ou même Chirac qui croit profondément en son for intérieur que « l’Afrique n’est pas encore mûre pour la démocratie » se pavaner dans certaines grandes capitales africaines sous le prétexte de chercher des soutiens en vue de leur élection ou réélection ? A quand alors la maturité des Africains ?

·                                 J’ai commencé cet éditorial en indiquant que l’année 2006, en Afrique, se termine très mal. Ce qui veut dire que le début de l’année 2007 sinon une bonne partie ou la totalité de l’année 2007 sera aussi mauvaise. Ce qui veut encore dire que tout dépend de nous. Si nous devenons des acteurs engagés, les Occidentaux où qu’ils soient, quels qu’ils soient, réfléchiront à deux fois avant de s’ingérer dans nos affaires pour y foutre du désordre comme ils le font aujourd’hui impunément. Mais si nous restons passifs, muets et amorphes, comme en 2006, nous n’aurons que nos yeux pour pleurer fin décembre 2007.

Chers frères et sœurs d’Afrique et de la diaspora, levons-nous ensemble pour chasser, à partir de ce janvier 2007, l’impérialisme de l’Afrique. C’est la seule façon de faire si nous voulons regarder les autres dans les yeux, fiers d’appartenir à un continent qui dispose de tous les atouts pour devenir une puissance mondiale. Tels sont mes vœux pour l’année qui commence.

EDITORIAL –Afrique/Éducation-N° 219-220 DU 1er AU 31 JANVIER 2007

COMPTE RENDU DE LECTURE DU LIVRE


« TEMOIGNAGE ET COMBAT POLITIQUE D’UN EXILÉ» de Bichara Idriss Haggar, édition L’Harmattan, 2003, 515 p. JSBN 2-7475.5386-8


Avec clarté et un style dépouillé, cet universitaire tchadien qu’est Bichara Idriss Haggar nous présente dans Témoignage et combat politique d’un exilé le tableau synoptique de la dictature au Tchad. Chaque mot, chaque phrase valent leur pesant de vérité et traduisent la réalité vécue quotidiennement par les Tchadiens. Par ailleurs, il s’est livré à un véritable et minutieux travail d’investigation et d’historien.
Son expérience personnelle lors de la création de son parti politique, le RDP (Rassemblement pour la démocratie et le progrès), les épreuves qu’il a ensuite endurées au cours de ses pérégrinations à travers plusieurs pays d’Afrique (Cameroun, Nigeria, Niger, Algérie, Libye et Bénin) afin d’échapper à l’étau qui se refermait sur lui, permettent d’analyser progressivement le comportement du dictateur tchadien actuel, Idriss Déby, et ses méthodes d’action, celles-ci étant fondées, dit-il, « sur la force, le mensonge, le faux serment, la division et la corruption ».
Bichara Idriss Haggar appartient à la même ethnie Béri, communément désignée sous l’appellation de Zaghawa, que celle d’Idriss Déby, ce qui l’accrédite d’autant plus. Il explique au lecteur les différents groupes qui la constituent à savoir les Wegui qui vivent dans le Nord-Ouest du Darfour, les Kobé peuplant à la fois la sous-préfecture d’Iriba et une partie de l’Ouest du Darfour, et enfin les Bideyat dans 1’Ennedi, se subdivisant eux-mêmes en Borogat et Biryéra, ce dernier étant celui d’Idriss Déby. Les Biryéra se distinguent des autres Béri par certains traits saillants. Ils sont, dit l’auteur, «anarchiques, sans contact avec les populations avoisinantes et ne vivent que de razzia ». De ce fait, tout porte à croire qu’ils communiquent difficilement avec d’autres clans et ne se consultent qu’entre eux, essentiellement dans le cadre familial.
C’est donc cet homme, issu de la tribu Biryé, qui préside aux destinées du Tchad depuis décembre 1990. Est-ce à cause de son appartenance ethnique qu’il considère le Tchad comme une conquête personnelle et le livre à la curée de sa famille et de ses amis islamistes de la tendance Al Tourabi du Soudan qui lui avaient prêté main forte dans sa marche triomphale sur N’Djamena ? C’est ce que prétend l’auteur et la façon dont le Tchad est géré depuis son arrivée au pouvoir conforte cette analyse.
En effet, pour Idriss Déby, le pouvoir est en premier lieu source de profit. A la différence de ses prédécesseurs il s’y accroche peut-être moins par ambition que par esprit d’appropriation. Le combat qu’il a mené n’étant qu’une sorte de razzia à l’échelle du pays, ce qui est ainsi acquis ne se lâche que par la force. Seules d’autres razzias par des clans ennemis peuvent le lui arracher. Dans cette optique très particulière, l’ex-combattant n’a que faire des avis critiques et des conseils donnés par un cadre supérieur tchadien, celui-ci serait-il de son clan. II ne peut en concevoir que de l’agacement ou de la colère car c’est en quelque sorte remettre en cause son droit à la domination, acquis et reconnu par la victoire de ses combats.
On comprend alors l’intolérance qu’il manifeste vis-à-vis des membres de la tribu Zaghawa. Avant même d’être le président du Tchad, il se considère en premier lieu comme leur chef et par conséquent ne tolère pas que l’un d’eux ne le suive pas. En n’adhérant pas au parti qu’il a créé, le MPS (Mouvement patriotique du salut), en prenant leur distance avec un pouvoir qui ne répond pas à leurs attentes, dans l’esprit du chef de clan qu’est Idriss Déby, ils ne font pas preuve d’indépendance mais de félonie. Cela lui est insupportable et il met tout en œuvre pour châtier les traîtres. On comprend alors l’acharnement avec lequel il pourchasse toute l’élite Béri tels Abbas Koty, Bichara Idriss Haggar, Hissein Koty, Bichara Digui et beaucoup d’autres qu’il n’est pas possible de citer dans le cadre de ce compte rendu. Leurs partisans au sein même de l’armée ont d’ailleurs payé un lourd tribut en juin 1992 à Choukou-Hadjé sur les bords du lac Tchad lorsqu’ils avaient décidé de marcher sur N’Djamena pour en découdre avec Déby. Ni pardon, ni quartier pour les vaincus morts dans des bains de sang.
En considérant cet état d’esprit, comment Idriss Déby admettrait-il le concept de démocratie ? Pour lui ce n’est qu’une vue de l’esprit, occidentale à coup sûr, sûrement pas concevable au Tchad. De même, les notions de droit, de justice, d’égalité, d’intégrité ou de bonne gouvernance lui sont étrangères. Aussi, écarte-t-il systématiquement de son chemin, toute personne qui, au nom de cette démocratie, cherche à lui enlever la place. Il lui faut seulement la conserver et dans ce but ne lésine pas sur les moyens : intimidation, répression, assassinat, pillage, confiscation des biens. Sans remords, il ment, piège et tue les opposants, pioche dans les finances de l’Etat et les revenus du pétrole. C’est de bonne guerre! Les différentes élections ne sont nécessaires que pour entériner sa présence au pouvoir et faire plaisir à ses amis occidentaux. Les promesses et les discours officiels vont dans ce sens.
Personne n’ignore ces méthodes hors normes. Pourtant, en dépit du pouvoir criminel de Deby dont les victimes se comptent par dizaines de milliers, de nombreux pays, loin de le condamner, lui apportent un soutien inconditionnel aussi bien sur le plan diplomatique que financier et matériel. Les raisons en sont diverses et multiples.
Ainsi la Libye. Elle ne peut que choyer le tombeur de Hissein Habré, lequel lui avait fait l’affront de chasser son armée d’occupation dans toutes les régions du Tchad au Nord du Chari qu’elle gérait comme ses propres provinces. Quant au Soudan du couple Al Tourabi-Al Béchir, il ne voyait en Idriss Deby qu’un allié « soucieux d’expérimenter son nationalisme contre les Américains et les Occidentaux qui soutenaient Hissein Habré. »
En poussant plus loin sa réflexion, l’auteur invite nombre de responsables tchadiens qui font de la politique un fonds de commerce, toujours prompts à solliciter l’aide des pays étrangers pour jouer au pyromane chez eux, à analyser les conséquences de leurs actes s’ils ne tiennent pas à voir leurs bailleurs de fonds leur imposer un droit de regard sur leurs affaires intérieures.
Idriss Deby, qui sait si bien mentir, a su manœuvrer pour s’octroyer l’appui de certaines puissances voisines ou occidentales. Ainsi, dans les années 90, le Tchad était-il devenu le grand pourvoyeur de mercenaires, des soldats de l’armée tchadienne envoyés sur plusieurs théâtres d’opérations africains, ce qui permettait aux grandes puissances supervisant les conflits de protéger leurs ressortissants.
Signalons également les « services rendus » par quelques Etats de la sous-région livrant à la police secrète d’Idriss Déby plusieurs centaines d’opposants tchadiens réfugiés sur leurs territoires, lesquels furent tous sommairement exécutés de façon extrajudiciaire. Tout cela crée des amitiés, mieux des allégeances préjudiciables aux populations. Il n’est plus alors question de droit, de démocratie, de liberté.
Enfin, des chefs d’Etat de quelques pays d’Afrique francophones dits modérés, craignant une déstabilisation du Tchad qui risquerait d’avoir des répercussions dans leurs pays respectifs, ont fait pression sur les responsables politiques français afin que ceux-ci soutiennent et maintiennent à tout prix le régime du dictateur tchadien.
Idriss Déby, chef de clan et président de la République du Tchad est donc toujours là, reconduit dans ses fonctions grâce à une suite d’élections frauduleuses.
Si j’ai beaucoup apprécié l’analyse ainsi faite par Bichara Idriss Haggar, je regrette pourtant, et je crois que beaucoup de Tchadiens seront de mon avis, qu’il n’ait pas évoqué, même rapidement, la dictature d’Hissein Habré, tout aussi atroce et implacable, dont le seul point positif reste ses victoires militaires face à la Libye, la cohésion apparente (mais à quel prix !) des diverses communautés du Tchad dont il est fait état ici ne m’apparaissant que superficielle, voire illusoire.
Le régime d’Idriss Déby, comme ceux de ses prédécesseurs, a généré les rébellions. A la lecture de ce témoignage, nous comprenons que dans le propre clan d’Idriss Déby, des hommes se sont également levés pour s’opposer à son pouvoir et à ses méthodes. Tous les Tchadiens, excepté la minorité gravitant autour du dictateur pour en récolter des miettes, «aller à la soupe» comme l’on dit dans les rues de N’Djaména, souffrent de la situation qu’ils subissent. Les populations du Darfour, dont les Zaghawa font partie, n’ont pas demandé à être assassinées, expropriées, bombardées, prises entre le feu des combattants et des ambitions personnelles. Bien que la situation y apparaisse aujourd’hui moins dramatique, les populations du Sud tchadien, où est actuellement exploité le pétrole, non plus. Et pas davantage toutes les autres.
A propos du Darfour, et c’est une parenthèse que j’ouvre ici, peu d’observateurs dénoncent le rôle déterminant pris par Idriss Deby dans le drame que vivent les populations.
Dans cette situation de crise que traverse actuellement le Tchad, l’essai de Bichara Idriss Haggar m’apparaît donc vital pour éviter les amalgames et écarter toute idée revancharde contre le clan d’Idriss Deby. Les conflits n’ont pas pour origines des causes ethniques comme trop souvent les commentateurs le laissent entendre. Il y a ceux qui les utilisent et les autres qui subissent. Il faudra que les responsables du Tchad de demain s’en souviennent.
Pour jeter les bases solides d’une véritable démocratie, promouvoir développement et stabilité, ils auront besoin de tous les citoyens de ce pays, quelles que soient leurs origines. Et s’il faut juger et punir de manière équitable les responsables des crimes et les pilleurs du pays, le changement voulu ne pourra se faire que dans le respect des uns et des autres en se gardant de représailles qui seraient injustes, mais aussi et surtout, préjudiciables à notre avenir, à la formation d’une nation, d’un véritable Etat Tchad. De même, ce sera la seule façon d’éviter que ne se reforme le cercle vicieux des représailles, rébellions, répressions.
Pour nous résumer, Témoignage et combat politique d’un exilé me semble important par sa contribution à une meilleure approche du Tchad et une connaissance en profondeur du pouvoir confisqué par Idriss Deby, l’actuel président du Tchad. A ce titre, son étude pourrait être proposée dans les lycées et universités du Tchad et sa lecture soumise à la réflexion de tous les Tchadiens en quête de vérité et d’un Etat de droit.
Concernant un avenir que nous espérons proche, les suggestions faites par Bichara Idriss Haggar, avec toutes les réserves qu’elles impliquent, tels le bilinguisme, le fédéralisme, la mise en jugement d’Idriss Deby, sont susceptibles d’apporter une contribution pertinente à la conférence de paix souhaitée, seule voie possible pour aborder les problèmes du Tchad, leur apporter une solution globale et élaborer ensemble les bases d’un nouveau pouvoir politique qui serait d’essence démocratique.

Antoine Bangui, Paris, France

 

« APPUI LOGISTIQUE ET EN RENSEIGNEMENTS » LE NOUVEL EUPHEMISME DE L’INTERVENTIONNISME MILITAIRE FRANÇAIS EN AFRIQUE


Les rébellions (tout comme les guerres à l’époque des Croisades étaient classifiées par les théologiens en guerres justes ou injustes) peuvent être justes et mériter qu’on les appuie à défaut de les soutenir, ou injustes et justifier qu’on les combatte à tout prix. Cette conception de la rébellion est officieusement ou officiellement soutenue par des Etats et même par des institutions internationales. Dimitri Titov, chef du Département Afrique du maintien de la paix à l’ONU, s’en exprimait récemment en ces termes, validant la prise des armes par les rebelles ivoiriens : « Ce n’est pas toutes les rébellions qu’il faut criminaliser » (site ONUCI).

Mais une telle perception de la rébellion a toujours été partagée par la Françafrique -et partant par la France- qui a invariablement pratiqué dans le pré carré un interventionnisme militaire à géométrie variable pour rétablir ou maintenir au pouvoir des présidents ou les destituer. Elle a toujours pratiqué une politique d’action militaire sélective dont on a eu des signes visibles de façon continue depuis les lendemains immédiats des indépendances avec le cas de Léon Mba (replacé manu militari au pouvoir après un coup d’Etat) jusqu’à nos jours avec la Côte d’Ivoire, où se joue depuis 2002 un coup d’Etat permanent, la Centrafrique où un président indésirable a été débarqué par un général qu’on a aidé et le Tchad où l’on ne ménage aucun effort pour maintenir Idriss Déby sur son fauteuil.

A propos justement de la Centrafrique et du Tchad, on observera que si l’intervention est toujours présente, elle a tendance (compte tenu des critiques de plus en plus vives qu’elles rencontrent en Afrique et dans l’opinion française) à revêtir des formes nouvelles. On lui donne des habits neufs grâce à une évolution sémantique plus « soft » (NDLR : douce). C’est ainsi que depuis les dénonciations des rebelles tchadiens par rapport à l’appui apporté par la France à Idriss Déby, à Paris on a commencé à parler d’ « appuis logistiques et en renseignements » pour marquer dans les opinions qu’il y avait une différence entre cette forme de soutien indirect et léger et la forme brutale et visible de l’action en appui ou en substitution sur le terrain. Mais on sait bien que la réalité est toute autre et que sans ces appuis logistiques et renseignements, les régimes soutenus tomberaient comme des fruits mûrs !

C’est cette même formule qui vient d’être avancée pour répondre aux appels de détresse hystériques à l’endroit du pouvoir français de François Bozizé qui avait perdu jusqu’au sommeil en voyant la progression des rebelles qu’il sait ne pas pouvoir contenir sans un secours de l’Hexagone. Et quand il parle de secours, on le sait bien, cela ne peut se réduire, comme on dit, à un simple appui logistique et en renseignements quand son armée n’est même pas en état de les exploiter à bon escient pour faire toute seule la différence avec des rebelles bien armés et surtout motivés par une cause qu’ils estiment juste.

Mais quelle que soit la richesse du vocabulaire, l’ingéniosité des camouflages, à l’intérieur du continent africain, on n’est pas dupe. En dépit même des moyens militaires, économiques, politiques, diplomatiques, médiatiques… mis en œuvre pour berner les opinions, les intelligences (qui sont aussi de qualité en Afrique) ont mis à nu les stratagèmes. Aujourd’hui, les rébellions ont pris le taureau par les cornes. Elles n’hésitent plus à s’équiper en armes conséquentes -notamment en missiles Sol air- pour s’attaquer directement aux appareils français et aux troupes françaises. Même lorsque le relais de ces interventions françaises seront prises en charge comme on observe de plus en plus par des institutions internationales, les rebelles n’hésiteront pas à s’en prendre aux casques blanc ou bleu ou à tel ou tel contingent envoyé par une organisation africaine, européenne ou par les Nations Unies.

Finalement, face à ces rébellions résistantes qui développent leurs propres « antigènes », la solution serait d’en revenir à la seule et unique recette : celle de la légalité, du respect de la légitimité. C’est en cessant au plan national comme au plan international, de soutenir les rébellions, en imaginant des moyens de pression pour amener les pouvoirs en place à respecter l’Etat de droit, les valeurs démocratiques, la bonne gouvernance (avec conditionnalités à l’appui), que l’on en finira avec elles. Mais pour cela, encore faudrait-il que s’impose une morale internationale, que l’esprit du droit imprègne véritablement les relations internationales et que les contraintes multiples n’amènent plus les forts de ce monde à distribuer sélectivement le droit et la démocratie aux pauvres. On le voit, ce n’est hélas pas demain la veille, même si pour autant, il ne faut jamais déserter de la lutte pour la justice internationale !

VT, San Finna N°390 du 20 au 26 Novembre 2006

Dictateurs africains

jeudi 16 novembre 2006

Les drames du leadership africain : la psychologie du dictateur africain - Mwinda Presse
L’observation des comportements du dictateur africain nous amène à faire un exercice psychologique c’est-à-dire essayer de se mettre dans sa tête afin de déceler ce qui l’empêche à agir normalement comme on attendrait de lui.
Les dictateurs africains viennent généralement des couches pauvres de la population, peu éduqués et le plus souvent militaires de bas rang. À la différence des grands hommes qui militent pour un idéal et qui voient leur accession au pouvoir comme l’aboutissement des années de lutte et qui désormais ont la chance de réaliser leurs desseins et ambitions pour leurs peuples, les dictateurs africains accèdent au pouvoir grâce aux forces étrangères colonialistes.
C’est ici qu’il faut dénoncer l’intelligence cynique de ces forces qui généralement portent leurs choix sur des hommes faibles de caractère, cupides, facilement manipulables manquant d’idéal et d’affection pour leurs peuples et qui le plus souvent appartiennent à des ethnies minoritaires. L’objectif poursuivi par les forces colonialistes est à tout prix d’avoir à la tête des anciennes colonies des hommes pouvant préserver leurs intérêts, qu’importent les conséquences pour les populations autochtones.
Comme un cadeau donné à un enfant qui le tient jalousement pour que les autres enfants ne le lui arrachent, le dictateur africain n’est plus prêt à lâcher le pouvoir. Vu son rang et son niveau, il n’a jamais auparavant songé d’accéder à la présidence de son pays. Ceci est un facteur psychologique important. Il est donc très reconnaissant à ceux qui lui ont rendu possible l'accès au pouvoir. Le complexe d’infériorité aidant, il prend le colon pour un dieu et pour lequel il se met très volontiers au service au point même d’exterminer son peuple s’il le faut. Il semble percevoir le pouvoir comme une bénédiction divine tout d’abord sur sa personne, sa famille voire sur son ethnie. Il se convainc donc y être pour servir à part ses maîtres étrangers, principalement les hommes et femmes de son ethnie. Lui qui ne valait rien devient tout d’un coup le premier homme important du pays. Lui qui n’avait aucune considération particulière même dans son pays se fait dérouler le tapis rouge dans les grandes capitales des pays des Blancs qui l’appellent Monsieur le Président. Quel honneur de s’entourer d'hommes blancs comme conseillers qui semblent lui accorder de l’importance ! pense-t-il.
Il ne se croit donc plus être au même rang que ses concitoyens qui dorénavant doivent être contraints de gré ou de force à l’adorer comme un Dieu. Parfois sa docilité même surprend ses maîtres étrangers qui par leur observation sont encore plus convaincus de l’infériorité des hommes dits de race noire. Lui qui n’avait jamais eu dans ses mains une centaine de milliers de FCFA peut maintenant avoir à son actif des milliards pour lesquels les comptes bancaires sont ouverts partout en Europe, principalement en Suisse mais aussi en Asie et en Amérique.
Désormais c’est tout l’argent même du pays qui parfois est sur son compte privé. Les recettes du pays au lieu d'être versées dans les caisses de l’État vont d’abord se faire compter dans sa maison de résidence. On utilise le pronom personnel : mon, ma ou mes au lieu de notre ou nos quand il s’agit des ressources nationales, tel mon pétrole comme un président d’Afrique centrale aime, toute honte bue, à parler. Complètement dépassé par la fonction qu’il n’est pas en mesure d’exercer, il démissionne à s’y investir. Plutôt, ce sont les vices de toute sorte qui prennent le dessus sur sa conscience, comme la cour à des femmes d’autrui, l’administration des gifles à des ministres, les ordres détestables de tout genre dont on peut ici épargner le récit pour ne pas choquer les lecteurs nouveaux au thème. En plus, il vit dans l’obsession de perdre son pouvoir qu’il sait bien démériter. Encouragé par les faux conseils que lui donnent les hommes du sérail et appuyé par ses hommes dans l’armée, il cherche à éliminer tous ceux-là qu’il croit lui constituer un danger potentiel.
D’aucuns affirment que la préoccupation principale et journalière de certains Présidents est de répertorier les citoyens qu’il doit abattre soupçonnés du fait de leur intelligence ou volonté de contestation de faire un coup d’Etat. C’est ainsi qu’une pluie d’assassinats tombe souvent sur le pays. Les têtes pensantes y compris les professeurs, les éminents intellectuels, les avocats, les journalistes mais aussi les grands entrepreneurs et même les officiers de l’armée sont surveillés de près et assassinés au gré des soupçons souvent non fondés. Ceux parmi eux qui craignent pour leur vie se trouvent obligés de s’exiler à la grande satisfaction des dictateurs, laissant le champ libre à des hommes incompétents, corrompus et désireux de s’enrichir rapidement et qui ont mis à sac nos pays.
Souffrant d’un complexe d’infériorité intellectuelle, il se fait délivrer par les universités des diplômes souvent achetés ou comme objets de flatterie oubliant que détenir des diplômes sans la qualification requise ne peut jamais combler la fierté qu’on a quand on les mérite vraiment. Sachant régner sur un peuple qui ne les a pas choisis, les dictateurs africains s’appuient sur des services secrets corrompus, mal formés mal éduqués, arrogants et impolis comprenant parfois même des alcooliques en leur sein, qui au lieu d’offrir leurs services pour la protection du pays retournent justement ceux-ci contre les citoyens paisibles. C’est ici qu’il y a lieu de dénoncer le rôle cynique des soi-disant fils de président de la République dont seulement l’évocation de leur nom crée la panique au sein de la population. Généralement militaires de formation, ces fils du président souvent à la tête des milices armées indisciplinées, mal habillées, sales et manipulées pour des considérations ethniques. Avec une étonnante capacité de nuisance et de destruction de vies humaines, ceux-ci se convainquent d’être dans l’avenir les successeurs de leurs pères et considèrent toute opposition à ceux-ci comme une attaque personnelle contre eux.
Il faudrait aussi signaler qu’il n’est pas rare que le dictateur africain, par pure ignorance et manque de clarté d’esprit, et surtout du fait qu'il recherche de tout ce que peut l'aider à se maintenir au pouvoir aussi longtemps que possible, entre dans les loges de la Franc-maçonnerie occidentale avec des buts et pratiques complètement étrangers à notre culture. Par cette adhésion le dictateur africain confirme sa disposition à être un disciple de la loge au lieu d’être l’avocat des intérêts de son peuple. Tous ces comportements ne rentrent malheureusement que dans la logique des forces colonialistes et impérialistes soucieuses de préserver leurs intérêts. Il s’agit notamment d’assurer l’approvisionnement en matières premières dont le continent africain regorge en abondance mais aussi préserver les anciennes colonies comme marchés pour la surproduction des biens et produits de la métropole. Pour que ces objectifs vitaux soient réalisés, il faut à tout prix à la tête des anciennes colonies des hommes complexés, peu clairvoyants, dociles et manipulables. Sans qu’ils ne s’en rendent comptent, leur fonction est d’empêcher l’industrialisation de leurs pays pour pérenniser la domination coloniale. En les choisissant des ethnies minoritaires, les forces colonialistes entendent créer et exacerber les antagonismes nationaux dans le but cynique de déstabiliser les pays.
C’est pourquoi elles voient de mauvais oeil les revendications des populations africaines pour l’instauration de la démocratie, la vraie démocratie. Convaincus que les Africains sont des sous-hommes, donc des esclaves qui n’ont pas le droit de décider de leur propre sort, les dirigeants des pays occidentaux notamment les Français parlent cyniquement de la démocratie comme d'un luxe pour les Africains. Et pour joindre l’acte à la parole, les dirigeants français, poussés par leurs milieux d’affaires, continuent de soutenir les dictateurs sanguinaires tel un Bongo au Gabon qui sans honte demeure au pouvoir depuis plus de 38 ans. Ce qui apparaît à un non Africain anormal, absurde voire stupide est fêté en Afrique comme une sagesse ou une doyenneté. Pire, avec l’élection frauduleuse de Faure à la présidence du Togo, ils venaient d’inaugurer le règne des fils des présidents qui, selon leur logique, doivent prolonger la dictature dans les États francophones d’Afrique sous des formes dissimulées d’une démocratie de façade, malgré les contestations de plus en plus fortes des populations africaines soutenues par la diaspora.
Ainsi les Constitutions sont réécrites par des membres du parlement issus des élections législatives généralement frauduleuses et aménagées à ce qu’elles permettent à des potentats de se porter candidats et donc de se faire réélire par l’intimidation, le crime et la force des armes. Il sied de rappeler que les Occidentaux réclament la démocratie dans les anciennes républiques de l’Union soviétique. Par exemple, il y a quelques mois, les ambassadeurs plénipotentiaires des pays occidentaux notamment la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont pris part à des démonstrations en Biélorussie pour y protester contre les fraudes électorales. Au Togo, au Tchad, au Congo Brazza, au Gabon, au Cameroun etc.; ils maintiennent un silence de cimetière face aux fraudes électorales et aux crimes de ces dictateurs souvent détestés par leurs peuples. Au Zimbabwe où leurs frères de race se sont vus déposséder des hectares de terres par la politique de redistribution des terres, les Occidentaux ont tous dénoncé la dictature de Robert Mugabe en condamnant les élections présidentielles zimbabwéennes comme non transparentes. Ils ont même imposé des sanctions contre le régime de Harare. Ailleurs où les dictateurs sont à leur service, ils font comme si rien de grave ne s’est passé même si ces dictateurs ont commis des massacres contre leurs citoyens.
Pour l’observateur perspicace, il est clair que les forces colonialistes et impérialistes, notamment françaises, ne sauraient voir de gaîté de coeur l’enracinement de la démocratie en Afrique. C’est ici qu’il faut signaler que seule la lutte sera payante pour mettre fin à ce système inhumain qui prive les Africains de leur liberté depuis des siècles. Aucun peuple ne saurait accepter les souffrances que notre race endure depuis des siècles. Au Tchad, les forces colonialistes françaises soutiennent militairement le président Deby face à une rébellion armée et contre la volonté populaire.
En Côte d’Ivoire, elles dépensent volontiers des millions d’euros pour leurs contingents militaires et ne manquent d’espoir pour l’accession au pouvoir en Côte d’Ivoire des hommes qui seront à leur service. Ces préfets nègres sont loin d’appréhender la psychologie de leurs maîtres étrangers. Ils n’arrivent non plus encore à saisir les grands enjeux de ce monde et confondent la direction de leurs pays tout juste avec une position de jouissance de délices. Se faire appeler Chef d’État, ressembler à d’autres chefs d’État (tel un Faure du Togo dont l’idole est selon ses propres affirmations, le jeune roi du Maroc), se faire dérouler le tapis rouge en visitant d’autres pays étrangers, recevoir des honneurs, se faire aduler par les " madu madu " de toute sorte, donner des ordres, s’enrichir, avoir la facilité d'approcher de jolies femmes, jouer l’homme important, bref jouir des délices du pouvoir et tout ceci pour une durée indéterminée. Parce que cela ne semble possible avec la vraie démocratie et le choix du peuple, il faut utiliser la force des armes et les fraudes électorales pour se maintenir au pouvoir. Et les garanties abondent de l’extérieur. Voilà ce sont ces amuse-galeries qu’on appelle malheureusement chez nous en Afrique particulièrement celle dite francophone des chefs d’Etat.
Le 11 Novembre 2006-11-12 Kofi Asike, Vienne-Autriche
Ndlr - Kofi Asike est un citoyen togolais.

Le pétrole tchadien en chiffres

Projet renégocié en mars 2000 après l’arrivée de Deby au pouvoir.

Exxon 40 %
Chevron 25 %
Pétronas (en remplacement de Elf) 35 %
Tchad 0 %


Coût total du projet 2000 – 2003 : 3,7 milliards de dollars (1,5 milliards pour la mise en exploitation des gisements pétroliers et 2,2 milliards pour la construction de l’oléoduc Doba – Kribi (Cameroun)

Recettes totales pour le consortium : d’octobre 2003 à fin décembre 2005 (2 ans) : 4,26 milliards de dollars US.

Recettes du Tchad d’octobre 2003 à fin décembre 2005 : le Tchad perçoit 12,5 % des revenus totaux sous forme de royalties, soit 399 millions de dollars US.

Depuis janvier 2006 : récupération du fonds pour les générations futures, soit 36,2 millions de dollars par le gouvernement tchadien.

Il n’y a pas de mots pour qualifier la plus grande spoliation des temps modernes, les chiffres parlent d’eux mêmes.

Un investissement récupéré en 2 ans et avec déjà des bénéfices ! Imaginer, simplement que même si vous construisez une maison et que vous la mettez en location, il vous faut 9 à 10 ans pour récupérer votre investissement.

Le régime de Deby, ses cadres, ses ministres du pétrole et ses conseillers ont accompli un véritable acte de trahison nationale.
Toute l’opposition tchadienne a voté le projet pétrole sauf un seul homme, et il s’appelle Yorongar N’garleji ; on peut ne pas partager certaines de ses idées mais c’est lui qui a eu le courage de défendre haut et fort les intérêts de notre pays.


Etat des lieux du pétrole tchadien.


Le Tchad ne peut pas suivre la commercialisation de son brut. Notre pays ne perçoit que des royalties.


Prix payé par le consortium au départ : 28 dollars

Prix payé actuellement : 36 dollars

Prix du baril en 2006
: 79 dollars

Le compteur qui affiche le nombre de barils pompés : le Tchad n’en a aucune idée, c'est-à-dire que personne ne sait comment il fonctionne (plusieurs fois, le consortium avait annoncé qu’il était en panne, sans blague ! C’est ainsi qu’on ne peut même pas savoir combien de barils sont pompés quotidiennement et on comprend par là, le manque à gagner pour notre pays.


La plupart des cadres Tchadiens, coordonnateurs, ministres du pétrole et autres conseillers ont également cautionné le bradage des intérêts du Tchad sur plusieurs points. Quelques exemples :

L’attribution des contrats aux nationaux.


La formation des cadres et Techniciens Tchadiens dans les secteurs concernés par le pétrole.


L’accès aux emplois crées par les retombées du pétrole (10.000 CV de cadres Camerounais sont positionnés dans les banques de données du consortium).
Dire que des Marocains et Portugais sont engagés comme chauffeurs de gros porteurs sur la plateforme de Komé ! Quant aux Tchadiens, ils dorment sous les nimiers et attendent…
Que les paysans tchadiens vivent dans la misère aujourd’hui alors qu’avec un minimum d’encadrement, ils auraient pu fournir tous les légumes, fruits, œufs, poulets qui sont aujourd’hui massivement importés du Cameroun ; précisons sur ce point que les Camerounais ont mis en place les plantations nécessaires pour justement rafler tous ces marchés.


Par rapport aux retombées du projet pétrolier au Cameroun, les Cadres Tchadiens se sont étalés devant les Camerounais et nos intérêts ont été liquidés sans scrupules.


Toutes les entreprises qui soumissionnaient pour les marchés au Tchad dans le cadre du projet pétrolier devaient, selon l’ancien projet sous Hissein Habré, s’installer au Tchad où elles devaient créer une filiale en partenariat avec les opérateurs économiques tchadiens, et on peut d’ici constater toutes les retombées économiques pour notre pays en termes d’emplois, d’impôts, d’expertise nationale à acquérir par nos opérateurs. Mais cessons de rêver et revenons sur terre ou en enfer c’est selon. Aujourd’hui, 85 % des entreprises qui ont gagné des marchés se sont installées au Cameroun, d’où les incessants va-et-vient des cadres tchadiens chargés des questions pétrolières vers le Cameroun !
C’est dire que le gouvernement camerounais s’est mobilisé de la capitale jusqu’au fin fond des campagnes camerounaises pour récupérer au maximum cette chance extraordinaire pour son développement et ce n’est pas pour rien que le projet pétrolier tchadien est inscrit comme l’une des plus grandes priorités du gouvernement camerounais. D’ailleurs ce projet n’a-t-il pas été très astucieusement rebaptisé projet pétrolier Tchad-Cameroun.

Un exemple : un appel d’offres concernant la fourniture de tubes spéciaux a été remporté par les camerounais qui ont été tout simplement chercher une société philippine car eux ne pouvaient pas avoir l’expertise requise et le tour fut joué. Faut-il comprendre que nous Tchadiens, on ne pouvait même pas faire cela !

Alors, Idriss Deby, seul responsable ? En aucun cas, tous les Tchadiens connaissent l’homme, seule la « baila » l’intéresse et il ne s’est jamais penché sur un seul dossier.
Les commissions, les négociations ont été menées par les cadres Tchadiens, chacun et tous cherchaient à se faire du fric avant tout, c’est la triste réalité.

ZoomTchad a fait un « zoom sur le régime Deby ». Ce régime qui a produit la classe politique la plus riche que notre pays ait connu depuis 1960, avec d’importants investissements à Dubaï, en Arabie saoudite, en France, aux USA, est-ce un hasard ?

Vous aurez la nausée quand vous saurez que la mission économique du consortium qui est une espèce de banque de données qui liste tous les gros contrats, les conditions pour les entreprises d’y soumissionner, en fait une véritable mine d’or. Savez-vous où se trouve celle-ci ?
à l’ambassade de France ………au Cameroun !

Notre supplice n’a pas de fin dans ce dossier pétrole quand vous saurez que le groupe électrogène qui alimente la plateforme de komé, a la capacité de fournir en électricité 15 fois la ville de Ndjaména en supposant que toutes les maisons existantes soient branchées et qu’il suffit d’un simple câblage pour mettre fin au calvaire vécu par les populations de notre pays depuis tant d’années.
On comprend pourquoi on nous distrait avec les questions des droits de l’homme, que personne ne parle de nos droits économiques. D’ailleurs, avez-vous jamais entendu la Ltdh sur le dossier pétrole ?

ZoomTchad vous proposera bientôt un « zoom sur le pétrole tchadien », absolument édifiant !

La rédaction de ZoomTchad
Le 10/09/06



Fédération,Action pour la République
(Far/Parti Fédération)
BP:4197 N’Djaména
Tchad

(07/09/06)Le Coordinateur Exécutif Fédéral

A Son Excellence Monsieur Koffi Annan,
Secrétaire Général des Nations-Unies,
S/C de Son Excellence Monsieur le Représentant Résident du PNUD au Tchad à N’Djaména

Objet:La paix au Tchad ne viendra que par des élections transparentes comme de 1956 à 1959 au Tchad.

Excellence Monsieur,

Comme suite à vos propositions sous forme de rapport synthèse et à votre lettre d’invitation en date 17 juillet 2006 par lesquels vous nous conviez à la réunion avec la délégation conduite par SEM Tuluamini Kalomoh, Secrétaire Général Adjoint des Nations Unies Chargé des Affaires politique,ce dont nous remercions de tout cœur.

Aussi,les thèmes à discuter avec cette délégation notamment «échanger avec les autorités tchadiennes et les parties prenantes à savoir la société civile, les partis politiques,les donateurs et l’équipe des Nations-Unies dans un but de les encourager à engager un dialogue politique constructif et inclusif et à étudier la possibilité pour les Nations-Unies de jouer un rôle à cet égard…» appellent de notre part des observations (pages 1-8) et propositions(pages 8-10)de la présente.

Ce n’est pas faute d’avoir essayé les accords de paix, les conférences de paix, les tables rondes de paix,les forums de paix etc. que le conflit du Tchad perdure de 1963 à nos jours. Le Tchad a connu toutes les formes d’accords de paix sous tous les régimes allant de feu Tombalbaye à Déby sans réaliser la paix appelée de tous les vœux par les Tchadiens.

Pourquoi?

C’est parce que nos gouvernants qui se sont succédé et la France qui s’implique à toutes les négociations de paix au Tchad n’ont pas la ferme volonté de parvenir à la paix définitive. D’où l’éternel recommencement depuis le 16 septembre 1963, date à laquelle le premier coup de feu est tiré à Fort-Lamy devenu N’Djaména.

C’est pourquoi,si nous voulons réellement la paix définitive au Tchad après quarante trois(43)ans d’interminables guerres fratricides,il y a lieu d’écouter les autres et non s’écouter soi-même ou ne prendre en compte que ses égoïstes intérêts. Il faut prendre en compte certaines observations qui ne sont pas forcément dénuées de tout fondement comme on aurait pu le croire. Il faut écouter l’homme ou la femme de la rue, voir ce qui se passe actuellement sous les yeux à l’est, à l’ouest, au centre et au sud et non fermer les yeux dessus. Des solutions tendant notoirement à maintenir M. Idriss Déby au pouvoir comme ses prédécesseurs d’ailleurs ne constituent-elles pas la non-assistance à peuple en danger?Oui, les génocides,crimes contre l’humanité, crimes de guerre contre les populations civiles innocentes qu’a connus le Tchad jusqu’à date procèdent de ces petites solutions. Il faut cesser d’amuser la galerie dans le bain de sang.

Pour faire l’économie du temps, nous prenons l’exemple des deux régimes tchadiens notamment le régime du général Félix Malloum et celui de M. Idriss Déby et le cas de l’accord ivoirien de Marcoussis en France pour illustrer nos propos:

1)- Le régime du général Félix Malloum Ngakoutou Bey-Ndi :

Accusé à tort de tentative de coup d’Etat, le général Malloum est arrêté et jeté en prison à la cité de l’Ocam à Moursal où réside Tombalbaye. Une fois libéré à la suite d’un coup d’Etat militaire du 13 avril 1975, sa première déclaration est de sommer la rébellion armée animée par le Frolinat de déposer les armes faute de quoi, il est prêt à faire la guerre. Passant de l’acte à la parole, il déclenche la guerre du BET qui lui est fatale. Mieux, il multiplie les maladresses en exécutant sans forme de procès des jeunes lieutenants qui naïvement tentent de l’assassiner à l’occasion du premier anniversaire de sa prise de pouvoir le 13 avril 1976. Il finit par négocier tous azimuts ; tantôt avec Goukouni Weddeye tantôt avec Hissein Habré. Comme il fallait s’y attendre, ces mauvais accords entraînent des conséquences dramatiques telle la guerre du 12 février 1979 avec son corollaire des génocides interethniques et interreligieux, des massacres collectifs interrégionaux dont l’un des principaux acteurs s’appelle M. Idriss Déby etc.

2)- Le régime d’Idriss Déby:

C’est le régime qui a battu le record en accord de paix qui se soldent systématiquement par les assassinats des signataires de ces accords et ce, de sang froid (les colonels Abbas Koty, Khaffine, Ketté Nodji Moise, le commandant Laoukein Bardé et tant d’autres).

La conférence nationale souveraine(Cns),ultime espoir des Tchadiens a mis en place des institutions provisoires (présidence de la République, parlement provisoire et primature) en attendant les élections dont les échéances sont fixées dans le cahier des charges adopté par la Cns à l’attention du premier Ministre,M.Fidel Mounngar, élu par la Cns. Doté ainsi d’une feuille de route appelée cahier des charges, le premier Ministre pourtant candidat de M. Idriss Déby ne fait pas long feu quand il voulait mettre en application ledit cahier des charges.Il est débarqué de son poste comme un malpropre au bout de trois mois avec toutes humiliations. Ses gardes du corps enlevés par les éléments de la garde présidentielle et passés à tabac sous ses yeux. Bien plus,la garde présidentielle prend plaisir de simuler son enlèvement l’obligeant à quitter N’Djaména dans des conditions plus qu’humiliantes pour rejoindre sa résidence française par le Cameroun. Il est remplacé par un autre premier Ministre,M.Kassiré Delwa Coumakoye,qui non seulement a été chassé de son poste, mais finit en prison sous des prétextes fallacieux dans le dessein de l’empêcher ainsi de se présenter à l’élection présidentielle de juin-juillet 1996. Il est remplacé par M. Koibla,le lieutenant de M.Jean Alingué,le tout premier premier Ministre de M.Idriss Déby.MM.Koibla,Glendouksia, Kabadi, Moussa et Yoadimnadji qui ont, tour à tour, succédé à MM.Mounngar et Kassiré ont retenu naturellement la leçon:pas d’ambition présidentielle comme leurs deux prédécesseurs.De simples béni-oui-oui au service exclusif de M. Idriss Déby.

3)- Les élections au Tchad sous le régime de M.Idriss Déby:

Les élections référendaire et présidentielle de 1996, législatives de 1997,présidentielle de 2001, et législatives de 2002 ont mis à l’évidence les fraudes massives pour permettre à M.Idriss Déby d’être élu et d’avoir la majorité à l’Assemblée Nationale.

En 1996, le référendum constitutionnel est rejeté par les Tchadiens comme ils ont rejeté la candidature de M. Idriss Déby aux présidentielle de 1996 et les législatives de 1997. Mais, c’est grâce aux fraudes organisées par les experts en fraudes que sont MM. Jérôme Grand Esnon, le Représentant du Pnud, M. Diawara, les membres de la Céni, ayant à leur tête MM. Pascal Yoadimnadji et Tom Erdémi, et les membres de la Cour d’Appel rondement payés pour le besoin de la cause. Les magistrats l’ont formellement reconnu lors de leurs Etats généraux en 2004.

En 2001, contre toute attente, Idriss Déby est battu par le candidat de notre parti.Il lui a fallu un coup, d’Etat militaire en ce mois de mai pour reprendre le pouvoir avec la complicité des tiers bien identifiés.

En 2002,c’est la déroute de M. Idriss Déby lors des élections législatives.

En conséquence de ce qui précède, M. Idriss Déby n’a jamais gagné une seule élection depuis qu’il organise des élections.

Comment peut-on avoir confiance en un personnage qui érige les fraudes électorales en règles d’or pour gagner lesdites élections ?

4)- M.Idriss Déby n’est pas un homme de parole.Il ne tient pas parole:

Après les élections référendaires et présidentielles de 1996 et 1997, M.Idriss Déby jure sur l’honneur qu’il va améliorer le processus électoral. Rien a été fait en dépit de moult réclamations de l’opposition.

Bien plus,en 1996,comme prix de la participation du Général Kamougué aux élections,M.Idriss Déby convient le partage du pouvoir avec ce dernier dans le seul but de crédibiliser ces élections émaillées des fraudes électorales qui le porteront au pouvoir.Le Général Kamougué se contentera du perchoir de l’Assemblée Nationale avant d’être ridiculisé vers la fin de son mandat. De peur d’aller en prison pour malversations financières décelées par la commission ad-hoc de l’Assemblée Nationale, le Général Kamougué se fond en excuses et pardon publics au cours d’une séance solennelle retransmise en direct par la radiodiffusion nationale tchadienne (Rnt) et la télévision tchadienne (Tvt).

Aussi, comme on l’a vu plus haut, M. Lol Mahamat Choua tombera dans le piège de M.Idriss Déby, qui lui promet de le soutenir en 2001 pour son deuxième et dernier mandat aux termes de la limitation de mandat fixée par l’article 61 de la constitution en échange de son soutien pour l’élection de M. Lol Mahamat Choua lors de la présidentielle de 2006. Une fois élu,M.Idriss Déby le paie en monnaie de singe. M.Idriss Déby rompt le pacte en procédant à la suppression de l’article 61 de ladite constitution pour lui permettre de se représenter en 2006. Voila cet homme sans foi ni loi qui,en 2001, prend à témoin à son investiture, notamment ses pairs présents, la Cour suprême devant laquelle il prête serment, l’opinion nationale et internationale qu’il ne révisera pas la constitution pour se représenter en 2006.«Avec mon dernier mandat,je prépare la transition…».Aujourd’hui c’est tout le contraire de ce qu’il a dit en clamant «je jure…». Un homme qui renie son serment est un roublard sans foi ni loi.

5)-La démocratie consensuelle et participative (Dcp), fossoyeuse de la démocratie:

Après le referendum constitutionnel du 31 mars 1996, l’élection présidentielle de juin-juillet 1996 et les législatives de janvier-février 1997, M. Idriss Déby sort de l’une de ses poches la démocratie consensuelle et participative (Dcp).A l’exception de Far/Parti Fédération qui décline l’offre,y entrent,corps et âmes, tous les leaders des partis politiques de l’opposition pour prendre leur part de gâteau: outre le Général Kamougué qui reçoit la présidence de l’Assemblée nationale avec ses 29 Députés,M.Lol est nommé Président de la commission des Affaires Etrangères à l’Assemblée Nationale, M. Alingué se contentera aussi du poste de Président de la commission de l’Economie et des Finances, M.Lamana comme Ministre, M. Ibni Oumar Mahamat Saleh comme Ministre, M.Kebzabo comme Ministre d’Etat, M.Salibou comme etc.

Le code électoral actuel, la modification de la constitution, le découpage électoral, le recensement électoral,les compositions de la Céni, du conseil constitutionnel et de la Cnre, les fraudes électorales etc. sont l’œuvre de cette Dcp dont les acteurs d’hier dénoncent les méfaits avec force aujourd’hui. Comme vous le voyez,ils sont tout simplement victimes de leur propre science. Et comme quoi, nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes,c’est le cas aujourd’hui. Un à un sinon tous sont broyés politiquement par le régime qu’ils ont d’ailleurs servi avec beaucoup de zèle.

Tirant leçon du passé,la position ferme des anciens collaborateurs de M. Idriss Déby face à la roublardise de ce dernier est à saluer et encourager !

6)- L’échec de l’accord ivoirien de Marcoussis (France) mal négocié doit vous inspirer et servir d’exemple:

Après la guerre civile en Côte d’Ivoire,les Ivoiriens se sont, sous pression internationale et surtout française, retrouvés à Marcoussis(France) pour négocier un accord concocté dans d’obscures officines et soumises à leur signature. Les Ivoiriens se tiennent par la main pour chanter et danser au rythme de leur hymne national sans prendre la précaution de se poser les questions de savoir si cet accord peut s’appliquer sans la moindre modification de la constitution pour l’adapter au contexte de l’accord.Le premier Ministre nommé séance tenante sur injonction des hautes autorités françaises avec une feuille de route sur mesure. Mais, une fois au retour à Abidjan, ledit premier Ministre est bloqué par les arguments constitutionnels de M.Laurent Gbagbo et les siens. Ainsi, est enterré l’accord de Marcoussis sans le moindre début d’exécution.Il sera remplacé par les accords d’Accra(Ghana),de Pretoria (Afrique du sud) etc., accords qui n’ont pas résolu la crise ivoirienne pour autant.
Si vous ne tenez pas compte de toutes ces malheureuses expériences,si vous ne tirez pas leçon de ces exemples, si vous ne vous rappelez pas du Rwanda, vous passerez à côté de la paix que tous les Tchadiens appellent de leurs vœux.

Le Tchad,n’est pas le Togo et encore moins le Gabon où l’organisation des législatives sont possibles après un accord cadre entre les acteurs politiques. Et même au Togo, le fameux accord négocié entre le gouvernement issu d’une chaotique et honteuse élection présidentielle de 2005 et les partis politiques de l’opposition piétine. Combien de fois le Tchad où il y a des rébellions qui poussent comme des champignons? En voulant exclure ces rébellions de toute négociation, vous participez directement au génocide,crimes contre l’humanité, crimes de guerre qui ont commencé tant par l’armée gouvernementale que par les rebelles à l’exemple du Rwanda. Ainsi donc, vous ferez du Tchad, le Rwanda permanent,le Rwanda de tous les jours et de tous les instants. Pourquoi? Pour quelle raison alors voulez-vous somaliser le Tchad en fermant les yeux sur l’évidence?

Excellence Monsieur,

De ce qui précède,nous ne serons pas partie prenante d’un dialogue exclusif,d’un accord qui n’a pas été parrainé par la communauté internationale et en présence des personnalités connues pour leur expérience en matière de paix, accord qui n’aura pas de chance de réussir la paix, un faire-valoir juste pour se laver la conscience etc.

Qu’adviendra-t-il si M.Idriss Déby n’obtient pas la majorité mécanique qu’il a l’habitude de s’octroyer grâce aux experts en fraudes comme les mercenaires Jérôme Grand Esnon de France et Driss des Nations-Unies et leurs hommes de main venus d’Europe et d’Amérique, M. Pascal Yoadimnadji et ses collègues de la Céni et ceux du conseil constitutionnel,M.Yokabdjim Mandigui et ses amis de la Céni puis du conseil constitutionnel ? Quelle garantie avez-vous obtenue de M.Idriss Déby pour éviter au premier Ministre issu de la nouvelle et vraie majorité à l’Assemblée nationale pour ne pas connaître le triste sort de MM. Fidel Mounngar,Kassiré Coumakoye tel que décrit plus haut?Allez-vous lui fabriquer un premier Ministre béni-oui-oui pour éviter les accrocs entre lui et ledit premier Ministre?Comment allez-vous concilier la constitution et les nouvelles donnes pour éviter l’accord à la Marcoussis?

Les réponses à toutes ces questions nous obligeraient. Si vous ne tenez pas compte de la réalité des faits quotidiens qui se passent chaque jour sous vos yeux, vous serez tenus pour responsables de ce qui adviendra par votre faute parce que vous fermez délibérément les yeux dessus et bouchez ostensiblement vos oreilles pour ne pas entendre raison.

Rappelez-vous de ce que nous vous avions dit au siège du Pnud ce jour 16 mars 2006 et au Ministère des Affaires Etrangères en présence de M.Lamine Cissé,représentant spécial de M. Koffi Annan, secrétaire général des Nations-Unies: «…n’attendez pas, Messieurs, que les rebelles soient à 100 km autour de N’Djaména avant de réagir à posteriori…».C’est exactement ce qui s’est passé, le 13 avril 2006, non pas à 100 km de N’Djaména comme nous l’avions dit, mais en plein centre de la ville de N’Djaména.

7)- «Classe politique zéro, société civile zéro…», tels sont les propos ténus par nombre d’entre vous.

Au lieu de vous contenter d’affirmer gratuitement,sans aucune preuve, qu’il n’y a pas d’hommes politiques capables de remplacer M. Idriss Déby et pas de société civile digne de ce nom, il aurait fallu procéder, avec votre aide, à l’organisation des élections réellement libres, démocratiques et transparentes comme au Burundi, Haïti, Libéria, Comores etc., élections dont sortira un élu afin de mettre définitivement fin à cette guerre qui n’a que trop duré.

Nous vous rappelons que nos propositions pour des élections libres, démocratiques et transparentes comme entre 1956 et 1959 restent et demeurent toujours la seule voie valable pour la résolution de la crise tchadienne. Toute autre solution n’est que cabale, dérobade, subterfuge et saupoudrage pour prolonger sciemment la souffrance des tchadiens (voir annexe ci-joint).

Voici,comment les mauvais conseillers techniques expatriés font basculer le Tchad de la démocratie plurielle dans la dictature sanglante des partis uniques avec les conséquences dramatiques et macabres que l’on sait:

8)- De la démocratie plurielle de 1945 à 1960 à la dictature du parti unique de 1963 à nos jours:

La vie politique au Tchad peut-être partagée en deux périodes.Il y a la période de 1944, année de la conférence de Brazzaville à l’avènement du parti unique. Cette période est marquée par la création des partis politiques et des élections transparentes et démocratiques. Qualifiée de dictature sanguinaire, la seconde période va de l’instauration du parti unique à nos jours.Cette période est marquée par des crimes contre l’humanité, crimes de guerre, génocides, injustices, détournements massifs des deniers de l’Etat, corruption à grande échelle, fraudes massives aux élections etc.

A)- La démocratie plurielle:L’année 1944 marque une nouvelle période, celle de l’allégement, de l’élargissement du poids de la servitude des populations des colonies françaises. La création des institutions démocratiques par la loi-cadre dite loi-Defferre est de nature à faire naître un vent de soulagement parmi la population asservie qui aspire à la liberté et à la démocratie participative.

Pour couper court aux revendications des populations de ses colonies qui l’ont sauvée du Nazisme d’Hitler, la France abolit certaines pratiques jugées rétrogrades : le travail forcé, l’indigénat etc. avant de créer les assemblées locales.

Dans le cadre de ce nouveau contexte caractérisé par la liberté politique, certains partis politiques sont créés tels le parti progressiste tchadien (PPT) par Gabriel Lisette en 1945 devenu la section du Rassemblement démocratique africain (RDA) par Houphouët Boigny à Bamako en 1946;l’union démocratique tchadienne (UDT), section tchadienne du Rassemblement du peuple français (RPF) dirigée par Jean Baptiste qui le quitte pour créer le parti socialiste indépendant du Tchad(PSIT) puis le groupement des indépendants et ruraux du Tchad (GIRT) en 1958; le Mouvement socialiste africain (MSA) d’Ahmed Koulamallah en 1947 etc.

Durant cette période, au moins cinq (5) partis politiques se sont affrontés démocratiquement aux différentes compétitions électorales : municipales, territoriales et législatives,dans la transparence totale sans anicroche.

Si l’on observe attentivement les événements durant cette période, on constate qu’il n’y a pas de dérapage politique contrairement aux périodes postérieures. Pourtant les paramètres déterminant les activités politiques sont légion : les partis politiques et leurs organisations, le pluralisme politique, les idéologies, l’influence des religions, le facteur culturel et la société traditionnelle ont été des constantes dans les régimes politiques tant sous la colonisation et depuis l’indépendance politique du pays.

-Une chose est sûre, c’est que les partis uniques n’existent pas encore sous la colonisation, mais les partis politiques en activité durant cette période n’ont pas non plus la même idéologie. Ainsi, le PPT/RDA se réclame du libéralisme et le MSA du socialisme ;

- Pour les partis récemment créés, il est clair qu’il y a la faiblesse organisationnelle, qui pourrait être un handicap pour les leaders et sources de problèmes dans l’activité politique d’alors. Rien n’y fait ;

- Ni l’islam ni le christianisme n’ont été les sources des problèmes politiques sous la colonisation. Ces deux religions ont d’ailleurs précédé la politique dans les colonies ;

- Les poids des structures sociales traditionnelles plus vivaces sous la colonisation qu’à l’indépendance n’a rien fait, c’est-à-dire, n’a pas eu une influence déterminante pendant la colonisation sur les enjeux politiques d’alors. Il en est de même de l’influence de la culture traditionnelle tchadienne sur les leaders politiques pourtant formés à la culture occidentale donc susceptibles d’être en contradiction avec leur milieu.

Malgré la présence de ces facteurs déterminants de l’orientation politique que sont les religions, la société traditionnelle,la culture traditionnelle, la faiblesse organisationnelle des partis politiques, la présence des idéologies politiques, la démocratie plurielle a triomphé sous la colonisation. Alors, pourquoi cette démocratie plurielle n’a pas survécu à la fin de la colonisation ?

B)- La dictature du parti unique de 1963 à nos jours : Les dictatures sanguinaires de Tombalbaye à Idriss Deby en passant par Hissein Habré ont eu un règne sanglant ; leur caractéristique principale c’est d’être des régimes sanguinaires à divers degrés. Qu’est-ce qui explique ce revirement génocidaire, criminel alors que le contexte socioculturel et économique identiques à quelque degrés près est le même que celui qui a prévalu sur le régime colonial ?

1.Régime de Tombalbaye (11 Août 1960 au 13 Avril 1975)

Ce régime comporte deux phases :


a)De l’Indépendance au parti unique (11 Août 1960 au 4
Mars 1962)

Cette phase est caractérisée par un durcissement dès ses débuts par des comportements antidémocratiques néfastes au pluralisme hérités de l’administration coloniale à l’indépendance. Il y a des arrestations massives en 1962 des cadres politiques du Parti Socialiste Indépendant du Tchad (PSIT) de Jean Baptiste qui est lui-même exécuté durant cette arrestation ; annulation de la liste électorale des candidats du partis PSIT ; le leader du PPT/RDA, Gabriel Lisette a été banni tout comme le Député Jacques Nadingar a été empoisonné pour avoir déposé une motion de censure contre le gouvernement de Tombalbaye.

Les mêmes agissements ont perduré durant la seconde phase du règne de Tombalbaye.

b)Du parti unique au coup d’état de 13 Avril 1973

Exacerbation des vexations dues à des exclusions des autres partis des élections législatives par l’institution de la liste unique du PPT/RDA, parti de Tombalbaye ; l’exil de Ibrahim Abacha futur leader du FROLINAT ; enfin une avalanche d’arrestations de nombreux cadres politiques et religieux tous originaires du nord en juillet 1962.

Cette période est marquée par la révolution culturelle, le parti unique et les dérapages politiques sans précédents. Comme si les régimes qui se suivent se ressemblent, le régime Hissein Habré a brillé aussi par ses méthodes sanguinaires.

2.Le régime Hissein Habré (1982 à 1990):

Caractérisé par une brutalité sans commune mesure contre ses opposants, leurs familles et leurs entourages, il en résulte des massacres, de disparitions à grand échelle avec au moins quarante mille (40 000) morts suite à la répression sans discernement de toute velléité de contestation du régime par l’intermédiaire des membres du parti unique instauré en 1984;des éléments de la sécurité présidentielle et les agents de la police politique la DDS.

Devant tous ces crimes, toutes ces arrestations, toutes ces violations de la démocratie commis par les dirigeants tchadiens qui ont pris la relève de l’administration coloniale,on peut se demander pourquoi et comment cela a pu se passer alors que le contexte politique n’a pas fondamentalement changé entre la période coloniale et l’indépendance. S’il y a changement,il est à rechercher du côté humain, des acteurs politiques:

- La culture traditionnelle n’a pas fondamentalement changé la mentalité des dirigeants tchadiens car les moyens de communication : radio, télévision et journaux n’ont pas totalement pénétré les territoires tchadiens.

- Les sociétés tchadiennes bien que connaissant une certaine mutation due à l’économie monétaire, demeurent assez largement communautaire où les valeurs traditionnelles collectives de respect de la valeur humaine, respect de l’autre demeurent vivaces en milieux ruraux majoritaires et sans être prépondérante en milieux urbain minoritaire au Tchad.

- Cependant, certains paramètres ont apparu depuis l’indépendance, il s’agit de la prolifération des partis politiques et surtout des partis uniques ; l’ingérence des religions dans l’arène politique quand bien même que le Tchad est un Etat laïc et la présence des idéologies qui se discutent l’influence au sein des partis politiques. Toutefois, il n’y a pas au Tchad des partis religieux déclarés comme tels et qui pourraient exacerber la lutte politique.

S’agissant des partis uniques qui doivent encadrer les populations,ils ont fleuri durant cette période d’après l’indépendance.Ils sont à l’origine des exactions politiques. Mais ils ne sont pas les seuls. Bien qu’ils favorisent ces exactions, ils sont un cadre idéal, propice aux turpitudes des hommes qui sont à l’origine des exactions tant décriées,des actions injustes et liberticides.

Au demeurant, outre les partis uniques néfastes, il y a un facteur, une donnée permanente, récurrente à tous les régimes politiques dont l’importance semble échapper à la vigilance des analyses politiques : je veux parler des visages «cagoulés» de ceux qu’on appelle «pompeusement» de conseillers politiques qui sont à l’origine des malheurs des pays sous développés. Ils dictent des comportements, conseillent nos dirigeants souvent parachutés au pouvoir. Ils sont des véritables virus des régimes politiques. Ignorant tout de l’organisation sociale du pays, ils plaquent sans discernement les études faites dans un pays A sur un autre pays B avec des méthodes adaptées plutôt aux comportements de l’homo-économecus des sociétés capitalistes évolués qu’à nos sociétés artisanales où la rationalité économique est ignorée.

En conclusion de notre analyse, ce ne sont ni nos cultures,ni nos sociétés traditionnelles quelque peu différentes soient-elles, ni les idéologies politiques et encore moins les religions qui expliquent des tendances génocidaires des régimes politiques actuels. Les explications de la nature de ces déviations criminelles nous semblent procéder de la propension des dirigeants tchadiens à vouloir se maintenir vaille que vaille au pouvoir encouragés, conseillés en cela par des conseillers en col blanc mandatés pour le besoin de la cause. Le cadre idéal pour ces derniers est le parti unique qui permet de manœuvrer sans tempête éventuelle provenant des partis politiques de l’opposition démocratique.

De tout ce qui précède, afin de contribuer au règlement définitif de l’interminable conflit politique qui déchire le Tchad, nous présentons notre plateforme pour les élections transparente au Tchad.

9)- Nos propositions pour des élections transparentes comme entre 1956 et 1960:

Nous rappelons que contrairement aux affirmations gratuites selon lesquelles la démocratie est un luxe pour le Tchad,il y a lieu de rappeler que le Tchad a connu des élections libres, démocratiques et transparentes entre 1956 et 1959. C’est pourquoi, nous insistons sur la transparence des élections pour mettre un terme à cette guerre qui n’a que trop duré.

Pour parvenir, de nouveau, à des élections libres, démocratiques et transparentes, il faut:

1)- Obtenir un cessez-le-feu sur l’ensemble du territoire avec tous les rebelles;

2)- Organiser un dialogue inclusif en y incluant les rebelles;

3)- Parvenir à un accord électoral en vue de l’organisation des élections présidentielle et législatives couplées dans un délai de six (6) à huit (8) mois;

4)- Proroger exceptionnellement de six à 8 mois le mandat d’Idriss Déby;

5)- Accorder une amnistie et une immunité à vie à Idriss Déby pour ses crimes économiques et de sang, génocides, crimes de guerre, crimes contre l’humanité afin de le rassurer;

6)- Idriss Déby peut se présenter à l’élection présidentielle issue de cet accord s’il le veut;

7)- Prendre en compte le recensement général des populations de 1993, le réviser en y incluant ceux qui l’ont pas été recensés à cette époque et pour gagner du temps en dégager la population élective;

8)- Reprendre le découpage électoral;

9)- Supprimer les fiches des résultats au profit du procès-verbal des résultats des bureaux de vote comme seul document à faire valoir devant le conseil constitutionnel;

10)- Constituer les bureaux de vote par les seuls représentants des candidats;

11)- Mettre en place une CENI paritaire (opposition-mouvance présidentielle-société civile) ;

12)- Admettre un représentant par candidat à l’élection présidentielle qui siègera d’office à la CENI. De même, un représentant par parti ou un par groupement des partis politiques ayant présenté des candidats aux législatives et locales.

13)- Accepter trois (3) représentants de la communauté internationale qui siègeront également d’office à la CENI comme témoins ;

14- Supprimer le vote des Tchadiens de l’étranger;

15- Supprimer les quatre jours de vote des nomades en faisant voter ceux-ci le même jour que leurs concitoyens sédentaires;

16- Interdire formellement aux autorités administratives, militaires et traditionnelles de participer aux opérations électorales;

17- Ramener le Conseil constitutionnel à jouer son rôle de juridiction à être saisie par les parties en présence et non une juridiction qui s’autosaisit illégalement comme c’est présentement le cas;

18- Accepter un représentant par candidat à l’élection présidentielle et un par parti ou groupement des partis politiques ayant présenté des candidats aux législatives ou locales à assister aux travaux du Conseil constitutionnel,;

19- Accepter comme témoins trois (3) représentants de la communauté internationale à siéger au Conseil constitutionnel;

20- Faire une stricte application des dispositions pénales du code électoral et des lois subséquentes;

21- La libre publication des résultats du vote au fur à mesure par les médias publics et privés;

22- la supervision des élections présidentielles, législatives et locales par la communauté internationale;

23) Autoriser les promoteurs des téléphones satellitaires à couvrir l’ensemble du territoire par les téléphones satellitaires en se connectant sur satellite ;

24)- Pour la période des élections, recomposer le Haut conseil de la communication comme suit :

- un représentant par parti politique représenté à
l’Assemblée Nationale :

- un représentant par candidat à l’élection présidentielle
et législatives ou groupe de partis politiques ayant
présenté un ou des candidats ;

- un représentant des partis politiques non représentés à
l’Assemblée Nationale :
- un représentant de la société civile ;
- un représentant par syndicat des professionnels de la
communication.

25)- Le délai de recours sera suffisamment long pour permettre l’acheminement des résultats de tous les bureaux au niveau de N’Djaména.

26)- Une fois les procès verbaux établis et signés par les représentants des candidats au niveau des bureaux de vote, la comptabilisation des résultats se fait uniquement au niveau des Sous-préfectures, étant entendu que les bulletins de vote accompagnés des procès verbaux sont acheminés directement à la Céni à N’Djaména sous bonne garde des représentants des candidats pour la compilation.

27)- Les bulletins de vote, les procès-verbaux établis par les bureaux de vote ainsi que ceux établis par la Céni sous-préfectorale sont acheminés à N’Djaména sous bonne garde des représentants des candidats. Les deux niveaux de la comptabilisation des résultats (bureaux de vote et Céni sous-préfectorale) font gagner du temps et éviter plusieurs niveaux (départements, régions et N’Djaména), source de manipulation des chiffres et des résultats.

28)- Les résultats définitifs sont déclarés au niveau des bureaux de vote. Les Ceni à N’Djaména nationale ne fait que comptabiliser les résultats des bureaux de vote à partir des procès-verbaux sous-préfectoraux etc.

Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Secrétaire Général, l’assurance de notre considération distinguée.


Le Député Fédéraliste Ngarlejy YORONGAR

Ampliations :

-Son Excellence Monsieur Kinsley Amaning, Représentant du Système des Nations-Unies à N’Djaména;

-Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur de l’Union Africaine à N’Djaména;

-Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur de l’Union Européenne à N’Djaména;

-Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur des Etats-Unis à N’Djaména;

-Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur de France à N’Djaména;

-Son Excellence Monsieur le Chargé d’Affaire de la RFA à N’Djaména;

-Au Comité des Sages à N’Djaména;

-Monsieur Pascal Yoadimnadji, premier Ministre, chef du gouvernement du Tchad à N’Djaména

IDRISS DÉBY ITNO PRESIDENT INTERNATIONAL OU PRESIDENT NATIONAL ?

Si la légitimité d'un Président se mesurait à l'aune du soutien international dont il bénéficie, on pourrait dire que Idriss Déby Itno n'en manque pas. Pour son investiture à la suite de sa troisième élection, il n'y est pas allé de main morte. Il a voulu faire les choses en grand comme pour effacer toute idée de contestation de sa légitimité par les splendeurs et les éclats d'une célébration à vous couper le souffle. Même si on n'a pas vu les mastodontes M'béki, Obansajo, Bouteflika et que Philippe Douste Blazy annoncé, se soit excusé, une brochette de chefs d'Etat étaient là : Muammar Kadhafi, Abdoulaye Wade, Amadou Toumani Touré, Mohamed Ould Vall, Faure Eyadema, al Béchir mais aussi les chefs d'Etat de la CEMAC excepté Paul Biya : Omar Bongo Odimba, François Bozizé, Denis Sassou N'Guesso , Théodore Obiang N'guema Mbassogo. L'évènement de N'Djaména a donc été jugé d'un bon niveau. Les médias internationaux en tireront la conclusion que le président tchadien faisait là une démonstration positive d'une reprise en main des choses et marquait ainsi des points décisifs sur ses opposants internes ou externes, présentés d'ailleurs en contraste, comme encore plus divisés qu'hier, inorganisés, bref " kaput " après leur échec militaire à N'Djamena et surtout après les succès diplomatiques que sont les retrouvailles entre Déby et al Béchir et l'établissement de relations diplomatiques de la Chine de Pékin au détriment de Taiwan. Mais entre les fastes d'une manifestation, les éloges médiatiques et diplomatiques, et la réalité nationale de l'adhésion populaire, il y a souvent de grands écarts. Dans le cas d'espèce, le décorum ne pouvait pas faire oublier que le paramètre essentiel sur lequel on doit juger de l'acceptation populaire d' Idriss Déby Itno, doit être son peuple. Nous vivons certes une réalité internationale marquée par le grignotage des souverainetés nationales par des forces extérieures : multinationales, médias, organismes internationaux, réseaux maffieux, communauté internationale. Mais la résistance des peuples à ce phénomène démontre pour le moment encore la prévalence de la souveraineté populaire. On le constate à des degrés divers et selon des manifestations variées en Côte d'Ivoire, au Soudan, en Erythrée, en Angola, en Algérie… comme en Mauritanie par exemple. Dans un cas comme dans l'autre, malgré les prétentions externes, les volontés nationales sont toujours restées très fortes. Au Tchad, la même résistance est présente ; elle y est même plus atavique, puisque puisant sa force dans les fondements historiques, culturels, ancestraux. Dans ce pays, la résistance s'est exprimée à plusieurs reprises non seulement contre des puissances extérieures mais aussi contre les présidents en place. On peut tout dire du peuple tchadien sauf qu'il a vocation à supporter l'oppression. C'est vrai qu'en ce moment où on cherche une légitimation internationale d'Idriss Déby, on ne fait pas grand cas de ses opposants. On tend même, comme nous l'avons relevé, à souligner au marqueur leurs divisions, leurs faiblesses. Mais ces opposants ne sont pas silencieux. Ils ont donné de la voix pendant les célébrations, à l'exemple de l'opposant Mr Ngarlejy Yorongar qui a soutenu que " le chef de l'Etat n'a pas été élu par le peuple tchadien, mais plutôt par les organes de régulation des élections que sont la commission électorale et le conseil constitutionnel " et rajouté : "Deby a profité de la présence de ces chefs d'Etat à une réunion de la CEMAC pour les prendre en otage pour qu'ils assistent à son investiture". (propos rapportés dans l'article "L'investiture d'Idriss Déby " de Alwihda du 10/08/2006) Il ne faut pas aussi oublier qu'ils restent très mobilisés autour de la contestation de la légitimité de Idriss Déby qui, quoi qu'il fasse, reste pour eux mais aussi pour l'opinion internationale, un président qui a charcuté la Constitution pour s'offrir un troisième mandat après des élections qui ont battu des records d'abstention. Et cette opposition, ne l'oublions pas, n'est pas seulement civile et légale ; elle aussi clandestine et militaire et reste pesante sur la tête de Idriss Déby Itno comme une épée de Damoclès même si pour le moment, elle semble avoir le profil bas parce que la France de Chirac met son armée au service d'Idriss Déby pour le maintenir au pouvoir. En conclusion, le chef de l'Etat tchadien n'a pas encore gagné la bataille de sa légitimité ni vis-à-vis de ses opposants ni du reste en considération des efforts qu'il déploie au plan diplomatique. Ce dernier aspect, monté en neige, présente quand même des limites qu'il faut relever. D'abord, en ce qui concerne la réconciliation avec le Soudan, non seulement il n'y a eu aucun papier qui atteste qu'il y a eu réconciliation mais on sait ce que valent les réconciliations dans ce genre de conflits en Afrique (La mauvaise humeur d'Abdoulaye Wade à ce sujet pourrait n'être qu'un avant goût). Ensuite, le renversement d'alliances qui amène le Tchad à renouer des relations avec la Chine de Pékin au détriment de Taiwan, ne doit pas forcément être interprété comme devant obligatoirement jouer contre l'opposition, notamment armée, parce que la Chine, par calculs, userait de pressions sur le Soudan à cet effet. Jusqu'à preuve du contraire, le Tchad n'est pas mieux loti que le Soudan pour jouer au jeu du chantage au pétrole. Al Béchir peut plus offrir à la Chine que le Tchad à cette dernière, en tout cas pour le moment. V.T. (San Finna N°376 du 14 au 20 Août 2006)

LE MAURITANIEN ELY OULD MOHAMED VALL
MAUVAISE CONSCIENCE DU « SYNDICAT » DES CHEFS D’ETAT ?

Le chef de l’Etat mauritanien serait-il la mauvaise conscience de ce qu’il est convenu d’appeler le «Syndicat » des chefs d’Etat africains, que ça n’étonnerait pas ? Voilà pourquoi, contrairement à ces présidents qui ont eu besoin que leurs Ministres de l’Intérieur se retrouvent à Brazzaville pour crier haut et fort que le processus démocratique en Afrique s’est fourvoyé par la force des fraudes, des charcutages de Constitutions et autres indisciplines démocratiques et républicaines, lui en a tiré personnellement les leçons et décidé de remédier à la situation.

Avant même que, conformément à la recommandation faite par les Ministres de l’Intérieur, une Charte sur la démocratie soit proposée à l’adoption des Chefs d’Etat et à ratification par les parlements des Etats africains pour consacrer l’alternance, sanctionner les présidents et chefs d’Etat qui maltraiteraient les lois fondamentales spécialement pour se maintenir au pouvoir.

Ely Ould Mohamed Vall a pris les devants en conformant la Constitution mauritanienne à ces exigences. Il n’aura pas attendu Banjul dont il pouvait du reste soupçonner que ce serait un ballon de baudruche. Par convictions personnelles, par patriotisme national et convaincu donc des lenteurs et noyautages divers qui peuvent avoir lieu dans ce genre de rencontres continentales, il a fait ce qu’il devait faire sans attendre. La Mauritanie aujourd’hui est le premier Etat africain qui a tiré un trait de plume sur les errances anti-démocratiques du passé et pris les dispositions que partout, les vrais démocrates demandent, pour que la démocratie cesse d’être un leurre.

Mais Ely Ould Mohamed Vall est allé encore plus loin en disant : “Si un président conserve le pouvoir dix, vingt ou trente ans et qu’il envisage de le transmettre à son fils ou à un membre de son entourage, alors il s’agit d’un pouvoir personnel qui ne tient compte ni de l’intérêt du pays ni de celui du citoyen ». Cela ne concerne plus seulement les Kadhafi, les Ben Ali, les Idriss Déby, les Omar Bongo, les Teodorina Obiang.. dont on dit qu’ils entendent céder le pouvoir à leurs fils mais aussi tous les autres qui escomptent bien remettre le « témoin » entre les mains de leurs proches pour assurer leurs arrières.

On comprend donc que le chef de l’Etat mauritanien ne puisse, lui qui est venu par un coup d’Etat comme beaucoup d’autres chefs d’Etat africains, être félicité par ses pairs, surtout pas lorsqu’on sait que l’une des raisons qui les a amenés à renvoyer à un prochain sommet l’examen de la Charte africaine de la démocratie, c’est bien cette disposition qu’ils jugent insultante et préjudiciable à leur intérêt que constitue l’attaque en règle contre les charcutages plus ou moins légaux des lois fondamentales pour des troisièmes mandats.

Mais qu’importe : tout comme Julius Nyéréré, Léopold Sédar Senghor, Amadou Ahidjo et plus encore Amadou Toumani Touré, John Jerry Rawlings, Alpha Oumar Konnaré, Mathieu Kérékou… qui ont accepté de ne pas s’enkyster au pouvoir ni de procéder à des modifications constitutionnelles à cet effet alors qu’ils le pouvaient pour la plupart, Mohamed Ould Vall s’inscrira au Panthéon africain des vrais serviteurs de la démocratie.

Il le sera encore plus si les années qui viennent ne révèlent pas que tout ce qu’il a fait n’était qu’un « investissement » dont les dividendes attendus étaient de pouvoir se présenter un jour, assuré d’avoir un capital d’estime suffisant pour se faire élire. V.T (San Finna N°372 du 17 au 23 Juillet 2006)


POINT DE VUE : POUR LA DIGNITE DE L’AFRIQUE, LAISSEZ-NOUS CREVER !

Voici une réflexion parvenue à notre Rédaction autour de la réunion du G 8 qui se tient les 16 et 17 juillet 2006 à Saint-Pétersbourg.

C'est l'histoire d'un marché de dupes passé entre les chefs d'Etats africains promoteurs du NEPAD et les dirigeants du G8. Dans ce marché là, il y a un groupe qui ment impunément et est en train de tromper l'autre.

Les premiers (les chefs d’Etats africains), habités par une naïveté incompréhensibles mais de bonne foi, ont cru devoir soumettre les projets stratégiques de développement de leur continent aux seconds, foncièrement de mauvaise foi, en sollicitant le financement. Et c'est ici que se produit le dialogue de sourds. Mieux, la duperie du siècle.

Pour les dirigeants du G8, le NEPAD est un acte de soumission et une acceptation par les Etats africains de la domination du modèle de développement occidental. Une adhésion sans réserve au "consensus de Washington". Aussi s'ouvre l'ère des promesses fallacieuses et du paternalisme rampant.

Les chefs d'Etats africains promoteurs du NEPAD parlent du passage de la coopération-soumission au partenariat-égalité. Ils veulent croire au miroir aux alouettes et pensent, à tort bien sûr, que l'aide promise par le G8 contribuera au développement de l'Afrique. Oui, le G8 soutiendra l'Afrique mais plutôt comme la corde soutient le pendu.

Finalement, l'attitude des dirigeants africains promoteurs du NEPAD n'est que le résultat d'une auto flagellation mémorable et d'une haine de soi insupportable. C'est pourquoi, nous proposons la dénonciation pure et simple de tous les accords passés dans le cadre du NEPAD. Il est question comme le propose l’ONG « Avenir NEPAD International » d’une réappropriation citoyenne du NEPAD.

Pour autant, l'Afrique n'a aucune intention de s'isoler. Non, la coopération citoyenne devrait suppléer aux carences de la coopération des Etats qui a montré ses limites, afin que cesse enfin le cirque ridicule ».

Etienne de Tayo Journaliste
Promoteur du réseau de journalistes
pour l’intégration en Afrique « Afrique Intègre »
San Finna N°372 du 17 au 23 Juillet 2006

 

Après les déboires du fils narcotrafiquant, un autre troublion de la famille Deby, Saleh Deby sème la terreur dans le Batha.

(25 /06/06)Après les déboires du fils narcotrafiquant, un autre troublion de la famille Deby, Saleh Deby sème la terreur dans le Batha.

Saleh Deby est le dernier rejeton du vieux Deby. Analphabète, narcotrafiquant, alcoolique et délinquant notoire, Saleh est un autre cas de la famille Deby, tristement connu dans certains milieux de NDJAMENA pour son comportement hors norme.

Passant presque inaperçu au sein de ses nombreux neveux, inconnu et ignoré des autres, Saleh n’a été remarqué que par ses nombreux renvois et reprises des établissements scolaires de N’Djamena.

Saleh sort de l’anonymat après l’arrivée de son frère à la tête de mps. Il quitte le banc d’école pour s’engager comme garde de corps rapproché de son frère, en même temps il est intégré à la douane, à la police et à l’ans. A la fin du mois, il émarge aux registres de tous ces corps. Mais il ne pratique aucun métier ; son métier, c’est de la java dans les bars, boites de nuits, etc., où ses frasques sont familières du grand public. Saleh se fait inviter dans tous les azouma des jeunes de N’Djamena, où il est souvent indésirable, pour foutre de la pagaille à la fin des cérémonies.

Non content de cette vie, Saleh a eu envie de commander les hommes et son frère l’affecte à l’ans, comme coordonnateur. Vite il devient l’obstacle du fonctionnement du service. Un des DG de l’ans demande au PR de le dégager sinon c’est la démission. Il est alors muté à la fiscalité pétrolière comme Directeur adjoint ! Rappelons que la fiscalité pétrolière est la troisième régie financière du Tchad. Le tout N’Djamena, y compris les bailleurs des fonds sont au courant de son comportement. Son frère gêné par les échos, le vida de là.

Saleh qui ne connaît absolument aucune contrée, si ce n’est son village de Tiné et N’Djamena, accompagna son frère à Ati, lors d’une visite. Saleh découvre alors la beauté toute naturelle des filles du Batha. Tel un gorille passant d’une liane à une autre ou un bouc dans un enclos des chèvres, Saleh martyrise les filles d’Ati. Il kidnappe, viole, organise les mariages tous les jours et divorcent la nuit passée. Et comble de malheur pour la population, Saleh élit carrément domicile à Ati en se faisant affecté comme délégué régionale de la sûreté. Dès lors, le Monsieur déclare à qui veut l’entendre qu’il est le représentant personnel de son frère de Président ; à ce titre, il est gouverneur, préfet, maire, commandant de brigade, bref, il commande tout, tout passe par lui, ne rend compte à personne. Il est TOUT.

Outre la population du Batha, particulièrement les jeunes beautés, la toute dernière victime du régent est la Coopération suisse. Très appréciée par les populations du Batha et du Ouaddaï géographique, pour avoir désenclavé ces régions par des projets originaux à caractère participatif, la représentation de la coopération suisse est l’objet de toutes sortes de tracasseries et humiliations. Le dernier acte hostile à la Coopération suisse est la destruction de son bureau à Ati, prétextant que son grand frère de Président voudrait construire une villa privée à coté du bureau de la Coopération et que, quand le Grand s’installe quelque part, on dégage. Excédé, l’ambassadeur de Suisse avec résidence à Abuja demande une audience auprès du Président pour expliquer la situation, mais non, le grand refuse de recevoir le diplomate. Dans ces conditions, quel est l’avenir des projets de la Coopération suisse dans ces régions ??

Ce n’est pas tout. Saleh veut s’offrir un terrain pour construire une très grande villa, car, il aime Ati et ses belles. Il n’y a pas de terrain disponible au centre de la ville, alors l’intouchable se fait offrir la place d’indépendance d’Ati, où il s’y installe en construisant sa maison.

La question qu’on se pose légitimement : où sont partis les grands érudits religieux légendaires du Batha, les grands chefs religieux, les Chourafah, etc. Qu’est devenue la fierté légendaire des Adoudou, des Makaye, etc., pour qu’un délinquant, morveux, prenne toute la région en otage??

Beremadji Felix
N'djaména

== tchadactuel ==

 

Immigration_France

DEVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE : L’IMMIGRATION CHOISIE COMME ELEMENT DECLENCHEUR

Des intellectuels camerounais ont, au cours d’un atelier organisé mercredi 24 mai dernier à Yaoundé, passé au peigne fin la loi de Sarkozy.

Les images provenant des enclaves de Ceuta et Melilla, présentant des jeunes Africains candidats malheureux à l’immigration, n’ont pas encore émoussé chez certains Camerounais l’envie de traverser l’océan atlantique, à la recherche d’un mieux-être. Malgré les conditions draconiennes d’obtention de visa d’entrée en Europe, ils sont encore légion, ces Africains qui “ préfèrent balayer les rues à Paris, plutôt que de rester au pays ”. Pourtant, l’Europe ne devrait plus être considéré comme un eldorado, d’autant plus que les Occidentaux développent une certaine xénophobie dans la conception de leurs nouvelles lois.
C’est pour éclairer l’opinion sur cette triste réalité que la cellule des actions culturelles du département humanitaire et missionnaire du Walkman Program a organisé le 23 mai dernier à Yaoundé, un atelier de réflexion sous le thème : “ Immigration choisie de Sarkozy : Quel apport à l’Afrique pour quel nouvel ordre fédérateur mondial ? ” Autour de la table, Mme Anick Cotet Tchangang responsable d’une agence française de voyages David Ndachi Tagne, journaliste ; Marcellin Vouda, enseignant à l’université de Yaoundé I ; Jean Joseph Atangana diplomate ; Jean Tobie Hondt, juriste et Daniel Anicet Noah, journaliste. Les panélistes sont unanimes sur le fait que les départs massifs, sont essentiellement provoqués par le phénomène de fascination de la périphérie par le noyau. La périphérie ici représentant les Africains englués dans une misère indécrottable et le noyau les “ hommes biens ” de là-bas.
Nombreux sont en effet ces Africains qui entretiennent des rêves, très souvent alimentés par le mythe de l’immigré qui rarement laisse transparaître sa vraie situation. Les écrits d’un poète camerounais cité par Marcellin Vouda sont d’ailleurs une parfaite illustration de ce rêve. Dans son recueil de poèmes intitulé “ Hécatombe à la France ”, il écrit : “ Le ciel est si sombre parce que la France est si lointaine. Je rêve de toi comme un bébé endormi rêve du sein de sa mère ”. Plutôt que de détruire ce rêve, estime Marcellin Vouda, il faut le déconstruire. Le juriste ne conteste pas cette hypothèse, mais regrette amèrement le complexe d’infériorité qui habite les Africains. Jean Tobie Hondt estime que Pour lui, la France est juridiquement libre d’organiser sa vie interne comme elle pense, le principe de souveraineté universelle de chaque Etat étant reconnu. “ Le Cameroun peut appliquer le principe de réciprocité si elle se sent lésée par la loi Sarkozy, en faisant voter une loi draconienne aux ressortissants français. C’est juridiquement autorisé ”, déclare le chef de la cellule juridique au ministère de la Communication. “ Il est scandaleux qu’une ordure éditée en France soit considérée comme un chef d’œuvre au Cameroun ”, regrette-t-il.

Opportunité à saisir
Il n’est plus temps pour les Africains, de dénoncer dans un langage victimisant, l’ingérence de la France dans les affaires intérieures de leurs Etats. La loi Sarkozy sur l’immigration choisie, qui consiste à n’accorder de visas d’entrée en France qu’à des intellectuels, doit être une véritable opportunité pour les africains de mieux penser leur devenir. Hier encore, alors que les Occidentaux avaient besoin de la main d’œuvre pour travailler dans les plantations, il fallait être d’une robustesse avérée pour embarquer dans des bateaux de fortune. L’Europe ayant déjà connu un essor certain, il est question maintenant de trouver des têtes pleines pour développer les technologies. Pourtant, l’Afrique, réservoir incontestable de la main d’œuvre, continue de sombrer dans le gouffre du désespoir. La loi Sarkozy selon Jean-Joseph Atangana, doit être interprétée comme un langage de vérité. “ Sarkozy est un grand ami de l’Afrique parce qu’il lui a dit la vérité en face. C’est une façon de mettre les dirigeants africains devant leurs responsabilités ”, martèle le diplomate. Pour lui, la loi Sarkozy doit être un élément déclencheur de la politique d’intéressement de l’Afrique à ses fils.
Crée en 1997 de la volonté de trois africanistes (Valéry De Maison, Valentin Vidryne et Albert Lebrun), le Walkman Program est une organisation internationale croisée, dérivée (Oicd) du système des Nations unies chargée de lutter contre la pauvreté dans les pays du Sud et plus particulièrement en Afrique. Elle intervient au Cameroun depuis 2004 dans le cadre du programme d’aide et d’appui au développement du livre (Paadel), du projet d’appui et de soutien à la réforme universitaire au Cameroun (Pasruc), du programme d’aide et de développement à la presse privée au Cameroun (Padel) et de nombreux autres programmes. Le bureau Afrique de cette institution est coordonné par Valery de Maison Clarkson qui se trouvait malheureusement en Erythrée pendant la réflexion du 23 mai.
Par Joseph Flavien KANKEU
Le Messager du 01-06-2006

VERS UN INEVITABLE CARNAGE A N’DJAMENA

(19/05/06)L’information selon laquelle Idriss Déby aurait décidé de mourir à N’Djamena, l’arme à la main, est à prendre très au sérieux. Depuis quelques semaines, il n’écoute plus personne, ni le patriarche-doyen du continent, ni l’Union Africaine, ni même son ami Jacques Chirac qui trouverait son entêtement suicidaire, ni ses officiers supérieurs qui ont encore la force et la lucidité de lui tenir le langage de la vérité : on ne compte pas le nombre de fois que Déby a dégainé et tiré à bout portant sur un officier supérieur qu’il soupçonnait de mollesse ou de vouloir pactiser avec l’ennemi. De telles scènes se passent souvent, dans des casernes militaires, devant d’autres gradés de l’armée, question de leur montrer à quoi ils doivent s’en tenir au cas où ils emprunteraient le mauvais chemin.

Preuve de l’entêtement d’Idriss Déby Itno : par deux fois, Alpha Oumar Konaré lui a demandé, au nom de l’institution qu’il représente, de reporter la présidentielle du 3 mai. La dernière fois que cette requête a été formulée remonte au 30 avril, soit trois jours avant le scrutin. Déby s’est alors fâché contre Konaré qu’il a traité de tous les noms. C’est ainsi qu’il s’en est pris également à toute l’Union Africaine (UA).

Avant d’entreprendre quoi que ce soit, cette dernière voulait se faire sa propre religion sur l’implication du Soudan réelle ou supposée dans le conflit tchadien. Car dans cette affaire, le Soudan accuse le Tchad et le Tchad accuse le Soudan. Organiser la présidentielle dans un tel contexte, ne pouvait que compliquer encore plus la situation. Mais voyant que l’UA n’était pas aux ordres de N’Djamena, Déby a téléphoné à Chirac pour le supplier de l’aider coûte que coûte à organiser la présidentielle le 3 mai. La raison qu’il a invoquée, c’est qu’il y allait de sa propre survie, de celle de sa famille et de toute la communauté zaghawa. Après quelques réserves, le président français se serait laissé convaincre et aurait téléphoné à son homologue congolais qui préside actuellement l’UA. A première vue, l’argumentation de Chirac ne serait pas passée mais entre amis, il n’y a pas de quoi…même si Déby reproche à son homologue de Brazzaville de n’avoir pas su renvoyer l’ascenseur alors que c’est lui qui est à l’origine de sa promotion comme président en exercice de l’UA.

Voilà donc comment Konaré est prié de contacter les 53 Etats afin que chacun envoie au moins un observateur à la présidentielle du 3 mai. Mais les Africains ne sont pas dupes. Pour preuve, sur les 53 Etats, seuls 4 d’entre eux dépêchent quelqu’un : le Cameroun, le Niger, le Burundi et le Congo-Brazzaville. Ces pays n’ont même pas besoin d’allouer les frais de mission à leurs envoyés spéciaux car tous sont pris en charge par le prince : logés, nourris, blanchis au Novotel de N’Djamena et véhiculés par le parc gouvernemental.

4 sur 53 ! Visiblement, ce n’est pas bon. Jacques Chirac qui comptait sur l’appui massif des Etats africains à Idriss Déby avant de pondre, le 14 mai, un communiqué dans lequel il reconnaîtrait la victoire de ce dernier, semble bien coincé. D’autre part, la manœuvre qui consistait à courcuiter la décision (à venir) du Comité de prévention des conflits de l’UA qui devrait se tenir fin mai, semble elle aussi avoir du plomb dans l’aile. Il faut que les cellules de l’Elysée et de l’UA (mise dans la combine), trouvent rapidement une autre parade qui puisse faire avaler moins durement la couleuvre aux Africains. Mais ce ne sera pas simple. Car Déby (qui semble de nouveau s’entendre avec ses frères zaghawa du SCUD au nom de la solidarité tribalo-ethnique) redoute que Mahamat Nour le chasse du pouvoir avant. Voilà ce qu’il a laissé comme testament, au cas où il disparaissait, aux membres de son clan :


« si je meurs au Tchad, n’hésitez pas à tirer sur mon cadavre pour attester la thèse du coup d’état. Salissez au maximum ma mémoire pour conserver le pouvoir en faisant valoir des artifices démocratiques aux fins de garantir les intérêts du BET (Bornou Ennedi Tibesti, d’où sont sortis les trois derniers présidents, à savoir, Goukouni Weddeye, Hissène Habré et Idriss Déby). Si je meurs hors du Tchad, n’hésitez pas à prendre le pouvoir de force » ;
« Mahamat Nour et ses hommes, représentent un très grand danger pour le BET. Ils sont surarmés, très bien équipés, entraînés et disciplinés. Il faut donc tout faire pour signer une alliance avec Mahamat Nour avec pour objectif, son élimination physique plus tard, ce qui permettrait de désorganiser son mouvement, le FUC. Ainsi, après ma réélection, on scellerait la réconciliation (de tous les fils due BET) et tout repartirait comme avant ». Mahamat Nour étant au courant de ce double-jeu du SCUD de Yaya Dillo et autres Erdimi, c’est le général Mahamat Nouri, ancien ambassadeur du Tchad en Arabie Saoudite dont la très suspecte et subite démission n’est pas passée inaperçue, qui récupère les billes du jeu, mais sans grand espoir de réussir car il est déjà démasqué. Nouri, il faut le rappeler, est aussi un ressortissant du BET comme Déby, Goukouni et Habré. Ce 10 mai, vers 4 heures du matin, une délégation tchadienne à bord d’un avion français est parti acheter des armes lourdes en Turquie et dans les pays de l’Europe de l’Est. Il faut s’attendre à un carnage à N’Djamena.
N.B. Aux dernières nouvelles : la rébellion aurait abattu deux avions français et capturé au moins 7 soldats français. A N’Djamena, se tiennent réunions sur réunions depuis la fin de la semaine dernière. Objectif : éviter que les journalistes s’emparent de ce dossier à un moment où Jacques Chirac est au plus mal en France. L’ambassadeur de France au Tchad, Jean-Pierre Berçot souhaiterait vite récupérer les épaves des deux avions pour effacer toute trace. Mais la rébellion de Mahamat Nour, après s’être laissée avoir le mois dernier, n’écouterait plus Berçot.

--Afriqueeducation--

 

QUAND DEBY PLANQUE 100 MILLIARDS DE F CFA AU CAMEROUN…


(19/05/06)La Banque mondiale n’avait pas tort de se plaindre de la gestion calamiteuse de Déby. Les ressources pétrolières nationales sont véritablement presque totalement à la disposition de son clan. Pour assurer les beaux jours de ses enfants après sa perte du pouvoir qu’il redoute tous les jours que Dieu fait, il a carrément vidé ( ?) la caisse comme l’avait fait Hissène Habré, lors de sa fuite vers le Cameroun, il y a quinze ans. Arrivé à N’Djamena sans combattre, Idriss Déby et ses hommes, qui poursuivaient Habré pour l’abattre, avaient alors trouvé qu’il avait pris soin, avant de traverser la frontière camerounaise, de vider préalablement les coffres forts de la Banque centrale. Devenu président de la République mais sans le moindre sou, Déby a retenu la leçon. Voilà pourquoi ne sachant pas très bien si son dernier carré de fidèles soutenu par l’armée française, allait réussir à contenir l’attaque des combattants du capitaine Mahamat Nour, il a vite fait de confier la somme de 100 milliards de f cfa (152 millions d’euros) à ses fils afin qu’ils les mettent en lieu sûr. Entendez au Cameroun. L’ordre reçu cinq sur cinq, ils n’ont fait que traverser la frontière pour se rendre dans la ville de Kousseri qui fait face à N’Djamena, où ils ont demandé, visiblement pressés et un peu énervés, à rencontrer le chef d’agence de la Banque internationale de crédit et d’épargne au Cameron (BICEC). Ce dernier aurait, dans un premier temps, paniqué quand un des fils Déby lui a annoncé la somme. C’est ainsi qu’il s’est isolé pendant de longues minutes (interminables pour les Déby) pour rendre compte à ses supérieurs hiérarchiques à Douala et recueillir, avant toute chose, leur avis.

Pas de chichi devant une telle manne même quand on est la BICEC. Après consultation, cette banque française a ordonné à son préposé de l’encaisser sans trop se faire prier. Aux dires de certains employés de cette agence (ce genre d’opérations laisse toujours de traces), rien que le comptage des billets avait pris toute la journée ainsi qu’une partie de la nuit.

Selon nos informations, il ne s’agissait pas de faux billets même si Idriss Déby, c’est connu, excelle beaucoup dans le faux. A ce titre, il est négativement réputé jusque dans les banques parisiennes. Pour preuve, lisez ce qui suit : avant de se retrouver en prison, à N’Djamena, en 1998, Armand Grah, Ivoirien de son état, avait été chargé par le président Déby de faire fabriquer, à titre d’essai, des faux billets. C’est ainsi que sept milliards de faux billets imprimés en Europe, avaient atterri, par mesure de sécurité, d’abord à Abidjan. Sous prétexte d’une évacuation sanitaire du sultan (Gong) de Léré à Abidjan par l’avion présidentiel, l’aéronef de Déby devait, en réalité, rapatrier les faux billets concernés à N’Djamena. Mais selon Grah, il n’y avait pas eu entente avec les faussaires français sur les modalités de leur rémunération. Du coup, ces faux billets n’ont pas été amenés à N’Djamena pour y être écoulés. Ils ont été plutôt débarqués dans un autre pays (sûr) de la sous-région, à l’abri des yeux et des oreilles indiscrets. Une fois à N’Djamena, Armand Grah manifeste ouvertement son mécontentement. Il est arrêté par son ami Déby pour l’empêcher de parler. Pour sauver sa peau, il a dû envoyer sa confession et un pathétique SOS au chargé d’affaires de l’ambassade de France au Tchad, Luc Furhmann, en date du 23 septembre 1998, pour ne pas se retrouver outre-tombe.

Déby est donc un faussaire patenté. Une autre histoire : le 23 mai 2000, le général Youssouf Boy, commandant de la garde présidentielle et beau-frère d’Idriss Déby (mari de sa sœur cadette), est intercepté, avec de volumineux sacs contenant de faux billets de banque, par le premier adjoint au commandant de brigade de la gendarmerie de Kousseri. Conséquence, tout le microcosme policier, militaire, économique et politique tchadien, prend d’assaut Kousseri dans le but de sortir le général transporteur de faux billets de son pétrin. A 17 heures, la brigade territoriale de Kousseri ouvre la porte de la cellule après un coup de téléphone d’Idriss Déby à son grand-frère Paul Biya qui lui enlève, une fois de plus, une grosse épine du pied. Et ce n’est pas la première fois qu’il présente de telles saletés au président camerounais.

Ce 12 avril 2006, il a vraisemblablement été question de vrais billets sinon l’affaire aurait, parallèlement au coup d’état que tentait de faire Mahamat Nour, fait grand bruit, à Kousseri et dans le reste du Cameroun, en l’absence de Paul Biya. Seulement, les opposants tchadiens affirment avoir cette banque française implantée au Cameroun à l’œil. Dès qu’ils prennent le pouvoir, l’un des premiers dossiers à traiter, sera la demande de rapatriement des 100 milliards de f cfa concernés au trésor public tchadien.

--Afriqueeducation--

Qui sont ces rebelles centrafricains du FUC ?


(26/04/06)La question mérite quelque explications suite à cette désinformation de basse échelle d'une presse internationale pro Deby qui fait tout pour réduire l'opposition armée tchadienne à des mercenaires étrangers.
En fait qui sont ces fameux " rebelles centrafricains" ? Il s'agit simplement de concitoyens tchadiens d'origine pour la grande majorité de la région du Guéra. Ces jeunes dont l'âge varie entre 16 et 35 ans ont été pour la plupart recruter dans le département du Guéra fin 2002 début 2003 par un officier tchadien originaire du Guéra nommé Daoud Soumaine à l'époque directeur du cabinet militaire du président Deby.
La raison invoqué (celle qui fut dite aux nouvelles recrues) "qu'ils seront formés en agent de sécurité pour assurer la sécurité des sites pétroliers du Sud du pays" et que pour cela ils (les recrues) devraient être regroupés au centre d'instruction militaire de Pazangué au Sud du pays afin de recevoir la formation adéquate par des "agent américains" de exxon mobil. Jusqu'à là le plan satanique d'Idriss Déby et son disciple Daoud marchait à merveille ! La vrai raison de ce recrutement est toute autre.
En effet suite à la brouille (du moins l'officiel) entre Déby et Patassé au sujet de l'accueil au Tchad d'un certain Général Bozizé auteur du coup d'état raté en Centrafrique de fin mai 2001, Déby avait trouvé l'élément pour se venger de Patassé "le traître". Le mécontentement entre Deby et Patassé est que Patassé aurait "escroquer" Déby au sujet de la vente des diamants pillés au Nord RDC (ex Zaire) par les hommes de mains d'Idriss Déby envoyer avec le contingent tchadien en RDC en 1998. Ces diamants en sachant que le Tchad ne pouvait pas les écoulés sur le marché suite à la réglementation internationale sur les diamants des conflits et le Tchad étant non producteur et de facto ne pouvant les écoulés, avait solliciter l'aide du "grand-frère" Patassé dont le pays est producteur de les écoulés moyennant commission. Patassé avait simplement fait main-basse sur les diamants au motif que "Déby ne lui avait pas donner l'argent versé par la Lybie pour la logistique (une partie devrait revenir à Patassé) dont le pays avait servi de base de ravitaillement.
Déby avait trouvé avec Bozizé un moyen de se venger de Patassé. C'est de là qu'Idriss déby avait demander au Colonel Daoud Soumaine son directeur de cabinet militaire, un ami au général François Bozizé du temps ou il commandait les forces tchadiennes à Bangui dans le cadre de la MISAB (Mission internationale de suivi des accords de Bangui) de recruter des hommes pour reverser le Président Patassé, la suite est connu ! Voila comment nos frères tchadiens recrutés,abusés sont devenus les "libérateurs" de la Centrafrique.
Je crois que tous le monde a suivi ce qui fut arrivé plus tard aux "libérateurs" lorsque Bozizé avait souhaité s'en "debarassé". Après ce qu'on pourrait appelé "l'indemnisation" de ces libérateurs, le nouvel Président Bozizé aurait demandé à Déby de récupérer les libérateurs qui sont ses "compatriotes" et que la question des diamants subtilisés par Patassé sera reglé dès que les élections en RCA et qu'il gagnera bien entendu soit organiser.
Alors Déby ne sachant quoi faire de ces soldats de circonstance et qui ont la particularité de ne pas être des zaghawa qu'ils pourraient reversés à sa garde prétorienne, eu l'ingénieuse idée de les utilisés une fois encore comme supplétifs dans le conflits du Dafour au coté du MLS de Khamis Abdallah dont ils (les libérateurs de la Centrafrique) pouvaient facilement se fondre car ce mouvement est composé majoritairement des soldats d'ethnie dadjo sil-lah du Soudan.
Une petite explication à ce choix est utile : l'ethnie dadjo est un peuple negro-africain qui s'étend du sud-ouest soudanais au département du Guera de là ou vient ces fameux "libérateurs" et selon la zone ou ils se trouvent, ils portent les suppléments nominatives à leurs identifications ethniques Sil-lah pour le darfour, Silla pour la région de Goz-beida et dadjo simplement qu'on retrouve dans les villages tel que Gadjira à coté de Mongo dans le Guera. Bref voilà comment nos frère tchadiens se sont retrouvés une fois de plus instrumentalisés pour la déstabilisation cette fois de notre voisin le Soudan.
A partir de là les choses n'avait plus marché comme en RCA, nos compatriotes ex-libérateurs avaient décidés autrement. Lorsqu'ils furent transportés par avion de la RCA en direction d'Adré ou le MLS avait un bureau et pour certains du sud du pays, et surtout après les avoir dépouiller de leurs argents d'indemnisations, nos frères se sont retrouvés en plein darfour en première ligne de front, de là les chefs de ces groupes avaient décidés de ne plus combattre pour une nouvelle cause dont ils ignoraient tout et qu'une fois de plus était en territoire étrangers; c'est ainsi qu'ils prirent contact avec les éléments de l'ADR (Alliance des démocrates résistants) basé au Darfour dirigé par Le commissaire de police Néné EHEMIR et l'ingénieur Hisseine AHMAT sous la coordination de Younouss IBEDOU. Ce mouvement armé à comme tous les mouvements armés tchadiens la particularité d'être composé majoritairement d'éléments d'ethnie Hadjarai comme eux, ils ont simplement décider de les rejoindre et firent le chemin ensemble au sein du FUC au dernier combat d'avril.
Voila ce qu'on peut dire de ce milliers d'hommes qu'Idriss Déby dans son amnésie a le culot de citer comme mercenaires soudanais.
CHÉRIF AHMAT ALIAS Tchadien
Ndjaména – Tchad
--tchadactuel--

 

Le silence assourdissant de la CDDC face aux agissements de Mahamat Assileck Halata

(24/02/06) Depuis un certain temps, c’est le silence radio du côté de la CDDC qui nous avait pourtant habitué avec les communiqués depuis sa création jusqu’à la conférence de Paris.
Comme les autres formations (hormis l’Actus de Dr Ley-Ngardigal Djimadoum) aucune ne s’est prononcée clairement, sans ambiguïté et langue de bois sur l’affaire Habré.
Cependant, il est quand même curieux que la CDDC, ne désapprouve pas, voire n’exclut pas Mahamat Assileck Halata, qui prend bec et ongle la défense de l’abominable et sanguinaire tyran Hissène Habré. Surtout qu’il le fait et se présente avec ses multiples casquettes y compris celle de membres de la CDDC.

Que les autres membres de la CDDC n’aient pas réagi, passe encore, mais que son Excellence Ahmat Hassaballah Soubiane n’ait pas réagi, étonne à plus d’un titre, car il se veut u homme de rupture.
Quand monsieur Soubiane avait décidé d’écrire à Déby pour lui dire de ne pas violer la constitution, alors qu’il était encore ambassadeur, quelque soient les causes latentes et les arrières-pensées de cette décision, elle est à saluer, car ça avait été un geste fort symbolique dans le paysage politique tchadien, et en particulier celui du ou proche du pouvoir.
Quelqu’un qui est issu du sérail qui prend position contre le tout puissant chef du groupe.
Quelqu’un qui avait par le passé pris les armes pour combattre la dictature, et qui cette fois-ci, prône une lutte démocratique, c’était pas mal. On se disait pourvu qu’il fasse des émule (malheureusement les événements des ces derniers mois ont anéanti nos minces espoirs), pourvu que cela devienne une culture, surtout chez les nordistes, chez les héritiers du Frolinat qui sont habitués à régler leurs comptes par les armes.

Donc, monsieur Soubiane avait décidé de combattre l’injustice par la voix démocratique, tout comme hier il avait combattu la dictature par la voie des armes. C’est pourquoi, au lieu d’un mouvement armé, il avait décidé de créer la Coalition pour la Défense de la Démocratie et des Droits Constitutionnels (CDDC).
Et voilà, qu’un membre de cette coalition que Monsieur Soubiane a crée, devient le défenseur zélé de cet horrible criminel, que ce même Soubiane avait combattu et chassé. Au prix de sa vie, car d’autres comme Djamouss ont payé de leur vie cette lutte-là. D’autre encore sont morts ont succombés aux dégâts collatéraux de la frustration, de la colère, de la révolte de l’injustice, nées de la trahison de leur lutte : Gam, Bada…

Ainsi, je me demande, quelle censure, quelle realpolitique, empêcherait monsieur Soubiane de mettre les choses au clair par rapport aux membres de sa coalition ? Car il se trouve une brebis galeuse qui a montré son vrai visage ; l’opportunisme, la prostitution, politique.
Non content de prendre la défense du dictateur, il pousse l’obscénité jusqu’à traiter certaines victimes de Habré de corrompus. Comme quoi le ridicule ne tue pas. Comme quoi il n’y a pas de limite à la bêtise humaine au pays des Sao.
On ne sait pas si c’est pour avoir les sous ou si c’est pour donner encore un gage de confiance de son père à son patron qu’il fait toute cette agitation, mais c’est pathétique tout ça, ça frise la pathologie.
Son père qui reste un des derniers serviteurs non proche parent, non gorane, à rester avec, près de Habré. Bonne preuve de fidélité, mais aussi bonne preuve de « servitude » comme le dirait Abdramane Koulamalah.
Oui, Mahamat assileck halata, oublie quand il nous parle des bons moments passés sous le régime de Habré, le traitement qui était réservé aux Goranes ? les 4 millions de Dia ?
C’est Habré qui instrumentalisé, affiné et perfectionné, le népotisme, le tribalisme, la géopolitique. Aujourd’hui on paie le prix de cet héritage.
Mahamat Assileck Halata oublie aussi le régime de demi salaire auxquels étaient astreints les fonctionnaires. Comment pouvait-il sentir la difficulté des autres, puisque son père a toujours été ministre et membre du Commité Central de l’Unir ?
Le poste de directeur de douane qui était réservé exclusivement aux Goranes et en particulier aux parents de Habré (Guihéni Koreï).

S’agissant des crimes, Habré est responsable en plus des crimes commis de ses propres mains, de ceux commis par la DDS car celle-ci était son émanation, était sous sa responsabilité directe. C’est pour cela d’ailleurs que le poste de directeur, a toujours été confié à un Gorane : Saleh Younouss, Toké, Guihéni Koreï, neveu direct de Habré, Ahmat Allatchi, Toké Dadi. C’est dire l’importance qu’il accordait à cette machine à tuer, et combien il la contrôlait.
A ce propos, paradoxalement, Habré qui garde à ses côté le père de Mahamat, ne veut pas du tout voir près de lui son gênant et encombrant neveu Guihéni, qui a occupé le poste de Directeur de la DDS, comme pour ne pas assumer la responsabilité de cette sinistre police. Alors que le père Halata se trouve à Dakar, avec les bonnes grâces de son maître vénéré, Guiheni, proche parent de Habré est en train d’errer comme un clochard quelque part au Bénin. On a du mal à reconnaître le neveu du président, qui menait une vie Pacha, qui habitait dans des villas luxueuses bâties avec l’argent volé à la Douane et extorqué aux commerçants et autres paisibles citoyens qui triment.

Donc, ne réécrivons pas si vite l’histoire. faisons attention de ne pas faire de l’angélisme. Le régime actuel est mauvais, cela ne permet absolument pas de dédouaner les horribles et imprescriptibles crimes commis sous le régime du pol pot africain.

Mahamat Assilek Alata, si vous êtes frappé d’une subite amnésie, demandez à vos petits frères et sœurs, de vous parler de leurs amis, voisins de quartier, collègues de classe, qui ont perdu ou vu torturer leurs parents dans les geôles de la DDS, les frères Fadoul Kitir, Haroun Gody, Dr Mandekor, Commandant Galiam. Je pourrais comme ça vous citer presque un responsable issu de chaque ethnie du Tchad. Je n’oublie pas les anonymes, mais c’est juste pour rentrer dans votre jeu qui consiste à dire que personne de connu n’a été tué.
Parmi les survivants, un illustre, le Dr Mokhtar Bachar Mokhtar vient de nous quitter paix à son âme. Il nous manquera, car c’est historien, dont le témoignage aurait été plus qu’important dans cette tumultueuse partie de l’histoire du Tchad. Ses autres collègues universitaires, et collègues de prisons de la DDS, Dr G. G. Goté et Dr Z. F. Kitir témoigneront le moment venu.
En attendant, monsieur Alata, vous pouvez contester l’extradition demandée par la Belgique, vous pouvez peut-être contester le nombre de mort, de toute les façons ce n’est pas le nombre qui fait le criminel. Mais ne pouvez pas contester la nature criminelle de Habré, encore moins vous n’avez pas le droit de vous permettre d’insulter la mémoire des victimes et blesser leurs familles, en disant que certains ont été corrompus. Par qui bon sang ? Les corrompus ne se trouvent pas plutôt du côté de ceux qui veulent à tout prix nier l’évidence qui est de considérer Habré comme un dictateur sanguinaire ?
A bas les révisionnistes, négationnistes.

Arrêtez aussi avec la pirouette, à l’instar d’un certain Abderaman Koulamalah, sur une prétendue réconciliation.
En Afrique du Sud, ce noble concept initié par Mgr Desmond Tutu, a été en partie inspirée de l’idée chrétienne du pardon. Autrement dit, les bourreaux, les coupables, reconnaissent leurs fautes, avouent publiquement, avant de demander pardon aux victimes, à la patrie.
Mais comment, voulez-vous, s’agissant de Habré, faire ce genre de Commission, alors même que vous et Habré niez tout en bloc ? Et au contraire vous vous autorisez à insulter les victimes, avec un cynisme, une insolence, une indécence, qui n’ont rien à voir avec l’éducation et la culture tchadienne, africaine, musulmane.

C’est pour cela, que pour revenir à mon interrogation du début, je me demande, comment ça se fait que la CDDC et en premier lieu son Excellence, Soubiane n’ait rien fait pour désavouer ce poltron en mal reconnaissance qu’est Mahamat Assileck Halata, qui est en train de salir le nom de sa famille.
De grâce, la prostitution, la fourberie, la bêtise, le cynisme, la perfidie ont des limites.

Sans haine.
Babikir Nanou

SOMMET DE TRIPOLI SUR LE DIFFEREND SOUDANO-TCHADIEN UN ACCORD ALIBI ?

L'Afrique, sous la houlette du Colonel Kadhafi, vient encore une fois de réaliser une prouesse diplomatique que les médias du monde se dépêchent d'essaimer à tout vent : au Darfour, un accord dit " Accord de Tripoli en vue du règlement du différend entre la République du Tchad et la République du Soudan " a été signé le mercredi 08 février 2006 par le Président Idriss Deby Itno et son homologue soudanais, le Président Omar Hassan El Béchir. C'est, dans la majorité des cas une appréciation positive, un acte d'espoir qui est vu dans ce document.

A le parcourir, l'accord, signé sous les auspices de Mouammar Kadhafi entouré de Denis Sassou N'Guessou, François Bozizé et Blaise Compaoré, règle (sur le papier en tout cas) tout le litige puisque chaque partie prend l'engagement d' "empêcher l'utilisation de leurs territoires respectifs aux fins d'activités subversives dirigées contre la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'une ou l'autre des parties. ", qu'il les engage immédiatement à " interdire la présence et le séjour des éléments rebelles de l'une ou l'autre des parties dans leurs territoires respectifs ".

Cela suffit en principe à justifier les manifestations de réjouissance qui en ont suivi la signature.

Mais il conviendrait peut-être de ne pas se laisser porter par un enthousiasme démesuré.

L'expérience montre que de tels accords signés, célébrés parfois dans le délire, se révèlent le lendemain inapplicables parce que désavoués par les signataires ou par les populations qu'ils représentent. Souvent même, on sait qu'on ne donnera pas suite à sa signature mais on fait comme parce qu'il y a des pressions ou des avantages. Mais plus généralement, les contentieux que sont censés régler ces accords sont si profonds, si complexes, qu'ils survivent toujours aux accords présentés comme historiques.

L'accord de Tripoli, si on n'y prend garde, risque de se révéler un ballon de baudruche, un pétard mouillé. Il aurait certainement fallu, même si on estime que le Tchad et le soudan sont les parrains des différentes rébellions, que ces dernières soient présentes à Tripoli et à défaut, il aurait fallu prévoir expressément les modalités de leur désarmement. En Côte d'Ivoire, on sait bien qui est derrière les rebelles mais dans les négociations, on prend toujours en considération leur point de vue et dans le règlement de la crise, leur désarmement constitue actuellement l'une des priorités sinon la première !

C'est dire que si d'aventure, ces rebelles soudanais et tchadiens avaient quelque autonomie d'action (et rien ne dit qu'ils n'en ont pas) , cet accord pourrait être considéré comme un accord pour rien dans la mesure où ils pourront toujours continuer leur confrontation. Ce n'est pas faute pour certains d'entre eux d'ailleurs, qu'ils ne sont ni de loin ni de près impliqués dans cet accord.

Pourquoi alors avoir déplacé autant de chefs d'Etat, occasionné autant de dépenses ? Pour certains, il s'agit tout simplement d'une opération publicitaire ; on sait comment le Colonel Kadhafi est friand de ces médiations qui entretiennent son image et son influence. Il aurait une fois de plus battu le rappel de ses obligés pour sa propre gloriole que ça n'étonnerait pas ! Qu'importe si après coup, on se rend compte de l'inapplicabilité de l'accord ; l'essentiel est d'occuper pour un temps encore, les médias et de prouver qu'il est toujours incontournable.

Il en est qui voient cependant les choses autrement : les chefs d'Etat africains ont imaginé à la va-vite ce sommet, opportunité oblige, pour couper net à la volonté de certains pays de remplacer les troupes africaines par les troupes onusiennes au Darfour et alors que, il faut le souligner, sur d'autres théâtres de conflits, l'ONU se fait tirer l'oreille comme en RCI.

Cette hypothèse peut se vérifier à travers les premières déclarations de M.Kadhafi à l'ouverture du sommet. Il n'est pas allé par quatre chemins pour dire son opposition à cette éventualité. Il a insisté, ce qui n'est guère nouveau de sa part, pour que les solutions au conflit soient africaines pour éviter les ingérences étrangères. Comme pour répondre aux Américains mais surtout à Tony Blair dont le Ministre Jacques Straw avait demandé à son homologue soudanais d'accepter le déploiement des Casques bleus au Darfour, le Guide a fait savoir que point n'est besoin de Casques bleus et histoire de trancher définitivement la question, il est allé jusqu'à proposer une contribution libyenne de100.000 hommes, de 1000 chars et de 100 avions !

De leur côté, les chefs d'Etat conviés à ce sommet ne sont pas loin des préoccupations du Colonel. Non seulement ils n'aiment pas davantage que les étrangers non désirés viennent farfouiller dans les affaires africaines mais ils préfèrent de loin que les Nations Unies subdélèguent leurs compétences à leurs propres troupes pour jouer de l'interposition. C'est tout bénéficie pour eux ; ils continueront à piloter la gestion des crises comme ils veulent et ils bénéficieront des fonds décaissés par l'ONU.

Cette perception du sommet alibi est aussi partagé par Human Rights Watch : "Je ne vois pas comment ils vont financer une telle force", souligne Olivier Bercault, de l'organisation non-gouvernementale Human Rights Watch (HRW) et aussi que "Cet accord permet surtout au président Déby de gagner du temps" face aux rébellions qui le menacent depuis l'est..(..). "Quant au Soudan, c'est aussi une manière de gagner du temps et d'éviter l'envoi de Casques bleus de l'Onu au Darfour" (Dépêche AFP du 9 Février 2006).

Quel que soit l'angle sous lequel on prendra cet accord, on ne peut pas ne pas souligner la tendance lourde que certains dirigeants africains ont à donner des illusions à consommer à leurs peuples.

Victory Toussaint (San Finna N°350 du 13 au 19 Février 2006)

 

 

ACCES DE FIEVRE POLITIQUE AU TCHAD LEVEE DE RIDEAU POUR IDRISS DEBY ?

Est-ce l'onde crépusculaire qui tombe sur un pion de la " Françafrique " ? Qui l'eût dit, qui l'eût cru ? Qui eût dit qu'Idriss Déby serait menacé de déstabilisation et qui eût cru que ne volent à son secours les chefs d'Etat de la région et d'ailleurs, la famille "françafricaine ", et que la France ne mette un holà à cette menace qui pourrait mettre un grain de sable dans son dispositif bien huilé de couverture de l'Afrique ?

Idriss Déby, c'est quand même le Président qui a aidé ici et là à mettre à exécution les ordres de la grande " famille ". On a vu comment en Centrafrique, il s'est rongé le sang pour réussir en faisant la courte échelle à Bozizé, ce que Blaise Compaoré n'a pas réussi en Côte d'Ivoire. Et puis, le pays recèle de richesses importantes qui généralement servent d'étalon mesure à l'importance à accorder à un pays africain et aux protections dont peuvent bénéficier ses dirigeants. Il faut croire que, malgré tous ses atouts, c'est le chant du cygne qui résonne pour Idriss Déby.

Les rébellions qui jusque là ont accompagné le pouvoir de Déby ont quelque peu laissé froid parce que la rébellion et le Tchad, c'est comme qui dirait les deux faces d'une même médaille et parce que Idriss Déby a su aussi en minimiser les effets. Avec les dernières en date et l'opposition armée qui vient de bénéficier de désertion retentissantes de 80 officiers et de milliers d'hommes de troupe, change tout à fait la perspective. Les choses sont plus sérieuses, la contre-propagande n'y pourra rien surtout pas lorsque les deux frères jumeau Tom et Timane Erdimi, appartenant au dernier carré des fidèles du Président depuis 15 années, rejoignent avec armes et bagages la rébellion et jurent de n'avoir de repos que lorsque le pays sera libéré du dictateur. Le président Déby ne s'y trompe pas qui, après avoir procédé à la refonte totale de son dispositif de sécurité, effectué des affectations de militaires sur l'ensemble du territoire national, en est à multiplier les réunions à huis-clos.

Que se passe-t-il pour que, sans qu'on ne crie gare, la page d'Idriss Déby soit déjà comme tournée puisque selon Alwihda du 13/12/2005 " Certains auraient demandé sans détours au Président de s'exiler dans un pays asiatique, qui ne l'extraderait jamais à un quelconque tribunal pour crimes contre l'humanité " ?

Est-ce la " scoumoune " du pétrole ?

Est-ce parce qu'il a trop fait dans la corruption, dans la fraude, dans les atteintes aux droits de l'homme et s'est retrouvé indéfendable même au sein de la " Françafrique " ?

Est-ce enfin parce qu'il a osé défier les grands argentiers du monde en revenant sur le contrat entre la Banque Mondiale et le Tchad et qui selon ATTAC (dont nous répercutions récemment les propos) établissait que les revenus du pétrole devaient être affectés pour 90 %, à des projets sociaux, les 10 % restants devant être placés dans un compte réservé pour les générations futures? Il y en a qui le pensent en mettant en balance les propos d'Idriss Déby répercutés par l'Agence IRIN du 12/12/2005 ('la Banque Mondiale prendra une très grande responsabilité en prenant l'initiative de couper avec le Tchad ou de consommer une rupture avec le Tchad') et les termes du communiqué de la Banque Mondiale repris en substance par la même Agence (' ..la Banque mondiale reconnaît la situation difficile dans laquelle se trouve le Tchad, mais maintient que les modifications de la loi sur les revenus pétroliers ne sont pas la solution….. la Banque attend des propositions des autorités tchadiennes pour décider de la suite des évènements').

Y aurait-il relation de cause à effet entre le " parjure " de Déby et son lâchage par la Banque Mondiale que cela n'étonnerait pas grand monde. Il est bien souvent arrivé que ces grands maîtres du monde lâchent leurs poulains trop compromis pour en prospecter d'autres parmi les impétrants au pouvoir.

Bref, quelles que soient les raisons, Idriss Déby lâché, c'est quand même un grand séisme, dont les effets pourraient se faire ressentir en Centrafrique, au Gabon, et même plus loin dans des pays comme le Burkina Faso, dont il a quasiment copié/collé les modes de gouvernance (violences, fraudes d'Etat, hold-up sur les institutions politiques et la vie économique, ingérences…) pour aspirer comme Blaise Compaoré, à la pérennisation au pouvoir. Un séisme à valeur symbolique.

Symbolique d'abord parce que ce serait la première fois, sauf le cas de l'ancien président mauritanien Ould Taya (encore que là, la spécification ne soit pas claire) qu'une action politique armée serait engagée contre un pouvoir parce que celui-ci violerait la Constitution aux fins de caporalisation de la vie politique et économique, aux fins de pérennisation au pouvoir. Cela ne peut pas ne pas résonner comme un acte pionnier dans la mesure où, à travers l'Afrique, beaucoup de dictateurs, encouragés par la permissivité observée par la communauté internationale, ont pris l'habitude de taillader, de rafistoler à leur guise, les lois fondamentales et de transformer les régimes pluralistes basés sur l'alternance, en des républiques monarchiques. Un symbole aussi parce que la fin d'Idriss Déby pourrait permettre d'ouvrir des possibilités d'entendre ou même d'appeler en cause le numéro Un tchadien dont on souligne de plus en plus ouvertement les complicités avérées avec Hissène Habré dans les charges retenues contre ce dernier. L'espoir ici serait de voir " boostée " la lutte contre l'impunité des chefs d'Etat.

Voilà donc la chronique annoncée de la chute d'un dictateur qui a accédé par le glaive au pouvoir et qui semble devoir le perdre par le glaive, chronique qui inspire déjà beaucoup d'analystes qui estiment que cela pourrait faciliter le jugement de Habré mais aussi nombre de démocrates africains qui ne peuvent que voir d'un bon œil cette contestation nationale et populaire qui s'insurge contre les violations de la Constitution tchadienne et se donne pour ambition de réhabiliter la démocratie en réhabilitant la loi fondamentale

Victory Toussaint (San Finna N°342 du 19 au 25 Décembre 2005)

 

 

 

 

 

SOMMET AFRIQUE/FRANCE A BAMAKO
UN SOMMET DE PLUS MAIS AUX ACCENTS D'ADIEU


On le nommait avant : " Le sommet France/Afrique ". Peut-être que phonétiquement parlant, cela faisait penser au mot peu flatteur de " Françafrique " et gênait un peu aux entournures. Sans faire trop de vagues, on a " rectifié " et ce sommet porte désormais l'appellation de Sommet Afrique/France. Mais qu'importe que le poison soit enrobé avant administration par du miel ou du chocolat : il reste toujours du poison. En d'autres termes, ce n'est pas parce qu'on a débaptisé le Sommet France/Afrique pour le rebaptiser Sommet Afrique/France que cela changera au fond la nature des relations entre la France et les Etats africains, que cela rendra caduque la peinture circonstanciée qu'en a faite François Xavier Vershave, auteur du terme "Françafrique ". Du reste, ce sommet est parti pour respecter la tradition, et sauf extraordinaire, il ne sera qu'un autre sommet de plus.
Le plein qu'on a voulu faire des chefs d'Etat pour marquer le coup n'a pas porté puisque sur 53 attendus, ils n'étaient que 22 (même si les 53 pays ont tous envoyé des représentants), et le tutoiement du président malien à " Jacques ", comme pour faire un pied de nez à Vershave en montrant l'égalité qui fonde les relations entre la France et les pays africains, n'a pas davantage fait illusion.
Avant que d'avoir commencé, Bamako nous a offert à consommer le train-train habituel :capitale nettoyée et embellie pour l'occasion à grands frais (au moins, il aura servi à quelque chose, disent les mauvaises langues encore que d'autres estiment qu'on aurait pu aider plutôt l'intérieur du pays laissé en déshérence), un Jacques Chirac proclamant le plus naturellement du monde en parlant de la jeunesse africaine qu'elle "souhaite d'abord et avant tout la démocratie et la paix, des institutions stables et puis, naturellement, des conditions de vie normales pour notre temps" (AFP du 02/12/2005). Egal à lui-même, il a oublié que l'auditoire n'est plus le même, qu'il est fait d'une génération qui a les yeux ouverts et qui sait, pour avoir vu à l'œuvre le président français et ses amis chefs d'Etat africains, que la démocratie dont il parle n'est pas celle dont elle rêve, que la paix qu'il exalte n'est pas celle qu'il sert à l'Afrique, que les institutions stables qu'il souhaite au continent ne sont pas celles qui se forgent actuellement et qu'enfin, les conditions de vie qui sont celles de la jeunesse en ces temps sont loin d'être celles dont rêve la jeunesse africaine qui préfère les conditions normales de l'Europe.
Ce sommet de Bamako, on ne voit pas de quelles grandes décisions il pourrait accoucher. La jeunesse, au centre des débats, entendra les éternels mots : " fer de lance " " avenir de l'Afrique "… mais au finish, rien de palpable ne tombera dans l'escarcelle si ce n'est un peu de " grain " pour les associations les plus battantes. Les frontières du " paradis européen " lui seront plus que jamais fermées. A ce sujet, Afrique Education, dans son éditorial du n° 193 du 1er au 15 Décembre 2005, a poussé un coup de gueule : " Je ne vois donc pas ce que Jacques Chirac viendrait dire à la jeunesse africaine à qui il refuse des visas, tous les jours, et toute possibilité de s'épanouir en Afrique même, en maintenant une relation néo-coloniale avec ses pairs du continent : qui peut discuter le fait que les chefs d'Etat d'Afrique francophone (dont la plupart vont se retrouver à Bamako) sont obligés de subir les diktats de Paris pour préserver leur " bifteck " ? Ou on obéit ou alors on exerce le pouvoir dans des pires conditions inimaginables. A cause de cette relation de suprême domination, les chefs d'Etat africains sont obligés d'appliquer des politiques qui sacrifient leur jeunesse " .
Si Jacques Chirac a une pensée pour la jeunesse, c'est une pensée intéressée, une pensée qui ne fera que renforcer le " brain drain " (NDLR : la fuite des cerveaux). Là, il y a du concret : visas de longue durée pour les chercheurs, les artistes, les entrepreneurs… La France ouvre ses bras, non pas comme la Statue de la Liberté aux déshérités, aux incultes mais au " nec plus ultra " des Africains.
Non, à Bamako, la jeunesse ne sera pas servie. Elle n'aura pas, de la part du grand Manitou, la clef magique pour la sécuriser, pour lui trouver des emplois ; elle n'aura encore et toujours que la guerre comme pourvoyeuse d'emplois, de prestige, d'ascension sociale et politique. C'est du reste ce qui ressort du " Rapport sur le chômage des jeunes et l'insécurité régionale en Afrique de l'Ouest ", rendu public par Mr Ould-Abdallah, et qui a fait hélas ressortir qu'en Afrique de l'Ouest, ce sont les conflits qui donnent le plus d'espoir d'emploi aux jeunes".Le rapport souligne aussi que "le désespoir des jeunes fait qu'une grande partie d'entre eux n'ont pas de perspective d'avenir avec un travail respectable.. Il y a un problème de frustration ".Il explique que certains jeunes "quittent leur pays pour la guerre. Cela leur apporte du prestige, ils sont respectés, s'imposent à la société". (Dépêche AFP du 2/12/05). Dans l'immense majorité des cas, les armes ne sont pas fabriquées en Afrique, à ce qu'on sache. Il y a donc matière à méditer !
Pas plus que la jeunesse ne verra de mesures concrètes à son profit, les pays africains ne verront leur participation au commerce international, reconsidérées. On a eu droit aux mêmes promesses, vagues, aux mêmes incantations par rapport à l'aide en faveur des pays en développement. Quand on sait la bataille engagée actuellement par la France pour maintenir au niveau de l'Europe les privilèges de ses agriculteurs, on mesure le déphasage du discours sur la réalité !
A Bamako, bien que l'on ait ravalé la façade de la " Françafrique ", bien qu'on ait voulu donner à croire que les choses avaient changé ou allaient changer, c'est du pareil au même, c'est le naturel qui revient au galop, le même feu qui couve à l'intérieur de la maison : la fraternisation avec les dictateurs qui violent les Constitutions, qui fraudent aux élections.. La preuve, si besoin en était encore, a été apportée en plein sommet : Jacques Chirac félicitant chaleureusement Omar Bongo pour sa brillante réélection pendant qu'au Gabon, le peuple se fracture sur cette élection et que l'opposition appelle à marcher.
Comme on aurait pourtant aimé que, pour une fois, on rompt avec les mots, les illusions pour s'attacher aux choses concrètes. Hélas, trois fois hélas, les propos ont été moulés dans le rituel des déclarations de pure forme ; ils ont obéi à la loi d'airain du système : la langue de bois ! Et ce qui aurait pu donner une touche spéciale à ce sommet, c'était ce contre-sommet annoncé mais il faut craindre, s'il est vrai que l'organisateur en chef du contre-sommet, M. Nouhoun Keïta, n'a pas voulu répondre à la question ci-dessous formulée par Sidwaya du 2/12/2005 : (" S'agit- il d'un contre sommet ? A cette question, le secrétaire à la communication de CAD - Mali M. Nouhoum Keïta a évité tout commentaire ") que ces contre-manifestations ne finissent par se perdre dans la banalité, voire même à être le pittoresque que les sommets France-Afrique rechercheront même pour continuer à impacter l'opinion !
Finalement, la grande différence par rapport aux autres sommets, qui forçait les murs des vivats, des youyous, des propos élogieux de Amani Toumani Touré, et louangeurs des griots, c'est que Jacques Chirac, le " maître de l'Afrique, de la France et du monde ", comme cela a été chanté, assiste à son dernier sommet France/Afrique. La grande mutation, c'est l'inexorable évolution de ces sommets vers des sommets Afrique/Europe. Voilà pourquoi, le sommet de Bamako apparaîtra comme celui des obsèques de la " Françafrique ". C'est certainement la raison pour laquelle il fallait organiser en grande pompe la célébration !
La Rédaction, San Finna N°340 du 05 au 11 Décembre 2005


RECENTRAGE DES FORCES MILITAIRES FRANÇAISES EN AFRIQUE LIMITES D'UNE REFORME PROJETEE


(18/09/05) Des indiscrétions volontaires ou non ont fait savoir que la France s'apprêtait à réformer son dispositif militaire en Afrique, à le redimensionner. Au lieu de 5 points d'appui sur le continent (Dakar, Abidjan, Libreville, Djibouti, N'Djamena) et d'un point d'appui national à La Réunion, on n'en retiendrait que 3 : Dakar, Libreville et Djibouti en plus évidemment de la Réunion. Finis donc le Tchad et la Côte d'Ivoire avec ses "marsouins " du célèbre 43ème Bataillon d'Infanterie de Marine (BIMA). Au-delà de la réduction du nombre des bases, l'accent devrait dorénavant être mis sur la nouvelle philosophie de la présence militaire française en Afrique, venir, avec l'expertise acquise, en soutien aux organisations d' intégration africaine dans les missions de prévention et de règlement des conflits.
Ainsi, comme cela ressort d'un article du journal " Le Potentiel " de Kinshasa du 16 Septembre dernier, sous le titre " Interventionnisme français : réorganisation des bases militaires de la France en Afrique ", Dakar sera affecté à la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), Libreville, à la Communauté économique des Etats d'Afrique Centrale (CEEAC), Djibouti à l'Autorité inter gouvernementale pour le développement (IGAD), la Réunion, au Comité de développement de l'Afrique australe (SADC). Le souci, répètent les autorités françaises, c'est au final, grâce au savoir-faire de l'armée française, de soutenir la constitution des fameuses brigades africaines qui doivent préfigurer la naissance de l'armée continentale.
A la vérité, les raisons de cette réforme ne manquent pas. RFI explique, dans un article du 14 Septembre dernier publié sur son site ("Bases françaises en Afrique : Une réforme du dispositif est à l'étude ") que " Les temps ont changé : la France regarde désormais vers l'Europe de l'Est autant que vers son ancien empire du sud. Elle n'a plus les moyens ni la volonté d'entretenir un dispositif qui est parfois vivement critiqué… ".
Cette réforme, demandée par de nombreux analystes et par une grande partie de l'opinion africaine, est disons-le, d'abord imposée par les événements (Côte d'Ivoire, Togo..). En effet, la nécessité de corriger cet anachronisme dont seule la France a la primeur sur le continent, a fini par s'imposer.
Mais doit-on s'attendre, telle que cette réforme est esquissée, à ce qu'elle réponde à l'attente des Africains qui est d'en finir avec le soutien aux dictateurs, à des actions de déstabilisation ? Doit-on s'attendre à ce qu'elle atteigne les objectifs définis : servir sans instrumentalisation la paix ? Ce sont des questions qui interpellent.
Face aux critiques sur ce bouclier militaire qui a nourri, 40 ans après les indépendances, l' interventionnisme aux fins économiques et stratégiques, pour beaucoup, la solution ne pouvait résider que dans le départ total des bases militaires françaises. Or, la solution adoptée semble être en demie-teinte. On réduit le nombre des bases militaires, pas dans la perspective de partir définitivement à terme mais de rester avec des missions redéfinies. Les bases ne seront plus là à travers des accords bilatéraux conclu entre l'ancienne puissance colonisatrice et chaque pays décolonisé mais entre la France et des organisations d'intégration africaine. C'est comme un autre bail pour aider cette fois-ci à la prévention et au règlement des conflits mais qui pourrait au finish préserver un droit de regard sur les affaires du continent. C'est, soutiennent aussi certains, une façon de faire la nique à ces gouvernements africains qui penchent pour le départ total de ses bases étrangères et à ceux qui contestent ces " administrations " militaires françaises renforcées qu'on trouve dans nombre d' Ambassades et qui déploient presqu'autant d'activités que de propres bases militaires ne le feraient.
La solution adoptée semble d'autant plus biaisée que si le souci était véritablement d'apporter une expertise, elle aurait pu emprunter d'autres voies. D'abord, on aurait dû s'inquiéter de l'adhésion des peuples d'Afrique à cette solution surtout quand on sait l'opinion de plus en plus détestable que nombre d'Africains ont des organisations d'intégration (jugées dominées par la Françafrique) ; ensuite, dans ce cas de figure, si l'on avait vraiment voulu aider sans volonté d'instrumentalisation politique, à la prévention et au règlement de conflits, il aurait fallu opter pour la solution multilatérale. Cela aurait consisté à européaniser partout les missions de l'armée française (comme en Ituri en 2004) non pas tant pour les rendre incolores, inodores, insonores, que pour prémunir la France de la critique de néo-colonialisme, et à défaut. A défaut d'européaniser la présence des bases militaires, le choix aurait pu se porter sur la conversion des soldats français en Casques bleus. Là, on coupait le cordon ombilical et on lavait tout soupçon de double jeu.
Au moment où des missions militaires sont dépêchées auprès des chefs d'Etat africains pour recueillir leur approbation (ce qui ne risque pas de poser grand problème), on ferait peut-être mieux d'élargir le consultations de même que la réflexion pour apaiser ceux qui craignent de n'avoir affaire qu'à une réformette qui remplacerait un tête-à-tête entre deux pays par un autre tête-à-tête entre un pays et des organisations d'intégration. C'est que dans ce genre d'affaires, on a souvent reculé pour mieux sauter, donné d'une main pour reprendre de l'autre.
Victory Toussaint, San Finna N°329 du 19 au 25 Septembre 2005

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Bonjour à tous!

Il est presque minuit, et nous venons de visualiser un reportage hallucinant sur la deuxième chaîne de télévision française.

Depuis le mois de Septembre 2004 un laboratoire américain du nom de GEDEAD s'est implanté à Douala pour (officiellement) tester un médicament
"préventif" du nom de VIREAD sur des jeunes camerounaises saines c.a.d. SERONEGATIVES!!

A raison de 4 Euro par mois + des examens médicaux gratuits et une promesse de prise en charge en cas de contamination, les filles sont encouragées à
n'avoir que des rapports sexuels non protégés avec des partenaires multiples.

On leur ment que ce fameux VIREAD les protège, que c'est un vaccin et qu'elles ne pourront plus jamais être contaminées. En plus, elles auront
contribué au progrès de la science!!!!

Le but (toujours officiel) de cet essai est justement de voir si le fameux viread protège. Donc après avoir absorbé cette pillule sans du tout savoir ce
qu'elle contient, les filles sont livrées à la nature et reçoivent 4 Euro par mois lorqu'elles viennent se faire tester mensuellement pour le SIDA et pas
pour les autres MST tout aussi graves comme les hépatites et autres maladies virales...(Officiellement), 400 filles volontaires et pas informées du tout ont ainsi été recrutées par un camerounais ayant reçu une somme de 800 000$ de ce labo américain. Beaucoup de ces filles ayant déjà été contaminées, ont été purement et simplement abandonnées dans la nature (témoignage à
l'appui).

A mon avis la mission secrète ciblée est simplement de continuer à propager le sida, déjà terriblement élevé chez nous. Ne pouvons-nous pas dire qu'il s'agit
ici d'un crime contre l'humanité? Inoculer un virus de sida à Douala à des prostituées ne manque pas de stratégie. Douala est la plaque tournante du Cameroun. Ce n'est qu'une histoire de temps avant que ce virus ne se répande ds tout le pays.

Un responsable du ministère de la santé déclare sans aucune crainte de choquer que son poste a été crée après l'implantation de ce laboratoire. Donc il n'a pas pu empêcher cela et il ne peut interdire ce test.

VOILA.

De tels tests se passent actuellement dans plusieurs pays pauvres tels que Haiti, Jamaique, République Dominicaine, Cambodge et d'autres pays africain,
nous avons vu la République centrafricaine par exemple...On a parlé de 10 pays sans les citer tous explicitement...

Nous crions de douleur face au sentiment d'impuissance qui nous envahit devant notre petit écran d'ordinateur.

La seule réaction que nous puissions avoir est d'envoyer ce mail à tous ceux dont nous connaissons leur adresse électronique. Si vous ressentez la même
chose que nous, nous vous prieons d'envoyer ce mail à tous ceux qui vous sont chers.Peut-être arriverons-nous à informer un grand nombre de personnes...

Faites attention à vous et sensibilisez vos familles.

Dr Judith Kareine Dubois, M.D
Dr Abbé Amoumbba, M.D
Professeur Marc-Antoine De Pigani, Virologue.
Daphney Saint-Pierre, Phamacologue.

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Notre ami Verschave, Le pourfendeur de la françafrique s’en est allé.

L’Afrique, celle des pauvres et des laissés-pour-compte, est en deuil. Elle pleure un grand ami, l’essayiste français François-Xavier Verschave, décédé d’un cancer à 59 ans, mercredi à Villeurbanne, dans le sud de la France. Intrépide adversaire du sous-développement, Verschave était président de Survie depuis 1995, une association citoyenne forte de 1700 adhérents et une vingtaine de groupes locaux en France, qui milite publiquement depuis 20 ans, contre les “ dérives souterraines et déshonorantes de la politique franco-africaine ” et pour que “ l'aide publique au développement serve réellement à lutter contre la pauvreté ”. François –Xavier Verschave était aussi, surtout, un inlassable pourfendeur du néocolonialisme africain. Il avait dénoncé les relations unissant Paris à ses anciennes colonies, notamment au travers de deux ouvrages de référence, "La Françafrique, le plus long scandale de la République" et "Noir silence". Il n'avait de cesse de dénoncer le soutien des autorités françaises aux dictatures en Afrique ou l'implication, selon lui, de la France dans le génocide au Rwanda en 1994.
C’est au hasard d’une émission de télévision, que le jeune Verschave découvre l’obligation de l’engagement politique. “ Ce n'est pas la découverte de la Shoah qui m'a le plus bouleversé. C'est de n'avoir connu son existence qu'à vingt ans, trois ans après le baccalauréat, et presque par hasard. Je lisais beaucoup, j'aimais l'histoire, j'entamais ma quatrième année d'études supérieures, et pourtant personne ne m'avait jamais parlé de l'extermination des Juifs. Je l'ai apprise un soir de 1965, lors d'une émission de télévision. Ainsi, quinze années d'enseignement, depuis l'école primaire, avaient pu omettre l'information majeure de ce siècle : l'homme est capable de l'inhumanité absolue. Je découvrais que l'on ne vous apprend pas toujours l'essentiel, et que l'on occulte volontiers le pire. ”, expliquait-il dans ‘’Françafrique, le plus long scandale de la République’’. Ce jour-là, le militant de la cause des pauvres est né. Il va adhérer en 1981 au manifeste – appel lancé par 54 prix Nobel demandant de donner “ valeur de loi au devoir de sauver les vivants ”, dans un monde où 40 000 enfants meurent chaque jour faute de nourriture ou de soins élémentaires.

La Françafrique
La campagne pour donner valeur de loi au devoir de sauver les vivants, se heurte en France, contrairement à la Belgique et à l’Italie, à des blocages insoupçonnables et irréductibles au cœur des institutions françaises. Le citoyen Verschave réalise que “ les centres du pouvoir ne veulent pas toucher à l'aide publique au développement parce qu'ils en profitent ; la coopération est un sous-système des relations franco-africaines, qui sentent de plus en plus mauvais ”. Il découvre surtout un système “ confusionnel ”, confus et fusionnel qu’il commence à appeler la “ Françafrique ”, terme exhumé de discours antiques de l’ancien président ivoirien Félix Houphouët-Boigny. Le concept permettra à l’essayiste de démontrer comment De Gaulle, acculé par l’histoire à accorder l’indépendance aux colonies françaises d’Afrique noire, s’organisa avec son conseiller Jacques Foccart, à maintenir la dépendance de ces territoires.
“ Il y avait quatre raisons pour confisquer cette indépendance : le rang de la France aux Nations unies, qui nécessitait un cortége d’Etats clients, l’accès aux matières premières, le financement occulte du gaullisme, enfin la France jouait un rôle de sous-traitant des Etats-Unis dans la guerre froide. Toutes ces raisons ont poussé de Gaulle à installer des chefs d’Etat amis de la France, soit par la Fraude électorale, soit par l’assassinat, comme au Togo ou en Centrafrique. On a sélectionné des proconsuls à la peau noire pour continuer la présence coloniale tout en faisant croire aux Africains qu’ils avaient acquis l’indépendance. On a mis en place des moyens de contrôle de la monnaie, de la police, des richesses ”, aimait à expliquer Verschave à ses compatriotes français qui ne connaissaient pas ce pan de l’histoire et de la vie de leur pays, patrie des libertés.

Noir Procès
Le militant Verschave n’hésitait pas à comparer cet abominable système françafricain avec la paxaméricana. “ Non seulement la France fait en Afrique aujourd’hui ce que les Etats-Unis font en Amérique latine, mais en plus, elle fait en Afrique aujourd’hui ce que les Etats-Unis faisaient dans les années 80 lorsqu’ils installaient partout des dictatures tortionnaires. Même les Américains se sont rendu compte que leur influence en Amérique latine nécessitait de traiter avec des régimes un peu plus présentables ”, disait-il. Les tenants de cet ordre françafricain l’exécraient. Les Foccart, Pasqua, Jean-Christophe Mitterrand et consorts ne trouveront jamais grâce à ses yeux et seront malmenés le long de ses écrits. Pas plus d’ailleurs que les dictateurs qui sont au pouvoir en Afrique. Blessés par les révélations du livre ‘’Noir Silence’’, trois chefs d’Etat africains, Omar Bongo du Gabon, Sassou Nguesso du Congo et Idriss Deby du Tchad traîneront Verschave devant les tribunaux français en 2001, pour un procès qui aura plutôt un effet boomerang contre eux.
Se croyant devant leurs justices nationales qu’ils tiennent en laisse, les trois présidents avaient saisi la justice française au titre de l’article 36 de la loi de 1881 sur la presse, concernant l’offense à chef d’Etat étranger ; délit qui conduit à une condamnation automatique, sans obligation de preuve. Mais les juges français avaient balayé cette disposition de la loi de 1881 en considérant qu’elle n’était plus applicable dans un régime démocratique. Le procès s’était dès lors transformé en un réquisitoire contre la Françafrique, ses pratiques criminelles et sa dimension financière.
Par cet engagement sincère, sans peur et sans tabous, Fançois-Xavier Verschave a ouvert pour l’Afrique un boulevard de liberté sur lequel d’autres militants, africains ou non devraient s’engager pour améliorer le sort de l’Afrique et des pauvres.
Par Ambroise EBONDA , Le 01-07-2005, Le Messager

Quelques-uns de la vingtaine de ses livres

Nord-Sud : de l’aide au contrat. Pour un développement équitable, 1991, Syros, 1991, 243 p.
L’aide publique au développement, avec Anne-Sophie Boisgallais, 1994, Syros, 150 p.
Complicité de génocide ? La politique de la France au Rwanda, 1994, La Découverte, 178 p.
La Françafrique : Le plus long scandale de la République, 1999, Stock, 380 p.
Noir silence, 2000, Les Arènes, 595 p.
Noir procès : offense à chefs d'Etat, 2001, Les Arènes, 382 p.
Noir Chirac, 2002, Les Arènes, 310 p.
De la Françafrique à la Mafiafrique, 2004, Tribord, 70 p.
Au mépris des peuples : Le néocolonialisme franco-africain, entretien avec Philippe Hauser, 2004, La Fabrique, 120 p.
L’envers des la dette. Criminalité politique et économique au Congo-Brazza et en Angola, Dossier noir de la politique africaine de la France n° 16, 2001, Agone, 225 p.
Les Pillards de la forêt. Exploitations criminelles en Afrique, Dossier noir de la politique africaine de la France n° 17, avec Arnaud Labrousse, 2002, Agone, 192 p.
L'horreur qui nous prend au visage : L'Etat français et le génocide, Rapport de la Commission d’enquête citoyenne sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda, avec Laure Coret, 2005, Karthala, 586 p.
Négrophobie, avec Odile BIYIDI et Boubacar Boris DIOP, 2005, Les Arènes, 200 p.
Le messager
Le 01-07-2005

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NÉGROPHOBIE

Réponse aux « négrologues », journalistes françafricains et autres falsificateurs de l'information. de Boubacar Boris Diop, Odile Tobner et François-Xavier Verschave, les arènes, 2005, 200 p.
Dès lors qu'il s'agit d'un pays d'Afrique « noire », la République se croit tous les droits. Et d'abord celui de mentir.
Pour la Françafrique, l'information est une arme comme une autre. De RFI au Monde, son traitement est surveillé, filtré, parfois même organisé. Au plus haut niveau, la République est passée maître dans l'art de biaiser l'information, à coup de vrais faux scoops, de rideaux de fumée et de sources privilégiées.
L'un de ces « ingénieurs de l'âme » s'appelle Stephen Smith. Responsable de la rubrique Afrique au Monde jusque fin 2004, après avoir tenu celle de Libération, il est l'auteur d'un best-seller inquiétant, Négrologie. Ce livre ressuscite les pires clichés coloniaux - sur les Africains, naturellement cruels, qui « se bouffent entre eux » (sic) - dans un salmigondis de statistiques tombées de nulle part et de prose apocalyptique. Stephen Smith accompagne la métamorphose de la Françafrique. Car la République installe désormais ses comptoirs et ses réseaux, profitables et protégés, au milieu d'un chaos politique et économique dans l'avènement duquel elle porte une lourde responsabilité. Quand elle ne se glisse pas derrière les fauteurs de trouble.
Trois auteurs ont mêlé leurs plumes pour répondre à ces écrits de mauvaise augure. Ils décortiquent le discours pervers de Négrologie. Ils décryptent dix ans d'information maligne, à Libération et au Monde. Ils défendent l'honneur des Africains face à tous ceux qui jouent avec le feu du racisme pour mieux masquer la face honteuse de la République.
Romancier et essayiste, Boubacar Boris Diop a été rédacteur en chef du Matin de Dakar. Odile Tobner a partagé la vie et le combat de l'écrivain Mongo Beti. Elle anime toujours la Librairie des peuples noirs à Yaoundé. François-Xavier Verschave est le président de l'association Survie et l'auteur de Noir silence.
Format 24 x 15,5 cm, 200 p. Editions les arènes www.arenes.fr , Prix : 19,80 euros, Parution le 16 juin 2005, Ouvrage disponible à Survie.
Survie, le jeudi 16 juin, 2005

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Déclaration de Bamako issue du Symposium des anciens Chefs d’État de l’Afrique

Nous, quinze anciens chefs d’Etat et de gouvernement du continent africain, nous sommes réunis à Bamako au Mali du 5 au 8 juin, 2005 et avons discuté de nos contributions individuelles et collectives pour répondre aux problèmes urgents auxquels l’Afrique fait face aujourd’hui.
Nous estimons que la démocratie est la forme de gouvernement propice au développement de l’ensemble des institutions nationales nécessaires pour assurer une paix durable, la sécurité, la croissance économique et le bien-être social. Nous saluons l’épanouissement de valeurs démocratiques et le respect des droits des citoyens dans un nombre plus croissant de pays africains.
Nous nous engageons à continuer à utiliser notre expérience afin d’encourager le dialogue et la résolution pacifique des conflits sur le continent, à promouvoir la sécurité humaine et les modèles de gouvernance démocratique qui permettent aux citoyens de choisir librement leurs leaders et de participer pleinement à la vie politique de leur pays.
Nous continuerons à lutter contre la menace du Vih/Sida, le paludisme, la tuberculose et les autres problèmes de santé publique et encourager le développement économique durable et la protection de nos écosystèmes riches mais à la fois fragiles.
Depuis leur départ du pouvoir, les leaders africains ont offert leur expérience et expertise et ont souvent réussi à promouvoir la paix, la démocratie et les droits humains à travers le continent et dans les fora internationaux.
Ils ont oeuvré à garantir l’intégrité et la transparence des systèmes électoraux, à attirer l’attention sur les ravages du paludisme, la tuberculose et le Vih/Sida et d’autres maladies infectieuses, à encourager la participation politique des femmes, à améliorer l’accès à l’éducation et aux opportunités économiques pour les Africains, particulièrement les jeunes.
Ils ont servi de médiateurs dans la résolution des conflits dans plusieurs pays tout en analysant et en attirant l’attention sur les causes profondes des guerres dans d’autres pays.
Plusieurs anciens leaders ont joué un rôle dans le développement et la consolidation des d’Institutions régionales et sous-régionales émergentes tels que l’Union africaine et le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad). Dans le même temps, les anciens chefs d’Etat et de gouvernement ont servi de voix pour l’Afrique auprès de la communauté internationale.
Nous reconnaissons que l’Afrique est une mosaïque où les leaders politiques – au pouvoir comme dans l’opposition – et la société civile construisent et renforcent les institutions pour le changement et la renaissance démocratique, tout en forgeant d’importantes alliances afin de réduire la pauvreté, combattre les maladies et protéger l’environnement.
Nous encourageons les chefs d’Etat et de gouvernement sortant à prendre part aux efforts de promotion des principes démocratiques, de la bonne gouvernance, de la sécurité humaine et de développement à travers nos actions et notre collaboration.
Nous croyons qu’il est possible de faire du rêve des Africains pour la paix et la prospérité une réalité en exploitant les riches ressources humaines et matérielles du continent.
Nous apprécions le travail, accomplis dans les fora en cours, réunissant les anciens chefs d’Etat, tels que le Club de Madrid, le Conseil des présidents et Premiers ministres des Amériques et le Centre de recherche et d’archives présidentielles de l’Université de Boston, ainsi que les organisations internationales, les académies et les Organisations non gouvernementales qui ont offert leur expertise technique et des opportunités aux anciens chefs d’Etat et de Gouvernements afin de servir le continent de manière significative. Nous apprécions les nouvelles initiatives en cours de discussion, tels que le Conseil des sages par le Nepad et au sein de Commonwealth.
Nous supportons particulièrement l’initiative du Programme des Nations unies pour le développement de créer l’Institut africain pour la bonne gouvernance, un incubateur d’idées innovatrices, une institution véhicule pour recueillir des leçons et un forum de dialogue entre les partenaires africains et internationaux sur les questions de gouvernance.
En concluant nos échanges des trois derniers jours, nous affirmons et nous nous engageons à :

Leadership, sécurité et résolution de conflit
A titre individuel et collectif, nous nous engageons à promouvoir des procédures et des institutions fortes et durables pour la gouvernance démocratique à travers le continent.
Nous soulignons le rôle important des militaires et des services de sécurité dans la protection des citoyens ainsi que la nécessité du contrôle civil sur l’armée.
Nous reconnaissons l’importance de combattre les obstacles et les causes profondes des conflits qui freinent le développement d’un processus démocratique inclusif et responsable.
Nous encourageons la communauté internationale à mobiliser des ressources pour la prévention des conflits et d’appuyer les efforts de maintien de la paix par les institutions régionales et internationales.
Nous sommes préoccupés par la prévalence de conflits dans un certain nombre de pays, et soutenons les efforts des Nations unies, de l’Union africaine et d’autres structures régionales pour leur résolution par le dialogue et la réconciliation. Nous continuerons d’être disponibles pour faire de la prévention et la médiation de conflits et appuyer le développement de processus de paix fondés sur les principes de réconciliation, justice et démocratie.
Nous affirmons que l’alternance politique doit toujours suivre les règles constitutionnelles et les principes démocratiques. Nous sommes particulièrement préoccupés que plusieurs pays traînent dans la mise en application de ces exigences nécessaires pour des transitions démocratiques réussites. Nous demandons que des cadres de dialogue inclusifs soient créés dans ces pays afin de les amener à la réconciliation et la consolidation démocratique.

Démocratisation
Nous affirmons la responsabilité spéciale des anciens chefs d’Etat et de gouvernement à soutenir le développement d’organes législatifs et judiciaires efficaces, ainsi que d’autres institutions publiques pour assurer un sens de la responsabilité publique. Nous sommes engagés à éliminer les obstacles à la participation des femmes en politique.
Nous continuerons d’appuyer le développement de procédures électorales libres et participatives pour la conquête pacifique pour le pouvoir.
Nous sommes convaincus, cependant, qu’aucune élection ne peut être dissociée de son contexte historique et culturel et que les élections doivent être entièrement conformes aux principes internationaux des droits civiques et politiques. Nous savons que les élections mal organisées aggravent l’instabilité, surtout quand elles se tiennent dans la précipitation, dans les situations après crises, et sans considération pour les causes profondes de violence ou des anciennes politiques et pratiques d’exclusion. Bien que nous reconnaissions que les élections ne suffisent pas pour créer la démocratie, la gouvernance démocratique n’est pas possible sans des élections crédibles. Des élections de cette sorte exigent des mécanismes de participation qui fonctionnent, ainsi que la promotion et le renforcement des efforts dans le domaine de l’éducation civique des d’électeurs.
Se referant aux traditions africaines de consensus et de dialogue inclusif, nous notons en particulier le besoin de renforcer la démocratie dans les partis politiques ainsi que la voix des minorités dans les structures de gouvernance. Nous attirons l’attention sur les programmes de décentralisation qui sont en cours dans plusieurs pays et encourageons ces efforts pour établir la participation démocratique au niveau local.
Nous encourageons la communauté internationale à mobiliser des ressources pour les efforts de démocratisation à tous les niveaux de gouvernance. A cet égard, nous notons la récente proposition de créer un fond des Nations unies pour la démocratie et espérons qu’elle sera proprement financée si elle est adoptée.

Les problèmes de santé publique
Nous reconnaissons que les maladies, telles que le paludisme, la tuberculose et le Vih/Sida, ont créé une crise qui prive le continent d’importantes ressources humaines et accentuent la pauvreté. Leur propagation incontrôlée affecte la confiance des citoyens dans les démocraties naissantes car leurs espoirs pour des standards socio-économiques améliorés ne sont pas satisfaits. En tant que anciens chefs d’Etat et de gouvernement, nous voulons nous associer à ceux qui sont actuellement au pouvoir, ainsi qu’à la société civile pour informer, mobiliser les ressources et améliorer l’accès aux services de santé. Nous encourageons, en particulier, la communauté internationale à mobiliser les ressources nécessaires afin de répondre de manière effective aux problèmes de santé publique. Nous nous engageons à chercher un consensus africain et une approche intégrée pour réduire les dommages causés par ces maladies et les éradiquer à la fin. Nous sommes particulièrement inquiets de la fuite de cerveaux dans le domaine médicale. Dans la recherche des solutions, des motivations devraient être suscitées pour retenir et récompenser le personnel qualifié.

Développement social et économique
En tant que anciens chefs d’Etat et de gouvernement, nous avons une responsabilité continue de soutenir les efforts qui s’attaquent aux causes profondes de la pauvreté et de stimuler une croissance sociale et économique durable.
Pendant ce symposium, nous avons étudié des initiatives, instruments et institutions nécessaires pour le développement économique et le bien-être de l’Afrique, tout en reconnaissant que la consolidation des institutions démocratiques à tous les nivaux de gouvernance est le meilleur moyen d’assurer le développement durable. La désintégration du monde rural, la dégradation de l’environnement et les politiques agricoles qui conduisent à la famine peuvent mieux être surmontés par des systèmes politiques responsables envers leurs citoyens.
Selon nous, la communauté internationale doit investir plus de ressources financières dans le développement humain et les infrastructures sur le continent. Nous soulignons, en particulier, qu’il faut un plus grand investissement dans les systèmes d’éducations afin de former et préparer les jeunes à faire face aux défis du futur.
De plus grands efforts doivent être entrepris en partenariat avec la communauté internationale et des institutions financières internationales pour améliorer la sécurité alimentaire et l’accès à l’eau potable. Une attention spéciale doit être accordée à l’amélioration de l’accès des Africains à l’Internet et d’autres modes de communication qui relient les pays et les individus dans l’économie globale actuelle. Nous soutenons la promotion du commerce et des échanges économiques à l’intérieur de l’Afrique, ainsi qu’entre l’Afrique et la communauté internationale, en conformité avec le programme économique du Nepad.
De plus, nous notons, avec un intérêt spécial, l’importance d’accroître les opportunités de scolarisation pour les filles qui sont plus marginalisées que les garçons dans le système d’éducation aux niveaux primaire et secondaire. Plus généralement, l’établissement des institutions démocratiques est la meilleure façon d’assurer le développement durable.
Nous souhaitons exprimer notre gratitude au président Amadou Toumani Touré et au gouvernement malien pour avoir facilité l’Initiative des anciens chefs d’Etat africains, ainsi qu’au peuple malien pour son hospitalité.
Nous remercions également le National democratic institute (Ndi) pour son appui a cette initiative, ainsi qu’aux autres organisations qui ont contribué à cet effort: le National endowment for democracy; le Club de Madrid; la Fondation Bill et Melinda Gates ; le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud); le gouvernement Allemand ; l’Institut pour la démocratie multipartite (Imd) des Pays-Bas; le Centre d’études stratégiques de l’Afrique ; le “ Open Society Institute of West Africa ” (Osiwa) ; la Fondation Westminster pour la démocratie et la Usaid.
Nous sommes aussi reconnaissants à l’ancien Premier ministre canadien Kim Campbell et l’ancien Premier ministre roumain Petre Romain, membres du Club de Madrid, ainsi qu’aux personnalités qui ont contribué à nos échanges.

Nicéphore Soglo, ancien président, Bénin
Ketumile Masire, ancien président, Botswana
Antonio Mascarenhas Monteiro, ancien président, Cape Vert
Dawda Kairaba Jawara, ancien président, Gambie
Jerry Rawlings, ancien président, Ghana
Amos Sawyer, ancien président, Libéria
Albert Zafy, ancien président, Madagascar
Joaquim Chissano, ancien président, Mozambique
Sam Nujoma, ancien président, Namibie
Mahamane Ousmane, ancien président, Niger
Yakubu Gowon, ancien président, Nigeria
Manuel Pinto da Costa, ancien président, Sao Tomé et Principe
Miguel Trovoada, ancien président, Sao Tomé et Principe
Al Sadig Al–Mahdi, ancien Premier ministre, Soudan
Ali Hassan Mwinyi , ancien président, Tanzanie
Le messager
Le 10-06-2005


LE FAUX REMEDE DES GOUVERNEMENTS D'UNION

Maintenant que la communauté internationale s'est appropriée le concept de gouvernement d'union nationale pour sortir des crises démocratiques africaines, on est parti pour en souper pendant longtemps. On va nous abreuver de recommandations, de conférences, sur ce thème avec la bénédiction des dictateurs africains. Il ne faudrait pas assister sans réagir à ce lavage de cerveaux en marche qui ne pourrait que nous endormir davantage et resserrer nos entraves.
Que l'on demande un peu par ci par là, aux opposants qui de bonne foi ont parié sur cette formule pour atténuer les tensions liées à l'application aveugle du " winner takes all " (NDLR : le vainqueur prend tout ) et pour préparer une démocratisation apaisée qui domine les contestations inhérentes à nos sociétés plurales, hétérogènes et novices en démocratie. Ils vous diront que la plupart du temps, le parti au pouvoir les ont douchés, utilisant l'ouverture au gouvernement pour mieux renforcer leur emprise sur les institutions et compromettre le jeu politique ouvert. Même lorsque, comme au Burkina Faso, ils ont eu l'idée de conditionner leur entrée au gouvernement par un protocole d'accord justifiant leur entrée et fixant les missions du gouvernement protocolaire, ils ont été floués parce que les termes du contrat ont été exécutés de mauvaise foi et qu'au bout du compte le gouvernement, après avoir obtenu l'accalmie, est revenu sur sa signature. C'est ce que l'on constate actuellement avec la dénonciation de tout ce qui avait été acquis par le travail précieux du Collège de sages suivi de la Concertation entre partis politiques et gouvernement : le code électoral a volé en éclats, le statut de l'opposition a été vidé de sa substance, l'administration est devenue plus que jamais le domaine privé du parti au pouvoir, l'armée reste moins que jamais une armée républicaine, les chefferies coutumières, les confessions religieuses, les opérateurs économiques qui avaient le profil bas pendant cette période, ont repris du poil de la bête, n'hésitant plus à déclarer publiquement leur passion vis-à-vis du pouvoir. Beaucoup d' opposants, qui pensaient avoir avec ce Protocole d'accord, objectivé, finalisé leur participation au gouvernement, se mordent aujourd'hui les doigts eux qui lorsque le gouvernement a estimé nécessaire, a rompu unilatéralement le contrat en mettant fin au gouvernement d'union.
Parler aujourd'hui de gouvernement d'union au Togo, en Côte d'Ivoire, en Centrafrique, l'envisager comme une recette magique, c'est une attitude de démission, une prime à la dictature surtout lorsque cela vient de la communauté internationale que beaucoup d'opposants et de populations africaines considéraient encore comme un ultime recours.
En effet, c'est comme si la CEDEAO, l'UA, les USA.., qui encouragent cette formule, disaient aux dictateurs : "Fraudez mais ouvrez juste après le gouvernement, donnez des os à ronger aux opposants " (on dira au Faso où la technique a été éprouvée avant l'heure, " invitez-les à boire le lait mais pas à traire les vaches). On ravale ainsi les opposants au rang de " tubes digestifs " et on fait le lit de la mal démocratie. Si au moins, ces institutions concevaient ces gouvernements d'union à travers lesquels le Premier ministère et des portefeuilles importants seraient confiés aux opposants comme des instruments de transition mais par-dessus tout comme des outils pour préparer, dans le cadre d'une transition dans un délai bien déterminé, la re-fondation politique et institutionnelle pour répéter l'acte électoral frauduleux et calamiteux, on comprendrait mais dans le cas du Togo par exemple, c'est tout simplement pour faire passer la pilule, pour donner du temps au pouvoir illégitime de s'installer.
C'est une fuite en avant, un refus de mettre en œuvre les pressions nécessaires pour éviter le mal et on s'en remet à des succédanés.
La seule leçon à retenir de tout cela, c'est d'adopter une politique plus interventionniste afin de permettre que la démocratie, la vraie, voit le jour en Afrique. Cela suppose de reprendre le travail inachevé après la chute du Mur de Berlin et le Discours de la Baule c'est-à-dire réadmettre la bonne gouvernance dans la thématique de l'aide au développement mais surtout assortir la mal gouvernance non seulement de sanctions mais de mesures coercitives sur ceux qui en sont responsables. Il faudrait pour cela accepter de donner plus de force au droit pénal international et à la répression des chefs d'Etat et dirigeants criminels et de concevoir, lorsque cela s'avère nécessaire, l'ingérence démocratique s'inspirant de la politique américaine en Afghanistan et en Irak.
La Rédation-San Finna N°313 du 23 au 29 Mai 2005

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Transitions pacifiques en Afrique : une initiative d'anciens chefs d'États sans la Cemac

Aucun ancien chef d'Etat de la zone Cemac n'est invité au symposium dénommé " Initiative des anciens chefs d'Etats africains" prévu à Bamako en début juin 2005. Les transitions démocratiques sont généralement chaotiques dans cette région francophonisée. La capitale malienne, Bamako, accueillera, du 5 au 8 juin, au cours d'un sommet d'un genre particulier baptisé " Initiative des anciens chefs d'Etats africains" (Asi, acronyme anglais de African statemen initiative). Selon le communiqué de presse publié le 6 mai dernier, par le National democratic institute (Ndi), coordonnateur de l'organisation de cet événement, une vingtaine d'anciens chefs d'Etats africains à la retraite se réunira pendant ces trois jours pour discuter des défis des transitions politiques pacifiques en Afrique et partager leurs expériences en matière d'initiatives humanitaires et de démocratisation à travers le continent. Les discussions seront organisées autour des sujets tels la démocratisation et la sécurité, la gestion des conflits, le développement économique, les défis de santé affectant l'Afrique, les élections, la bonne gouvernance, les parlements et la société civile. Le dénominateur commun aux chefs d'Etats invités à ce symposium de haut niveau est qu'ils ont tous (ou presque) quitté pacifiquement le pouvoir. Ainsi, pour certains, à l'instar notamment de Frédéric William De Klerk et Nelson Mandela (Afrique du sud), Ketumile Masire (Botswana); Ali Hassan Mwinyi (Tanzanie); Kenneth Kaunda (Zambie); Albert Zafy (Madagascar); Joaquim Chis-sano (Mozambique); Sam Nujoma (Namibie); Nicéphore Soglo (Bénin), Yakubu Gowon, Alhadji Shehu Shagari et Abdessalam Abubakar Salami (Nigéria); Jerry Rawlings (Ghana); Amos Sawyer (Libéria); Dauda Maria Jawara (Gambie); Navinchandra Ramgoolam et Karl Auguste Offman (Ile Maurice); Malam Bacai Sanha (Guinée Bissau); Antonio Mascarenhas Monteiro et Aristides Maria Pereira (Cap-Vert); Manuel Pinto Da Costa et Miguel Trovoada (Sao Tome et Principe), etc., ils résident sagement et paisiblement dans leurs pays. Pour d'autres qui ont des fonctions internationales majeures tel Alpha Omar Konaré (Mali) pour l'Union africaine ou Abdou Diouf (Sénégal) pour la Francophonie, ils incarnent la reconversion après leurs fonctions à la tête des Etats. Mahamane Ousmane, actuel président de l'Assemblée nationale du Niger est aussi attendu. Expérience d'hommes Selon, le Ndi qui coordonne l'organisation de ce symposium, l'objectif d'un tel rassemblement est double : d'une part, il s'agit d'encourager les anciens chefs d'état démocratiques à poursuivre leur participation constructive aux efforts de démocratisation sur le continent ; d'autre part, il est question d'offrir un forum leur permettant de partager leurs expériences en matière d'initiatives relatives à la démocratisation et aux autres défis qu'ils ont entrepris après avoir quitté leurs fonctions. Observation importante : sur plus de vingt anciens chefs d'États annoncés au Sommet de Bamako, il n' y a aucun originaire ni de l'Afrique du Nord ni de la Communauté des États de l'Afrique Centrale (Cemac qui regroupe le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée Équatoriale, le République Centrafricaine et le Tchad). Si pour la première sous région, la tradition est à des régimes quasi-monarchistes (Égypte, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie, et, malgré les apparences, l'Algérie), pour l'Afrique Centrale, cet état de fait semble être une indication sérieuse selon laquelle les transitions démocratiques en général et l'alternance politique y sont en panne. Dans chacun des cinq pays de la Cemac (ex-Udeac) la transition politique, hier sous le parti unique ou aujourd'hui sous le multipartisme, a toujours été heurtée. Coups d'Etats militaires y côtoient allègrement hold-up électoraux qui perpétuent des régimes ne répondant d'aucun critère de gouvernance démocratique. Ce qui selon les analystes indépendants est un facteur dirimant d'arriération politique et économique. L'organisation de ce symposium de haut niveau est soutenue par le Centre d'études Stratégiques de l'Afrique, le Club de Madrid, la Fondation Gates, le national democratic institute, le National endowment for democracy, le Programme des Nations Unis pour le développement et la Fondation Westminster pour la démocratie. Par Alex Gustave AZEBAZE Le Messager, 10 Mai 2005, Allafrica

 

Afrique: Les principales méthodes antidémocratiques pour gagner une élection ou pour se maintenir au pouvoir.

 

Les processus démocratiques imposés à l'Afrique par le Sommet France Afrique de La Baule depuis les années 1990, pour mettre fin aux dictatures militaires et civiles et leurs lots de réfugiés politiques que l'Occident (la France surtout) n'arrivait plus à supporter financièrement et politiquement, ont fait naître des conflits multiples, à cause des élections mal organisées ou volées et de la volonté des dictateurs reconvertis ou révélés à se maintenir ou parvenir au pouvoir. En observant tous ces processus démocratiques en panne, les méthodes antidémocratiques et les fraudes souvent utilisées par les uns et les autres peuvent, de notre avis, se regrouper en dix, suivant le degré de culture de la classe politique ou de l'ignorance de nos populations. Elles commencent depuis le dépôt des listes de candidature, jusqu'au déclenchement des guerres civiles, en passant par le bourrage des urnes, les inscriptions et les votes multiples des électeurs, la rétention des cartes d'électeurs des partis politiques adverses et les « votes » des morts, la falsification des procès verbaux d'élection, la corruption des électeurs, les menaces et les intimidations des électeurs des partis politiques adverses, la destruction ciblée des urnes ou des bureaux de vote, les découpages circonstanciels ou intentionnels du territoire national et l'adoption calculée des modes de scrutin et enfin, la prise en otage du processus électoral. Notre intervention sur cette question de fraudes électorales et autres dénis de droit qui ne finissent pas de mettre le feu à nos pays, n'a d'autre but que de susciter ou relancer le débat au sein des états-majors des partis politiques, afin qu'ils éduquent leurs dirigeants et leurs militants, pour plus de comportements civilisés à l'avenir. Elle vient du constat fait lors des débats menés en aparté avec des hommes politiques insoupçonnés, censés comprendre et éclairer les masses, qui ont des positions et des points de vue les plus étonnants sur la question. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, ce qui arrive aux autres peut bien nous arriver ! Avant hier, le Libéria et la République Démocratique du Congo, Hier la Côte d’Ivoire, aujourd'hui le Togo, demain à qui le tour ? C'est pourquoi, toute contribution pour enrichir le présent point de vue serait la bienvenue. A commencer donc par l'exclusion des candidats, les procédés antidémocratiques sont nombreux et divers, varient d'un scrutin à un autre, et s'inventent à chaque scrutin et nous n'avons donc pas la prétention de tout dire.
I °) L'exclusion des candidats, le premier déni de droit utilisé par nos hommes politiques pour éliminer leurs adversaires. L'exclusion des candidats à une élection que l'on veut gagner, est la méthode la plus sauvage et la moins subtile pour se passer d'un adversaire coriace. Elle est basée le plus souvent sur l'origine sociale du candidat que l'on veut écarter. Pour parvenir à écarter des candidats opposés, les adeptes de cette méthode ont souvent recours aux textes de loi fixant les conditions d'éligibilité à une élection donnée. Ainsi, la loi exigera des candidats qu'ils soient ce qu'ils ne peuvent pas être, compte tenu de leur origine sociale ou des préjugés établis contre eux. Ce sont des considérations souvent liées à la race, à l'ethnie, à la nationalité, au lieu de résidence et aux moyens économiques. Lorsque ce n'est pas la loi qui édicte ces considérations, on les retrouve dans les états-majors politiques ou dans les discours des hommes politiques lors des campagnes électorales.
1- L'exemple d'exclusion liée à la race, le plus patent de notre époque, fut l'apartheid en Afrique du Sud, qui privait les Noirs de leurs droits de vote et de bien d'autres droits dévolus aux Blancs. L'abolition de ce système avec la fin de la guerre froide a permis aujourd'hui d'avoir une nation « arc-en-ciel » donnant des leçons de démocratie multipartite et intervenant dans des crises en Afrique pour réconcilier des frères ennemis.
2 - Les exclusions liées à l'ethnie se retrouvent au niveau des élections locales ou législatives. Elles ne sont pas le plus souvent codifiées, mais on les retrouve au sein des états-majors des partis politiques lors de la confection des listes de candidatures, et dans les discours des hommes politiques lors des campagnes électorales : «Un tel est de telle ethnie, il ne faut pas le mettre sur notre liste » ; « S'il veut être maire ou député, qu'il aille chez lui, c'est sa mère qui est de chez nous ! » etc. entend-on dans les états-majors des partis politiques et lors des meetings des candidats.
3 - Les exclusions liées à la nationalité sont souvent basées sur des préjugés liés à l'ethnie, au patronyme ou à l'histoire du candidat gênant. Elles se pratiquent lors des élections présidentielles qui sont des élections d'envergure nationale. Ainsi, on élabore des lois d'exclusion exigeant d'être né de telle nationalité, de père et de mère eux-mêmes nés de la même nationalité, d'être de telle autre nationalité d'origine, de ne s'être jamais prévalu d'une autre nationalité, etc. comme si nos Etats conférant ces nationalités étaient des Etats millénaires. Les exemples d'exclusions les plus flagrantes ont eu lieu d'abord en Zambie où Kenneth Kaunda, le père de l'indépendance de son pays, ayant dirigé ce pays pendant (20) vingt ans, a été traité de Malawite par le camp de Frédéric Tshiluba pour parvenir au pouvoir. Il y a l'exemple du Niger avec la tentative d'exclusion du président Mamadou Tandja que l'on a traité de Mauritanien et, plus près de nous, la Côte d' Ivoire qui n'est pas encore sortie de ses turbulences avec le cas Ouattara..
4 - Les exclusions basées sur le lieu de résidence se pratiquent au niveau de toutes les élections. Les conditions de résidence souvent édictées pour exclure les candidats indésirables sont impossibles à remplir par les intéressés à cause de l'insécurité qu'on y a créée contre eux, et des activités professionnelles qu'ils mènent en dehors de la circonscription électorale. Si Gilchrist Olympio pouvait vivre au Togo sans être trucidé par ceux qu'on connaît, il remplierait les conditions d'éligibilité pour être candidat à l'élection présidentielle du 24 avril 2005. On ne peut pas non plus être fonctionnaire international et remplir de telles conditions de 12 ou de 24 mois d'affilée de résidence que l'on édicte çà et là pour être candidat.
5 -Les exclusions liées aux moyens économiques se voient au niveau des lois comme au niveau des partis politiques. On exigera des candidats ou des postulants à la candidature d'une élection donnée, qu'ils aient tels moyens économiques ou fait telles réalisations d'infrastructures sociales, agricoles ou industrielles ; toute chose ne se rapportant pas forcément à leur popularité ou à leur estime vis-à-vis des électeurs. Les méthodes d'exclusion ci-dessus énumérées pour gagner des élections sont les plus dangereuses parce qu'elles engendrent des frustrations et des guerres civiles. Pour que notre pays ne tombe pas dans les mêmes travers que des pays comme la Côte d'Ivoire et le Togo connaissent, nos hommes politiques doivent commencer par nettoyer tous les textes de loi qui prêtent à des interprétations malveillantes, à commencer par les dispositions de notre constitution sur les conditions d'éligibilité à la Présidence du Faso. En effet, quand on écrit dans notre constitution que le candidat à la Présidence du Faso doit être né Burkinabé de père et de mère Burkinabé, cela peut prêter à des interprétations malveillantes d'hommes politiques de mauvaise foi, pour peu qu'ils se sentent incapables de gagner des élections libres et transparentes. Hormis Me Gilbert Noël Ouédraogo de l'ADF-RDA et peut être Me Bénéwendé Stanislas Sankara de l' UNIR-MS, dont j'ignore la date de naissance, qui sont nés Voltaïques ou Burkinabé, tous les autres candidats à l'élection présidentielle du 13 novembre 2005, connus jusqu'ici, à commencer par le Président du Faso en exercice Blaise Compaoré, sont nés avant le 05 Août 1960, date de l'accession de notre pays à la souveraineté internationale, à une époque coloniale, avec le statut d'indigénat. Il peut paraître saugrenu de poser le problème ainsi chez nous, mais attention aux démons de la division ! Cessons donc de fétichiser la nationalité burkinabé ou de sacraliser le fauteuil du président du Faso, pour être un Etat véritablement moderne, à l'instar du Mali qui a réglé cette question par la seule condition d'être Malien, tout court. Nos hommes politiques doivent aussi avoir un discours unificateur de toutes les ethnies qui composent le Burkina, en faisant des luttes d'idée ou de programme basées essentiellement sur les réalisations d'infrastructures économiques et sociales. Les Burkinabè et le Burkina en sortiront grandis. Lorsque ceux qui prétendent être candidats arrivent à être retenus pour une élection donnée, les méthodes utilisées par les fraudeurs de tous bords sont celles développées ci-dessous, qui sont des méthodes directement liées aux opérations de vote, à commencer par le bourrage des urnes :
II°) -Le bourrage des urnes
Le bourrage des urnes consiste à ajouter, par des fraudes, des bulletins de vote exprimant des votes favorables dans des urnes destinées à assurer les opérations de vote, dans les bureaux de vote le jour du scrutin, de sorte qu'au dépouillement on se retrouve avec le plus grand nombre de voix. Le bourrage des urnes suppose qu'on ait des bulletins de vote supplémentaires, parallèlement à la structure chargée de l'organisation du scrutin (la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Il peut se faire tout juste avant le début du scrutin ou pendant le scrutin lors des votes des électeurs :
1 - il se fait au début du scrutin en mettant au préalable dans des urnes, un certain nombre de bulletins exprimant des votes favorables. Dans ce cas, les urnes non transparentes, qui sont le plus souvent faites en bois, arrivent fermées dans les bureaux de vote avec ces bulletins.
2 - il se fait pendant le scrutin en dotant des électeurs de ces bulletins, qui les introduiront dans les urnes, en plus du bulletin de leur vote réel, une fois dans l'isoloir. Ce procédé suppose qu'on n'a pas pu bourrer les urnes en amont, du fait de la transparence des urnes, ou de la vigilance des adversaires. Le bourrage des urnes peut se faire avec les bulletins uniques, comme ceux utilisés aux législatives du 05 mai 2002 au Burkina, et avec les bulletins individuels naguère utilisés dans nos scrutins. Pour parer au bourrage des urnes, la transparence des urnes seule ne suffit pas. Il faut avoir dans les bureaux de vote des représentants politiquement conscients et compétents en matière électorale. On peut déceler du bourrage lors du dépouillement en confrontant le nombre de votants au nombre de bulletins dépouillés ; si le nombre de bulletins dépouillés est supérieur au nombre de votants, c'est qu'il y a eu bourrage. Il est clair, dès cet instant, que les résultats d'un tel bureau de vote sont à annuler, au cas où on n'arrive pas à déceler les faux bulletins de vote des vrais. Le bourrage des urnes est la plus vieille méthode de nos démocraties et a été utilisé pendant très longtemps comme moyens de trucage des élections. Lorsque l'on ne peut ni exclure des candidats, ni bourrer des urnes, les techniciens des fraudes ont inventé le système des inscriptions et des votes multiples.
III°) -Les inscriptions et les votes multiples des électeurs. Les inscriptions et les votes multiples consistent à faire inscrire plusieurs fois sur les listes électorales des électeurs que l'on fera voter plusieurs fois. De secteur en secteur, de village en village, de bureau de vote en bureau de vote, ces « électeurs » sont le plus souvent transportés par cars entiers pour assouvir leurs desseins. Presque tous les partis politiques, opposition ou pouvoir, ont utilisé cette méthode pendant les municipales du 24 septembre 2000 et les législatives du 05 mai 2002. Pour combattre ce système, on lui a opposé l'utilisation de l'encre indélébile qu'on a vite fait de contrer par diverses techniques pour effacer cette encre souvent apposée sur la paume de la main ou sur le bras. La tendance actuelle est à l'informatisation du fichier électoral, avec des cartes d'électeurs « infalsifiables » avec photo, pour enrayer le système. Nous attendons de voir ce que la CENI du Burkina nous réserve avec le système qu'elle est en train de mettre en place pour freiner les inscriptions et les votes multiples. Dans l'impossibilité d'utiliser les méthodes ci-dessus, le système auquel on fait appel est celui de la rétention des cartes d'électeur.
IV°)- La rétention des cartes d'électeurs des partis adverses et les « votes » des morts. La rétention des cartes d'électeurs consiste à distribuer les cartes d'électeurs de ses partisans, à retenir ou à faire disparaître par tout autre procédé, les cartes d'électeurs de ses adversaires. Elle est possible lorsque, à partir d'un fichier électoral tiré d'un recensement global ou administratif de la population, on a établi un corps électoral et imprimé des listes et des cartes d'électeurs. Les élections législatives de 1997 au Burkina ont connu cette technique utilisée en grande partie par le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et par d'autres partis d'opposition qui se sont avisés très tard de la supercherie des « techniciens » du parti de Jean Léonard Compaoré. En Côte d' Ivoire, on voit le Président Laurent Gbabgo venir à cette méthode, après avoir été contraint à accepter la candidature de son principal opposant, Alassane Dramane Ouattara, avec la décision prise par lui de confier en amont, l'établissement des listes et de cartes d'électeurs à l'Institut National de la Statistique (INS ). Il pourrait ainsi assurer sa réélection en retenant ou en faisant disparaître les cartes d'électeurs des militants « RDR », faciles à détecter dans un pays où les partis politiques se rapportent en majorité aux ethnies. L'établissement des listes et des cartes d'électeurs à partir d'un recensement administratif ou global peut faire aussi courir le risque du « vote » des morts car, le plus souvent, ce sont des recensements vieux d'au moins cinq (5) ans qui ne rendent pas compte de plusieurs décès de personnes au cours de la période. En distribuant les cartes d'électeurs des personnes décédées dans les concessions, des citoyens malhonnêtes pourraient marchander, comme on l'a souvent vu, « leurs voix » en allant voter en leur nom. Pour empêcher la rétention des cartes d'électeurs des partis adverses et les « votes » des morts, il faut des inscriptions directes des personnes en âge de voter. L'inscription directe consiste à inscrire sur une liste électorale, toute personne se présentant devant les bureaux de recensements des commissions électorales, préalablement établis et connus de tous, et à lui donner sur le champ sa carte d'électeur indiquant le jour et le lieu du vote. Ces inscriptions peuvent être informatisées pour déceler les inscriptions multiples qu'on annulera pour éviter les votes multiples.
V°)- De la falsification des procès verbaux d'élection. Les procès verbaux d'élection sont des documents qui récapitulent, après le dépouillement et le décompte des voix de chaque parti ou de chaque candidat, au niveau de chaque bureau de vote, le nombre de voix obtenues par chacun. Il s'établit en plusieurs exemplaires (04), mis sous plis fermés distincts selon leurs destinations, de sorte qu'à la proclamation des résultats par chaque structure décentralisée, la CENI et le Conseil constitutionnel, on ait une concordance de ces résultats. Ces procès verbaux doivent porter, en plus de la signature des membres du bureau de vote, la signature des représentants des candidats ou des partis politiques en compétition. Falsifier donc les procès verbaux d'élection, suppose :
1 - que des partisans d'une même formation politique ou d'un même candidat se soient retrouvés tous dans un même bureau de vote sans la présence des autres; ils porteraient dans ce cas, si besoin, les résultats qu'ils voudraient et qui arrangeraient leur candidat ou leur formation ;
2 - qu'on ait pu tromper la vigilance des représentants des autres partis ou candidats, du fait de leur ignorance ou de leur manque d'attention, ou du fait qu'on les ait tout simplement corrompus ;
3 -qu'on ait disposé d'imprimés de procès verbaux en nombre suffisant, parallèlement à la structure chargée d'organiser le scrutin, et qu'on y ait porté les résultats qu'on ait voulu avec des fausses signatures, pour être acheminé aux structures chargées de l'organisation du scrutin, qui sont forcément complices, pour la proclamation des résultats. Un tel système est très difficile à combattre parce que, pour y parvenir, il faudrait avoir un représentant dans tous les bureaux de vote et dans toutes les structures de l'organisation du scrutin ; il faudrait aussi que ces représentants soient des militants lettrés, conscients, vigilants et incorruptibles, toutes choses difficiles à réaliser dans un contexte où le « militantisme alimentaire » prime sur toutes autres considérations. N'est-il pas donné de voir, que des partis politiques ou des candidats aient zéro voix dans des bureaux de vote où ils avaient pourtant des représentants censés voter pour leur parti ou leur candidat ? Les partis politiques où les candidats doivent avoir les moyens de leur politique, s'ils ne veulent pas continuer à dénoncer, systématiquement et sans succès, « les fraudes » dont ils ne peuvent jamais apporter la moindre preuve. Aussi difficile à combattre, la corruption des électeurs est une des méthodes les plus utilisées et les plus courantes à toutes les élections organisées dans nos pays.
VI°)- La corruption des électeurs. La corruption des électeurs est l'achat de conscience, par des moyens financiers, des électeurs afin de détourner leur vote en faveur du bailleur de fonds ou du candidat de celui-ci, si ce n'est pas le candidat lui-même qui est le bailleur. Elle se fait de façon directe ou de façon indirecte :
1 - la corruption se fait de façon directe en distribuant des billets de banque aux électeurs, en leur distribuant des vivres en nature et en organisant des soupes populaires à travers des réjouissances animées par des troupes de danses et autres groupes musicaux loués pour la circonstance. Pour être sûr d'un tel vote « acheté », il est arrivé que des candidats ou des partis demandent aux électeurs de ramener, après leur vote, les bulletins de vote de leurs adversaires dans des concessions ou des lieux désignés à l'avance. Il y eut même, à certains endroits, des comptoirs d'achats de bulletins de vote des partis ou des candidats adverses pour assurer des victoires.
2 - la corruption se fait de façon indirecte en misant sur des grands électeurs qui sont des personnalités influentes de nos sociétés traditionnelles, en l'occurrence, les chefs coutumiers et les notables. Ces votes sont le plus souvent sûrs parce qu'ils sont liés au respect des coutumes et des personnes qui les représentent.
Pour contrer la corruption ou l'achat de conscience des électeurs, on est parvenu, après plusieurs luttes, à instituer le bulletin unique qui n'oblige plus les électeurs ayant reçu de l'argent ou des consignes de vote, à prouver leur vote. Ceux qui distribuent des billets de banque et autres biens aux électeurs en vue de les corrompre, le font à leur risque. Le seul problème à ce niveau, reste le militantisme ouvert de nos notables et chefs coutumiers dans des partis politiques alors qu'ils sont des personnes censées être au-dessus des partis. Doit-on continuer à les laisser influencer les votes de nos populations ? Le débat reste ouvert et le Centre pour la Gouvernance Démocratique ( C G D ) du professeur Loada a eu le mérite d'avoir pris le problème à bras le corps dans une de ses études qui a rencontré la colère de ces chefs à une de ses rencontres d'échanges.
VII°)- Les menaces et les intimidations des électeurs des partis politiques adverses. Les menaces et les intimidations des électeurs des partis ou des candidats adverses, consistent à créer la peur et la psychose au sein de l'électorat par tous les moyens, afin d'empêcher ces derniers à sortir massivement pour voter le jour du scrutin. Avec une faible participation des électeurs dans le camp adverse et une forte participation dans son propre camp, on est sûr de remporter les élections même si mathématiquement ou théoriquement il était démontré qu'en cas d'un scrutin tranquille et équitable, le camp adverse l'emporterait. Nous pouvons prendre comme exemple, ce qui vient de se passer au Togo où l' Opposition radicale , avec Bob Akitani, par des calculs théoriques, devraient en principe l'emporter sur le Rassemblement du peuple togolais (R P T) avec Faure Gnassingbé, dans une logique de lutte « Nord contre Sud ». Cette pratique finit par des affrontements inévitables si, malgré toutes les menaces et intimidations , les électeurs sont déterminés à exprimer leur vote, on en vient à la destruction ciblée des urnes ou des bureaux de vote.
VIII°) - La destruction ciblée des urnes ou des bureaux de vote. La destruction ciblée des urnes ou des bureaux de vote consiste à identifier les fiefs électoraux de ses adversaires, à faire des « descentes musclées » dans les bureaux de vote de ces fiefs, en vue de détruire tous les matériels pouvant prouver la victoire de son adversaire. Le matériel indiqué dans ce cas est l'urne contenant les bulletins de vote non encore dépouillés, si ces « descentes » sont faites quelques minutes avant l'heure de fermeture des bureaux de vote. Les images des « descentes » de militaires dans des bureaux de vote, le 24 avril 2005 au Togo sont encore fraîches dans les mémoires. Même si la proportion des bureaux de vote touchés par cette barbarie politique est « faible », reconnaissons que cela n'honore pas l' Afrique et entache la « victoire » programmée de Faure.
IX°) - Le découpage circonstanciel du territoire en circonscriptions électorales et les modes de scrutin « injustement » adoptés pour noyer « les petits ». Le découpage circonstanciel et intentionnel du territoire en circonscriptions électorales, pour gagner une élection consiste à regrouper ou à exclure, par la manipulation des limites territoriales habituellement connues, des électeurs favorables ou défavorables. Il consiste encore à faire de grands espaces géographiques dans lesquels on est sûr d'épuiser et de noyer ses adversaires. Il peut enfin consister à faire des découpages territoriaux en circonscriptions électorales équivalentes qui ne tiennent pas comptent de l'importance numérique ou de la densité des populations qui sont la base de toute démocratie :
1 - le découpage circonstanciel et intentionnel du territoire pour regrouper ou exclure des électeurs favorables ou défavorables, a été expérimenté pour la première fois dans notre pays, sous le règne du président Maurice Yaméogo du RDA, qui a eu à rallier des régions de Sud-Ouest du Burkina (Gaoua) à celles du Centre-Ouest (Koudougou) et celles du Sud (Pô et Tenkodogo) à celles du Nord (Ouahigouya ) dans le seul but de noyer les voix de ses adversaires dans des ensembles plus grands et plus favorables à son parti. Des témoins de l'histoire pourraient décrire avec précisions et détails les techniques de ce « savant » politique.
- 2 - au Tchad, le pouvoir d' Idriss Déby a expérimenté la méthode du découpage du territoire en circonscriptions électorales équivalentes sans tenir compte de l'importance numérique des populations, parce que ses fiefs électoraux qui sont le Nord et le Centre du pays, sont les régions les moins peuplées du pays, soit 25% de la population, et s'est retrouvé avec une majorité écrasante de sièges à l'Assemblée nationale. Il est clair que cette méthode ne respecte pas le principe démocratique d'égalité de voix et des électeurs.
- 3 - en mai 2002, le CDP pensait avoir trouvé le système pour épuiser et noyer les « petits partis » en créant des circonscriptions électorales gigantesques et conformes à sa taille de parti mastodonte. Mais il a suscité, sans le vouloir, des votes ethniques ou micro-régionalistes qui ont failli le perdre. On connaît le résultat de ces élections saluées par tous les démocrates épris de paix et de justice, obligeant le CDP à s'ouvrir et à coopérer avec d'autres formations politiques pour constituer une majorité parlementaire. N'est-ce pas pour cela que ce parti est revenu avec une loi qui rétablit l'ancien système de découpage qui fait des provinces les circonscriptions électorales ? Les modes de scrutin sont des règles de jeu préétablis pour déterminer les sièges obtenus par chaque parti ou chaque candidat à l'issue d'une compétition électorale. Ils sont variables selon les pays et les personnes qui les établissent. Ils sont le plus souvent faits avec l'intention de noyauter les adversaires. Sans faire le tour d'horizon et le récit de tous ces modes de scrutin qui appellent à des calculs fastidieux des voix, il est clair pour tous les Burkinabé que le mode de scrutin à listes du système de « la proportionnelle au plus fort reste », proposé par le Collège des sages et les différentes commissions de réformes politiques, et accepté par le CDP malgré lui, est plus démocratique et plus représentatif des expressions plurielles que le mode de scrutin du « Tuukdjili », le scrutin à listes de « la proportionnelle à la plus forte moyenne ». Ces procédés intentionnels et antidémocratiques ne sont pas directement liés aux opérations de vote le jour du scrutin, mais assurent la victoire préétablie des partis majoritaires au pouvoir qualifiés pour voter des lois modificatives, avec souvent des marges d'erreurs de « calculs ». Lorsque rien n'est possible pour nos dictateurs pour appliquer toutes ces méthodes, ou s'ils ont tout utilisé sans succès, ils passent en force en prenant en otage tout le processus électoral. X °) - La prise en otage du processus électoral. La prise en otage d'une élection consiste à contraindre la structure chargée d'organiser le scrutin afin qu'elle proclame des faux résultats. Au cas contraire, les ministres chargés de l'intérieur ou de l'administration des territoires se chargent de le faire. Nous avons toujours en mémoire, le Général Robert Guéi qui a investi le siège de la commission électorale le 25 octobre 2000 en Côte d' Ivoire pour ramasser les documents devant servir à calculer les résultats des élections et les membres de la commission électorale, pour se déclarer ensuite vainqueur, après avoir exclu ses opposants potentiels et signé un deal avec Laurent Gbabgo. La suite, on la connaît Le Général Eyadema au Togo a pris en otage les élections présidentielles de 1993 et de 1998 pour se faire déclarer vainqueur par son ministre chargé de l'Intérieur en lieu et place des Commissions Electorales Nationales Indépendantes (CENI). La liste des exemples n'est pas exhaustive. A quand la fin de toutes ces pratiques antidémocratiques ? Les responsables des partis politiques au pouvoir comme de l'opposition sont interpellés. Aussi, une intensification des actions d'éducation démocratique entreprises par les organisations non gouvernementales (ONG) telles que le CGD, le GERDDES ou toute autre structure, à l'endroit de nos dirigeants et de nos autorités politiques, est souhaitable.

Une analyse de Touré Issiaka Barrou (AllAfrica ) 9 Mai 2005

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 Déstabilisation des Etats africains : Quant le pouvoir économique fait défaut?

Les Etats africains proclamés politiquement indépendants depuis 1960 pour la plupart, ne sont jusque-là pas arrivés à obtenir leur indépendance économique. Les Africains, face à cette situation qui les confine depuis toujours dans le manteau de personnes à jamais condamnées à la mendicité, sont-ils eux-mêmes coupables de cette humiliante condition qui est la leur ? N’est-il pas nécessaire pour eux de reprendre continûment Hillary Rod Ham Clinton, qui affirmait un jour : « La liberté et le progrès ne naissent pas du silence ». Quoique indépendants il y a un peu plus de quatre décennies, ces Etats demeurent de simples pourvoyeurs de matières premières. Des estimations d’institutions spécialisées ont toujours montré que si le continent noir venait à disparaître, il n’y aurait pas de conséquences notables pour le reste du monde. En effet, la notion d’indépendance pour un Etat qui prône le fait de disposer de lui-même dans le concert des nations, apparaît simplement théorique pour la totalité des pays du tiers-monde et principalement pour les pays africains. A preuve, le taux de croissance en Afrique est au bas de l’échelle, sinon déplorable. Les pays à revenus intermédiaires comme la Côte d’Ivoire, dans l’ouest du continent, continuent de chercher leurs marques, en raison de l’instabilité accentuée dans cette dernière décennie par les bouleversements sociopolitiques. Pouvoir politique : Source de souveraineté La souveraineté d’un Etat suppose qu’il n’est soumis à aucune autorité, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses frontières. Ce principe ne semble pas se justifier dans nombre d’Etats africains. Au regard des relations entretenues entre les Occidentaux et les pays du sud en majorité pauvres, tout observateur subtil, s’aperçoit que le principe de non ingérence d’un Etat dans les affaires d’un autre n’est que théorique sous les tropiques. A preuve, l’existence de bases militaires dans les anciennes colonies le démontre bien. Pour le cas de la Côte d’Ivoire, le pouvoir politique est soumis à rude épreuve depuis l’attaque survenue apparemment, un fonctionnement normal. Pouvoir économique : artère principale de l’Etat Contrairement à la notion de pouvoir politique, qui apparaît assez abstraite, l’économie d’un Etat éclaire sa puissance à l’échelle mondiale. Depuis les années 80, les économies africaines connaissent une décadence parce qu’en proie à d’inextricables difficultés de gestion. Avec l’avènement du multipartisme dans les années 90, la crise économique s’est accrue. La déstabilisation du continent combinée à l’injustice au plan des échanges internationaux avec le Nord a contribué à la paupérisation grandissante des populations. Il est bon de savoir que l’économie africaine essentiellement basée sur une agriculture non mécanisée doit son développement à sa population rurale très nombreuse. Cette agriculture a constitué depuis les indépendances, le poumon des économies de ces pays du tiers-monde. Elle a permis de poser les bases d’une économie durable et concurrentielle. Malheureusement, les devises générées par ce secteur n’ont pas été utilisées pour la mise en place d’une industrialisation, soit par négligence soit par pression extérieure. Il faut également noter la mauvaise répartition des revenus dans les différents domaines sociaux. En effet, sans revenu véritable important, il ne peut y avoir la constitution d’une épargne nationale. Cette triste réalité constitue un frein au développement de ces économies primaires. En outre, les investissements dans les infrastructures économiques et sociales sur le continent sont le fait des non nationaux, précisément des Occidentaux. L’alourdissement de la dette extérieure d’une part et d’autre part la dépendance des Etats africains vis-à-vis de l’Occident sont autant de facteurs qui embrigadent ces économies à la traîne. Dans la zone UEMOA (Union économique et monétaire ouest africaine) le taux de croissance est 2,8 %. En Côte d’Ivoire, ce taux est de 1,6 % cette année. Qu’est-ce qui empêche tant l’économie africaine de prendre son envol ? Pour beaucoup d’observateurs, le lien historique qui existe entre les pays africains et leur ancienne métropole, l’accroissement important de la dette extérieure et le manque de bonne gouvernance y sont pour beaucoup. En réalité, quand on observe de plus près, tout pays du monde a des relations extérieures, donc ne peut vivre sans l’extérieur. Certes, il a besoin d’aide pour son développement. Les problèmes des Africains résident dans la gestion et l’utilisation des fonds et aides. En cette préoccupation, se situe la problématique du développement économique des Etats où même les spécialistes les plus chevronnés du continent ne sont jusque-là pas arrivés à trouver la panacée à ce grand mal. Aussi, remarquons que les grandes décisions des dirigeants africains sont dictées où guidées par la métropole. En effet, toute aide ou prêt est assorti de conditions. Ainsi, le pouvoir économique va avoir une emprise sur le pouvoir politique. Conséquemment, le pouvoir politique va exister mais de façon théorique à cause de la faiblesse de son économie. Bruno Kouassi - le 28 avril 2005-Ivoirenews.net

 

Opposition tchadienne et burkinabè : même combat - Mal démocratie et charcutage constitutionnel

Lorsqu'on observe les données de la vie politique économique et diplomatique au Tchad, on est frappé par les ressemblances qu'elle présentent avec ce qui a cours dans nombre de pays africains et particulièrement au Burkina Faso. Là-bas, au Tchad, le président va demander au peuple tchadien, par référendum, de lever le verrou de la limitation du mandat présidentiel pour faire une prolongation à la tête du Tchad. Les opposants appellent au boycott de cette consultation.
Mais lisez plutôt quelques passages de la Déclaration éloquente que viennent de signer vingt partis politiques membres d'une coalition (la CPDC ) pour vous convaincre des similitudes qui existent entre l'opposition tchadienne et celle de notre pays.
" Pendant près de 15 ans de règne, le Président Idriss DEBY s'est montré incapable de mener une politique de paix, de développement et de progrès pour tous.
Pire, la situation générale n'a fait qu'empirer en dépit de nombreux atouts, dont les soutiens de toute la communauté nationale et internationale :
- le tribalisme et les haines inter - communautaires n'ont jamais été aussi vifs ;
les conflits et les rébellions armés loin de se résorber, trouvent de nouvelles et pertinentes raisons de se renforcer ;
- l'armée clanique, préoccupée par l'enrichissement illicite et rapide est plus que jamais une force d'oppression pour le peuple, se rendant quotidiennement responsable des actes de brigandage et de gangstérisme ; les états généraux n'y feront rien, absolument rien ;
toutes les structures de l'administration civile et militaire sont gangrenées par le clan et les obligés du Président de la République, et se sont transformées en propriétés personnelles dont ils abusent aux fins d'accumulation insolente des biens, ôtant aux agents de l'Etat toute motivation et aggravant le dysfonctionnement de l'Administration ;
- tous les secteurs de l'économie nationale sont soumis à une vaste OPA : le coton, le sucre, les Travaux publics, les matériaux de construction, le pétrole, l'énergie et le téléphone sont aux mains de cette oligarchie insatiable, pendant que les autres opérateurs économiques ne faisant pas allégeance sont l'objet d'arnaque et de tracasseries indescriptibles ;
- les jeunes scolarisables éprouvent toutes les peines du monde pour se former et apprendre un métier, pendant que les rues de nos villes et campagnes grouillent de diplômés sans emploi, désemparés et désespérés, en dépit de la tenue en 1994 des états généraux de l'Education.
Non satisfait d'avoir désorganisé les bases de nos sociétés et de l'Etat, le Président Idriss Déby veut perdurer et entraîner le pays vers le chaos, vers le néant ".
Tout ceci pour finir par dire aux citoyens de ne pas sortir voter le 6 Juin pour le référendum qui doit permettre à Deby de re-beloter à la tête de l'Etat.
On a l'impression, à lire ces passages, qu'on a affaire au Burkina Faso. Les maux dénoncés sont jusqu'aux plus petits détails, ceux que vivent les Burkinabé sous la férule du régime Compaoré.
Comme au Tchad ici, c'est une parodie de démocratie, un hold-up réalisé sur les institutions politiques et sur la vie économique par une minorité, une minorité qui a développé ses tentacules dans l'administration, dans l'armée, dans les confessions religieuses, dans la chefferie traditionnelle, dans les organisations patronales.. . Une minorité qui par-dessus tout a réussi à domestiquer les médias et à se concilier les soutiens de milieux diplomatiques très puissants. Le résultat ainsi obtenu, c'est que la lutte des opposants n'a plus seulement à être menée contre un pouvoir en place mais aussi contre une coalition d'intérêts transnationaux appuyés par des institutions régionales et internationales au sein desquelles s'édictent les termes de la gouvernance mondiale.
Il n'y a pas à dire, nous vivons à deux siècles d'intervalle une situation comparable à celle où les travailleurs du monde opprimés par un libéralisme sauvage, avaient trouvé dans le socialisme un secours inappréciable. Aujourd'hui, le bouclier socialiste a disparu laissant au-delà des travailleurs, les peuples des pays pauvres à la merci d'un libéralisme tout aussi dévastateur qu'aux premières heures. Aux opposants de tous ces pays africains qui ne connaissent qu'une démocratie factice, de se donner la main comme avant eux les travailleurs du monde entier l'ont fait, pour éviter l'asservissement et peser plus dans la gouvernance mondiale. Par Victory Toussaint, 9 Mai 2005-Allafrica-San Finna-Faso-


TOGO, MIROIR DE LA DUPLICITE DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

La scène qui se joue au Togo depuis le décès du Président Eyadema est tout à fait révélatrice des relations équivoques que la communauté internationale entretient avec nombre de pays africains et de sa tendance à se défausser de ses responsabilités, voire même à plonger les mains dans le soutien direct ou indirect à des autocraties. Pour la forfaiture au Togo, elle s'en est remise à la CEDEAO et à l'Union Africaine. Si l'on foule aux pieds la démocratie, pousse des milliers de pauvres hères à l'exil, les Africains n'auront qu'à s'en prendre à ces organisations !
En attendant, dans ce petit pays voué au martyr, abandonné de quasi tout le monde, le peuple continue de refuser. Il y a eu certes comme une bouffée d'espérance avec la résolution du Parlement européen mais le coup est en train d'être digéré : c'est ce qu'on peut observer avec cette réunion d'Abuja de jeudi passé qui ressemble, par certains aspects, à cette autre mémorable au cours de laquelle quelques chefs d'Etat africains se sont donnés rendez-vous pour féliciter l'armée française d'avoir fait un carnage à Abidjan.
Cette fois-ci, il s'agissait de donner l'illusion qu'il y avait la possibilité de rattraper le coup des massacres, d'envisager avec les Togolais des voies de sortie de crise.
Pour une invitation aussi solennelle, les opposants ont dû réfléchir par deux fois avant d'y aller. Refuser de s'y rendre, c'était se mettre au ban de la communauté internationale et s'exposer à ce que les médias internationaux vous tombent dessus à bras raccourcis pour votre " radicalité " et cela aurait fait l'affaire du régime en place. Y aller, c'était courir le risque d'accréditer une comédie pour adouber en fait le nouveau pouvoir, lui donner du répit et bien sûr pour tenter de diviser les opposants.
Ca n'a pas manqué : sitôt leur acceptation confirmée, les médias se sont mis à présenter la rencontre comme une rencontre devant uniquement discuter de la formation d'un gouvernement d'union. Ce n'est pourtant pas faute pour Agboyibo et autres d'avoir expliqué que s'il y avait entente, il s'agirait d'aller à un gouvernement de transition et pour reprendre notamment la dernière élection présidentielle calamiteuse. Mais l'intention de la CEDEAO et de l'Union Africaine, c'était tout simplement de donner une tribune aux nouvelles autorités togolaises et de tenter de faire oublier la demande du Parlement européen. C'est ce qui explique qu'au terme de cette rencontre, on n'en finisse pas de parler de la reconnaissance de Faure Eyadema par ses pairs et de l'amorce d'un dialogue. Pour Mr Dramani, secrétaire général du RPT, " Aucun chef d'Etat ne peut accepter de nouvelle élection puisqu'ils ont reconnu la légitimité du président Faure. Selon notre constitution, le mandat est de cinq ans donc les prochaines élections auront lieu dans cinq ans".
Mais de toute cette comédie de la CEDEAO, de l'Union africaine appuyées par la communauté internationale, on en parle même dans les hameaux les plus reculés de bien de contrées africaines. C'est dire que la conscience est éveillée sur toutes ces singeries ; c'est en soi un signe que la duplicité est mise à nu et que cet autre refus togolais peut gagner tout le continent !
Victory Toussaint, San Finna N°313 du 23 au 29 Mai 2005

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ATELIER DU GERDESS :
UN POINT DU RAPPORT ASSASSIN POUR LES OPPOSANTS
UN DEPUTE VIGILANT REMET LES PENDULES A L'HEURE

L'atelier qui s'est tenu courant mai autour d'un rapport d'étude GERDESS sur " Les comportements générateurs de conflits des acteurs impliqués dans le processus électoral ", a particulièrement donné l'occasion au député Hien Fidèle d'émettre des doutes sérieux sur les intentions cachées de certains par rapport à ce travail. Le député a d'abord fait une contribution pour recentrer le rapport, corrigeant certaines erreurs de forme ou de fond. Il s'est agi pour lui notamment, de mettre en relief certaines considérations non spécifiées qui participent des conflits. C'est le cas des modifications unilatérales des textes consensuels comme ceux relatifs au cadre juridique régissant le processus électoral mais aussi de la généralisation de l'insécurité en raison du retour, avec armes et bagages, de mercenaires burkinabé engagés dans le conflit ivoirien et qui, n'étant pas pris en compte par le DDR, viennent poursuivre au Burkina Faso, ce qu'ils ont appris dans le Nord ivoirien.
Le député évoquera aussi, comme facteur conflictuel, le nombre élevé des partis, la partialité de l'administration et bien d'autres questions.
Mais le point sur lequel son intervention a été la plus appuyée, et qui retient notre attention, c'est ce point du rapport glissé en catimini et dont l'objectif était de jeter l'opprobre sur un opposant, le président de l'UNDD, Me Hermann Yaméogo, pour ne pas le citer. De quoi s'agit-il ?
Dans une recommandation glissée en tapinois dans la partie III du Rapport, il est demandé comme ça à la société civile et aux médias sans qu'on ne sache le pourquoi ni le comment :
- "d' avoir le droit de suivi sur les relations des leaders politiques burkinabé avec l'extérieur " ;
- " de dénoncer à temps les relations compromettantes qu'entretiennent les dirigeants politiques avec l'extérieur ".
Pourtant, dans un autre chapitre traitant des causes indirectes des conflits électoraux, il était déjà souligné, et il n'est pas superflu de le mentionner, que l'étude en question était effectuée dans un contexte marqué par des accusations de connivence portées à l'encontre d'un opposant. Et aux consultants du reste, de recommander clairement de " ne pas faire de commentaire particulier sur ces évènements ". Mais en dépit de ces mises en garde, le rapport s'est fendu des recommandations ci-dessus en direction de la société civile et des médias, et sur lesquelles on se perd en questionnements.
En effet, l'homme politique dont il est question ici, c'est bien l'opposant Me Yaméogo qui, revenu d'un voyage à l'extérieur, a été accusé par Djibril Bassolet de connexions avec des gouvernements étrangers aux fins de déstabilisation du régime. Son cousin, Noël Yaméogo, dans cette affaire, a écopé de cinq mois de prison. Même si actuellement, ce dernier bénéficie d'une liberté provisoire, on laisse l'affaire pendante comme une épée de Damoclès pour l'intimider, lui autant que le président de l'UNDD.
Quand on aura rappelé tout cela et rappelé toute la campagne médiatique qui s'est déployée autour de cette affaire -charriant des attaques sur le thème d'apatridie contre l'intéressé-, on comprendra l'intention recherchée à la veille des élections présidentielles par le biais de la société civile.
Et c'est ça qui a légitimement choqué le Député Fidèle Hien, lequel n'a pas hésité, malgré l'environnement conditionné, à dire son fait par rapport à ce point téléphoné du rapport. Ce qui l'a révolté, et qui révoltera certainement plus d'un lecteur, c'est que laissant de côté les ingérences du pouvoir en Sierra Leone, au Libéria, en Guinée, en Mauritanie, en Angola, en Côte d'Ivoire.., ignorant royalement les amitiés douteuses entre les tenants du pouvoir et des forbans qui ont mis la sous-région à feu et à sang à des fins de prédation personnelle, quelques-uns aient voulu faire la leçon à un opposant et aient tenté de drainer sur lui la vindicte générale parce qu'il cherche tout simplement à étendre le champ de ses relations internationales.
Ce qui aussi outré le député, c'est que l'on ait choisi comme bras armé de cette machination, une organisation de la société civile, censée mieux travailler sur le terrain de la sensibilisation, de l'éveil des consciences, que les partis politiques qui, on le saura maintenant, depuis qu'on s'évertue à nous en convaincre, sont voués à être régénérés par la race élue des hommes venant de la société civile.
Mais revenons au député Fidèle Hien qui non seulement s'est battu là-bas contre l'imposture mais qui a pris le temps d'adresser au GERDESS un document circonstancié autour de la question, exprimant même sa disponibilité pour poursuive la discussion dans n'importe quel cadre avec les consultants . Il a eu les mots justes pour stigmatiser cette charge bête et méchante contre le président de l'UNDD. Lisez plutôt :
" ..dans tout Etat démocratique, les libertés individuelles, civiles et politiques, sont consacrées par la Constitution et les lois, y compris la liberté de croyance, de mouvement et de fréquentation des citoyens. Ces lois s'appliquent, y compris aux citoyens qui se seraient rendus coupables d'actes compromettants pour leur pays, selon des procédures bien précises, par des institutions compétentes elles aussi connues de tous. Malheureusement, elles ne s'appliquent pas selon les humeurs de ceux que les fréquentations de certains citoyens dérangeraient !
En effet, ce qui paraît aux yeux des uns comme " compromettant " l'est certainement selon un prisme précis de leur regard mais ne saurait être la vérité absolue. Et il ne suffit pas pour une frange de citoyens de ne pas aimer les fréquentations d'une autre frange pour que cela soit compromettant pour la République. Dans tous les cas, si les personnes incriminées sont des leaders politiques, elles en récolteront les fruits devant leur électorat. Il faut donc laisser les lois de la République régir la République et laisser les institutions qui sont chargées de les appliquer le faire. Quant à la " société civile " burkinabé, aussi " multicolore " qu'elle est, il faut la laisser dans son rôle, si ambigu soit-il parfois. Quant aux médias, ils savent très bien quels sont les droits et les pouvoirs dont ils disposent ; c'est à eux de se donner les moyens et d'assumer leurs responsabilités, y compris devant la loi. Autrement on verserait trop facilement dans l'Etat policier et dans la dictature ".
En fait, ce qui a été tenté n'est qu'une manifestation de plus de la volonté du pouvoir de réduire toutes les poches de contestation pour retomber dans un unanimisme total qui assure sa pérennisation au pouvoir. Mais ce ne sont que de vaines tentatives qui ne feront pas oublier qu'il existe dans le giron du pouvoir des hommes spécialisés pour transporter des mallettes de capitale en capitale, que l'argent sale, l'argent maffieux découlant de trafics multiples, les uns plus condamnables que les autres, sont à l'origine de l'érection de châteaux à Ouaga 2000 et ailleurs et voire même de volonté d'édification de quartiers voire de villes nouvelles. Si l'argent a pourri et rendu serviles bien de Burkinabé, il en reste toujours heureusement des sains qui sont capables de résister, de dénoncer. Thierry Nabyouré, San Finna N°313 du 23 au 29 Mai 2005

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