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PETITION POUR L’UNIFICATION DE TOUTES LES FORCES DE LA RESISTANCE ARMEE DANS LE CADRE D'UNE NOUVELLE STRUCTURE NOVATRICE

(15/06/10)Depuis sa création, et au fil de son glorieux combat pour l'instauration au Tchad d’une société libre, démocratique, et enfin ouverte à un Développement pertinent, l’Union des Forces pour la Démocratie et le Développement (UFDD) a toujours su se placer en toute première ligne - et au front - de ces aspirations nobles et légitimes, seules susceptibles de libérer le Peuple Tchadien de la dictature, de l'oppression, de l'injustice, de l'incurie, et de l'imposture.

Face à l'autisme dont n'a jamais cessé de faire preuve le régime barbare et sans scrupules qui s'est installé  - depuis 1990 - au Tchad par les armes, qui s'y maintient par la guerre permanente, et n'a institué que la violence pour seul système de gouvernement, et le langage des armes comme unique mode d'expression, l'UFDD, dans la foulée de plusieurs autres formations politico militaires patriotes, aura épuisé toutes les voies pacifiques pouvant déboucher sur une solution durable de changement dans la paix à travers un dialogue franc et sincère. Le régime de Ndjamena a démontré plus d’une fois qu’il n’en veut pas, privilégiant arrogamment le langage des armes.

En guise de réponse, notre formation n'a  jamais eu droit - au même titre que tous les autres Tchadiens assoiffés de liberté - qu'à la répression, au harcèlement, aux arrestations arbitraires et sauvages, à la torture, aux assassinats, et à des menaces, les unes plus méprisables que les autres. 

Ainsi, à l'image des autres formations politico-militaires épousant les mêmes idéaux, l'UFDD n'a plus eu pour seule et ultime solution que de prendre les armes pour s'engager à corps perdu dans la libération du Peuple Tchadien au prix du sacrifice suprême de ses vaillants combattants.

Aussi, ayant pris la claire conscience que cette quête de liberté, d'instauration de la Démocratie, ainsi que du Développement de notre cher et beau pays ne saurait valablement atteindre tous ses objectifs que dans une stricte logique unitaire et nationale, l'UFDD a toujours milité - et donné à cet effet le meilleur d’elle même - pour l'union des forces de la Résistance Armée.

Malheureusement, depuis quelque temps, l'insidieux ver de la division, de la déstabilisation, et de la vaine poursuite d'intérêts personnels et infâmes s'est introduit dans et au plus profond de l'UFDD ; douloureuse situation créée et entretenue par le premier responsable de cette formation: le général Mahamat Nouri en personne.

En effet, Mr Nouri ne fait plus aucun mystère de sa détermination à hypothéquer l'avenir du combat pour la liberté des Tchadiens, et la libération du Tchad. Son esprit borné et mercantile, ses pratiques corruptrices et immorales, son comportement cavalier et outrancier, ses agissements divisionnistes et démobilisateurs ont fini de gangréner, de désorganiser et de compromettre dangereusement l’action et le sens même du combat de l’UFDD.

Il s'est opposé et s’oppose systématiquement depuis deux ans à la tenue d'un congrès de l'UFDD, et ce, en parfaite contradiction de toutes les dispositions statutaires.

De même, il a multiplié sans cesse les manœuvres dilatoires aux seules fins de retarder - voire d'annihiler - toute option de renforcement de la cohésion et de l'unité de l'UFDD avec les autres mouvements de l'opposition Armée.

Pire : dans une perfide volonté de fragiliser indubitablement la Résistance, Mr Nouri a carrément organisé sa propre désertion en règle de l'UFDD - et sans aucune raison valable - pour aller créer subrepticement une formation "nouvelle" et sans âme qu'il s'est empressé de baptiser Alliance Nationale pour le Changement Démocratique (ANCD), créée le 15 mai 2010, laissant acéphale et en proie à toutes sortes de conjectures, toute honte bue, celle dont il était le président.
 Compte tenu de ces faits gravissimes, et fortement préjudiciables à l'esprit qui doit impérativement demeurer unitaire au sein de la Résistance, et étant donné que Mr Nouri s'est emmuré dans une inexpugnable logique de division,

NOUS, MEMBRES DES COMITES DE SOUTIEN DE L'UFDD DU TCHAD, AINSI QUE DE LA DIASPORA,  avons décidé de ce qui suit :

    Nous appelons de tous nos vœux la réunion et la tenue urgente d'un congrès de l'UFDD où, entre autres:
       . Devrait être constatée la lâche désertion de Mr Mahamat Nouri de l'UFDD.
      . Devrait être prononcée sa déchéance irrémédiable ainsi que sa radiation définitive de l'UFDD.
      . Seront élus et installés des responsables nouveaux dignes de conduire désormais l'UFDD vers des horizons plus clairs.

Par ailleurs, à l'issue de ce congrès absolument nécessaire et urgent, les instances renouvelées de l'UFDD devront s’atteler, dans la foulée, à la mise en œuvre d'un cadre unitaire nouveau englobant l’ensemble des forces de la Résistance Armée. Dans cette perspective, l’initiative de la mise sur pied, par la base combattante, d’un Haut Conseil de Commandement Militaire (HCCM) comme déclenchement du processus de remise à plat et de renouveau organisationnel est à saluer.   

Vous, militants et sympathisants de la Résistance Nationale, signez cette pétition pour le renouveau organisationnel porteur d’une unité sincère et réelle, d’une efficacité sûre et certaine et d’un souffle mobilisateur fort et puissant. L’espoir renait, saisissons-le !

 

COMITES DE SOUTIEN DE L'UFDD DU TCHAD ET DE LA DIASPORA

http://www.lapetition.be/en-ligne/tchad-petition-pour-lunification-de-toutes-les-forces-de-la-resistance-armee-dans-le-cadre-dune-nouvelle-structure-novatrice-7519.html

Quel regard porté sur la diplomatie tchadienne à la veille du cinquantenaire de l’indépendance nationale ?

Par Talha Mahamat Allim
Genève, Suisse

(08/06/10)Depuis l’accession du Tchad à l’indépendance, le pays a traversé une situation conflictuelle quasi-permanente, qui demeure d’actualité. Tous les secteurs de la vie socio-économique et politique n’ont pas été épargnés.  Les efforts des uns et des autres ont été anéantis par les conflits meurtriers inter-tchadiens qui n’ont apporté que malheurs et désolations au pays.

Dans ce contexte, il est opportun, à la veille du 50ème anniversaire de l’indépendance du Tchad, de s’intéresser très brièvement au chemin parcouru par la diplomatie tchadienne et ce qu’elle doit être à notre sens dans un monde de plus en plus globalisant où les enjeux et les rapports de force se redéfinissent sans cesse.

Ces cinquante dernières années, le monde a connu de grandes transformations du système international aussi bien dans les échanges économiques et financiers que dans les relations politico-diplomatiques et les enjeux géostratégiques. Les moyens classiques de négociation et de régulation sont devenus inefficaces, et de nouvelles règles manquent pour suivre le rythme de la globalisation des problèmes et des interdépendances, de l’émergence et de la multiplicité des centres de pouvoir, de l’accroissement de la pauvreté, des inégalités et des risques d’ordre écologique, avec des difficultés à moraliser le système économique et financier international.

Cependant, les Etats ne restent pas inactifs ; ils essayent de reprendre le contrôle du système. Cela se voit à travers la multiplication des rencontres régionales et multilatérales, avec une présence marquée des experts de divers domaines concernés, dans l’optique de trouver de nouveaux cadres de négociation et instruments de régulation. En même temps, il se forme une dépendance croissante des pays pauvres à l’égard de diverses instances internationales qui s’accompagne, d’un côté, d’un affaiblissement des moyens dont disposent ces pays pour faire valoir leurs points de vue et défendre leurs intérêts, et de l’autre de leur marginalisation progressive.

De ce point de vue, la diplomatie tchadienne ne peut continuer à espérer de nouvelles réalisations ou meilleurs résultats en gardant les mêmes visions, objectifs et principes d’action ; il est nécessaire qu’elle se réforme. En paraphrasant Albert Einstein, ce serait de la folie que de s’attendre à un résultat différent en continuant à faire la même chose. Mais, avant d’explorer de quelle manière se réformer, il est utile de brosser un bref aperçu de ce qui peut être considéré comme  les succès ou les échecs de notre diplomatie.

Il est évident que la diplomatie tchadienne reste marquée par les pesanteurs des conflits armés au Tchad et les règlements de ces conflits dans une démarche permanente de recherche de la paix. On se souvient de l’activisme diplomatique quant aux  multiples pourparlers entre gouvernements successifs et rébellions tchadiennes ainsi que entre le Tchad et certains de ses voisins, du premier président N’garta Tombalbaye au président actuel Idriss Deby Itno, par l’entremise de divers médiateurs.

Cependant, certaines réalisations non négligeables sont à mettre à l’actif de la diplomatie tchadienne. On peut citer, entre-autres, la résolution pacifique du conflit entre la Libye et le Tchad, notamment le règlement par la voie des institutions juridiques internationales du différend concernant la bande d’Aouzou qui est revenue au Tchad. Notons aussi l’apaisement des relations conflictuelles avec le Soudan et le rétablissement de la confiance mutuelle bien qu’elle soit encore fragile et demande à être consolidée. A l’actif de la diplomatie tchadienne se trouve aussi le plaidoyer auprès de partenaires bilatéraux et multilatéraux en vue de régler la crise du Darfour et ses ramifications, surtout la prise en compte des réfugiés et déplacés à l’Est du Tchad. Mentionnons également les efforts pour l’intégration sous-régionale et le renforcement de la coopération sud-sud, notamment avec les pays asiatiques ; ce qui ouvre la voie à des opportunités intéressantes pour le Tchad. La réouverture de certaines ambassades et la création de nouvelles ont permis d’élargir l’horizon diplomatique tchadien, ce qui peut être bénéfique pour le Tchad si certaines conditions sont remplies, notamment une vision claire, la compétence, une véritable stratégie, un certain degré de moralité ou d’éthique, une bonne gestion…

Ces quelques résultats ne doivent pas masquer certaines carences comme en témoignent, malgré l’implication d’honorables et compétents médiateurs, le balbutiement et les difficultés à bâtir une véritable réconciliation nationale et mettre définitivement fin aux conflits meurtriers qui n’ont cessé d’endeuiller la population tchadienne.  La gestion et le fonctionnement de certaines représentations diplomatiques, et plus spécifiquement de certaines missions, restent défaillants et les niveaux de compétence de leurs dirigeants restent à améliorer. Les manœuvres politiciennes qui s’y enracinent s’opposent à  leur cohésion et à leur efficacité productive.

Nous pouvons aussi évoquer la dégradation progressive des conditions de vie et de travail des tchadiens en service au sein des ambassades, exceptés leurs dirigeants. En outre, au-delà de la coopération bilatérale et multilatérale, les représentations diplomatiques sont au service de la communauté tchadienne résidant dans les pays hôtes, ce qui est une opportunité pour entretenir et valoriser des bons rapports et surtout de s’informer et de se sensibiliser mutuellement en vue de mobiliser tout ce qui est nécessaire et peut être utile pour le progrès du Tchad et le bien être des tchadiens de l’intérieur comme de l’extérieur du pays. Cependant, hormis l’invitation à participer à des festivités nationales, cette opportunité n’est pas saisie par certains ambassadeurs pour en faire un outil de participation à la pacification, au développement et à la construction d’un meilleur avenir pour le Tchad.

La liste des insuffisances est longue : le manque des résultats dans certaines négociations commerciales, l’absence d’une véritable politique de placement et de soutien des tchadiens dans les instances régionales et internationales, la question épineuse des droits de l’homme bien qu’elle serve souvent d’argument de propagande et de prétexte pour vendre des cacahuètes, l’absence d’une politique de promotion de la jeunesse pour diversifier les compétences tout en redynamisant le fonctionnement des ambassades tchadiennes et en préparant une relève efficace…  
 
Enfin, d’une part, la diplomatie tchadienne a été aussi marquée par 40 ans d’opérations du développement dont les résultats restent mitigés. Certaines infrastructures ont été mises en place et ont servi le Tchad mais le fait marquant, c’est  le poids de la dette et les effets dévastateurs des programmes d’ajustement structurel. Par ailleurs, au lieu de servir les intérêts de la population tchadienne, l’appareil national de production a été astucieusement et institutionnellement tourné vers l’extérieur pour approvisionner les économies occidentales. Cet ensemble a créé un contexte socio-économique et politique intenable, voire invivable pour la plupart des tchadiens. D’autre part, la diplomatie tchadienne a vu l’avènement des pratiques modernes de l’exercice du pouvoir politique (démocratie, multipartisme, bonne gouvernance…) mais, dans ce domaine le chemin à parcourir reste long ; l’enracinement de ces pratiques profitable à tous les tchadiens nécessite un environnement sain et sécurisé.

Les succès et les échecs de notre diplomatie n’ont pas été tous évoqués dans le présent article, mais une chose est certaine : la balance penche du côté des défaillances, et l’ordre existant doit changer. Ce n’est pas nous qui le dictons, mais ce sont les circonstances nationales, régionales et internationales qui l’imposent. Les réformes peuvent prendre diverses directions ; notre contribution à l’orientation à donner transparaît au travers de nos analyses antérieures, et les carences ci-haut évoquées ouvrent quelques pistes de réflexion.

Ce qui est certain, quelle que soit la direction que prendront ces réformes, elles devront être ancrées dans des textes législatifs et réglementaires (avec des moyens solides de contrôle de la mise en œuvre) animés par un véritable désir de changement, un esprit d’ouverture et une véritable volonté d’un système socio-économique, culturel et politique juste envers tous les tchadiens. Le nouvel ordre diplomatique tchadien devra aussi tenir compte des défis que pose le contexte local et global actuel, des enjeux qui sous-tendent ces défis, des nouvelles aspirations et des moyens humains, matériels et institutionnels qu’exigent ces dernières.

L’émergence, la croissance et l’efficacité de ce nouvel ordre nécessiteront le sacrifice de l’égoïsme, de l’égocentrisme, de l’égotisme et de la haine de l’autre pour laisser la place à l’intérêt général, à l’altruisme et à l’amour de l’autre au nom de la justice et du bien-être pour tous. Pour asseoir efficacement ce nouvel ordre, le Tchad aura besoin d’autres pays, en l’occurrence les pays africains, et de l’appui des institutions internationales, ce qui rend nécessaire la consolidation de son intégration régionale et internationale.

Talha Mahamat Allim

 

P. S :

Nous constatons avec intérêt que depuis un certain temps, les tchadiens et tchadiennes se sont appropriés le débat sur le fonctionnement de nos institutions en général, et plus particulièrement de nos institutions diplomatiques. Ce qui est une bonne chose. Simplement, il faut éviter les attaques personnelles qui sont contre-productives. Nous avons toujours dit et répété que les attaques contre les personnes ne mènent à rien. Il faut éviter de vous laisser entraîner par certaines personnes mal intentionnées dans l’orientation de débats stériles et continuer vos réflexions constructives sur le Tchad et son avenir sans vous laisser distraire par des réactions inappropriées.

Nous vous suggérons vivement de cultiver le respect de l’autre dans sa différence et réagir avec raison et lucidité quels que soient les thèmes et les circonstances. Mettons en valeur ce qui marche au Tchad, et concentrons-nous sur ce qui ne marche pas pour apporter des propositions afin que les choses puissent changer positivement pour le bien de tous.
 

 

Quelle meilleure stratégie pour faire partir Deby et libérer le Tchad ?

(07/06/10)En observant de près le pouvoir tchadien, il ressort que Deby n’est intéressé que par lui-même et son clan ainsi que la perpétuation de leur pouvoir. Alors la question que l’on peut se poser est celle de savoir sur quoi repose le pouvoir de Deby, et par conséquent comment faire pour affaiblir ce pouvoir et le faire partir pour l’intérêt du Tchad ?

Parmi tous les facteurs que l’on puisse évoquer, trois facteurs me semblent primordiaux  quant à la consolidation et la perpétuation du pouvoir de Deby : la stratégie de la peur, la désorganisation de la rébellion et la présence française. Réfléchir sur la manière de répondre à ces trois piliers du pouvoir de Deby et de son clan me semble être une étape préalable, sinon essentielle, si l’on souhaite un véritable changement politique et un réel progrès socio-économique au Tchad, qui ne peuvent venir que du départ de Deby et de son clan.

Concernant la peur, le point culminant de cette stratégie de Deby, c’est non seulement la culture de la mort pour paralyser tous les bons esprits qui voudraient se soulever contre son pouvoir ne fut-ce que intellectuellement et politiquement sans parler de la révolte armée, mais aussi par un surarmement démesuré pour asseoir un chantage psychologique et une conscience de la mort possible à tout moment sans comptes à rendre à personne.

Quant à la désorganisation de la rébellion, la cacophonie au niveau de la hiérarchie et les luttes de pouvoir ou d’influence ne font que paralyser et rendre inefficaces les tentatives du renversement du pouvoir de Deby. Ce sont des failles que Deby sait utiliser à son profit.

Pour ce qui est de la France, sous prétexte de liens historiques et des accords de protection militaire, elle s’efforce de rester au Tchad pour des intentions cachées qui ne sont rien d’autres que des intérêts économiques et la santé de ces entreprises ainsi que leur préservation quel que soit le tribut payé par la population tchadienne. Elle ne peut garantir ces derniers qu’en soutenant le pouvoir en place malgré sa soi-disant étiquette  de pays des droits de l’homme alors qu’elle soutient un dictateur et despote sanguinaire. Je dirais plutôt que la France est un pays des droits de l’homme chez elle et un  pays d’intérêts chez les autres.

Maintenant que faire ? Un travail de démystification de la peur qui enchaîne non seulement la population mais aussi les politiques, les religieux et les intellectuels de l’intérieur comme de l’étranger, est nécessaire pour que nous puissions devenir courageux afin de remettre cette peur à sa place réelle, car notre liberté passe par la victoire sur la peur cultivée et brandie par Deby et toute sa machine aussi bien politico-matérielle que humaine.

 

Pour accompagner ce travail, il est urgent que la rébellion cesse de jouer avec l’avenir du Tchad,  il faut que ses dirigeants grandissent et cessent de se comporter comme des enfants qui se battent pour des morceaux de pain. Il est temps qu’un leader charismatique et unificateur se dégage au sein de l’opposition armée, prenne ses responsabilités et la destinée du Tchad entre ses mains. Il est aussi impératif que ce leader s’entoure d’une véritable équipe militaire, politique, médiatique, intellectuelle et de lobbyistes aussi bien au niveau du pays que de la sous-région et du monde. Il est nécessaire qu’une nouvelle manière de voir et de fonctionner se dégage et se mette en place. La stratégie militaire doit aussi être repensée en tenant compte de la géographie du Tchad, des sites névralgiques et des moyens en face. Un projet de société bien construit et une campagne intelligemment menée sont nécessaires pour capter tous les mécontents aussi bien du côté de la population (toutes catégories confondues) que de l’armée gouvernementale, sans oublier de construire, alimenter et entretenir des bons rapports avec tous les acteurs individuels, collectifs, privés et/ou gouvernementaux capables d’apporter un véritable soutien à la rébellion à défaut d’une véritable réconciliation juste, équitable et respectueuse de tous.

S’agissant de la France, elle continuera à jouer ce jeu hypocrite et destructeur du Tchad tant que sa présence ne lui coûtera pas chère politiquement, économiquement…. C’est une piste à creuser… Toutes les diasporas tchadiennes peuvent mener une campagne de sensibilisation et de captation de l’opinion française (toutes catégories confondues) de manière répétée et en mettant en avant le lourd tribut (humain, économique, politique, intellectuel, culturel, etc.) payé par les tchadiens suite au soutien de la France à l’égard du pouvoir de Deby et de son système.

Il s’agira de convaincre l’opinion française que cela n’est pas dans l’intérêt de tous les français mais de quelques élites politiques et économiques de la France. Il s’agira aussi de contrer le discours d’un certain courant d’intellectuels français qui s’efforcent de dédouaner la responsabilité de la France dans la misère de l’Afrique en général et du Tchad en particulier en avançant que c’est aux africains d’exiger de leurs dirigeants des changements alors que, en réalité, ces dirigeants tirent leur force et leur longévité du soutien des pays occidentaux, en premier lieu la France, et des rapports quasi mafieux que ces dirigeants entretiennent avec certaines élites occidentales et en particulier françaises. Il est temps que la France et les français changent leur regard et leur attitude à l’égard de l’Afrique et du Tchad en particulier, s’ils veulent vraiment faire honneur à eux-mêmes et à leurs valeurs qu’ils considèrent comme étant universelles : la liberté, la fraternité, l’égalité, les droits de l’homme…

Cela constitue à mon humble avis quelques portes à ouvrir pour que la lumière puisse entrer dans notre chère maison, le Tchad, pour chasser les ténèbres entretenues par Deby, son système et tous ses soutiens.

Djimasra Khamis Waldar

L'ONU est un Monument à l'Incompétence et à l'hypocrisie,

(06/06/10)Il y'a 9 mois plusieurs chefs d'états se sont adressés au Monde a' l'occasion de la 64ieme AG de l'ONU. Quand certains "Néo-colonialistes", "va t'en guerre", pyromanes, corrompus et autres "hors la loi" veulent faire la Morale aux paisibles citoyens de la planète, on peut toujours compter sur l'ONU pour leur offrir une tribune de rêve. Les buts proclamés de l'ONU sont d'œuvrer a' la sécurité, a' la paix, au développement et a' l'avancement du droit de l'homme. A la lumière des résultats, force est de constater que le seul mérite de cette organisation qui a une audience internationale est que les choses seraient pires si l'ONU n'existait pas.

Dans un passé récent des "va t'en guerre" comme Bush et Poutine, des soi-disant révolutionnaires tels que Chavez et Castro, des présidents a' vie comme Bongo, Biya, Housnie et Gaddafie, des "néo-colonialistes" tels que Sarkozy et Blair, des modificateurs de la constitution (pour prolonger leurs mandats) comme Bouteflika, Deby et Tandja, des antisémites tels que Ahmedjinedad et AlBechir, des anti-démocraties comme certains rois du Moyen-Orient, la liste n'est pas exhaustive, ont tous pris parole sur la tribune de l'ONU. En écoutant certains discours vides de sens on dirait que ces derniers prenaient tout le monde pour des dupes. Chacun essayait de cacher ses forfaitures et se donner bonne image, en vain ! Je me permets d'évoquer quelques exemples bizarres: Gaddafie avec son discours grandiloquent, il changeait des sujets en pèle mêle, il sautait de Coq a' l'Ane pendant des heures pour endormir les millions de spectateurs. Ahmadjinedad avec son discours antisémite qui souhaite rayer l'Israël de la carte du Monde. Et Hugo Chavez de commencer par l'expression suivante: " Le Diable vient de prendre parole " en faisant allusion a' George W. Bush etc...
Tout a été dit sur la bureaucratie obese de l'ONU et sa corruption endémique. La liste est aussi longue des massacres, carnages et des génocides auxquels elle a assistés en restant les jambes et bras croisées: Darfour, Bosnie, Kosovo, Srebrenica, Rwanda et tant d'autres. Lire ce petit extrait du livre du General Dallaire Intitulé "J'ai serré la main de diable" pour comprendre quelque chose. Paul Kagamé: " L'ONU pense envoyer une force d'intervention pour des motifs humanitaires. Or, les personnes qui devraient mourir sont déjà mortes... Cette force ne sera bonne qu'a' protéger les criminels au pouvoir, car la communauté internationale se montre incapable de condamner les massacres de centaines de milliers d'innocents...Ma philosophie n'est pas de diviser le Rwanda mais de pourchasser les criminels ou' qu'ils se trouvent ".
Comme a su le dire le président Rwandais, le plus souvent au niveau de l’ONU les agresseurs deviennent les procureurs et les agressés sont transformés en accusés. Au Congo (Zaire), la guerre aurait fait (entre 1998 et 2003) plus de 3 millions de victimes. Elle a fait l’objet de 50 motions en bonne et due forme dans les diverses instances onusiennes. Au Soudan, la guerre civile a fait périr environs un million des personnes depuis 1983. A cela’ s’ajoute les victimes de Darfour depuis 2003. Mais elle a suscite’ qu’autour de 10 motions a’ l’ONU. En d’autres termes, les africains (noirs) peuvent se massacrer dans l’indifférence totale du reste du Monde. Faisons la comparaison : Le conflit Israélo-palestinien avait fait moins de 10 000 morts depuis 10 ans. Mais Israël a été l’objet de 250 motions de condamnation a’ l’ONU. Une question a’ tous les intellectuels du Monde se pose : N’y a-t-il pas la’ comme une grande disproportion ?
Comprenez moi bien, je ne suis pas un pro-israélien. Je voudrais simplement illustrer que l’ONU consacre d’énergie et un temps disproportionne’ par rapport aux autres conflits dans le Monde. Une chose importante a’ savoir. A mon humble avis, de nos jours même si l’Israël sera l’objet de 1000 motions de condamnation, la faible ONU actuelle ne peut rien contre le Tout puissant Israël. A titre d’exemple, le raid meurtrier d’Israël sur un bateau d’aide humanitaire il y’a 2 semaines montre sans l’ombre de doute que l’ONU est un monument a’ l’incompétence face a’ certains conflits et surtout face a’ l’Israël, la Russie et l’USA.
Sinon c’est inconcevable de penser que des personnes dans le besoin se font refuser l’aide humanitaire que la communauté internationale leur envoie. C’est de l’hypocrisie de la part de l’ONU qui laisse Israël faire ce qu’il veut. Les palestiniens sont ostracisés depuis longtemps sans que personne ne fasse absolument rien. Ceci prouve que la plupart des états arabes (dont pas un seul n’est pas une démocratie) se fichent des fois de leurs frères palestiniens. J’imagine que ces « roitelets » du 21ieme siècle qui pensent juste a’ leurs intérêts personnels et leurs dynasties ont compris une chose : Faire d’Israël le bouc-émissaire de tout ce qui va mal au Moyen-Orient pour justifier la répression de leurs propres peuples. Que Dieu me pardonne si j’ai tort.
Concernant l’ONU j’ai pu lire de belles expressions écrites par un commentateur tchadien de pseudo Kourgnal. Je copie ici les idées de ce dernier : Compatriotes, ne croyez pas que l'ONU et tous les organismes qui disant agir pour le bonheur des peuples assaillis par le malheur sont des anges! Certains organismes de bienfaisances (MSF, HCR, WORLD-VISION, ONU-sida, OMS..) agissent pour les biens de leurs cadres et de leurs dirigeants et non pour le seul bien des refugiés et autres hommes en détresse! Ces ONG se sucrent sur le malheur des peuples africains et surtout darfouris et tchadiens. Certains d'eux font de telle sorte que les conflits perdurent pour leurs desseins inavoués. Ils font un bon marché, savamment couvert de la carapace de l'humanitaire. Les forces de paix de l'ONU ont été toujours des "forces " bizarres qui n'ont jamais pu imposer l'ordre dans un Etat en déliquescence. … En effet si l'ONU veut, depuis longtemps le Darfour, le Tchad, le Soudan et la RCA ont déjà eu une paix définitive. L'ONU est minée par des intérêts de grandes puissances (France, Chine, USA, Russie...) qui sauvent leurs intérêts bas sur les tombes des africains. … Les peuples africains doivent renvoyer ces cruels ONG pour décider de leur sort avec leurs propres moyens et leurs propres insuffisances! A quoi sert ces ONG monstres qui font monter la cherté de la vie à Abéché, à Ndjamena, à Sarh et partout où elles passent avec leur 4X4 au GPS et leurs tentes climatisées? Qu'elles aillent au diable!
Pour terminer, vu toutes les raisons évoquées ci-dessous on peut épiloguer que l’ONU est Monument a’ l’incompétence et a’ l’hypocrisie. Nous sommes contents d’apprendre que le contrat de la Munircat prendra FIN en décembre au Tchad. Qu’ils aillent ailleurs pour ne pas dire au diable ! Merci de votre lecture et bonne journée.
Votre ami et frère,
Mahadjir.Fils
Amérique du Nord.

Cher Abbas Bamanga, mon ancien camarade de la rébellion.

 (06/06/10)Mon cher ami, suite à quelques débats auxquels j’ai souvent assisté au sein de notre mouvement, j’aurais appris que on nom circule beaucoup sur le net. Que tu es devenu très célèbre. Alors, je me suis demandé de quelle célébrité il s’agissait ?

A eu regardant de près et te connaissant bien pour avoir milité ensemble au sein de notre rébellion contre le pouvoir sanguinaire de Deby je n’ai pas été surpris par ce que j’ai lu. De toutes les façons, les gens de ton espèce ont été démasqués. Ils nous ont non seulement trahis par le fait qu’ils ont essayé de nous montrer qu’ ils combattent pour la cause générale mais en réalité ils ne pensent qu’à se faire une place au soleil et ils finiront par trahir les autres aussi.

Tu te rappelles des coups de coude et bousculades pour pouvoir progresser discrètement dans la hiérarchie et surtout être quelqu'un au sein des organes dirigeants à l’extérieur. Le reste tu t’en fichais quelque soit ce que sa pourrait coûter à tes camarades de lutte. Voilà les mêmes histoires qui te rattrapent. Quand est ce que tu vas sortir de ta coquille individualiste et égoïste, où il n’y a que toi et ton ego qui ont la meilleur place au lieu de penser au peuple tchadien meurtri et affamé par un régime que tu disais hier combattre. Je suis sûr que en jouant les espions pour Idriss Deby, tu finiras par le trahir comme tu l’as fait pour nous. Tu te crois malin, mais en jouant le double jeu, tu joue avec le feu qui finira par te brûler les ailes. Dieu merci, nous sommes habitués à des mouchards comme toi, mais qui n’ont en rien entamé notre motivation à faire triompher la justice dans notre pays. Je me rappelle qu’en espionnant pour nous contre le pouvoir de Deby, tu nous a maintes fois raconté des bobards qui ont failli nous coûter cher.  Je ne serais pas surpris d’entendre que tu as encore changé de camps pour sauvegarder tes intérêts personnels. Que Dieu nous préserve des agissements des fumistes.

Amicalement, un ancien camarade.

MEH

La coupe du Monde 2010 sera un tournoi agréable!

(31/05/10)D’abord félicitation pour le pays Hôte de cette coupe du Monde 2010 qui est effectivement le pays le plus puissant de l’Afrique avec pour capitale Johannesburg. La première coupe du Monde de Soccer a été joue’ en 1930 a’ Uruguay. 80 ans plus tard, la Fifa a enfin choisi pour la première fois un pays africain. Nous nous en félicitons. Il s’agit de la 19ieme coupe du Monde. 7 pays ont inscrit déjà leurs noms sur la coupe dont le Brésil (5 fois), l’Italie (4 fois), l’Allemagne (3 fois), l’Argentine et l’Uruguay (2 fois chacune) et enfin la France et l’Angleterre (Une fois chacune).
Dans 2 semaines la coupe du Monde va débuter en Afrique du Sud. Tout indique qu’il s’agira d’un événement unique. Comme d’habitude la plupart de grandes puissances du football seront présentes. Même certains pays identifiés comme sans importance se préparent a’ mêler les cartes d’un tournoi dont la finale est prévisible.
Les pays africains ont amélioré leur niveau de Football et le fait de jouer sur leur continent leur donnera une raison supplémentaire de faire Bonne Figure. Le style de jeu de l’équipe de l’Afrique du Sud et son étonnante amélioration ont donne’ a’ penser aux ‘’Experts’’ que l’équipe locale pourrait causer du tracas a’ tous ses adversaires. Rappelons qu’en Rugby l’Afrique du Sud est le meilleur. Espérons qu’elle soit aussi en Football en 2010.
Fait Historique : La Corée du Nord s’est qualifiée pour la première fois depuis la coupe du Monde de 1966 en Angleterre. Elle avait été la révélation du tournoi en 2009, en réalisant l’une de plus grandes surprises de l’histoire avec sa victoire de 1-0 contre la toute puissante Italie. Rappelons qu’en 1994, on regardait sur le MUR géant du cinéma d’Abèche’ la Coupe du Monde. Nous étions tous derrière le Nigeria qui a fait un succès spectaculaire en battant quelques grandes puissances de Football avec de grands joueurs tels que Okacha, Yekini etc… Au 8ieme de finale, on regardait un Match Nigeria contre l’Italie. Le Nigeria menait 1-0 contre l’Italie. Après environs 30 mn de jeu de la première partie, un joueur italien a eu un carton rouge. C’était l’Enthousiasme totale dans le cours du cinéma. Les Italiens en infériorité numérique, c’était fantastique. On croyait que le Nigeria allait gagner cette Match. A notre surprise, vers la fin du Match, malgré que les italiens fussent 10 (un de moins), Roberto Bagio a eu l’occasion de Marquer pour égaliser le score. Ils sont allés en prolongation. Après environs 15mn de jeu, Boom, les italiens ont eu une pénalité. Encore Roberto Bagio qui a tire’ la ‘’penalty’’ pour marquer le BUT de la Victoire et renvoyer les malheureux nigérians HOME ! Donc la Corée du Nord, en battant l’Italie, elle a montre’ ses talents. A quand le succès du TCHAD?
Une petite parenthèse : J’ai eu le temps d’aller regarder la coupe du Tchad 2010 (As-Cot contre BNF de Koumra). Le championnat 2010 a été pris par Gazelle, je crois. Le Match était faible. On dirait que c’étaient deux équipes de la deuxième division de ‘’Boutha de Ndj’’ qui luttaient. Mais pendant les 15mn de la mi-temps, les organisateurs ont laisse’ deux groupes d’enfants en formation de foot pour montrer au public leur talent. Ces enfants qui avaient entre 12 et 15 ans jouaient très bien. Ils ont impressionne’ presque tout le monde. Plus tard, j’ai appris que la fédération tchadienne de football (FTF) est entrain de former ces trentaines des enfants pour relever le défi dans un futur proche. Nous demandons a’ la FTF de ne pas abandonner cette mission noble. On veut un jour que le Tchad soit qualifie’ a’ la coupe du Monde a’ l’Image de la Corée du Nord. D’ici 2018, nous tchadiens, nous sommes obligés de supporter d’autres pays africains durant la coupe du Monde.
Pour terminer, en choisissant l’Afrique du Sud (un pays africain) comme lieu de rencontre de la coupe du Monde 2010, ce tournoi va être l’une de plus grands agréables de l’histoire sportive. Afrique du Sud a tous les amateurs africains de Foot derrière elle (au moins 200 millions des supporteurs). Nous, les africains, souhaitons que l’équipe de l’Afrique du Sud 2010 soit a’ la hauteur de nos ententes plus élevées. Et espérons que le pays africain hôte remporte cette coupe a’ l’image d’Uruguay en 1930, de l’Italie en 1934, d’Angleterre en 1966, d’Allemagne en 1974, d’Argentine en 1978 et de la France en 1998 !
Je vous invite a’ jeter un coup d’œil sur la liste de tous les pays qui ont remporte’ la coupe:
1930- Uruguay (Elle a battu l’Argentine 4-2). Pays hote : Uruguay.
1934- Italie (Elle a battu la Tchécoslovaquie 2-1) Pays hote : Italie.
1938-Italie encore (Elle a battu la Hongrie 4-2) Pays hote : France.
1950-Uruguay (Elle a battu le Brésil 2-1) Pays hote : Brésil. (1942 et 46, le monde est en guerre).
1954-Allemagne (Elle a battu la Hongrie 3-2). Pays hote : Suisse.
1958-Brésil (Il a battu la Suède 5-2) Pays hote : La suède( Elle a tout fait pour venir en Finale, ).
1962-Brésil (Il a battu la Tchécoslovaquie 3-1) pays hote : La Chili.
1966-l’Angleterre (Elle a battu l’Allemagne 4-2) pays hote : l’Angleterre.
1970-Brésil (Il a battu l’Italie 4-1) pays hote : Mexique.
1974-Allemagne (Elle a battu la Hollande2-1). Pays hote : l’Allemagne.
1978-Argentine (Elle a battu la Hollande 3-1) pays hote : l’Argentine.
1982-Italie (Elle a battu l’Allemagne 3-1) pays hote : Espagne.
1986-Argentine (Elle a battu l’Allemagne 3-1) pays hote : Mexique.
1990- Allemagne (elle a battue l’Argentine 1-0) pays hote : Italie.
1994- Bresil (Il a battu l’Italie 3-2) pays hote : Etats-Unis.
1998- France (Elle a battu le Bresil 3-0) pays hote : France.
2002-Bresil (Il a battu l’Allemagne 2-0) pays hote : Japon/Coree du Sud).
2006-Italie (Elle a battu la France par tir au but : 5-3). Pays hote : Allemagne.
Comme on peut le constater 6 pays ont relevé le défi quand la coupe du Monde a été jouée chez eux. La suède, elle, elle a tout fait pour venir en Finale. Donc, l’Afrique du Sud devra aller plus loin dans cette coupe 2010 pour honorer toute l’Afrique. Merci pour votre lecture et bonne journée.
Votre ami et frère,
Mahadjir.Fils
Amérique du Nord.

 

 

Evitons des jugements simplistes et réducteurs pour le bien du Tchad.
Réponse à Outhman Souleyman

Par Talha Mahamat Allim
Genève, Suisse

(26/05/10)Votre conclusion consiste à un appel à militer pour le MPS si l’on veut servir dans la diplomatie tchadienne ; en d’autres termes, " accepter de voir les choses de la même manière que moi, sinon ne dites rien ou dégager". Ce qui constitue une attitude de fermeture d’esprit préjudiciable au débat créatif et constructif dont a besoin notre pays. Ce qui résume en gros votre vision, le reste de votre "lettre" apparaisse comme des prétextes pour arriver à cette unique conclusion.

C’est votre droit d’être partisan du MPS ; reconnaissez aux autres tchadiens le droit d’avoir des opinions différentes des vôtres et/où de ne pas appartenir au MPS. Être membre du MPS n’est pas un critère objectif ou de compétence pour accéder à une profession ou pour servir son pays. L’exercice professionnel ou servir efficacement son pays exige des critères objectifs de compétence, d’excellence, de professionnalisme et de moralité au-delà de colorations politiques, ethniques, etc.

Pour le reste de votre lettre, nous avons déjà répondu à ce que vous soulevez. Par ailleurs, plusieurs questions et différents thèmes ont été abordés dans nos différentes analyses ; ce qui rend votre jugement réducteur et simpliste. Précisons simplement que ce que nous retenons et qui est intéressant, c’est le fait qu’il y a de plus en plus de convergence entre nos réflexions et celles de nombreux tchadiens concernant une certaine vision de l’avenir du Tchad, et surtout la nécessité du changement dans l’organisation, le fonctionnement et la gestion de nos institutions. C’est cela qui est encourageant n’en déplaise aux partisans du statu quo, qui ont une vision étriquée, stéréotypée, classique, statique de nos institutions ; qui usent de tous les moyens, y compris des faux débats, pour éviter une  véritable confrontation d’idées.

Le fait que nous soyons journaliste de formation, ne nous a pas empêché d’acquérir d’autres compétences en l’occurrence dans le domaine du développement, de l’économie, de la gouvernance et de la gestion des ressources naturelles, et mieux encore d’avoir une expérience professionnelle solide dans le domaine de la diplomatie et des relations internationales. Ce bagage intellectuel et professionnel nous a permis de prendre conscience des dysfonctionnements qui ont fait l’objet de nos différents articles et d’explorer des pistes pour y remédier afin d’apporter notre modeste contribution pour le progrès de notre pays.

Chacun à son niveau, en tant que citoyen, peut apporter sa contribution dans la construction de notre pays quelque soit son niveau de savoir et de savoir-faire.  Ce qui importe, c’est le caractère constructif, pertinent et cohérent de cette contribution. Il ne s’agit pas d’une compétition des niveaux de connaissances dans laquelle on jouerait à qui a plus de connaissances que les autres dans tel ou tel autre domaine. Ce qui serait absurde et insensé étant donné que nul n’a le monopole de la connaissance et que personne ne peut prétendre épuiser un domaine quelconque du savoir.
Talha Mahamat Allim

Discussion autour des dysfonctionnements de l’ambassade du Tchad à Genève : Faut-il réformer notre système diplomatique ?

(26/05/10)Le débat autour de la problématique du système diplomatique tchadien par l’entremise de nos ambassades mérite une attention particulière.  Notre frère Talha Mahamat a été à la hauteur du débat engagé et sa réponse raisonnable au message émotif de notre « ambassadeur » Abakar Alboughary démontre à suffisance sa  respectabilité. Il a été cohérent, mesuré, courtois, responsable et digne d’un fils de Toumaï. Je lui tire mon chapeaux.

La diplomatie comme on le sait, est l'art de défendre et de promouvoir les intérêts d’un pays, de cultiver des relations fécondes avec les autres Etats et d’œuvrer au triomphe de la justice et de la paix entre les peuples. Quand les passions sont déchaînées et que les hommes deviennent vraiment déraisonnables, sa mission est d’œuvrer à les cantonner dans les limites du tolérable, d'éviter l'irréparable et, sans plus tarder, à participer à toute entreprise de bonne volonté destinée à préparer le retour à la paix et à la sérénité entre les nations en conflit.

Cependant, la politique étrangère relève du domaine réservé du Chef de l’Etat qui a le choix en dehors du cadre officiel d’obtenir des conseils appropriés auprès de qui de droit, pour préserver les intérêts du pays. Il ne s’agit pas d’une exclusivité des ministres ou des ambassadeurs. Aussi, chaque citoyen a le droit de s’exprimer sur le fonctionnement et la gestion de nos structures publiques qui doivent être conforme aux intérêts du Tchad mais non pas des individus.

Il est vrai que dans les ambassades du Tchad à l’étranger, et à ce titre, l’exemple de Genève est éloquent ; le plus souvent nos ambassadeurs confondent allégrement la gestion publique et privée des ressources financières et humaines. Certains des dysfonctionnements constatés s’expliquent par l’incompétence intellectuelle, professionnelle et morale de ces ambassadeurs. C’est pourquoi, ils excellent dans la fourberie et l’hypocrisie et tentent par tous les moyens (corruption, manipulation, division, utilisation des individus issus des structures associatives apolitiques) pour d’étouffer en vain ceux qui ont eu le courage de dénoncer ces pratiques et d’affirmer raisonnablement tout haut ceux que les autres pensent tout bas.

J’estime qu’il est important de situer les responsabilités individuelles dans la gestion de nos institutions diplomatiques dans la mesure ou dans plusieurs cas, ce sont les chefs de missions qui commettent des actes contraire aux normes de la République et qui sont poursuivable  pénalement. Il ne faut pas sous estimé les responsabilités individuelles, parce qu’ on tendance à mettre sur le dos du Président de la République des actes individuels que leurs auteurs se justifient par les fameuses « instructions venant d’en haut ». A Talha comme aux autres tchadiens qui mettent en avant l’intérêt général, il ne faut surtout pas céder aux intimidations et autres campagnes de désinformation et d’intoxication des apprentis diplomates en mal d’assise sociale. Vos contributions font énormément du bien au Tchad et aux tchadiens.

J’ajoute que les dysfonctionnements dans nos ambassades, pertinemment développés par notre ami Talha dans ses différentes réflexions font des ravages pour le Tchad et doivent préoccupés le gouvernement tchadien au plus haut sommet. Au-delà de la dimension politico-économique, ils ébranlent la culture tchadienne, désorganise le lien social entre tchadiens vivant à l’extérieur et met à mal les vertus de nos traditions. Si le gouvernement prend en compte les contributions de nombreux tchadiens quant à la méthode de gouvernance dans chaque secteur de l’Etat, eh bien, le Tchad améliorera ses performances et répondra ainsi aux attentes de ses populations. Je pense que le débat d’idées est la meilleure option  pour le Tchad de cheminer vers la modernité . J’encourage tout tchadien à aller dans ce sens.

A partir des analyses faites sur le fonctionnement inadapté des structures diplomatiques tchadiennes, la question maintenant est de savoir quelles réformes faut-il apporter aux structures de l'outil diplomatique et plus spécifiquement quels moyens matériels et humains faut-il préparer et mettre progressivement en oeuvre en vue de faire face aux défis de la diplomatie tchadienne du 21ème siècle. A la question de savoir ; faut-il réformer le système diplomatique tchadien ? la réponse est incontestablement oui. Il faut commencer à partir des propositions déjà existantes et aller plus en profondeur.

Pour ce qui concerne la définition de la politique étrangère, de ses choix, de ses orientations et de ses champs d'action, elle relève de la compétence du pouvoir politique. Dans tous les cas, l'appareil étatique doit être prêt pour mettre en oeuvre cette politique étrangère quelle que soient ses dimensions.

Ces réformes qui seront engagés doivent faire l’objet d’un débat de l’ensemble des acteurs du système diplomatique tchadien afin que l’implication de tous puisse produire des résultats à la hauteur des attentes nationales et insuffler ainsi une nouvelle dynamique diplomatique à même de répondre aux enjeux et défis du moment.

Malgré la chaleur implacable qu’il fait actuellement à N’djamena, permettez moi de terminer mon propos en rendant un hommage mérité à notre frère Talha. Je suis impressionné et admiratif de son talent et de sa sagesse. Il a laissé de côté tous les aspects personnel, les injustices le touchant directement pour ne focaliser que sur le fond du sujet depuis un an maintenant. C’est vraiment tout à son honneur.

Ali Idriss Abderamane
N’djamena

 

 

L’expulsion du Dr. Khalil, une leçon pour les mouvements rebelles des deux pays respectifs.

(21/05/10)Depuis plusieurs années, les deux monarques ennemis, Idriss Deby du Tchad et Oumar Hassan  El-Bechir du Soudan se livraient à une guerre indirecte, car par rebelles interposés. Idriss Deby soutenait les rebelles soudanais non pas pour les aider à s’emparer du pouvoir au Soudan, mais comme un objet de chantage contre le régime d’El-Bechir qui ne cessait, lui aussi, de soutenir militairement et logistiquement les résistants tchadiens opérant à partir de la région soudanaise du Darfur.
Cependant, cette guéguerre entre les deux régimes respectifs était perçue au départ comme un simple amusement. Pourtant, elle finit par prendre des proportions incontrôlables et incontrôlées qui ont failli se solder par la victoire de l’un des deux belligérants. Rappelons que les rebelles tchadiens portèrent la guerre au cœur de la capitale tchadienne à deux reprises (avril 2006 et février 2008). Ayant survécu de justesse aux deux attaques éclaires, Idriss Deby tente de se venger en armant les rebelles du MJE jusqu’aux dents. Ceux-ci mènent à leur tour une opération périlleuse en parcourant plus d’un millier de kilomètres pour lancer l’assaut époustouflant de Khartoum le 13 mai 2009. L’opération se solde par l’échec des hommes du Dr. Khalil, mais son écho se propage à travers le monde entier, faisant de son chef la vedette des médias.
Sur le plan politique, les rebelles du Darfur réussissent également à faire coller au président soudanais un mandat d’arrêt du Tribunal pénal international (TPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
De ces événements, les deux autocrates tirèrent la conclusion qu’ils n’avaient que trop joué avec le feu et que leurs querelles de clocher avaient besoin d’être réglées urgemment; il y va de la survie de leurs régimes dont la légitimité est continuellement contestée  par leurs rebelles respectifs.
            Apparemment, c’est Idriss Deby qui semble avoir compris le premier que ce conflit ne profite qu’aux rebelles; car, à défaut d’avoir  neutralisé son adversaire à temps, ID se rendit compte qu’il risque d’être happé par les flammes de l’incendie dont il est en partie pyromane.
Alors, il lui faut une paix des braves. Une paix à la Deby ne passe nullement par l’ouverture d’un dialogue inclusif avec l’opposition tchadienne. En effet, qui dit dialogue sous-tend  nécessairement un consentement mutuel entre toutes les parties en conflit, entrainant un consensus et une gestion partagée du pays. Or, une telle approche pacifique est incompatible avec la conception même de la paix du président Deby. Pour celui-ci, le concept de la paix n’est rien d’autre qu’une absence de bruit des bottes perceptible au-delà des frontières. Par conséquent, une simple politique du CFA (carotte) et du fusil (bâton) est amplement suffisante pour ramener la « paix » au Tchad sans accorder la moindre concession à qui que ce soit. N’est-ce pas grâce à cette politique que l’opposition démocratique s’est progressivement éteinte de mort lente après l’assassinat de son porte-parole, le Dr. Ibni Oumar Mahamat Saleh?
Aussi, puisque le divorce idéologique avec le président El-Bechir est la conséquence directe de son soutien militaire et logistique au MJE, ne suffit-il pas de sacrifier son allié d’hier, Dr. Khalil Ibrahim et son mouvement pour qu’on le laisse en paix? Sachant qu’ID n’est ni fidèle en amitié, ni en parole donnée,  encore moins reconnaissant envers ceux qui lui ont rendu service, le rebelle soudanais ne représente qu’un faire-valoir à ses yeux. Dr. Khalil qui était pourtant perçu comme un homme intelligent et un fin stratège politique n’a pas vu le coup venir cette fois-ci.
 Pour une fois, on peut dire sans risquer de se tromper que la ruse a eu raison de l’intelligence.
Ainsi, contre toute attente, ID débarque à Khartoum  et promet solennellement au président soudanais de lui remettre, en mains propres, la peau de l’ours (Khalil), si seulement ce dernier cesse de soutenir militairement les « mercenaires tchadiens » qui tentent de déstabiliser son régime. « À toi de jouer le premier! » Lui aurait lancé son homologue soudanais. De retour au Tchad, ID n’avait qu’une idée en tête : poser des actes concrets pour réaliser la promesse faite à El-Bechir : sacrifier le MJE à l’autel du silence. Comme Dr. Khalil refusa catégoriquement de cautionner l’initiative de paix à la Deby, le président Deby décida de lui faire payer l’affront en le décrétant persona non grata au Tchad. En expulsant le chef du MJE et sa suite vers la Libye, le « Chadian idol» vient ainsi d’esquisser sa dernière danse de démonstration de « loyauté ». Il faut lui tirer quand même chapeau, car pour une fois, ID vient de tenir parole, fût-il sinistrement au grand dam des rebelles.
À l’heure qu’il est, les yeux sont donc rivés vers Khartoum, puisque la balle est désormais dans le camp du président soudanais qui est censé rentrer dans la danse incessamment.
À bon entendeur, salut!

La rédaction du cnrdutchad

 

Du débat politico-diplomatique au Tchad :
quelles limites entre l’individu et la fonction qu’il assume ?
Réponse à mon frère Abakar Alboughary

Par Talha Mahamat Allim
Genève, Suisse

 

(19/05/10)C’est avec beaucoup d’intérêt que nous avons lu votre intervention en guise d’un petit conseil dans ce qu’on peut qualifier du dossier Ambassade, Mission permanente du Tchad à Genève.

Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à nos écrits constructifs comme vous le dites et de votre appui, ce qui augure une prise de conscience prometteuse pour le Tchad.  Vous avez fait une observation tout à fait légitime, et c’est avec un grand plaisir et guidé par la raison et le bon sens qui nous ont toujours animé que je vous apporte quelques précisions.

Nous nous réjouissons du fait que vous avez mis en évidence le caractère constructif et utile de nos articles. Ce qui vous gène, c’est le fait que nous puissions continuer à écrire sur l’ambassade du Tchad à Genève. Comme vous le remarquez, nous avons bien dit ambassade et non pas ambassadeur. En effet, tout être humain a deux dimensions : la dimension privée et la dimension publique. Et jusqu’ici, malgré les tentatives de certains de nous amener dans la sphère privée, nous ne nous sommes intéressé qu’à la dimension publique symbolisée par la fonction exercée dans l’espace publique qu’est l’ambassade.

Le fait de continuer à écrire sur les dysfonctionnements de cette institution publique  est lié à la persistance de l’inaction face à ces derniers ; on n’arrête pas le traitement tant que la maladie n’est pas guérie, et les mêmes causes produisent les mêmes effets.  Ceux qui perçoivent ou tentent de ramener nos articles sur le terrain personnel sont ceux  qui confondent l’individu et l’institution publique. Cette confusion émane d’une vieille habitude de gérer une institution publique comme une entreprise familiale et de faire disparaître cette institution derrière la personne. Alors, nous comprenons que le fait de relever les défaillances de l’institution puisse heurter certaines personnes qui se confondent avec les institutions. Il y a une différence entre l’individu en tant que tel et la manière dont une institution publique doit être gérer sans oublier les exigences que requiert l’efficacité de cette dernière.

Comme vous l’avez dit vous même, l’objectivité est primordiale. De ce fait, il ne serait pas objectif de parler de tout le système diplomatique tchadien à travers le monde, alors que nous ne disposons pas des données portant sur les faits concernant toutes les ambassades tchadiennes au monde.  Il incombe à ceux qui sont au contact des faits dans ces autres ambassades d’en parler, et nous pourrons donner notre point de vue au regard de ce qui se passe à Genève de manière à faire émerger une vision globale de notre système diplomatique. Précisons, en passant, qu’un pêcheur vérifie régulièrement ses filets. Quand il y a des mailles qui se sont déchirées, il s’atèle à les réparer pour que son filet puisse mieux fonctionner jusqu’à ce qu’il est les moyens d’acheter un nouveau. De notre côté, nous nous efforçons à chercher la réparation de la  "maille" de Genève. Notre bras n’est pas suffisamment long pour chercher à atteindre la réparation des mailles qui se trouvent à l’autre côté du "filet diplomatique".
Notre intime conviction est que c’est la bonne démarche, au regard du contexte actuel et de la fidélité au principe de l’objectivité. Cela est confirmé par les témoignages de la part de nombreux tchadiens de l’intérieur que de la diaspora pour nous encourager à poursuivre dans la même direction ; et nous tenons ici à réitérer toute notre profonde reconnaissance à ces compatriotes qui s’intéressent de plus en plus à l’état et l’avenir de notre pays.

Nous réaffirmons ici que l’engouement citoyen, visible à travers ces témoignages et les nombreux écrits sur le Tchad, exprime une avancée significative d’une conscience collective, solidaire et responsable ainsi qu’une bonne connaissance des réalités du moment aussi bien politico-économiques que socioculturelles et diplomatiques. L’heure n’est plus à l’époque où la population était maintenue volontairement dans l’ombre par ceux qui profitaient du système. Et, mon cher Abakar, cela dérange ; et souvent ceux qui se sentent visés n’ont d’autre argumentaire que la réduction du débat d’idées à une dimension personnelle, simpliste voire sentimentale et de faire tout pour ramener la réflexion à un objet non essentiel. On peut appeler cela de la distraction stratégique à la manière des magiciens spécialistes de l’illusion , qui vous amènent à fixer votre attention ailleurs où rien ne se passe pour ne pas regarder là où il faut et où les choses se passent réellement. Nos "magiciens" de la politique sont embêtés par le fait que de nombreux tchadiens ont compris cette tactique et tombent de moins en moins dans leur piège. Alors, n’attendez pas de moi d’y tomber.

Lorsqu’une défaillance est mise en évidence et qu’il n’y a pas de suite donnée, on a tendance à ne plus en parler. Ce qui permet à ceux qui ne veulent pas que les choses changent de continuer à agir comme d’habitude. Réduire le débat à la dimension personnelle et  faire semblant de ne rien voir ni rien entendre malgré les interpellations est une stratégie sournoise pour décourager et réduire au silence l’autre. Ce piège a merveilleusement fonctionné depuis des années et qui risque de persister si nous continuons à l’alimenter.

Cette mise au point étant faite, nous vous rappelons que nous avions déjà commencé à écrire en étant toujours en fonction à l’ambassade face au refus de dialogue et de recherche de solutions aux dysfonctionnements mis en évidence à travers la concertation. De ce point de vue, ce n’est pas la fin de nos fonctions qui a motivé nos articles. Et nous nous sommes toujours intéressé au contenu qu’au contenant, à la fonction et ses exigences face à l’évolution du contexte, des enjeux et des défis à relever qu’à l’individu en tant que tel.

Si vous relisez tous mes articles du premier "quelles réformes pour une diplomatie de développement au Tchad ?" jusqu'au dernier  "dysfonctionnements de l’ambassade du Tchad à Genève. Quels enseignements tirer de la démarche suisse face aux défaillances de son bureau de coopération à N’djamena ?",  vous vous rendrez compte que nous nous sommes efforcés de garder une approche objective, méthodique et cohérente, voire pédagogique, en montrant où se situaient les défaillances et quelles étaient les pistes pour y remédier. Nous nous inspirons de plus en plus de l’actualité sur le Tchad que nous essayons de replacer dans le contexte de l’ambassade. C’est dans cet esprit que s’inscrit notre dernier article sur les mesures prises par la Suisse face aux défaillances de son bureau de coopération au Tchad ; des mesures de bon sens qui nous a toujours guidé dans nos réflexions.

Cher Abakar, soyez rassuré. S’il y a certaines personnes qui se sentent visées à titre personnel, ce n’est pas notre intention, car notre éthique spirituelle musulmane à la quelle nous sommes fortement attaché ne nous l’autorise pas et notre éducation de base non plus. Nos valeurs reposent entre autres sur le respect de l’autre et cela ne signifie pas accepter n’importe quoi.
Nous nous sommes toujours efforcé de garder une certaine hauteur et une éthique professionnelle dépassant le cadre personnel.

Nous profitons de l’occasion pour attirer l’attention de nos lecteurs qu’on a de plus en plus tendance à nous attribuer des articles que nous n’avons pas écrits. Précisons que nous avons toujours signé nos articles et mentionné nos coordonnées. Pour clore, cher Abakar, quelles sont les limites entre la fonction républicaine et la personne privée qui l’assume ? Est-ce que s’en prendre aux défaillances d’une institution publique, c’est s’en prendre à une personne ? S’en prendre à la politique du chef de l’Etat, est-ce cela signifie s’en prendre à la personne du président Deby ? Dénoncer la conduite de l’Etat par le premier Ministre du Tchad, est-ce s’attaquer à la personne de Monsieur Nadingar ? Dénoncer certaines pratiques d’un ambassadeur dans sa fonction, est-ce s’en prendre à la personne de l’ambassadeur ? Nous vous laissons le choix d’en débattre ; et vous remercions encore une fois de votre interpellation. Si on s’en tient au fond d’un sujet, on aura avancé et le pays aura gagné …

Nous faisons nôtre la démarche souhaitée par la rédaction du site Ambenatna dans son article Intitulé « une diplomatie d’investissement requiert un environnement saint et sécurisé » à savoir :

si chacun d’entre nous apporte son analyse critique pour une meilleure gestion dans son domaine d'activité. Ce serait tout simplement bénéfique pour toute la nation. Le débat d'idées, il n'y a pas mieux car on arrive toujours, après synthèse, à retenir la meilleure pour l'intérêt général. Ainsi donc, les Médecins, les Enseignants, les Etudiants, les Travailleurs (fonctionnaires, privée), les Avocats, les Transporteurs, les Sportifs, les handicapés et mutilés de guerres, les Commerçants et chefs d'entreprises, les Transitaires, les Associations féminines, les Associations religieuses, les Associations des droits de l'homme, les Environnementalistes, les diplomates, les Médias, .... doivent s'y mettre pour apporter leurs contributions. Le développement d'un pays nécessite l'implication de tous et tout le monde aujourd'hui peut prendre la parole sans attendre pour donner son avis. Il revient ensuite à ceux qui ont la responsabilité étatique de trouver les voies et moyens pour recueillir ces avis, les trier, les optimiser et les proposer à qui de droit.

Il est évident que les chantiers sont nombreux. Il importe à chaque tchadien et tchadienne de s’engager dans sa sphère de compétence, avec détermination et cohérence, et  permettre ainsi l’accélération et l’accompagnement du processus de transformation socio-économique et politique du pays. C’est avec des femmes et des hommes conscients et engagés qu’il faut construire l’avenir du Tchad, sans naïveté, ni manipulation, mais avec confiance et détermination.
   
Talha Mahamat Allim

 

Ambassade du Tchad à Genève : Monsieur Bamanga soyez un peu raisonnable

Ambassade du Tchad à Genève : Monsieur Bamanga soyez un peu raisonnable

 

(17/05/10)C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu la comparaison assez édifiante faite par Talha Mahamat Alim des défaillances relevées par la presse suisse en ce qui concerne la direction du développement et de la coopération suisse au Tchad avec celles de l’ambassade du Tchad à Genève. on observe que des mesures ont été prises par la Suisse pour remédier à cette situation alors que celles du Tchad sont toujours dans l’attente. Mais cela n’est pas le sujet sur lequel j’aimerais vous entretenir. 

Ce que je voudrais relever ici, c’est le développement chez l’ambassadeur du Tchad à Genève d’un « nombrilisme » préjudiciable à l’image du Tchad, à la communauté tchadienne en Suisse et à la notoriété que cherche à acquérir la diplomatie tchadienne. Je considère qu’il ne faut pas entretenir une naïveté politique qui rend sourd aux arguments objectifs et s’oriente lentement vers un délitement de nos capacités respectives d’échanges constructifs et féconds.

En effet, monsieur Bamanga ne cesse de suspecter les tchadiens de Suisse en contact avec notre compatriote Talha de militants ou sympathisants de la rébellion. Avec qui il est ? quels sont ses contacts ? qui lui a rendu visite ? ou était-il ?
En réalité, de quoi l’ambassadeur du Tchad à Genève a-t-il peur ? pourquoi cette fragilité ?

Franchement, notre ambassadeur ferait mieux d’aller servir à l’Est du Tchad entre Adré et Goz Beida, il rendra ainsi un grand service au Chef de l’Etat et à son gouvernement. Au cœur des instances internationales des droits de l’homme à Genève, on croirait au Tchad dans une époque à jamais révolue, l’époque de la triste DDS, quel paradoxe ? Quel beau service rendu au camp adverse ! M. Bamanga se trompe lourdement des cibles et ses attitudes deviennent insupportables pour nous tchadiens de Suisse. Je crois qu’il ferait mieux d’intimider par ses discours ses collaborateurs directs que la petite colonie tchadienne en Suisse qui est paisible, sereine et dynamique dans sa contribution multiforme pour le Tchad. 

Qu’il remercie le Seigneur et M. Timane Erdimi par le canal des intermédiaires « ruskof », càd les anciens étudiants tchadiens en Russie dont certains sont décédés, paix à leurs âmes, d’être dans un lieu ou aucun de ses compatriotes ne vienne lui demander quoi que ce soit. Il fait ce qu’il veut, tout en sachant qu’il rendra de compte un jour à la collectivité nationale en tant que responsable d’un servie public, même s’il est aujourd’hui sourd aux remarques et observations des tchadiens de Suisse. M. l’ambassadeur, face à cette atmosphère délétère et pour clarifier cette situation de suspicion, j’espère que vous organiserez une rencontre avec la colonie tchadienne en Suisse et vous nous en entendrez directement et officiellement tout en soutenant notre compatriote Talha dans sa démarche constructive pour le Tchad. Cette diplomatie de la proximité et de l’échange direct avec ses compatriotes me paraît une démarche intéressante et constructive. M. l’ambassadeur, il faut apprendre à réapprendre le sens de la diplomatie, le sens de la confiance en soi et en autrui. Cela demande des efforts importants qu’il serait impératif de le faire.

Tous les tchadiens de Suisse connaissent notre compatriote Talha avant la réouverture de l’ambassade et votre arrivée à Genève. Ce n’est pas aujourd’hui qu’ils vont se distancer de lui à cause des accusations farfelues, infondées et hypocrites. J’insiste avec force que notre compatriote Talha fait partie des tchadiens au-delà de multiples services qu’il rend à ses compatriotes en Suisse et qu’il continue de le faire hier comme aujourd’hui, est un père de famille responsable, respectable et digne. Malgré la situation sociale dans laquelle lui et sa famille se trouve depuis un an, il n’a de cesse assumer son rôle de chef de famille et de citoyen actif avec responsabilité et dignité au service de son pays. C’est pourquoi, je lui dois ici tout mon respect. Je vous exprime également ma compassion et ma solidarité ainsi que mes souhaits de prompt rétablissement à votre fils qui vient de subir une opération. Comme vos collègues africains l’ont exprimé lors d’une rencontre à laquelle j’ai eu l’honneur de prendre part, nous, en tant que tchadiens, sommes fier de vous et de vos qualités humaines, professionnelles et spirituelles.

Cher compatriote Talha Mahamat Alim, continuez votre engagement citoyen, vos efforts de clarification  et de communication, votre résistance aux injustices, aux mensonges politiques avec détermination et sagesse comme vous l’avez toujours faits. L’avenir appartient à ceux qui luttent dignement et qui font preuve de réconciliation au nom de la dignité humaine, des droits humains et de la justice souvent bafoués sur l’autel des calculs politiciens, des intérêts égoïstes et de l’hypocrisie pousser à l’extrême. La vie n’est pas éternelle, encore moins le poste de responsabilité publique.
Mahamat Abdallah
Suisse

C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu la comparaison assez édifiante faite par Talha Mahamat Alim des défaillances relevées par la presse suisse en ce qui concerne la direction du développement et de la coopération suisse au Tchad avec celles de l’ambassade du Tchad à Genève. on observe que des mesures ont été prises par la Suisse pour remédier à cette situation alors que celles du Tchad sont toujours dans l’attente. Mais cela n’est pas le sujet sur lequel j’aimerais vous entretenir. 

Ce que je voudrais relever ici, c’est le développement chez l’ambassadeur du Tchad à Genève d’un « nombrilisme » préjudiciable à l’image du Tchad, à la communauté tchadienne en Suisse et à la notoriété que cherche à acquérir la diplomatie tchadienne. Je considère qu’il ne faut pas entretenir une naïveté politique qui rend sourd aux arguments objectifs et s’oriente lentement vers un délitement de nos capacités respectives d’échanges constructifs et féconds.

En effet, monsieur Bamanga ne cesse de suspecter les tchadiens de Suisse en contact avec notre compatriote Talha de militants ou sympathisants de la rébellion. Avec qui il est ? quels sont ses contacts ? qui lui a rendu visite ? ou était-il ?
En réalité, de quoi l’ambassadeur du Tchad à Genève a-t-il peur ? pourquoi cette fragilité ?

Franchement, notre ambassadeur ferait mieux d’aller servir à l’Est du Tchad entre Adré et Goz Beida, il rendra ainsi un grand service au Chef de l’Etat et à son gouvernement. Au cœur des instances internationales des droits de l’homme à Genève, on croirait au Tchad dans une époque à jamais révolue, l’époque de la triste DDS, quel paradoxe ? Quel beau service rendu au camp adverse ! M. Bamanga se trompe lourdement des cibles et ses attitudes deviennent insupportables pour nous tchadiens de Suisse. Je crois qu’il ferait mieux d’intimider par ses discours ses collaborateurs directs que la petite colonie tchadienne en Suisse qui est paisible, sereine et dynamique dans sa contribution multiforme pour le Tchad. 

Qu’il remercie le Seigneur et M. Timane Erdimi par le canal des intermédiaires « ruskof », càd les anciens étudiants tchadiens en Russie dont certains sont décédés, paix à leurs âmes, d’être dans un lieu ou aucun de ses compatriotes ne vienne lui demander quoi que ce soit. Il fait ce qu’il veut, tout en sachant qu’il rendra de compte un jour à la collectivité nationale en tant que responsable d’un servie public, même s’il est aujourd’hui sourd aux remarques et observations des tchadiens de Suisse. M. l’ambassadeur, face à cette atmosphère délétère et pour clarifier cette situation de suspicion, j’espère que vous organiserez une rencontre avec la colonie tchadienne en Suisse et vous nous en entendrez directement et officiellement tout en soutenant notre compatriote Talha dans sa démarche constructive pour le Tchad. Cette diplomatie de la proximité et de l’échange direct avec ses compatriotes me paraît une démarche intéressante et constructive. M. l’ambassadeur, il faut apprendre à réapprendre le sens de la diplomatie, le sens de la confiance en soi et en autrui. Cela demande des efforts importants qu’il serait impératif de le faire.

Tous les tchadiens de Suisse connaissent notre compatriote Talha avant la réouverture de l’ambassade et votre arrivée à Genève. Ce n’est pas aujourd’hui qu’ils vont se distancer de lui à cause des accusations farfelues, infondées et hypocrites. J’insiste avec force que notre compatriote Talha fait partie des tchadiens au-delà de multiples services qu’il rend à ses compatriotes en Suisse et qu’il continue de le faire hier comme aujourd’hui, est un père de famille responsable, respectable et digne. Malgré la situation sociale dans laquelle lui et sa famille se trouve depuis un an, il n’a de cesse assumer son rôle de chef de famille et de citoyen actif avec responsabilité et dignité au service de son pays. C’est pourquoi, je lui dois ici tout mon respect. Je vous exprime également ma compassion et ma solidarité ainsi que mes souhaits de prompt rétablissement à votre fils qui vient de subir une opération. Comme vos collègues africains l’ont exprimé lors d’une rencontre à laquelle j’ai eu l’honneur de prendre part, nous, en tant que tchadiens, sommes fier de vous et de vos qualités humaines, professionnelles et spirituelles.

Cher compatriote Talha Mahamat Alim, continuez votre engagement citoyen, vos efforts de clarification  et de communication, votre résistance aux injustices, aux mensonges politiques avec détermination et sagesse comme vous l’avez toujours faits. L’avenir appartient à ceux qui luttent dignement et qui font preuve de réconciliation au nom de la dignité humaine, des droits humains et de la justice souvent bafoués sur l’autel des calculs politiciens, des intérêts égoïstes et de l’hypocrisie pousser à l’extrême. La vie n’est pas éternelle, encore moins le poste de responsabilité publique.
Mahamat Abdallah
Suisse

 

Dysfonctionnements de l’ambassade du Tchad à Genève. Quels enseignements tirer de la démarche suisse face aux défaillances de son bureau de coopération à N’djamena ?

Par Talha Mahamat Allim
Genève, Suisse

(13/05/10)En date du 11 mai 2010, l’Agence Télégraphique Suisse (ATS)  a publié un article mettant en évidence des défaillances dans le fonctionnement de la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC) au Tchad. Cet article intitulé "Le Ministère public va enquêter sur le bureau de la DDC au Tchad", a été repris par de nombreux journaux suisses dont Tribune de Genève et Le Matin ainsi que de nombreux sites Internet tchadiens.

Les informations fournies dans cet article ont été confirmées et complétées par  le directeur résident du Bureau de la Coopération suisse au Tchad, dans une note adressée aux sites Internet tchadiens qui ont publié l’article de l’ATS.

Ce que nous pouvons retenir en ce qui nous concerne, c’est la démarche administrative entreprise pour repérer ces défaillances et y remédier. Un audit avait permis de mettre en lumière «  de "gros trous" en matière de finances et de personnel au sein du bureau de la coopération de la DDC à N'Djamena ». A l’issue d’une visite au Tchad, la cheffe du Département fédéral suisse des affaires étrangères Micheline Calmy-Rey a constaté l’existence de ces problèmes ; elle a formulé des recommandations à la DDC, des modifications ont été apportées et le personnel sur place remplacé. La persistance de certaines défaillances a amené la cheffe du Département à ordonner une enquête administrative qui serait déjà clôturée et les recommandations mises en œuvre depuis le 30 mars 2010 (selon le directeur résident du Bureau de la Coopération suisse au Tchad).

Le bon sens voudrait que ce genre de démarches soient entreprises à l’égard des institutions publiques tchadiennes où des défaillances ont été mises en évidence. Le cas qui nous interpelle le plus, c’est celui de l’Ambassade, Mission permanente du Tchad à Genève au regard des dysfonctionnements relevés dans nos articles antérieurs. Ce qui est frappant, c’est que des défaillances existent dans les structures publiques respectives des deux pays : une structure de coopération suisse au Tchad et une ambassade tchadienne en Suisse ; à la différence que la Suisse a fait le nécessaire pour y remédier alors que le Tchad est resté dans l’immobilisme.

Aucun audit, aucune enquête administrative, aucune visite des autorités hiérarchiques compétentes n’a été faite pour se rendre compte des dysfonctionnements de notre ambassade en vue de leur trouver des solutions pour l’intérêt national. On se contente de se fier aux méthodes, pardonnez l’expression, de "voyous" qui reposent principalement sur la désinformation, la calomnie, la manipulation, la stigmatisation, la fuite en avant au lieu de regarder en face les véritables problèmes et questions posés.

Pendant qu’en Suisse on fait tout pour ne pas jouer avec l’argent du contribuable, au Tchad, on s’amuse avec les fonds publics. La Suisse change le personnel suite aux défaillances constatées, en vue d’améliorer le fonctionnement de ses structures ; au Tchad, ce sont ceux qui mettent en évidence les problèmes et qui essayent de trouver des voies de sortie, qui sont mis à l’écart ou mutés. Cette attitude, qui ressemble plus à une "mafia" institutionnalisée, n’aide pas le Tchad dans sa quête de la paix, du développement et de la modernité ; et ceux qui s’y adonnent ne sont pas pour les tchadiens mais contre eux.

Certes, le Tchad et la Suisse n’ont pas la même histoire, ni la même expérience de gouvernance, ni le même état d’esprit de justice ; mais il n’empêche qu’on puisse regarder dans la même direction de la gouvernance et de la justice. Aucune bâtisse ne tombe du ciel, il faut toujours commencer par la pose d’une première pierre pour espérer construire tout l’édifice. A nous tous, tchadiens et tchadiennes, de poser les premières pierres dans tous les compartiments de la vie de notre pays pour que les générations futures  puissent  poursuivre la construction de notre nation sur des fondations solides. Sinon, à chaque tentative de construction, l’édifice va s’écrouler, et cela indéfiniment.

Certaines autorités tchadiennes se bornent à répliquer par l’expression " le chien aboie et la caravane passe". Cela n’est pas le signe d’une sagesse, mais plutôt une marque d’étroitesse d’esprit et d’irresponsabilité. Précisons tout simplement qu’à force de marcher sur la queue d’un chien, il finit par vous mordre ; et certaines morsures sont mortelles si elles ne reçoivent pas le traitement approprié.

Talha Mahamat Allim.

P.S :
Nous nous réjouissons  des nombreuses réactions positives suscitées par le compte - rendu sur la rencontre autour de la paix au Tchad  organisée à Genève. Nous reviendrons ultérieurement sur la question de la paix au Tchad.

Atelier de réflexion autour de la paix au Tchad à Genève : la nécessité d’un dialogue national inclusif et d’une culture de la compréhension mutuelle.

(10/05/10)Le Mardi 4 mai 2010 s’est tenu à Genève, un atelier de réflexion autour de la paix au Tchad. Cet atelier a été organisé par Utopie Nord-Sud en collaboration avec EIRENE suisse, deux associations qui ont pour but de contribuer à la coopération au développement et à la promotion de la paix au sud.

Plusieurs ONGs internationales, suisses et africaines y ont activement participé ; les points suivants ont été principalement débattus, conformément à l'ordre du jour :


-La situation au Tchad et les enjeux d’une réconciliation nationale ;
-L’initiative de la société civile tchadienne : les activités du CSAPR (Comité de suivi et de l’appel à la paix et à la réconciliation) ;
-Pourquoi et comment l’association Utopie Nord Sud s’est investie pour relayer le processus ;
En quoi les ONGs suisses et la Suisse peuvent être une alternative effective et pertinente pour relayer l’initiative de la société civile tchadienne.

 

L’objectif était de dégager les voies et moyens susceptibles de rendre concrète et de renforcer l’initiative de la société civile tchadienne, initiative visant la recherche d’une paix durable à travers un dialogue inclusif impliquant toutes les forces sociales et politiques du Tchad et l’accompagnement de la dynamique de la société civile dans ce sens.

Les échanges ont été particulièrement riches sur les questions relatives au règlement des conflits armés qui ont endeuillé plusieurs familles tchadiennes, au processus de sortie de l’incertitude et à la dynamique de consolidation de la paix.

Il convient tout d’abord, de noter que les interventions des participants (européens et africains dont suisses et tchadiens) fondées sur l’observation attentive de la situation socio-économique et politico-militaire du Tchad ainsi que les actions multiples et variées menées par les ONGs tchadiennes, ont mis en évidence l’attachement de l’ensemble des acteurs tchadiens à la paix. Cependant, les moyens pour y arriver divergent.  D’où la question de savoir quelle serait la meilleure alternative, aux tentatives antérieures de "réconciliation nationale", pour résoudre et prévenir durablement les conflits armés au Tchad et y construire la paix véritable.

Les participants ont rappelé que ces dernières décennies, le Tchad est déchiré par d'incessants conflits. Jusque-là, aucune initiative de paix n'a abouti. Le dialogue inclusif qui devrait regrouper toutes les composantes de la société tchadienne ainsi que les mouvements politico-militaires reste dans les limbes. Les participants ont ainsi estimé qu’il faut travailler à éradiquer les raisons qui engendrent ces conflits. Pour ce faire, ils ont proposé que toutes les forces en présence (gouvernement, opposition politique et politico-militaire, acteurs socio-économiques et culturels), appuyées par  les partenaires internationaux et régionaux, devraient engager un véritable dialogue inter-tchadien dans un pays neutre sous la forme qui conviendrait aux différents acteurs. 
C’est dans cette optique que l’association UTOPIE NORD-SUD, soutenue par EIRENE Suisse, envisage la création d’un collectif qui pourrait réaliser un plaidoyer auprès des autorités helvétiques et européennes ainsi que des institutions internationales afin qu’elles s’investissent davantage dans la réalisation d’une conférence de réconciliation nationale tchadienne en Suisse. Du point de vue des participants, la Suisse pourrait, par ses expériences, mobiliser d’autres partenaires et permettre ainsi à la société civile tchadienne de faire aboutir son initiative et d’atteindre ses objectifs en matière de paix.
Les participants n’ont pas perdu de vue l’influence des pays voisins du Tchad ainsi que les enjeux géostratégiques et économiques de la sous-région. Ils ont également mis en évidence le rôle que peut jouer la France dans cette recherche d’une paix durable au Tchad, du fait de la place qu’elle occupe dans l’histoire et la vie politique et économique du pays. D’une manière générale, ils ont souligné la nécessité de la contribution active de tous les partenaires du Tchad et le fait que ces derniers doivent peser de toute leur influence pour impliquer tous les acteurs tchadiens dans cette recherche de paix.
Il s’agit ici, pour les représentants des ONGs présents à cet atelier, de privilégier le dialogue inclusif entre tchadiens, indispensable à une réconciliation nationale véritable, à une stabilité politique convenable et à une paix durable au Tchad.
Ils ont apprécié la pertinence du travail fait par la société civile tchadienne sur le terrain et n’entendent jouer que le rôle de facilitateurs, sans aucun parti pris. Les participants ont reconnu que les réseaux locaux ont besoin de renforcer leurs capacités et de développer leurs compétences en matière de la promotion de la paix. Dans ce contexte, la coopération avec la société civile internationale apparaît comme une ressource importante. La constitution d’alliances nationales, régionales et internationales est nécessaire pour mobiliser le potentiel de la promotion de la paix.
Ils ont également noté que la réflexion engagée autour de la paix au Tchad mérite une attention particulière, et ont apprécié les efforts faits par l’association Utopie Nord-Sud dans cette direction. Une association qui, au-delà de la promotion de la paix au Tchad, développe une diplomatie civile pour le renforcement de la sécurité des acteurs locaux impliqués dans le domaine du développement.
Pour concourir à une culture de paix et de non-violence, les participants ont mis en exergue l’importance de fonder une culture de la compréhension mutuelle, et de ce fait, la nécessité d’une éducation à cette compréhension dont le sens serait de réaliser la paix au sein de toutes les composantes de la communauté nationale tchadienne. 
Avant de conclure, il a été rappelé que cet atelier de réflexion s’inscrivait dans un processus continuel dont les fondements se trouvent dans le dispositif du Comité de suivi de l’appel à la paix et à la réconciliation qui énonce des propositions de sorties de crise tchadienne.  
Les participants se sont séparés sur le souhait de la poursuite de ce genre de rencontre et ont émis un appel à une plus grande concertation entre les différents partenaires et la coordination de leurs mesures d’accompagnement respectives. Ils ont demandé à l’association Utopie Nord-Sud de renforcer son rôle en matière de plaidoyer pour la mobilisation des ressources nécessaires en faveur de la tenue d’une rencontre globale entre tous les principaux acteurs tchadiens.

Notons que tel qu’il apparaît dans un éditorial du journal de l’association Utopie Nord-Sud, les ONGs et les associations sont désormais appréhendées comme des acteurs majeurs de la politique sociale moderne globale et non plus comme des organisations "externalisées" par les Etats qui ensemble dominaient jadis la scène politique. La contribution que les acteurs de la société civile peuvent apporter dans le développement de nouvelles formes de gouvernance et en particulier dans le domaine de la prévention des conflits et la promotion de la paix n’est pas des moindres. Il ne fait plus aucun doute qu’une action conséquente dans ce domaine peut contribuer de manière significative à réduire des risques des conflits et au-delà, à la lutte contre la pauvreté dans les pays en développement en général, et plus particulièrement au Tchad.
Talha Mahamat Allim
Genève, Suisse
P.S :
Pour plus de détails, veuillez consulter le site Internet www.utopie-nord-sud.ch ou adressez-vous à UTOPIE NORD-SUD, Avenue de Crozet 20, CH-1219 Châtelaine – Genève. tél. : +41 22 797 03 45 ou +41 22 797 27 45. e-mail : zharoun@hotmail.com
   

Lettre à Mr. Le Ministre de l’Enseignement Supérieur (2)

(10/05/10)Avec mes 12 lettres, je suppose que le sujet n'est pas original. Je m'attarde a' cette actualité parce qu'écrire sur l'éducation me parait pertinent et d'intérêt public. Le sujet est déjà couvert par une pléthore des autres intellectuels tchadiens et que je n'ai rien de pertinent a' ajouter a' tout ce qui a été écrit bien avant moi. Mais je répète qu'en dénonçant le système archaïque et la vieille reforme coloniale, je me défoule.

Mr. le ministre, notre système scolaire public a été saccagé par cette ancienne reforme qui a dénaturé l'enseignement de base et rendu l'école "plate" pour les élèves et les étudiants. Plus de la moitié des directeurs et superviseurs d'écoles ont lancé la serviette très souvent pour ce qui est de la discipline et du maintien d'un environnement propice a' l'apprentissage. Les bâtiments eux-mêmes ont, pour plusieurs, manqué du minimum d'entretien. Pour toutes ces raisons, nos écoles sont devenues inhospitalières.

Les parents des adolescents qui abandonnent l'école avant l'obtention du BEPC ou du BAC ont eux même décroché de leurs responsabilités. Avoir son BAC et être Bilingue (Français & Arabe ou Français & Anglais) est désormais un strict minimum dans le marché de l'Emploi. Un petit exemple: Durant ma visite de 3 mois au Tchad, j'ai cherché a' savoir les grandes critères pour pouvoir décrocher vite un Boulot dans des ONG. J’ai appris que les grandes compagnies comme Esso, Tigo et Celtel cherchent souvent des gens bilingues (Français & Arabe ou Français & Anglais). Surtout pour Esso, pouvoir parler Français et Anglais est l'une de leurs critères primordiaux. Bref, le 21ieme siècle appartient aux hommes instruits comme me disait un grand frère, actuellement un grand intellectuel de l’Afrique.
Les parents qui aiment leurs enfants ne devraient jamais tolérer qu'ils décrochent de l'école (avant un Bac) et se ferment ainsi l'avenir. Collectivement, un aussi faible taux de « diplômés tchadiens » est par ailleurs un drame pour le pauvre Tchad. Toujours après la composition du BAC, les admissibles sont moins de 50%. Une fois ces bacheliers partent a' l'Étranger pour étudier, ils occupent en grande partie la queue de peloton parce qu'ils ne maitrisent pas bien les matières, parce qu'ils sont mal enseignés etc.... Je me permets de dire que bcp de jeunes tchadiens sont en voie de redevenir par choix ou sans choix un peuple de " porteurs d'eau", dockers, " pousseurs de pouce-pouce ", quémandeurs (Je m'excuse pour les 4 termes), sous-scolarisés, qui occuperont le rang des valets et des subalternes plutôt que celui de décideurs, de grands hommes, de "têtes-pensantes" et de dirigeants.
Quoi faire Mr. Le Ministre? De prime abord, il faut notamment réduire les nombres d’élèves par classe. On trouve au Tchad dans chaque classe du second cycle (2nd, 1iere et Tle) entre 90 et 100 élèves. Comment peut-on apprendre dans un tel grand nombre par classe? Au Canada on n’accepte pas plus de 30 élèves par Classe. Selon les experts, un prof ne peut pas bien contrôler ses élèves s’ils sont plus de 30 élèves par classe. Donc réduire une classe de 100 a’ 30 élèves n’est pas une tache facile mais possible. Attachez vous la ceinture Mr. Le ministre pour que cela’ puisse se réaliser. Ensuite, les enseignants devraient être évalués régulièrement et il faut favoriser l’émulation entre les étudiants plutôt que le nivellement par le bas. Il importe donc de mesurer l’acquisition des connaissances. J’ajoute également que la discipline et des activités parascolaires variées favorisent celle-ci.
Une petite parenthèse : A Abéché, pour visiter mes petits cousins (neveux du Sultan du Ouaddai), j’ai emprunté la Moto de l’un de mes neveux. Arriver sur place un jeudi vers 17h00, heureusement le Sultan Mht Ourada (2) était chez lui. Il m’a bien accueilli et on a jasé pour environs 30mn. Avant de quitter Abéché, je connaissais déjà’ le Sultan car il était un camarade. Bref, a’ mon retour, j’ai décidé de remplir la Tank a’ Gaz de la Moto de mon neveu. Il reste quelques litres d’essence dans le réservoir de cet engin mais il m’a fallu payer 2000 fcfa pour 4 litres supplémentaires. Pour moi le 2000 fcfa (5 dollars) n’est pas bcp parce que je travaille. Mais j’ai trouvé bcp pour un Étudiant sans revenu. En retour, mon neveu était content parce que sa Moto avait suffisamment d’essence. J’ai profité pour lui demander combien de Gaz ca lui coute par semaine? Il m’a répondu en ces termes : « Chaque mois ca me coute entre 5000 et 6000 fcfa parce que je vais a’ l’école avec la Moto… » Je lui ai dit : « 6000 fcfa par mois c’est trop pour un étudiant. Pourquoi ne vas-tu pas a’ l’école a’ Pieds? ». Il m’a répondu : « Non a’ pieds c’est trop loin. Je dois faire au moins 20mn de marche etc… » Je lui ai rétorqué : « De 1990 a’ 1998, 8ans durant je suis allé au Lycée a’ pieds. Et je faisais entre 30 et 45mn de marche. Un élève ne doit pas vivre en dessus de ses moyens. Comme tu n’a aucun revenu tu dois aller a’ l’école a’ pieds… » En outre, j’ai constaté qu’il a sur lui un cellulaire de valeur. Je lui ai questionné : «Pour mettre de crédits, combien ca te coute ton cellulaire par mois? » Il m’a dit : « Ca dépend mais ca me coute entre 5000  et 10000fcfa… » Je lui ai conseillé de se débarrasser de sa Moto et de sa cellulaire s’il veut réussir a’ l’école. Il m’a répondu impoliment (sans le savoir) : « Oncle, nous ne sommes pas aux mêmes époques. Les jeunes d’aujourd’hui sont bcp plus branchés que les jeunes d’Antan… » Ainsi donc j’ai changé de sujet.
En ouvrant cette petite parenthèse ci-dessus, je voudrais simplement dire que l’Esprit de Sacrifice n’est pas a’ la mode chez nos jeunes étudiants d’aujourd’hui et c’est ce qui leur manque énormément. Quand on veut quelque chose, on prend les moyens pour l’avoir. Pourquoi avoir une voiture, une Moto, une cellulaire etc… encore étant Étudiant sans revenu? Nous demandons a’ Mr. Le ministre de sensibiliser les jeunes étudiants de se comporter bien et de ne pas vivre en dessus de leur moyen.
Pour terminer, Veuillez Mr. Le ministre mettre les choses en perspective et analyser la solution afin d’agir le plus efficacement possible. Merci pour votre temps.
Fraternellement,
Mahadjir.Fils
Amérique du Nord.

 

Tchad : "des pratiques diplomatiques qui ôte à la profession du diplomate toute sa noblesse et de la nécessité de mettre de l’ordre dans les ambassades tchadiennes"

(06/05/10)Je constate avec regret à travers des écrits crédibles des tchadiens de la diaspora comme ceux de l’intérieur du pays, que la sphère de la responsabilité diplomatique et celle de la gestion rationnelle des ambassades tchadiennes sont désertées pour laisser libre cours à des considérations mesquines et farfelues de certains ambassadeurs du Tchad. Depuis ces dernières années, les tchadiens ont sans doute observé l’émergence de certains types d’ambassadeurs tchadiens « gombistes », aux accents peu diplomatique, dont les capacités de diriger une minuscule ambassade restent discutable et qui sont pressés de s’en mettre plein les poches par tous les moyens. Ces nouveaux types d’ambassadeurs confondent notoirement l’exercice de leur fonction avec leur manteau de soi-disant « militant MPS » et placent leurs intérêts personnels au dessus de l’intérêt général. Ils usent et abusent de la locomotive MPS pour s’accrocher à leur fonction au lieu de prouver leur maintien par leur compétence. Ces ambassadeurs tchadiens font de la distraction stratégique pour détourner leurs supérieurs hiérarchiques des vraies questions qui se posent dans nos ambassades et leurs rapports avec leurs compatriotes vivant dans leurs zones de compétences. Ils fuient généralement les questions légitimes et pertinentes de leurs compatriotes et se réfugient derrière un silence assourdissant. Au lieu de considérer les problèmes à l’aune de leur responsabilités diplomatiques d’une part et des réalités socio-économiques d’autre part ; ils en font des questions politico-militaires. ces pratiques ôte à la profession diplomatique toute sa noblesse. C’est vraiment pathétique.

En tant que tchadien, je me demande sincèrement si certains ambassadeurs du Tchad sont conscients de leur responsabilité ? Pourquoi sont ils si fragiles devant l’argent ? Est ce qu’ils savent réellement ce que signifie être un ambassadeur d’un Etat auprès d’un autre Etat ? Talha au secours ! Il est vrai que la nomination des membres du corps diplomatiques et consulaires relève du pouvoir discrétionnaire des plus hautes autorités de l’Etat, simplement les agissements infantilisants de certains ambassadeurs trahissent non seulement les valeurs qu’ils doivent défendre au nom du Tchad, mais trahissent aussi la confiance placée en eux par les autorités du pays et ne contribuent qu’à noircir l’image du Tchad à l’extérieur. Les exemples de mauvaise gestion et des détournements des deniers publics sont nombreux et je m’en tiens uniquement aux enveloppes financières que les plus hautes autorités de l’Etat accordent à leurs ressortissants lorsqu’elles sont de passage dans un pays ou bien pour l’organisation des fêtes nationales, sachant par ailleurs la dilapidation des budgets de fonctionnement et autres recettes consulaires.

De Genève à Dakar en passant par Ouagadougou via Brazzaville, dans toutes ces villes, la question de la transparence et de la redistribution des ressources financières par les ambassadeurs tchadiens s’est posé et se pose avec acquitté. On parle d’ici et là des millions de FCFA et des milliers d’euro. J’observe que ces ambassadeurs du Tchad tapis dans l’ombre constituent un handicap sérieux au changement prôné par les autorités tchadiennes. Ces exemples des ambassades tchadiennes à Dakar, Genève, Brazzaville et Ouagadougou méritent incontestablement une attention particulière de la part de autorités officielles du Tchad  afin que ces dangereuses incohérences et les gesticulations hypocrites de ces représentants puissent disparaître de nos représentations diplomatiques. L’image et la crédibilité du Tchad en dépend.
La colère du tchadien  de Dakar ALLAHISSEM Miangar est parfaitement légitime et ce passage de son texte s’adressant au consul tchadien illustre à merveille son attachement à son pays « … ce qui me fait sortir brutalement de ma caverne de tchadien le plus en colère de toute la diaspora réunie, c’est mon drapeau. Mon hymne. Ma République. Mon Etat. Ma Nation. En avez-vous une notion ? Son Excellence, je vous jure au nom de la République , que jamais, au grand jamais, au nom d’une Nation, d’un Etat, on ne se réveille pas seulement un matin, on appelle son fils et, à l’aide d’une échelle, on fait attacher un drapeau comme si c’était un rideau qu’on attachait à une porte de Moursal, de Diguel ou de Bololo et, le reste de la famille applaudit jovialement, à l’unisson : Vive la République. Vive le consulat. Vive son excellence. Vive papa. Et papa est content ! ».
Cette préoccupation de notre compatriote de Dakar rejoint ceux de Brazzaville et de Ouagadougou. Quant à Genève, notre grand frère Talha à éclairer l’opinion tchadienne sur l’exercice de la fonction diplomatique avec des contributions très pertinentes pour le Tchad dans ce domaine et je tiens à le féliciter.

Je pense qu’il faut repanser le fonctionnement de nos ambassades, de même la gestion nécessaire des rapports entre les ambassades et les ressortissants tchadiens. Dans cet optique, il est important que la classe politique tchadienne dans son ensemble sort de sa passivité et de son silence et offrir aux tchadiens un cadre clair et surtout ses contributions quant à l’amélioration de notre politique étrangère à travers les ambassades tchadiennes à l’étranger. Ce n’est qu’avec ce travail sur elle même, qu’elle saura communiquer avec son environnement autrement que de façon réactive ou émotive, trop souvent sur la défensive. C’est aussi un travail que doit faire la commission des affaires étrangères du parlement tchadien en interpellant le ministre des affaires étrangères sur la façon dont nos ambassades sont dirigées et gérées. Je pense qu’il faut regarder objectivement les réalités de faits dans les ambassades du Tchad à l’étranger et prendre les mesures qui s’imposent pour mieux faire face aux défis qui se présentent au Tchad dans ce cadre. Je pense aussi qu’il faut s’interroger sur le choix de ceux qui ont la lourde tâche de représenter le Tchad à l’extérieur. Sur quel critère le département des affaires étrangères propose au Chef de l’Etat la ou les personnalités censées diriger nos ambassades? Quel sera le rôle de l’assemblée nationale sur le choix de l’exécutif dans la sphère diplomatique ? quel sera le degré des consultations des citoyens résidant dans le pays ou une personnalité tchadienne est appelé à les représenter. Ce sont de questions sur lesquelles il faut engager des réflexions sérieuses et objectives à partir des enseignements essentiels des expériences de Genève, Dakar, Brazzaville et Ouagadougou.

Cette petite réflexion est en réalité un petit message d’un enfant du Tchad qui aime son pays et qui souhaite la paix et l’amour entre tous les fils et filles du Tchad dans la dignité et la justice. Entre les nostalgiques et les rêveurs, il y a le réalisme comme dirait l’autre. C’est ce réalisme de notre époque que je cherche à faire comprendre et partager avec les acteurs de la vie politique tchadienne pour qu’ils en tiennent compte et faire table rase des erreurs du passé afin de mieux faire évoluer notre pays et notre diplomatie vers un idéal commun.

Abdoulaye Annour
étudiant tchadien

 

Diplomatie tchadienne : mention spéciale à notre compatriote Talha

(26/04/10)Comme beaucoup de tchadiens, je suis un fidèle lecteur de sites tchadiens et je suis toujours agréablement surpris par la profondeur et la pertinence des réflexions de notre compatriote Talha Mht sur le fonctionnement de nos représentations diplomatiques. Ce qui me frappe le plus, c’est la cohérence dans le raisonnement et chaque fois il y a des nouveaux éléments dans ses analyses. Son dernier article intitulé « Le Tchad et ses opportunités multilatérales à Genève : la nécessité de la raison et du bon sens » m’a permis de mieux comprendre l’évolution historique de la diplomatie tchadienne et ses dimensions actuelles et futures. Je recommande vivement à tous les tchadiens de lire ses deux derniers articles qui sont très intéressants et d’un accès facile. Un de ses collègues de l’ambassade m’a dit un jour en parlant de Talha que tu verra ce qui va lui arriver, tellement il se donnait à fond par amour pour son pays, oubliant même parfois sa famille, parce qu’il estimait que son pays est très en retard et il fallait rattraper le temps perdu à la façon suisse. Je vous passe sous silence certaines considérations administratives qu’il ne tient pas compte, parce qu’il considère qu’il est là pour le Tchad et qu’il n’a pas besoin d’être citer.

Or, quand on se donne de la sorte comme il l’a fait et continue de le faire sous une autre forme pour son pays, au lieu d’encourager cette dynamique positive, on voit plutôt un adversaire gênant qu’un tchadien compétent qui consenti d’énormes sacrifices pour son pays. Ainsi, il va falloir utiliser tous les moyens jusqu’au plus extrême, « il n’est pas avec nous, il est contre notre système » pour l’éloigner de notre champ et ainsi nous, en tant que « grand militant » du MPS, défendons farouchement les idéaux du parti, veillons à l’image de notre président fondateur et de sa politique. Vraiment au pays des aveugles, les borgnes sont rois quoi ! Son collègue n’a pas eu tort.  Simplement, cette politique du ventre comme le dit quelqu’un a des limites et ne peut qu’engendrer des conséquences fâcheuses à moyen et long terme pour celui qui la pratique. Je pense que les discours diplomatiques qui instrumentalisent la peur et utilisent dangereusement les fragilités de certains au sein de nos ambassades n’aident pas ni la diplomatie tchadienne, ni le Tchad.

Je crois que certains de nos ambassadeurs comme avait affirmé un diplomate tchadien, ont besoin véritablement d’une approche éducative s’appuyant sur une pédagogie diplomatique qui tienne compte de leur état psychologique. Ce n’est que par l’expérimentation de cette éducation et la culture du dialogue que l’on peut se faire confiance et mesurer ainsi le degré citoyen de l’autre pour aller de l’avant. Le fait de représenter, négocier, protéger, informer, coopérer aux niveaux bilatéral et multilatéral exige des compétences particulières pour la gestion des affaires du pays.
Je me suis toujours demandé en ce qui concerne les ambassades du Tchad à Genève et à Bruxelles, comment ces deux là, en l’occurrence l’actuel locataire à Genève et l’ancien ambassadeur à Bruxelles se sont atterris dans ces deux capitales hautement stratégiques et qui requièrent des compétences hautement techniques.  Je me demande où sont partis les cadres supérieurs des affaires étrangères et ceux du plan et de la coopération ? Nos compatriotes de ces deux départements pourront nous édifier. En tous cas, il ne serait pas incongru de s’appuyer sur les nouvelles approches diplomatiques pour les adaptées aux réalités nationales et faire évoluer les choses.
Je rends hommage à notre compatriote Talha quant à ses apports pour le Tchad ainsi qu’ à tous les tchadiens qui contribuent inlassablement pour un avenir radieux de leur pays. Les attitudes les plus respectables sont celles des personnes qui ont osé se lever contre certaines pratiques au nom de la dignité et de la justice et qui ont payé le prix de leur prise de position. Bravo Talha et continuez, le pays te sera reconnaissant. Je suggère à notre compatriote Talha de toucher aussi les autres domaines tels que l’éducation, l’armée, la communication etc. Je suis convaincu qu’il sera à la hauteur de la tâche.

Adoum  Abdoulaye
N’djamena –Tchad   

 

 

Le Tchad et ses opportunités multilatérales à Genève :
la nécessité de la raison et du bon sens.

Par Talha Mahamat Allim
Genève, Suisse.
  
(24/04/10)Dans notre précédente analyse, nous avons mis en évidence la coopération bilatérale de notre pays avec la Confédération helvétique, et d’autres éléments susceptibles de faciliter le processus de développement du Tchad par le biais de ses représentations diplomatiques à l’extérieur.  Dans le présent article, nous essayerons de mettre en exergue la dimension multilatérale de la diplomatie tchadienne sous l’angle  des transformations structurelles et responsabilités diplomatiques, avec comme approche déterminante l’analyse des opportunités qu’offrent les institutions internationales basées à Genève.

Notre regard diplomatique s’inscrit dans une stratégie de développement à long terme et ne vise pas seulement les priorités immédiates du moment, tout en sachant bien entendu que les nouvelles ambitions et les capacités mobilisatrices de notre diplomatie dépendent non seulement de la volonté et des stratégies politiques, mais aussi des capacités intellectuelles, professionnelles et morales de nos représentants diplomatiques et des ressources mises à leur disposition.

Tout observateur de la scène diplomatique tchadienne peut relever au moins trois phases principales de l’évolution historique de la diplomatie tchadienne : les relations diplomatiques au temps des royaumes, celles pendant la colonisation et la diplomatie post- indépendance.

Brièvement, avant la colonisation, notre pays était politiquement organisé (les royaumes) avec des relations diplomatiques intenses (échanges commerciaux, transmission du savoir…), essentiellement par le biais des émissaires. Ces relations s’étendaient des régions voisines (le Soudan, le Nigeria d’aujourd’hui, la RCA et le Cameroun) à l’Egypte, la Turquie, l’Arabie Saoudite, le Yémen, l’Espagne etc. Ce fut, selon une opinion dominante, une grande époque de la diplomatie tchadienne et peut-être la plus gratifiante et la plus généreuse, d'autant plus qu'elle était chaleureuse, humaine et désintéressée.

Avec la pénétration coloniale, les organisations traditionnelles ont été déstructurées par le système colonial ; et on a assisté à l’émergence d’un nouvel ordre imposé par la colonisation.  Les relations diplomatiques étaient fonction des intérêts du dominant et c’était ce dernier qui agissait et parlait au nom des autochtones, c’est-à-dire les dominés.

A l’indépendance politique du Tchad  (le 11 août 1960), somme toute relative, les décideurs politiques de l’époque ont utilisés les moyens de bord pour insuffler une diplomatie moderne avec l’ouverture des chancelleries sur les différents continents. Vu l’insuffisance des cadres hautement qualifiés, les dirigeants de cette époque ont eu recours à des fonctionnaires peu qualifiés pour représenter le Tchad dans ses nouvelles ambassades. La politique étrangère de l’époque se caractérisait par la protection des ressortissants tchadiens et la promotion des intérêts du Tchad à l’étranger. Les représentants diplomatiques tchadiens de cette période avaient la réputation des personnes de bonne moralité, respectées et animées d’un amour pour leur pays malgré les insuffisances d’ordre professionnel et intellectuel.

Après les événements de 1979, le pays est entré dans une autre phase de son histoire et sa diplomatie reste dominée par les pesanteurs des conflits armés et les règlements de ces conflits dans une démarche politico-diplomatique quasi-permanente de recherche de la paix. On a assisté à l’accroissement du nombre des cadres supérieurs dans les structures diplomatiques tchadiennes. On a ainsi observé successivement à la tête de la diplomatie tchadienne des personnalités brillantes ; chacune a à son niveau contribué à rehausser l’image du Tchad dans ses relations avec le monde extérieur avec bien sûr des hauts et des bas. On peut citer notamment Mahamat Nour Adam Barka, Gouara Lassou, Acheikh Ibni Oumar, Mahamat Saleh Annadif, Saleh Kebzabo, Nagoum Yamassoum, Ahmad Allam-Mi, Moussa Faki et bien d’autres.
                                                                                                                               
Ainsi, le Tchad est progressivement entré dans le multilatéralisme en plus de ses relations bilatérales ; un système multilatéral qui, au-delà de l’ONU et des organisations apparentées, consiste en grande partie en des institutions et des mécanismes d’aide et de financement du développement, à travers notamment l’appui institutionnel, l’appui au développement rural et urbain ainsi qu’au cadre macro-économique et à la réduction de la pauvreté par l’aide budgétaire, etc. Comme dans la plupart des pays africains, cela n’a pas entraîné le développement souhaité au Tchad ; bien au contraire, la situation socio-économique et politique n’est pas à la hauteur des attentes de la population. Ce qui implique la nécessité des réflexions sur les voies et moyens d’améliorer l’efficacité de notre coopération multilatérale.

Par ailleurs, comme le disait Georges Ross, dans le Monde diplomatique d'août 2000,  faire des affaires est devenu aujourd’hui le seul objectif de la diplomatie : « Où se traitent les affaires de ce monde? de moins en moins dans les chancelleries, et de plus en plus dans les grandes institutions multilatérales, en premier lieu l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), où les puissants s'ouvrent en force les débouchés de demain. Aussi, les négociateurs à l'ancienne n'ont-ils plus d'autre rôle que celui de supplétifs des commis voyageurs de haut vol des banques et des multinationales. La frénésie du commerce, érigée par la mondialisation en principe d'organisation des sociétés, se substitue ainsi à la diplomatie d'antan. »

C’est de ce point de vue qu’il incombe à chacun de nous d’apprécier ce processus diplomatique, avec ses pesanteurs et ses succès ou échecs, pour en tirer ce qui a contribué ou pourrait participer à la promotion d’un véritable développement du Tchad et de son image dans ses relations internationales.  

Ce qui nous semble important aujourd’hui, c’est de dépasser le cadre classique de la diplomatie pour s’adapter aux enjeux et défis du moment de sorte que notre pays puisse tirer le maximum d’avantages pour son progrès et accroître sa marge de manœuvre en matière de son développement.

Comme cela se fait traditionnellement, le Tchad peut continuer à bénéficier de l’expertise scientifique et technique ainsi que de l’appui financier et institutionnel sur le plan multilatéral. Cependant, d’une part, les partenaires multilatéraux s’emploient à traiter les symptômes (réfugiés, endémies, famines, conflits…) plutôt qu’à chercher à éradiquer leurs causes, notamment les contraintes dont souffrent les économies et les institutions africaines en général et tchadiennes en particulier. D’autre part, ils ne visent qu’à créer au Tchad un environnement favorable à l’épanouissement des affaires et des intérêts étrangers.

De ce fait, cet appui multilatéral devait être revu dans le fond et la forme, au travers d’une intervention intelligente de la diplomatie. En effet, le Tchad devrait reprendre l’initiative de l’expertise et de l’action en définissant et proposant les domaines, les secteurs, les champs, les thématiques… sur lesquels il a besoin d’une expertise et de réalisations concrètes ; en lieu et place de ce qui est proposé, pour ne pas dire imposé, de l’extérieur par les partenaires multilatéraux.

Sur ce plan, Genève offre un laboratoire approprié du fait de la concentration des institutions internationales qu’on y rencontre. Et les opportunités qu’elles offrent sont importantes (pour le Tchad), diverses et variées : santé, commerce, poste et télécommunications, propriété intellectuelle, droits de l’homme, droit du travail, désarmement, résolution des conflits, action humanitaire, environnement, sports, etc.

Pour reprendre l’initiative, et étant donné un contexte de plus en plus défavorable aux pays africains, le Tchad devrait chercher à mobiliser plus d’énergie, de temps et d’argent de ses ressources naturelles (notamment le pétrole) pour placer les ressources humaines, financières et matérielles là où l’exigent ses intérêts, et de manière à mener une politique étrangère plus audacieuse et plus offensive, avec des objectifs plus ambitieux.

Tout cela exige, d’une part, une volonté commune de changer, une vision partagée et claire, la définition de nouveaux principes d’action, l’explicitation des enjeux et des buts poursuivis, montrer en quoi le changement répond aux besoins des tchadiens, encourager l’innovation, promouvoir l’excellence…D’autre part, nos représentants diplomatiques doivent être compétents, de haute moralité et professionnellement à la hauteur de la mission confiée et des attentes nationales. Ils doivent aussi avoir une nouvelle vision, de nouvelles mentalités et habitudes.

En outre, les autorités compétentes en la matière devraient proposer, placer et soutenir les candidatures tchadiennes dans les institutions internationales ou organisations  multilatérales, d’autant plus que la plupart des personnalités tchadiennes qui travaillaient dans ces instances  sont à la retraite. Pour cela, les autorités doivent développer et fortifier leur capacité de lobbying et leur pouvoir de persuasion. Les représentations diplomatiques doivent aussi collecter les informations nécessaires, les acheminer à temps et faire le nécessaire pour appuyer l’Etat dans cette démarche.

Pour aller plus loin, dans nos représentations diplomatiques, il devrait y avoir une politique de placement des tchadiens hautement qualifiés dans les institutions régionales et internationales ; ce qui augmenterait le pouvoir de négociation et d’influence du Tchad ainsi que sa capacité à tirer profit des diverses opportunités sur la scène régionale et internationale ; pouvoir qui  peut être en outre renforcé en s’unissant avec d’autres pays ayant des ambitions et des intérêts convergents avec ceux du Tchad d’autant plus que, à l’heure actuelle, se construisent des ensembles partout à travers le monde.

Ainsi, de nouvelles formes de "gouvernance diplomatique" sont nécessaires dans nos ambassades et missions permanentes : un nouveau processus diplomatique, des réformes des réglementations, des lois et des normes influant sur la manière dont nos représentations diplomatiques sont administrées, dirigées et contrôlées, en incluant les relations avec tous les  acteurs impliqués et les objectifs du pays.

Pour que notre diplomatie soit véritablement au service du développement du Tchad, tout cet ensemble et toutes ces opportunités (bilatérales, multilatérales) ainsi que les ressources administratives et politiques doivent être mis au service du progrès socioéconomique, politique, culturel, intellectuel… du pays.

Il s’agit d’aller au-delà des perceptions mais aussi des déclarations de bonnes intentions. La route est longue, mais il n’est pas d’autre choix que celui d’accompagner les mutations du monde, de dépasser l’éphémère et de réformer ce qui peut l’être. Certes, les défis sont nombreux et l'esprit individualiste peut chercher à s’opposer à ce chantier malgré des arguments de bon sens et de la raison.  Mais l’inertie n’est pas une solution et le chantier n’est pas impossible à réaliser ; une vigilance de tous les instants pour démasquer et décourager les caméléons, opportunistes et profiteurs de tout genre peut permettre à faire face à cette résistance des esprits individualistes.

Comme l’a dit le président algérien Abdelaziz Bouteflika, « […] plus l'engagement est clair et non équivoque aux côtés de toutes les causes justes […], plus l'autorité morale et politique d'un pays est grande » et plus importante est sa grandeur. Essayons autant que faire se peut de cheminer vers la raison et le bon sens ; le chemin est long et difficile mais l’avenir reste ouvert.

Talha Mahamat Allim.

 

Lettre à Mr. Le ministre de l'Enseignement Supérieur,

(7/04/10)Durant ma courte visite de 3 mois au Tchad (Fin Novembre - fin Février) j'ai eu l'occasion de poser a' certains camarades, amis et connaissances (de grands intellectuels certainement) les question suivantes: Pourquoi la majorité des élèves tchadiens a bcp des lacunes sur plusieurs matières? Pourquoi, même ceux qui ont choisi la littérature (Première L et Terminal A), sont ils très faibles en langue de Molière ? Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi ...? Bref, chacun m'a avancé quelques causes de l'insuccès scolaire. Elles sont bcp. Mais j'ai résumé en 3 causes principales et c'est avec honneur que je vous relate ici dans cette petite lettre.

-La première, excusez moi de généraliser, c'est le fait que les élèves d'aujourd'hui ne veulent rien savoir de l'école. Ceux ci pensent trop a' obtenir des satisfactions immédiates: Belles voitures, 2 ou 3 femmes, un mari riche (pour les petites filles), un bon boulot, bcp d'argent et tous ca vite, vite et vite. Bref, le Monde virtuel les attire davantage.

-La deuxième, c'est l'engagement tiède de la majorité d'enseignants voire l'incompétence de certains enseignants (Sans une bonne formation ou pédagogie).

-La troisième et la plus flagrante cause c'est le système éducatif comme tel. En effet, il n'y a pas eu une bonne reforme depuis longtemps. Le système actuel (vieux du début de l'indépendance) est lourd, archaïque et de surcroit inefficace.
Bon, qu'est ce qu'il faut faire? Réponse: Pour la première cause (concernant la motivation de l'élève) il va falloir faire la promotion de plus de discipline dans les écoles tchadiennes. Pour la deuxième cause, on devra formuler des solutions qui graviteront autour d'une formation accrue. Finalement, pour la troisieme et grande cause il faudra se rabattre sur les éléments structurels a' modifier. Mais attention, ces solutions citées ci-dessus ne sont pas faciles a' les trouver ou réaliser. Mais quand même on ne va pas baisser les bras!

Une petite parenthèse : Pourquoi le Monde Virtuel attire nos enfants ou petits frères qui sont encore a' l'école ? Cette question me pousse a' penser au propos d'un savant qui disait: " La vie nourrit, l'environnement forme et les influences font le reste ". A Ndjamena, les responsables tchadiens (je dis bien pas tout le monde), la plupart de ces derniers ne se comportent pas bien. Ils gâtent les élèves. Le week-end, des hommes mariés, des DG et certains ministres invitent de petites filles pour s'amuser. Il y'a des groupes organisés qui se retrouvent le Vendredi, Samedi et Dimanche pour organiser des soirées arrosés dans le seul but de boire de l'alcool du matin au soir etc... C'est cette mauvaise image qui dégrade le niveau de plusieurs élèves tchadiens. Je sais que, en tant qu’un simple Ministre, vous ne pouvez rien contre ces gens. Mais donnez des cours de Civisme a’ l’école, ca aide bcp mieux.
Commençons par l’influence. A la hauteur de l’élève, le diagnostic est un peu plus complexe. Avant de commencer a’ réfléchir par lui-même, l’élève tchadien, pardon tout élève ou jeune, est influencé par les modèles, les modes et les comportements sociaux qui l’entourent. Lorsqu’il devient capable de jugement; il s’engage et se sent davantage responsable de la construction de son avenir. Retenons, par contre, une chose : Avant que l’élève devienne autonome, il a besoin de Civisme et des conseils. Ceci me rappelle quand j’étais en classe de 4ieme. Nous aimions bcp le cours de Civisme donné par le professeur Gamarga Bakoumi (journaliste sur l’Antenne de radio d’Abéché). Ce qui était bien chez ce grand Monsieur, il nous donnait bcp des conseils gratuits. A prendre ou a’ laisser bien sur.
A la hauteur de l’institution d’enseignement, une communauté éducative qui se fait dicter par une bureaucratie comment penser, comment réaliser et comment évaluer son action auprès des élèves en vient a’ perdre de vue l’ensemble de toutes les actions qui peuvent concourir a’ ce que l’élève apprenne a’ maitriser les savoirs : savoir être et le savoir-faire. Ainsi l’énergie des acteurs éducatifs (les enseignants) se disperse au gré des modes bureaucratiques, si bien intentionnés soient-elles!
Pour ce qui est de notre système lourd, archaïque, démodé et inefficace il faut une reforme générale. Au XXIeme siècle, on ne peut pas toujours garder une reforme de l’époque coloniale. Une reforme qui comporte plusieurs failles. Une reforme qui a été créée par les colons pour peut-être saquer l’élève africain en général et tchadien en particulier (a’ apprendre convenablement). Sinon comment comprendre qu’un bachelier de Série A (série littéraire) n’est pas capable de rédiger une bonne demande ou une belle lettre? Pire encore certains de ces derniers ne sont même pas en mesure de s’exprimer assez bien !
Avant que j’oublie, aura-t-on le courage de revoir toute la reforme pour pouvoir se diriger vers une nouvelle école, celle qui ne produira certes pas des miracles mais qui saura mettre toute sa créativité a’ répondre au besoin de développement de l’élève, forte d’un futur rapatriement de son processus décisionnel et des marges de manœuvre effectives ?
Pour terminer, nous avons passé 13, 14 ou 15 ans d’études dans ce système pourris en nous faisant croire les bonnes choses. Saurons nous cette fois, avec l’ère du pétrole, donner une réelle chance a’ nos enfants, petits frères et sœurs encore élèves? Pour ma part, je pense sincèrement que le Tchad pétrolier d’aujourd’hui a la capacité de mieux répondre aux besoins de développement de l’élève tchadien. Il suffit que les responsables (ministres, DG, secrétaires et consorts) soient responsables !
Je vous prie d’agréer, Mr. Le Ministre, l’expression de ma considération distinguée.
Fraternellement,
Mahadjir.Fils
Amérique du Nord.

 

L’avenir du Tchad et de sa diplomatie : une question de volonté politique, de choix stratégiques et de devoir moral

Par Talha Mahamat Allim
Genève, Suisse.

(7/04/10)Nous ne cessons de recevoir quotidiennement des témoignages de respect, de sympathie et d’encouragement de la part de nombreux tchadiens de l’intérieur que de la diaspora, et nous tenons ici à exprimer toute notre profonde reconnaissance à ces compatriotes qui s’intéressent de plus en plus à l’état et l’avenir de leur pays. Cet engouement citoyen montre une avancée significative d’une conscience collective, solidaire et responsable qui s’exprime ainsi que d’une connaissance des réalités du moment aussi bien politico-économiques que socioculturelles et diplomatiques.

Vos encouragements et témoignages traduisent pour nous un devoir d’exigence dans la continuation de nos contributions à la fois sur le plan diplomatique  et sur les autres aspects de le vie politique, économique, sociale et culturelle du Tchad. Nous continuerons à participer à l’élan collectif de nos concitoyens pour la bonne gouvernance, la paix et le développement de notre pays. Les tentatives sournoises de manipulation et autres coups sous la ceinture, dont sont devenus champions certains chefs de Missions diplomatiques tchadiennes, ne nous impressionnent pas et ne peuvent que nous encourager à poursuivre le travail de réflexion que nous avons déjà commencé ; notre souci est que ses fruits puissent être traduits dans les mécanismes et pratiques des instances nationales et des représentations tchadiennes à l’étranger.

Face à une mondialisation de plus en plus contraignante et aux intérêts stratégiques des pays les plus puissants, il est impératif de développer de nouvelles approches dans les relations du Tchad avec ses partenaires et de nouvelles manières d’être dans la conduite de nos institutions publiques ainsi que dans les rapports de ces institutions envers les tchadiens de l’intérieur comme de la diaspora.

Du point de vue de nos partenaires, c’est un devoir pour notre pays de sortir de la charité institutionnelle internationale pour s’inscrire dans un partenariat gagnant-gagnant. Ce qui implique la transformation des consciences de celles et ceux qui dirigent nos institutions aussi bien dans leur gestion (politique, économique, financière et sociale) que dans leurs attitudes vis-à-vis de leurs concitoyens qu’ils doivent servir.

Le Tchad ne manque pas des ressources humaines, culturelles et économiques pour parvenir à promouvoir son développement, à s’imposer aussi bien sur le plan régional qu’international et à peser dans les différentes négociations inter-étatiques et avec les institutions internationales. Ce n’est qu’une question de volonté politique, de choix stratégiques et de devoir moral.

C’est ici l’occasion d’adresser nos sincères remerciements à tous les sites et blogs tchadiens qui participent d’une manière ou d’une autre à une prise de conscience citoyenne sur les enjeux nationaux, régionaux et internationaux du Tchad. Nous tenons à féliciter le blog Ambenatna pour son excellente analyse sur la nécessité d’un environnement sain et sécurisé pour une "diplomatie d’investissement". Nous partageons cette analyse, notamment la dimension globale de la problématique de fonctionnement de nos ambassades.

Certes l’ambassade du Tchad à Paris se dessine comme le pivot des relations bilatérales entre le Tchad et la France compte tenu des liens historiques et politiques entre les deux pays. Cependant, d’une part, nous préférons laisser cette partie de la problématique de nos ambassades à celles et ceux qui sont au contact de la réalité des faits, au nom d’analyses objectives. Mais nous pourrons exprimer nos points de vue sur les contributions y relatives au cas échéant. 

D’autre part, le cas de la représentation diplomatique du Tchad à Genève est intéressant à divers points de vue. Nous avons contribué à sa réouverture et avons exercé en son sein ; ce qui nous en donne une certaine connaissance. Par ailleurs, elle est à la fois une ambassade auprès de la Suisse et une Mission permanente auprès de l’Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève. La quasi-totalité des institutions internationales ont leurs sièges  dans cette ville ; ce n’est pas un hasard si on la surnomme la Genève internationale.

Cette double dimension, à la fois bilatérale et multilatérale, lui confère un statut important et fait de la représentation diplomatique tchadienne en Suisse un laboratoire potentiel dans la perspective du recadrage ou de la refondation de nos politiques de coopération bilatérale et multilatérale. C’est pour cette raison que nous mettons un accent particulier sur cette représentation. Notre prochain article sur les opportunités multilatérales à Genève apportera des éléments complémentaires à notre précédente analyse sur la dimension bilatérale, qui tendront à confirmer en même temps cette importance.

En ce qui concerne la problématique soulevée par notre compatriote Adoum Abdoulaye relatives aux défaillances de certaines de nos représentations diplomatiques comme miroir des faiblesses structurelles de la gouvernance de notre pays, c’est un point de vue intéressant et qui mérite d’être débattu.  Pour ce qui est de sa proposition pour la publication d’un livre qui reprend la synthèse de nos différentes analyses sur la diplomatie tchadienne, nous sommes effectivement dans cette voie comme nous l’avions annoncé antérieurement. Il y a une partie du travail qui reste à faire et dont nous nous occupons actuellement. Nous espérons le boucler le plutôt possible, incha Allah.

Nous aimerions vous laisser avec un message plein d’optimisme rassurant :

"L'Afrique offre sûrement des spectacles de désolation, de détresse. Mais il n'est pas certain que d'autres continents n'ont connu cette phase de balbutiements dans le processus de leur développement. La diplomatie et le diplomate ont su habilement jouer la partition qui était la leur dans l'enclenchement du développement. En un mot il convient de se défaire des clichés traditionnels  […] d'apprivoiser la diplomatie […] de redimensionner la visée prospective de la diplomatie et du diplomate africain." (Cf. Guy Ernest Sanga dans Diplomatie et diplomate - L'Afrique et le système des relations internationales, édité chez l’Harmattan, 2010.)

 

Talha Mahamat Allim

La diplomatie tchadienne à la lumière du cas d’école de la Mission permanente du Tchad à Genève

(7/04/10)Ayant lu les différents articles sur la diplomatie tchadienne à travers le fonctionnement de certaines ambassades du Tchad à l’étranger, en particulier celle emblématique de Genève, on comprend mieux d’ou vient le déséquilibre de la politique étrangère du Tchad. Je crois que  les jeunes talents qui s’expriment raisonnablement dans divers domaines aussi bien politique, économique, artistique que diplomatique constituent un capital important que le Tchad doit exploiter. Je suis vraiment émerveillé par l’approche positive développé par les jeunes tchadiens en ce qui concerne le processus du développement au Tchad. Je considère que l’originalité d’une démarche politique ou le simple talent des hommes peuvent donner grande audience à un pays. Est ce le cas du Tchad à travers ses représentations diplomatiques à l’étranger?

Sans donner un caractère général à la problématique soulevée et bien que le Tchad ne dispose pas suffisamment  des ressources disponibles actuellement lui permettant d’être partout ou ses intérêts doivent être défendus avec combativité, il dispose quand même des ressources importantes et des talents s’ils sont utilisés rationnellement donneront à notre pays sa véritable place dans le Concert des Nations.

L’absence du Tchad à chaque moment des grands débats et négociations internationaux en terme des contributions actives et de bénéfices qu’il peut engranger, et ce malgré la présence de nos représentations diplomatiques, montre le manque de grand ténor, la faiblesse des ressources humaines mobilisables et traduit la transposition sur la scène diplomatique internationale des faiblesses structurelles de la gouvernance de notre pays. Comparativement à certains pays de la même envergure qui défendent vigoureusement leurs intérêts sur la scène internationale, le Tchad peut mieux faire.

Pour en découdre avec cette logique contre productive, j’estime qu’il est fondamental que certains de nos représentants diplomatiques se posent les vraies questions et apportent des réponse adéquates et réalistes. Il ne faudrait pas que certains de nos ambassadeurs enferment le Tchad dans une logique d’éternel assisté ou de cas social, parce qu’ils s’occupent des symptômes et non des maux. Il faut sortir du bricolage diplomatique, de la politique politicienne et bureaucratique pour aller véritablement vers des actions concrètes qui changent positivement la vie des gens en y intégrant des compétences nécessaires dans les ambassades tchadiennes.

Face à un environnement national et international changeant, je pense qu’il serait utile pour notre diplomatie à travers ses représentations à l’étranger de mettre l’accent sur des impératifs dictées par les urgences nationales en matière de développement. C’est donc à une politique de réorientation qu’il faut procéder en privilégiant les priorités de l’Etat par une incitation soutenue des investisseurs.
 
J’ai bien apprécié le concept de « diplomatie du développement » mis en évidence par  Talha Mahamat Alim dans ses nombreuses analyses pertinentes qui nous ont vraiment permis en tant que simple citoyen de mieux comprendre le fonctionnement des représentations diplomatiques tchadiennes à l’extérieur.
Je pense que cette conception de la diplomatie pour un pays comme le Tchad est indispensable. Même si de temps à autre la realpolitik imposes ses règles, il serait utile de garder le cap de l’objectif qu’on s’est fixé en utilisant nos actions diplomatiques au service du développement du pays. Je pense que le mécanisme suggéré par monsieur Talha dans le cadre des relations de coopération bilatérale et multilatérale du Tchad avec ses partenaires me paraît nécessaire pour notre pays.

Je propose à monsieur Talha si ce n’est déjà fait de regrouper toutes ses analyses dans un livre qui servira comme cadre de référence en matière diplomatique à la nouvelle et future génération de diplomates tchadiens en les préparant aux enjeux de demain tels que les actions prioritaires au développement du pays, l’intégration régionale, la prévention et la résolution des conflits etc. Je te remercie infiniment de tes contributions intellectuelles pour ton pays le Tchad et ce, malgré une certaine stigmatisation de façon mensongère et cynique. « On ne gagne le débats des idées qu’avec des idées et que la dignité d’une cause finit toujours par avoir, d’une façon ou d’une autre, gain de cause ».

Après 50 ans d’indépendance, le Tchad comme beaucoup des pays africains devraient prendre véritablement son destin en main. Le salut du Tchad et de l’Afrique ne peut venir que dans une union africaine solide, sacrée et efficace pouvant peser sur l’échiquier international face aux autres ensembles à travers le  monde. Sur ce plan, je suis tout à fait d’accord avec l’approche développée par notre ancien ministre des affaires étrangères Acheikh Ibn – Oumar en préconisant que pour améliorer la situation des pays africains, il faut « appuyer les efforts, non pas des jeunes en général, comme on le dit parfois, mais de la fraction la plus éclairée et la plus déterminée de la jeunesse, l'aider donc à construire des organisations politiques et civiles de type radicalement nouveau et surtout, mener un travail de refondation intellectuelle similaire au mouvement des Lumières en Europe au 18ème siècle».

Adoum Abdoulaye
N’djamena - Tchad

 

Diplomatie tchadienne : pour une gestion rationnelle de nos ambassades

(31/03/10) Suite aux articles convaincants de Monsieur Talha Mahamat Allim, notamment celui consacré aux  opportunités que le Tchad pourrait bénéficier de sa coopération bilatérale avec la Confédération Helvétique, j’aimerais à l’orée de la célébration du 50ème anniversaire de « l’indépendance du Tchad » exprimer ma conviction en tant que diplomate en exercice afin que les représentations diplomatiques tchadiennes à l’étranger puissent avoir des objectifs lisibles et visibles allant dans le sens de la paix et du développement du Tchad. 

Il y a effectivement une nouvelle donne et des nouveaux enjeux au niveau international qui obligent les diplomates à s’adapter en permanence à un monde qui évolue rapidement pour mieux servir leur pays. La sécurité du territoire, la prospérité nationale et le rayonnement international du pays demeurent les trois axes principaux de l’action diplomatique du Tchad. Pour mettre en valeur ces principaux éléments,  il serait bon pour le Tchad que le ministère des affaires étrangères en tant que coordonnateur des actions diplomatiques de l’Etat puisse mettre un accent particulier sur la gestion des affaires internes et externes de nos ambassades.  La gestion inappropriée des ressources dans les ambassades du Tchad est l’un des obstacles sinon le principal obstacle au bon fonctionnement de ces dernières.

Cette gestion est le plus souvent source de découragement, des conflits, de manque de confiance et des comportements peu diplomatique, voire inadmissibles de certains ambassadeurs qui ne militent pas en faveur de la visibilité et de la lisibilité des actions diplomatiques du Tchad. L’exemple que notre frère Talha a développé dans ses différentes analyses à savoir la Mission diplomatique du Tchad à Genève est un exemple parmi d’autres,  même s’il est beaucoup plus illustratif en raison du nombre important de départ dans cette représentation diplomatique en l’espace de 4 ans.

Le plus souvent, la gestion humaine et financière de certaines de nos ambassades sont exclusivement entre les mains des ambassadeurs si ce n’est entre les mains de leurs épouses. Or, l’utilisation du budget d’une ambassade départ son nom devrait respecter un certain nombre des règles, notamment celle de la transparence en y associant au moins un membre du personnel à défaut d’un comptable pour mieux faciliter le travail des diplomates, en particulier les missions d’exploration et de contact à l’intérieur du pays d’accréditation, voir les pays frontaliers dont l’ambassade a compétences juridictionnelles.

Dans ces conditions, comment voulez vous que les collaborateurs d’un ambassadeur qui n’ont que leur maigre salaire puissent exploiter sérieusement les opportunités qu’offre une coopération d’un pays avec le Tchad comme l’a si bien décrit Talha concernant les opportunités de la Suisse. Ces collaborateurs assurent le strict minimum, le plus souvent le travail administratif de liaison avec la centrale. Tant que certaines ambassadeurs considèrent les ambassades du Tchad dont ils ont la responsabilité comme leurs propriétés privées, il va de soi qu’aucune opportunité d’envergure ne sera exploité pour le bien être du pays. C’est dommage pour le Tchad qui consacre des moyens financiers non négligeables afin que ses représentations diplomatiques assurent non seulement sa place sur la scène internationale, mais surtout répondre aux attentes des tchadiens.

Une gestion convenable d’une ambassade éviterait les malentendus et permettrait à l’ensemble du personnel de travailler en bonne intelligence et d’agir avec détermination  pour le bien du Tchad. Une telle gestion pourrait également contribuer à éviter d’être pris dans les filets du contrôle d’Etat. Les qualités telles que l’honnêteté, la maîtrise de soi, le dialogue permanent, la transparence, la retenue et un esprit ouvert sont nécessaires pour tout diplomate. Malheureusement beaucoup de ces qualités n’existent pas chez certains ambassadeurs tchadiens.  Il va falloir y travailler dessus et sortir de l’hypocrisie enrobée  d’un verbiage inutile qui masque le plus souvent des insuffisances notoires qui n’ont pas lieu d’être dans notre système diplomatique ni aujourd’hui, ni demain.

Toutefois, il y a une note d’optimisme, la rencontre à Paris entre l’équipe de l’ambassade du Tchad en France et la diaspora tchadienne dans ce pays pour préparer le cinquantenaire de « l’indépendance du Tchad » constitue une étape dans ce que Talha Mht a qualifié d’un débat d’idées, critique, ouvert et constructif, dans lequel les citoyens puissent exprimer leur opinions, voire leurs désaccords, demeure un des moyens essentiels pour faire évoluer positivement la société tchadienne. Je pense qu’il faut aller au delà des événements historiques et instaurer une véritable culture de dialogue le plus souvent à défaut d’être permanent. Ca ne fera que du bien pour le Tchad.

J’estime qu’il est vital de développer une dynamique autour du personnel d’une ambassade et une synergie entre l’ambassade et le pays pour une meilleure mise en œuvre de la politique étrangère du Tchad. Ce qui nécessite incontestablement des changements de comportement dans le paysage diplomatique tchadien et appelle tous les citoyens a des actions multidimensionnelles contribuant à la paix et au développement de notre pays.

Je suis persuadé que notre frère et ami Talha comme beaucoup des tchadiens, notamment ceux de la diaspora nous aide beaucoup par ses articles spécifiques à s’orienter vers l’esprit de justice, vers le bien du peuple et du pays. Je vous laisse méditer sur le hadith du prophète de l’islam ( que la paix et le salut d’Allah soient sur lui ) - * Quiconque parmi vous voit un acte détestable (injuste), qu'il essaie de le changer avec sa main, et à défaut avec sa langue (parole écrite ou verbale), sinon, et c'est dans le pire des cas, avec son cœur.*
Hadith rapporté par AHMAD et MUSLIM en citant Abû Sa'îd.

Un autre hadith du prophète (PSL) disait :

*Quiconque possède ces trois qualités aura réuni en lui toutes les qualités de la Foi: s'il approuve quelque chose, (il s'assure que) son approbation ne le conduira jamais au faux); s'il se met en colère, sa colère ne le fera s'écarter de la vérité; lorsqu'il a le pouvoir, il ne prend jamais ce qui ne lui appartient pas*.  C’est à méditer.
Il vaut mieux avoir peu qui suffit que beaucoup qui distrait.
Vivement la paix, la réconciliation sincère, le respect des règles éthiques et le développement au Tchad.
Un diplomate tchadien en exercice.

FEU FADOUL BARCHAM : Le forfait d’un crime organisé

    (29/03/10) Le crime organisé et la lâcheté des terroirs sont devenus depuis fort longtemps l’apanage d’un certain groupe de personne, dont la culture éducationnelle trouve son essence dans ces faits abjects.
Au Tchad, et face aux dépouillements du peuple dans son antre de principes, les lâches s’en abreuvent tels des vampires vidant le sang de leurs victimes. Le peuple tchadien face à ses croyances pardonne les effets pervers d’une bande de gavroches arrivistes et criminels. Notre peuple ne cultive pas l’élan des revendications essentielles et cela laisse place aux vides de l’hégémonie.
Depuis des années, les divers communautés essuient des humiliations, des viols sur les personnes de leurs proches, des assassinats forfaits de l’injuste dans leurs chaires, sans que certains tapis dans les paillassons des intérêts matériels ne s’en plaignent.
Aujourd’hui, et face à l’arbitraire, les natifs des communautés humiliées se gaussent de complaisance et ne rechignent même pas le désarroi d’un parent, un ami, ou un frère. On s’évertue à monnayer son silence, remballant son froc comme les gosses de la maternelle. Esquisser une espèce de peine qui n’est autre que la moelle de l’hypocrisie. Oui voleur et hypocrite, proxénète de la société.
Pis, aller demander que justice soit rétablie devient la fibre d’écorce de l’oranger.
La loi, bien sûr. La loi dans notre pays le Tchad est uni directionnelle. Elle est l’appendice de la douleur pour ceux d’en bas, mais factice pour la poussière qui s’érige en potentats. La loi et ses règles républicaines qu’en tout état de cause il faut savoir la respecter, sinon quand elle n’est pas équitable s’en défaire au seuil de l’honneur souillé. Comment accepter l’outrage du deux poids, deux mesures. Je n’ose même pas imaginer la carence fratricide des cadres se disant natifs d’une communauté bafouée, muets aux infâmes qui les atteints, sauvant chacun la petite mie de pain essentielle à sa survie pauvre de conscience. J’ai une boule au ventre mais ce n’est rien par rapport à la rancœur que je porte en moi.
Justice injuste, injustice supplémentaire au détriment comme à l’accoutumée des plus faibles selon que vous serez puissants ou misérables. Mais que fera t-on demain face aux motifs des nullités qui nieront tout et chercher le bouc émissaire fatal.
        -Qui rendra les comptes d’un assassinat voulu d’un homme voué aux siens et qui commit le tort de demander justice ?
         -Que faut-il dire quand les lâches maquillent leur crime en accident de circulation ?
 Aller expliquer pourquoi un chef de canton, représentant sa communauté puisse être trainé à bord d’un pick-up, attaché tel un bétail et exposé à une vindicte des lieux. Que feront les siens dépourvus de toute armure, de moyens pour procéder à des investigations indépendantes. Justice à deux, trois, quatre vitesses.
Fadoul Barcham est mort pour ses convictions et ce qu’il pensait être vrai. Beaucoup d’autres tchadiens connus ou anonymes ont payé de leur vie, le prix d’une justice truquée, tronquée aux variables absolues de la dictature implacable d’Idriss Deby Itno.
Mais… L’injustice, le sentiment d’injustice, cette dictature en paiera le prix, tout le prix, qu’il n’en doute pas. Lui, ses sbires, complices et autres déduits de l’homme.
MAHAMAT ASSILECK HALATA

 

Pour une coopération au service du développement du Tchad : mettre en valeur les opportunités offertes par la Suisse.

Par Talha Mahamat Allim
Genève, Suisse.

Que peut tirer le Tchad de sa coopération avec la Suisse et des nombreuses organisations internationales basées à Genève ?

(25/03/10)Dans le présent article, nous nous proposons de nous intéresser d’abord à la coopération bilatérale avec la Suisse, et à d’autres éléments susceptibles de faciliter le développement du Tchad. Ensuite, nous reviendrons ultérieurement dans un autre article sur les opportunités techniques et scientifiques au niveau multilatéral par le biais des institutions internationales.

Historiquement, la coopération de la Suisse avec le Tchad date de 1965 ; une coopération  tournée essentiellement vers le développement de l’agriculture et de l’élevage, l’accès aux soins de santé et l’éducation de base.  L’engagement de la Suisse envers le Tchad est passé de 15.42 millions de francs suisse en 2007 à environ 12.50 millions en 2009 soit une baisse d’environ 19% en deux ans. Pour ce qui est de la nature de cette coopération au développement, plus de détails peuvent être trouvés sur le site www.swiss-cooperation.admin.ch/tchad/.Ce que nous relevons, c’est que dans les secteurs de la coopération au développement économique ainsi que de la formation et de la recherche, la contribution reste marginale par rapport aux besoins réels du Tchad dans ces domaines ; ce qui en fait des pistes que notre diplomatie doit explorer davantage et développer dans le cadre de la coopération avec la Suisse.

Une nouvelle dynamique diplomatique nous permettrait d’aller au-delà de cette coopération traditionnelle et de bénéficier des atouts suisses dans certains domaines essentiels pour le développement de notre pays : les domaines de l’enseignement (supérieur, technique, professionnel), de la santé, de la production de l’électricité à base de l’énergie solaire ainsi que dans les domaines du commerce, des assurances et des banques, de l’horlogerie, de l’environnement, etc.

En effet, les cantons suisses ont une certaine autonomie et de nombreuses opportunités. Il nous semble judicieux d’aller au-delà du niveau fédéral pour s’intéresser aux cantons et tirer profit de leur différentiel de potentiels. A titre illustratif, les écoles polytechniques fédérales de Zurich et de Lausanne possèdent de multiples atouts dans les domaines de la formation, de la recherche, de l’innovation et de la valorisation de haut niveau international, avec d’importants laboratoires et groupes de recherche. Certains de leurs centres d’intérêt sont essentiels pour le Tchad, entre autres l’ingénierie, l’informatique et la communication, la construction, l'architecture, l’énergie solaire, l'environnement…

A Genève, sur le plan médical, le Tchad peut bénéficier des avancées significatives  dans les domaines de spécialisation, notamment dans les secteurs de la cardiologie, de la chirurgie, de la pédiatrie, de la gynécologie-obstétrique, de l’ORL, de l’ophtalmologie… ; des domaines où les professionnels tchadiens sont en retard en matière d’avancées scientifiques, techniques et technologiques. Dans notre pays, le nombre de médecins spécialistes reste insignifiant par rapport à celui de généralistes. A l’instar d’autres pays, il est vital que le Tchad progresse de ce point de vue au regard de l’évolution de la nature de maladies en Afrique et au Tchad.
A ce titre, les opportunités genevoises sont à explorer et exploiter d’autant plus qu’on a une représentation diplomatique à Genève.

A Saint-Gall, dans le domaine du textile, le Tchad peut bénéficier du potentiel technique et technologique dont dispose ce canton. A titre illustratif,  des grosses industries saint-galloises produisent des tenues vestimentaires très prisées au Tchad : le Laffaye pour les femmes (communément appelé "coton suisse"), le jasner, chadda et autre tissu de gadmoul pour les hommes. Le nombre de consommateurs de ces produits en provenance de Saint-Gall reste considérable. Le Tchad étant un des grands pays producteurs du coton, il serait intéressant qu’il y ait un transfert de technologie, notamment à travers la formation et la coopération technique, entre ce canton et le Tchad pour valoriser le coton tchadien sur le plan industriel, vestimentaire et commercial. C’est un marché important et en pleine croissance ; le Tchad a les capacités d’aller dans cette direction, à condition qu’on cesse d’utiliser les prérogatives diplomatiques pour s’ériger en commerçants et transitaires de toutes sortes dans l’unique but d’accumuler des profits personnels.

D’autres cantons sont aussi intéressants (Neuchâtel, Bâle, Berne…) en ce qui concerne l’horlogerie, l’aviation, les statistiques et les études économétriques, etc.  Même au niveau de la diaspora tchadienne en Suisse, il y a des pistes à explorer.

La communauté tchadienne en Suisse est estimée autour de 150 personnes. La plupart d’entre eux sont des fonctionnaires internationaux,  des agents de Banques, des travailleurs dans diverses entreprises, des écrivains, des étudiants etc. Même si leurs apports restent discrets, ils sont efficaces et leurs valeurs ajoutées sont non négligeables au Tchad. Ils peuvent fournir des médicaments, des ordinateurs et autres matériels utiles au pays si l’ambassade est en mesure de prendre en charge leur acheminement.
 
C’est une diaspora qui est déjà active au service du développement du Tchad et qui peut en faire davantage à condition que les autorités tchadiennes, par le biais de sa représentation diplomatique, en prennent conscience et mettent tout en oeuvre pour consolider ces apports, notamment à travers des consultations formelles et régulières. Mais malheureusement, on observe des tentatives de manipulation politique nuisibles à la poursuite et à l’efficacité de cette dynamique de la diaspora dans le sens du développement, du fait que ces tentatives s’opposent à l’harmonie dans laquelle vit depuis longtemps la communauté tchadienne en Suisse. Ce qui impose une vigilance de tous les instants afin de ne pas céder à ces manipulations.

Ce ne sont là que des aperçus des potentialités suisses dont peut bénéficier le Tchad ; un travail de fond est nécessaire pourvu que l’ambassade du Tchad à Genève accepte de s’y mettre. Pour cela elle doit cesser de se cacher derrière la question de la défense et de la promotion des droits de l’homme pour ne rien faire.

Comme le décrivait si bien la charte africaine des droits de l’homme et des peuples, la liberté, l’égalité, la justice et la dignité sont des objectifs essentiels à la réalisation des aspirations légitimes des peuples africains. Cette question des droits de l’homme est souvent galvaudée et chacun tire la couverture de son côté en fonction de ses intérêts. En effet, aux côtés de certaines "associations et ONG" amateuristes, il existe malheureusement des responsables d’institutions diplomatiques qui utilisent les droits de l’homme pour faire de la manipulation politicienne et ainsi assurer leur carrière ou sécuriser leurs postes en endormissant les plus hautes autorités de l’Etat par des discours qui caressent les oreilles de ces dernières.

Arrêtons nous un peu sur le cas de notre représentation diplomatique en Suisse. Il y a des priorités socio-économiques plus importantes. Cependant, on s’agite beaucoup autour de la question des droits de l’homme, non pas par souci de promouvoir les valeurs humaines, mais pour focaliser l’attention des dirigeants sur cette question pour leur faire croire qu’on les protège contre des soi-disant discours qui remettent en question la promotion et la défense des droits de l’homme au Tchad.
 
En réalité, le souci de certains de nos ambassadeurs, c’est de rendre la question tellement sensible pour montrer au ministre ou au Chef de l’Etat qu’ils sont les garants et les protecteurs de l’image du gouvernement ; l’objectif caché étant de garder leurs postes et les privilèges y afférents. On n’hésite pas à s’agiter pour que les autorités tchadiennes ayant en charge les droits de l’homme puissent faire le déplacement de Genève et assister à telle ou telle autre rencontre sur les droits de l’homme ; un déplacement qui se solde le plus souvent par plus de tourisme au bord du lac Leman que de réels apports au niveau tchadien. Cela pour uniquement montrer  aux plus hautes autorités de l’Etat qu’on tient à elles et derrière, on n’hésite pas à cracher dans la soupe. Ce n’est qu’une agitation politico-diplomatique sournoise qui dessert les intérêts de l’Etat et du gouvernement au profit des intérêts particuliers.

La question des droits de l’homme devrait être prise avec une certaine éthique politique et diplomatique pour mieux convaincre les partenaires qui s’interrogent légitimement sur cette problématique et les amener à s’intéresser et à investir au Tchad. Par ailleurs, le développement socio-économique est indispensable pour la pleine réalisation des droits de l’homme, ce qui rend fondamentale la mise en valeur des potentialités suisses évoquées plus haut au profit du Tchad.

Au lieu que certains de nos représentants diplomatiques utilisent leurs prérogatives pour  leurs propres profits, il serait institutionnellement raisonnable, socio-économiquement pertinent  et politiquement efficace que, dans le cadre de la coopération bilatérale, l’ambassade puisse répertorier les opportunités importantes qui s’offrent au Tchad dans les pays hôtes et travailler avec les départements ministériels concernés, notamment celui de l’économie et du plan, du commerce, de l’industrie et de l’énergie, de l’enseignement, de la santé… pour mieux exploiter et mettre en valeur ces opportunités au profit des tchadiens et de l’image du Tchad.

Ce qui exige une certaine capacité et flexibilité diplomatique, et que nos représentations diplomatiques soient confiées à des dirigeants crédibles. Le Tchad dispose d’un nombre important de tchadiens et de tchadiennes crédibles, responsables, respectables et respectés, dans les institutions nationales, régionales et internationales, même dans certaines de nos ambassades. Ces tchadiens vont au-delà des considérations mesquines de certains de nos ambassadeurs et n’épargnent pas leurs efforts pour mener un véritable travail d’hommes d’Etat. Ils mettent en avant le Tchad et ses atouts, ils font tout ce qui est nécessaire non seulement pour promouvoir le développement du Tchad mais aussi pour contribuer à rehausser son image et sa place dans le concert des nations.  Ils n’hésitent pas à se servir des outils et de l’espace médiatiques pour promouvoir la visibilité et les potentialités du Tchad afin de pousser les partenaires à s’intéresser à notre pays, à l’opposé de ceux qui s’efforcent de garder le Tchad dans l’ombre de peur que leurs magouilles ne soient révélées.

Parmi ces hommes et femmes de référence, on peut citer Mahamat Saleh Annadif (ancien ministre et actuel Représentant de l’Union africaine à Bruxelles), Mariam Mahamat Nour (ancienne ministre et actuelle Représentante de la FAO au Mali), Gali Ghoté (directeur de cabinet du Premier ministre), le professeur Avouksouma Djona (ancien ministre), Acheikh Ibn Oumar (ancien ministre, ancien ambassadeur), Yaldet Begoto Oulatar (membre du HCC), Ahmad Allam-Mi (ancien ministre et actuel Représentant permanent du Tchad auprès des Nations Unies à New York), Mahamat Ahmat Alhabo (ancien ministre et ancien ambassadeur), l’ambassadeur du Tchad en Chine, celui de la Russie et bien d’autres à tous les niveaux administratifs et professionnels. Certes, on peut avoir des critiques ou des reproches à leur égard, mais on ne peut pas faire abstraction de leurs compétences et de leur respectabilité dans l’opinion nationale ou internationale. De ce point de vue, ils peuvent inspirer non seulement les jeunes générations, mais aussi certains de nos dirigeants. Cela nous semble important ; comme le disait notre compatrioteEnoch DJONDANG "L’Administration publique [tchadienne] est très malade et saturée de fainéants : les postes de responsabilité sont à durée très éphémères et sujets à des luttes âpres entre clans politiques et tribaux, avec marabouts lugubres en renfort".

Soulignons, en passant, qu’un ambassadeur n’est pas un chef de service du protocole et d’accueil, un secrétaire particulier ou chargé de prise des rendez-vous des ministres, ou encore chargé uniquement d’apposer sa signature sur des documents rédigés par ses techniciens . Une représentation diplomatique, quelle que soit sa taille – à plus forte raison celle qui s’occupe à la fois du bilatéral et du multilatéral, a besoin à sa tête d’une personnalité qui est techniquement, socialement et politiquement à la hauteur de la tâche qui lui incombe.
 
Certes, il se pose la question des liens entre le système et l’individu ainsi que des marges de manœuvre de l’individu dans le système. Ce que nous pouvons simplement relever, c’est que le système émane des individus, et si on veut qu’un système inefficace change d’orientation, il est nécessaire qu’une personne capable de mener à bien un travail d'intérêt général soit mise au cœur de nos préoccupations, et par conséquent, cette personne pourra entraîner dans sa sphère de compétence la collectivité dans une dynamique progressiste. Le système ainsi amélioré pourra à la longue produire des acteurs à la hauteur des objectifs recherchés. Une prise de conscience collective de l'idéal national qu'on se fixe ou du moins de la bonne conduite des affaires publiques s'avère indispensable.

Au terme de cet article, rappelons que les temps ont changé et que, de ce fait, les structures mentales et les cadres de références doivent évoluer au Tchad. Le débat d’idées, critique, ouvert et constructif, dans lequel les citoyens puissent exprimer leur opinions, voire leurs désaccords, reste un des moyens essentiels pour cette évolution.

Talha Mahamat Allim

Daoussa, si tu t’occupais des routes au lieu de mal tracer les légendes

(24/03/10)Un dinosaure à deux têtes tué à Amjeress !! Il était une fois un grand, très grand serpent vivait  dans une grotte d’une montagne de l’Est de l’ENNEDI. La longueur de ce serpent est égale à celle d’une caravane de dix chameaux. Quand il lève la tête, il peut mesurer une hauteur de deux chameaux l’un monté sur l’autre. Le serpent ne sort que le soir quand les animaux reviennent du pâturage et là il allonge son long cout, le fait descendre verticalement et happe et avale  tout ce que lui tombe sous le nez. Tout le monde a peur de ce serpent, tous les parents avertissent les petits bergers de ne pas  se rapprocher de 500 m de la « Montagne du serpent ». Seuls les téméraires ou les curieux dérogent à cette loi et se font avaler par le serpent.
Un jour, un homme, un certain Teyro constate que sa femme partie à la recherche d’une vache perdue, n’est pas rentrée. Convaincu que c’est le serpent qui l’a avalée, monte sur son cheval, s’arme d’une lance bien aiguisée et va à la rencontre de l’ophidien. Sentant la présence d’un être dans les environs, le serpent sort de son logis et tend sa tête. Du haut de sa monture, Teyro  lance la sagaie qui le blesse mortellement. Dès qu’il a constaté qu’il avait atteint le serpent, il met au galop son cheval et s’éloigne à toute à allure. Le reptile tombe sur toute sa longueur en éjectant du sang de sa bouche, lequel sang aurait atteint le cheval qui meurt sur le coup. Quant au propriétaire, il aurait pu s’échapper à pied. A la chute du serpent, les animaux qui s’abreuvaient au puits d’Amjeress (une cinquantaine de kilomètres) auraient fui. Sa carcasse aurait été encore visible des années plus tard.
Voilà l’histoire racontée depuis la nuit des temps par les vieux du coin.
C’est donc cette histoire que Daoussa Deby Itno, « l’intello » de la famille, tout costume cravate, est parti raconté de la manière la plus sérieuse et solennelle à la TV tchadienne : « l’aïeul de Hitno a tué un dinosaure à deux têtes à Amjeress » .

Quelques petites remarques :
1 – La scène s’était passée à Denibé (la Montagne du Serpent) à une cinquantaine de kilomètres d’Amjeress. Il faut aussi préciser que cette dernière n’est pas une région. C’est le nom d’un ouadi  où est creusé un puits qui porte le nom d’oued.
2 – Renseignement pris, Teyro (s’il a existé) serait est le 9ème grand père de Hitno, donc le 11ème de Daoussa, c’est pour dire que plus de la moitié des habitants de l’Ennedi sont dans ce cas issus de ce Teyro. Il n’y a donc pas de quoi s’en accaparer pour soi seul. Petite parenthèse : « Teyro » signifie en langue locale «  qui n’est pas né ou qui n’a pas existé »
3 -  Les locaux n’ont jamais parlé d’autres choses que du serpent. La montagne s’appelle « la Montagne du serpent » et Teyro a pris le nom de « Teyro le tueur du serpent ». L’imagination des paysans étant très fertile, s’il s’agissait d’autre chose que le serpent, ça aurait été sûrement colporté de mille façons.
4 - Le dinosaure à deux têtes c’est dans les films de Disney pour les enfants.
5 – Les dinosaures ont disparu de la planète terre depuis 65 millions d’années (voir Wikipédia).
6 – Selon les différentes études paléontologiques, aucune trace, ni passage des dinosaures dans l’Ennedi n’ont été constatés. Même les nombreuses peintures rupestres considérées comme des plus anciennes, ne montrent aucune trace des dinosaures.

Pourquoi alors mon grand frère Daoussa a eu le besoin d’extirper un vieux truc qui est considéré localement  comme un fait tout à fait banal, qui n’est pas du tout vu  comme un grand exploit et qui n’a fait l’objet d’aucun louage, d’aucune chanson, localement ? Mégalomanie ? Besoin de s’adjuger des exploits imaginaires qui n’ont jamais existé ? Besoin de se faire une histoire qui n’a pas existé ? Elucubrations des individus en mal de renommée ou d’exploit ancestraux ? Ou une façon d’attirer des scientifiques  à Amjeress et le meubler ainsi des touristes ? Publicité mal concoctée pour le village?  En tout cas,  mes parents les Hitno semblent avoir perdu tout repère.
Pourtant, pratiquement chaque jour, au Sud du Tchad, dans la région de Mont de Lam, un homme tue un boa. Mais personne n’est venu ronronner à la TV que l’aïeul de son grand père a tué un dinosaure. Il est permis de croire que le serpent de Denibe ne dépassait pas en taille un boa d’aujourd’hui.
Beroua Fils
Berouafils@gmail.com

Sekimbaye Bessané.
La disparition d’un des grands acteurs de l’histoire du Tchad

Par Talha Mahamat Allim,
Genève, Suisse

(23/03/10)M. Sekimbaye Bessané, décédé ce 20 mars 2010 au Tchad, a été un grand professionnel de l’éducation nationale, un ancien ministre et ancien ambassadeur du Tchad ; il fait partie des acteurs majeurs de l’histoire du Tchad.

Son parcours professionnel est riche et diversifié. M. Sekimbaye Bessané a  formé nombreux d’entre nos cadres dont certains exercent aujourd’hui des hautes fonctions au niveau national, régional ou international.  Pendant sa carrière d’enseignant, il a transmis à ses élèves, et à tous ceux qui ont bénéficié de son savoir-faire et savoir-être, le sens de la rigueur et de l’ouverture d’esprit ainsi que les valeurs du travail, de justice, de tolérance et du vivre ensemble quelles que soient les différences.

Nous avons eu l’opportunité de travailler avec lui à travers des missions effectuées au niveau national, lorsqu’il était ministre de la communication du Tchad. Nous gardons de lui de bons souvenirs et surtout le sens des relations humaines. Sa personnalité se révèle aussi à travers sa fille, résidant à Genève, dont nous gardons l’image d’une bonne éducation, le sens de l’écoute, l’esprit altruiste et d’une grande générosité.

C’est avec regret que nous avons appris sa disparition, nous adressons nos condoléances les plus attristées à ses parents, proches, amis et connaissances. Que son âme repose en paix.

 

Le but et la finalité d’une médiation tronquée dans la région du Salamat.

(21/03/10)La mission de médiation conduite par Mr Abderahmane Moussa dans la région du Salamat résume la haine viscérale qu’exprime Idriss Deby Itno envers les populations arabes dans cette région.
Pour Rappel, la situation d’instabilité créée par Idriss Deby Itno lui-même à cette époque, est de soulever les populations non arabes contre les Arabes taxés de Djandjawid. Le régime avait armé lui-même certaines ethnies pour rendre la région Est du Tchad instable, et prouver  à l’opinion internationale l’extension du phénomène Djandjawid au Tchad et l’insécurité dans cette partie du pays.
Pendant sa visite à Amtiman chef lieu de la préfecture du Salamat, Idriss Deby Itno avait distribué par l’entremise de ses sbires 5 millions de FCFA aux chefs de tribus non arabes, parallèlement certains chefs de tribus Arabes ont été arrêté et humilié en présence de Mr Rakhis Manany qui avait la responsabilité de la région, chose qui avait créée un malaise de ce dernier allant jusqu’à sa démission. Idriss Deby disait à l’époque que tous les arabes sont des Djandjawid, et qu’ils constituaient le réservoir de la rebéllion. Après cette marginalisation, plusieurs tribus Arabes ont été obligées de quitter leur terre dans la zone de Zakouma. Ils furent éconduits tels des bétails par la garde présidentiel dont le père de Touffa Abdoulaye qui eut ses vaches fusillées. Plus de 500 têtes de bétails furent mitraillés. Aujourd’hui, une brigade militaire à sa tête un certain Abbassi Lougouma, fût créée pour sécuriser la zone soit disant touristique alors que la mission initiale se mesure à d’autres escients.
Les conflits intercommunautaires avaient fait des victimes que seul le régime actuel en porte la responsabilité.
La communauté Arabe, en légitime défense n’a fait que  défendre ses enfants et ses biens, quant ils furent attaqués.
Actuellement, et depuis quelques jours, un ordre a été donné à Mr Abderahmane Moussa de revenir sur les faits et contraindre juste les arabes de payer une somme de 324 millions de FCFA en guise de dédommagement aux tribus non arabes, et pour les Arabes exécuté rien, même pas un centime.
Ceux qui ne valent pas un centime, ne sont pas des tchadiens et considérés comme des Djandjawid. Ces faits se passent au nez et à la barbe des responsables soit disant de la communauté Arabes sans que cela ne réveille les consciences. Il n’y a pas longtemps, un responsable Arabe exprimait son mécontentement sur les récents faits du recensement des populations truqué dans les zones et villages Arabes. Il fut éconduit et démis de son poste en guise de représailles.
Beaucoup de la nouvelle génération est consciente de la machine répressive du régime dictatorial d’Idriss Deby et de ses complices. Mais l’heure viendra où les choses se passeront autrement. Une chose est sûre, dans l’élan de l’injustice et de la démagogie, les chefs de canton et autres seront menacés, certains destitués par les fameux décrets, juste par règlement de compte.
Aux dernières nouvelles, la communauté Arabe (Hémat, Rachid, Missirié) s’est retrouvée et décidée de ne rien payer. Advienne que pourra.
Nous attirons l’attention des ONG en présence, et d’Amnesty international sur ces faits qui risque de prendre une autre dimension.
Pour les populations opprimés, nous tenons à dire qu’après une longue nuit, le jour fini par se léver.
Le Tchadanthrope.

La problématique de nos représentations diplomatiques au regard des articles de notre compatriote Talha

(17/03/10)Je suis ravi que les différents sites Internet et blog tchadiens constituent un lieu par excellence de liberté, d’échange d’idées et de débats fructueux entre tchadiens de tout bord. Ce qui fait qu’ aujourd’hui la prise de conscience collective sur la situation du pays est de plus en plus importante et aboutira certainement un jour au changement des mentalités et du système. Les réflexions pertinentes de notre compatriote Talha sur l’état de fonctionnement de nos représentations diplomatiques avec le cas spécifique de Genève illustre parfaitement que beaucoup de nos institutions publiques sont malades et requièrent de sérieuses reformes. Le fait de dénoncer l’inacceptable et demeurer aux côtés de celles et ceux qui résistent dans la dignité me semble une approche déterminante pour arriver à un résultat satisfaisant, c’est à dire juste et équitable. J’ai la ferme conviction que quand on gère avec responsabilité, justice et égalité une institution quelque soit sa nature, il va de soi qu’on serait en paix avec sa conscience professionnelle, morale et spirituelle dans ce monde et peut être dans l’au-delà incha Allah. Parlant de la spiritualité, je me dois de remercier du fond du cœur M. Talha pour nous avoir inculquer des valeurs spirituelles importantes, notamment l’apprentissage du coran et les bases essentielles de l’islam lorsqu’il était notre enseignant chez Faki Adam Barka et Ahmat Abdoulaye à Abéché dans les années 80 et 90. Votre rigueur, honnêteté et générosité continuent par nous imprégner dans nos tâches quotidiennes. Beaucoup de vos talibés sont devenu aujourd’hui de personnes adultes assumant diverses responsabilités.
A mes frères et sœurs tchadiens, je pense qu’il faut croire dans un débat ouvert et constructif, même si aujourd’hui beaucoup de nos responsables institutionnels sont plutôt intéressés par le matériel et l’accumulation illégale des profits financiers que par le contenu de réflexions pertinentes des tchadiens. Ces contributions intellectuelles sont et resteront utiles pour le Tchad. L’histoire est du côté de ceux qui luttent contre les injustices et pour la dignité humaine. Ces personnes représentent pour aujourd’hui et pour demain l’espoir des valeurs humaines les plus nobles. C’est notre responsabilité commune de faire face contre toutes les formes d’injustice et de manipulation, que nous cessions de nous lamenter et que nous nous engagions ensemble pour défendre avec détermination l’égalité et la dignité de tous les citoyens et de toutes les citoyennes.

M. Abdallah
Ancien élève de l’école Adam Barka 
   

Sonia Rolley ou la violeuse de l’Omerta de la Françafrique.

(09/03/10)Journaliste indépendante travaillant pour le compte de RFI et de  la France 24, la jeune et courageuse Sonia débarque à N’Djamena, la capitale du Tchad en 2006 et se donne à cœur joie à son métier de journaliste. Son premier souci : l’objectivité dans la couverture des événements. Cependant, elle ignorait un détail vital : l’objectivité et l’impartialité au Tchad de Deby ont des définitions différentes de celles du dictionnaire français. Elle est vite avertie, mais Sonia s’entête. Elle est trop curieuse pour s’en tenir aux versions officielles.

Elle établit progressivement son propre réseau d’informations et découvre très vite que les officiels tchadiens sont des menteurs. Le « diabolique » Younousmi, le ministre des Infrastructures demande même sa collaboration pour couvrir son imposture sur les chaines de RFI. « Si un ministre fait une déclaration, tout le monde pense qu’il ment! » Lui aurait-il confié. Mais la journaliste refuse de collaborer et laisse  Younousmi « mentir sur les chaines de RFI ». C’est un délit grave. Ce n’est pas tout, Sonia prend la liberté  de communiquer avec n’importe qui, incluant les « mercenaires » Nouri, Timane, Abakar Tollimi… C’est un crime de lèse-majesté.

À la plus grande surprise de la journaliste, les premiers signes de mécontentements viennent de ses propres parents, c’est-à-dire son ambassade de tutelle. Oh shit! Sonia est « trop naïve ». Elle ne savait même pas que l’ambassadeur de France, Monsieur Foucher est le porte-parole du président Deby. Or, on ne saurait critiquer Deby sans risquer de s’attirer la foudre de Foucher, l’incarnation même de la Françafrique. Sonia est donc dans le pétrin, car elle est devenue la bête noire de l’ambassadeur de France.

Pour lui rendre son compte, l’ambassadeur de France jette sa compatriote  en pâture aux sbires du perroquet national, le ministre de l’Intérieur Ahmat Bashir : la journaliste est constamment intimidée, voire même agressée. Sa sécurité est menacée. Elle rapporte ses ennuis de sécurité au ministre Bashir. Ce dernier pouffe de rires au bout de la ligne  et lui demande si elle a déjà été violée. C’est indécent. Le perroquet revendique donc une preuve de viol pour prouver que Sonia ne raconte pas des salades, mais sa sécurité est vraiment menacée.  Pourtant, la courageuse et dynamique  Sonia refuse de plier bagage et continue de produire des reportages objectifs et ce, malgré le danger qu’elle encourt.

Excédé, le ministre de la Communication, Ourmadji Moussa Dongor passe à la vitesse supérieure en lui retirant son permis de travail au motif que le Tchad est en état d’urgence, au lendemain des événements de février 2008. La pauvre Sonia crut encore naïvement que la suspension de son permis était juste un fait temporaire, mais il ne lui sera jamais restitué. Sa plaidoirie auprès des plus hautes autorités de la France n’aura rien donné. Pour compatir à son sort, Bernard Kouchner, eut quand même la gentillesse de la gratifier des bises. Le président Sarko, lui se montre peu généreux, mais non moins ironique : une petite tape à l’épaule et  annonce vaguement à Sonia qu’elle restera en poste avant de quitter N’Djamena. Parole de Sarko! Elle a toutes les raisons d’espérer que le président français est sérieux dans sa promesse. Après tout, le président Sarkozy n’avait-il pas annoncé à la face du monde qu’il irait « … les chercher quoi qu’ils aient fait », faisant allusion à la tumultueuse affaire de l’Arche de Zoe? Et il est effectivement parti récupérer Éric Breteau et son groupe. Pourquoi pas son maintien en poste? Malheureusement, elle est nourrie d’un faux espoir.  « Naïve » de son état, un détail précieux échappe encore à Sonia : Eric et elle n’ont pas commis le même crime. Le crime d’Eric, le businessman était mineur comparé au sien. N’est-ce pas ce dernier  voulut juste trafiquer 103 piteux enfants nègres  tchadiens pour les vendre à des familles d’accueil en France? Sonia Rolley, quant à elle, vient de crever avec sa plume, la sacrée membrane de l’Omerta de la Francafrique. C’est un crime impardonnable.

Expulsée donc du Tchad comme une malpropre pour non cautionnement de la désinformation entretenue par le régime de Deby et ses complices, notamment les diplomates français en poste au Tchad, la jeune journaliste indépendante vient de publier un livre intitulé « Retour du tchad: Carnet d´une correspondante » .  Dans son témoignage, la journaliste française nous livre un récit poignant qui met à nu les combines de la Françafrique en faveur du maintien d’Idriss Deby au pouvoir et ce, à l’insu même de l’électorat français. 

Dorénavant, on ne parle plus des intérêts stratégiques de la France au Tchad, mais des intérêts des officiels français dans l’imposition d’Idriss Deby à la tête de l’État tchadien.
La rédaction du site du CNR
www.cnrdutchad.com

Délinquance Administrative à Hadjer-Lamis - No Man's Land Ndjamena-Fara et Mani

(09/03/10)C’est le début de recensement électoral et les habitants de No Man's Land situé entre la sous préfecture de Ndjamena-Fara et Mani sont inquiets pour ce devoir de citoyen.
Le No Man's Land en question comprend une bonne partie des villages de la sous préfecture de Ndjamena-Fara, hérité de l’ancien poste Administrative de la sous préfecture.
Ces conglomérats de villages occupant anciennement une partie du canton Boutelfil est administré et faisant partie de l’ancienne poste administrative  de Ndjamena-Fara qui est devenue sous préfecture de Ndjamena-Fara.
Depuis l’érection de ladite poste administrative, puis sous préfecture dirigée par Abakar Oumar Chekh, jusqu’en 2008, ces territoires sont devenus une pomme de discorde entre les deux sous préfecture.
Voila que début 2008, une discordance entre les deux sous préfecture est apparue pour céder sans décret, ni arrêté et surtout sans aucun  document administratif cette partie de terre regroupant des villages à la sous préfecture de Mani.
La raison est simple car le sultan du Mani prétendait être le maitre absolu  de ces terres bien sûr traditionnellement, comme au  moyen âge.
L’administration de Hadjer Lamis, l’ancien préfet Annour Djibrine et consort
(actuellement en prison), ont béni cette demande en délimitant eux même une
tracée entre Mani et Ndjamena-Fara, marquant la route de Douguia comme frontière entre les deux sous préfecture, pour satisfaire Mani et son sultan qui rêvait  debout et pensait toujours  que la terre appartient comme au temps jadis   aux kotoko et non  à ces arrivistes et immigrés qui sont les arabes.
Les habitants de cette localité cédée  à Mani ignorent  toujours cette partie
et se font toujours  recenser à  Ndjaména Fara.
Voilà le vrai problème s’est posé!
Apres l’installation des membres de la CENI sous- préfectorale, ces villages
cédés par la force et complicité de l’actuel sous préfet et autorités
administratives de Hadjer Lamis ont refusé catégoriquement de se faire
recenser par Mani et préfèrent être à Ndjamena-Fara car ils sont de ladite sous préfecture depuis sa création  jusqu'à nos jours.
Les chefs de villages et Clans sont tous ébahis devant la présentation d’une
liste emmenant du sous préfet de Ndjamena-Fara qui refusait aux pauvres villageois se trouvant au nord de la route de se faire recenser à Mani.
Ils détiennent  actuellement les anciennes cartes électorales délivrées à
Ndjamena-Fara et se demandent  s’il y a  un texte ou un arrêté ou encore un décret qui les a rattachés à  Mani. Tout compte fait ils réclament haut et fort que  leur recensement serait dans la sous-préfecture de Ndjamena-Fara. En outre ils dénoncent cette délinquance administrative.
Les villageois résistaient et continuent  de crier leurs déception et désarrois devant une telle situation de dégradation administrative émanant des responsables de Hadjer Lamis qui,  à  travers certains actes, vont favoriser la division et la destruction de la région de Hadjer Lamis.
La question est de savoir, au profit de qui le sous préfet interdit le recensement électoral à une partie des populations ?
Selon l’administration, chaque sous préfecture hérite du ressort territorial de son ancienne  poste administrative et nous assistons ici à un feulement des textes de l’Etat.
Demandez aux anciens sous préfets qui ont dirigé sagement et dignement cette noble localité des hommes justes, courageux et patriotes,  Ndjamena-Fara et vous aurez des parfaites réponses.

Par MAHAMAT AHMAT TIDJANI

 

Le Tchad et le forum national sur les droits de l’homme. Une opportunité à saisir pour mettre fin aux agissements de certains chefs de nos représentations diplomatiques

Par Talha Mahamat Allim
Genève, Suisse

(6/03/10)Ce qui vient de se passer récemment à l’ambassade du Tchad à Brazzaville, et avant à certaines autres, n’honore pas notre pays, encore moins notre diplomatie. Cela est révélateur de ce que nous avons déjà évoqué dans le cas spécifique de la représentation diplomatique tchadienne à Genève : l’attitude de certains chefs de Mission diplomatiques dans la conduite des institutions qui leur sont confiées et plus particulièrement dans la gestion des ressources humaines et financières.

Ce genre de comportement est spécifiquement lié à l’incompétence intellectuelle, morale et professionnelle ainsi qu’à la valorisation des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général. Il est aujourd’hui incompréhensible, voire insensé que de tels agissements sévissent encore dans des institutions modernes, surtout au moment où le Tchad déploie des efforts diplomatiques pour reconstruire ses relations avec ses voisins ; n’oublions pas que ces représentations diplomatiques restent des vitrines nationales et internationales pour notre pays.

Il ne suffit pas seulement d’avoir, à la tête des relations extérieures, un ministre compétent, mais il faut aussi que celles et ceux qui ont la responsabilité et la conduite des représentations diplomatiques du Tchad à l’extérieur puissent avoir les compétences nécessaires pour mieux servir leur pays. Le Tchad a des véritables compétences diplomatiques (toutes catégories confondues) qui, si elles sont utilisées rationnellement, lui apporteront des réels progrès.

Il ne faut pas oublier que la génération aînée serve de référence, voire d’exemple aux jeunes générations. Dès lors, il est essentiel que ce ne soit pas des mauvais exemples si on espère un meilleur avenir pour le Tchad et les tchadiens.  

Les enseignements que l’on puisse tirer et pour éviter que ce genre de situations ne se reproduisent plus, c’est que la nomination de nos ambassadeurs soit essentiellement guidée par la compétence, l’excellence, la moralité, le professionnalisme ; que les ambassadeurs ne soient plus là  pour préserver je ne sais quels intérêts de X ou Y : ils sont là pour servir leur pays et ses ressortissants. Il est également temps d’instaurer une culture d’évaluation de nos chefs de représentations diplomatiques afin d’éviter les dysfonctionnements et autres régressions qui se rencontrent dans certaines de nos ambassades.

Le Tchad a des personnes crédibles capables de le représenter dignement, avec compétence et professionnalisme. Il serait judicieux de faire recours à ces talents pour impulser une participation substantielle du pays aux processus de prise de décisions au niveau international et pour tirer le meilleur parti des opportunités qu’offre la coopération internationale  pour le Tchad.

Par ailleurs, pour la sauvegarde de la crédibilité de nos représentations diplomatiques, les droits de l’homme devraient véritablement être respectés. Ce qui n’est pas le cas dans certaines d’entre elles, et plus spécifiquement celles dont les chefs font tout pour faire croire qu’ils sont des promoteurs des droits de l’homme, par exemple l’ambassade du Tchad à Genève. A l’occasion du forum national sur les droits de l’homme (du 9 au 11 mars 2010, N’djamena, Tchad) ces chefs viendront habillés de peaux de brebis alors que dans la réalité de leurs fonctions quotidiennes, ils se comportent comme des loups. Lors de cette rencontre, on devrait également faire état du respect des droits de l’homme dans nos représentations diplomatiques. Le cas de Brazzaville tombe à point nommé ; il devrait servir de point d’entrée pour analyser la situation des droits de l’homme dans nos ambassades. Il en va de même pour le cas de l’ambassade du Tchad à Genève dont nous avons déjà fait mention dans nos différents articles, surtout en ce qui concerne le traitement inhumain et dégradant, voire cruel dans certains cas, à l’égard de certains employés dont la plupart d’entre eux ont choisi de retourner  au Tchad pour préserver ce qui restait de leur dignité humaine.

Cela ferait du bien à nos représentations diplomatiques et permettrait de mettre fin à certains agissements de certains ambassadeurs qui se comportent comme des caméléons en changeant de couleurs en fonction de l’environnement et des circonstances, pourvu que leurs intérêts personnels soient préservés alors qu’un responsable se doit de rester cohérent et d’incarner les valeurs qu’exige sa fonction quelles que soient les circonstances.

Observation importante : Ce forum devrait être aussi une occasion pour amener certains ambassadeurs à mettre fin à leurs stratagèmes de mises en relation simplificatrices et simplistes à partir desquels ils étiquettent leurs concitoyens d’appartenance à tel ou tel autre groupe d’opposition au régime en place dans l’unique souci de nuire à ceux qui osent mettre en évidence leurs défaillances dans le fonctionnement des institutions qu’ils dirigent.

Il est nécessaire et profitable de se fier à la pertinence des contributions multiformes des tchadiens et de ce qu’elles peuvent apporter de plus important pour le Tchad, au lieu de chercher à les stigmatiser, voire à mettre en péril  leur dignité et leur vie. Ces stratagèmes ne sont rien d’autres qu’une manifestation de la violation sournoise des droits de l’homme. Ils ne rendent service ni à eux même, ni à leur pays encore moins à leur gouvernement. Il y a d’autres moyens simples, honorables et respectueux des droits de l’homme pour préserver sa fonction : faire valoir ses compétences et ses qualités.

Talha Mahamat Allim

 

Lettre ouverte aux petits commentateurs de mauvaise foi.

(2/06/10)Bcp des internautes tchadiens sont victimes de ces petits oisifs qui n'ont autre travail que d'insulter et dénigrer leurs compatriotes par le biais de " Rubrique de commentaires automatiques ". Il n'y a aucun mal de prendre un pseudo et faire des commentaires objectifs mais ce qui est inacceptable c'est de s'attaquer a' la vie privée des gens. Dernièrement, ils tournent leur canon a' tous ceux qui écrivent et signent de leurs vrais noms. A titre d'exemple, Mr. Issa Kouroundou n'intervient pas tout le temps, mais sa lettre s'adressant a' Mr. Tandja (PR du Niger) a déclenché une onde de Choc chez les petits chialeurs. Le fait de prendre le temps d'écrire a' un président lui a plongé au cœur de critique de nos petits commentateurs de mauvaise foi.

Les petits insolents ont besoin d'apprendre et comprendre le SENS du mot Liberté. Par pitié de leur grande ignorance et innocence je prends le temps de leur apprendre le sens de ce mot important. D'abord la Liberté est un concept auquel tous les hommes civilisés accordent une très grande valeur. Pour éviter les dérives idéologiques, il faut que les termes employés par l'auteur d'un article (Mahadjir.fils, Kouroundou, Ngoussou, Dr. Lyadish, Nguebla, Allazam, Enoch ou qui que ce soit) ait la même acceptation pour tous. Selon le Dico Le Grand Robert, la Liberté, c'est l'absence, la suppression ou l'affaiblissement d'une contrainte. C'est le fait de ne dépendre de personne. C'est la possibilité d'agir sans entrave, de n'être lié par aucun engagement, et d'être affranchi d'une domination. Donc Kouroundou est libre d’écrire a' Tandja, Mahadjir.Fils est libre d'écrire au Ministre de l'Éducation Nationale, Enoch a' tout le monde etc...

Sur la question de savoir si Kouroundou est du Tchad ou de Niger ( posée par un insolent commentateur ) je me permets de répondre: Issa Kouroundou est un Tchado-Canado-Nigérien. Ou est le mal d'avoir la double ou la triple nationalité ? Alors il a le plein droit d'écrire a' Tandja ou au gouvernement du Niger. C'est ca la liberté d'expression. En Afrique on dit souvent: " Quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brule ". Pourquoi ? C'est parce que bcp de nos sage vieillards africains n’écrivent pas leurs savoirs. Kouroundou est un grand intellectuel. Au lieu de chercher de lui décourager, il est plutôt important de lui encourager d'écrire ce qu'il pense. D'ailleurs l'encouragement est valable chez tous les peu des compatriotes qui ont le courage d'écrire a’ visage découvert. Écrire demande bcp de sacrifice : Temps, Moyen, Connaissance et Courage. Si tout le monde fait comme vous les faux commentateurs, les sites web tchadiens seraient fermés par manque de débats !
Est-ce que les petits commentateurs de mauvaise foi savent que bcp des hommes intègres leur détestent pour leur insolence? Moi je ne souffre pas du syndrome de l’artiste a’ la vérité absolue. Mais en général Vous les chialeurs et les faux commentateurs vous ne donnez rien et surtout vous ne faites jamais rien de constructif. C’est pourquoi vous êtes et vous resterez tjrs dans l’ombre pour dénigrer ceux qui vous dépassent en intellectualisme, en connaissance et en savoir. Cette partie me pousse a’ penser au propos d’un humoriste québécois ( Michel Sigouin ) qui dit : « Sur un chantier, quand t’es pas bon en construction, tu vas en démolition. ».  Vous êtes exactement ce que cet humoriste décrive. Vous n’êtes pas capable d’écrire, vous prenez des pseudos pour vous attaquer a’ tout le monde. Il est temps de cesser d’écrire des conneries et des saloperies.
Ce qui est bizarre dans tout ca, pas besoin de viser d’énormes sommets pour être attaqués par les petits commentateurs de mauvaise foi. Que vous écriviez 10 petites lettres a’ un ministre, que vous vous adressiez a’ un PR, que vous interveniez sur une crise quelconque, c’est toujours pareil. Les hommes d’idées, les grands faiseurs construisent, les bavards, les nullards, les connards et surtout nos petits faux commentateurs détruisent. Bref, nous qui avons opte’ pour écrire bcp essayons de croire a’ l’expression suivante : « Quand on sait que ce qu’on fait est du bien et ca ne nuit a’ personne, on doit laisser les bavards bavarder. » A bon entendeur, Salut.
Votre ami et frère
Mahadjir.Fils
Amérique du Nord.
www.enfantdutchad.com

 

Lettre à Mr. le ministre de l'éducation Nationale (10)

 
(2/03/10)En général les tchadiens sont des gens difficiles à comprendre ou connaitre. Nous avons accès à un système d'éducation gratuit, mais nous décrochons par centaines. Il semble qu'on préfère les théories fumeuses aux faits, l'ignorance à l'éducation, la farce ou " le m'as tu vu " à la modestie et l'ésotérisme à la science. Les 3/4 des occidentaux rêvent de sortir de l'obscurantisme et nous africains on s'y enfonce tète 1iere. Essayons de comprendre quelque chose. On est comme des bourgeois blasés de l'époque royale qui possédaient une piscine dans leur sous-sol, mais qui ne s'y baignaient pas. C'est terrible.
 
On nivelle tout simplement par le bas. Apparemment les enseignants ne prennent pas leur travail à cœur comme autre fois. C'est compréhensible. Malgré l'ère pétrolière, nos enseignants ne sont pas bien payés. En effet, bcp des élèves d'aujourd'hui sont médiocres. Jadis les élèves du lycée avaient un excellent français (ou arabe) parlé et écrit. Est-ce que les étudiants étaient plus intelligents ou bien les profs accomplissaient bien leurs travaux?
 
A mon avis de nos jours les profs n'enseignent pas comme jadis et en même les étudiants aussi n'étudient pas comme les étudiants jadis. Nos enfants et petits frères sont gâtés. La plupart d'entre eux vont à l'école en moto, voiture voire taxi. A notre époque ou avant nous les étudiants allaient à l'école à pieds. En outre, les étudiants d'aujourd'hui voient souvent des gens qui réussissent sans faire des efforts ou de bonnes études. Par exemple, un douanier Bogobogo peut construire un Villa. Un simple agent dont on ignore son travail sera en quelques années multimillionnaires. Les exemples de ce genre sont légions. Bref cette attitude est tout simplement le reflet de notre société acceptant la médiocrité.

Cette médiocrité est, en partie, la faute aux enseignants qui ne prennent pas leur travail a' coeur mais en majeur partie c'est aussi la faute aux étudiants. On ne peut pas indexer toute la faute aux enseignants c'est parce que tout de même pas eux qui décident ! C'est une pression de société de paresseux et de chialeurs qui n'aiment pas faire assez d'effort. " Chialer c'est a' la portée de tous " malheureusement. La plupart des jeunes d'aujourd'hui se conforment davantage a' la loi du moindre effort qu'a' la réussite. Leur devise était en sorte "pourquoi faire un effort quand quelqu'un d'autre le fera pour nous ". Je fais allusion aux profs corrompus qui apportent une solution complète a' un étudiant durant les examens ( Brevet ou Bac). C'est devenu pathétique. Il est grand temps de faire le ménage et de chercher de vrais gens du milieu ( profs, proviseurs et recteurs surtout honnêtes) pour leurs laisser cette lourde tache (La lutte contre la médiocrité).

Une petite parenthèse: J'ai fait 3 mois au Tchad. Je constate que ce n'est pas uniquement dans le domaine de l'Éducation mais bcp des choses ne marchent pas bien. A l'exception de quelques ministères tels que ministère des infrastructures, de la communication, de l'agriculture, du control d'État, de l'enseignement supérieur ... qui paraissent mieux structurés; la plupart des autres ont besoin d'un grand ménage. En épilogue on dirait que le Tchad vit aux crochets de l'aide internationale comme un adolescent qui demeure encore chez ses parents. Si tout le monde travaille comme il le faut, qu'est ce qui justifie le déploiement de toutes ces forces étrangères et ONG douteuses ? Pire encore quand vient le temps de ne pas leur renouveler le mandat fini, ils disent qu'ils vont quitter doucement parce qu'ils sont lourds. C'est des prétextes pour rester encore des années. Au lieu de s'assumer en tant que société libre, on plie l'échine. L'État doit forcer ces forces étrangères pour qu'ils partent au plus vite possible. Si notre société n'est pas capable de faire partir la Minurcat et les ONG par la force, on ne pourrait jamais trouver la force ou le courage de régler des questions plus lourdes comme celles de la santé, d'endettement et surtout de l'Éducation. Soyons francs: Au 21ieme siècle, dans ce Monde ou' les gros poissons mangent les petits, la liberté totale et l'indépendance ne se donnent pas. Elles s'arrachent. Même si on fête la journée de l'indépendance (le 11 Aout) depuis 1/2 siècle, notre indépendance est hypothétique. Tant et aussi longtemps que nous vivrons au-dessus de nos moyens, tant et aussi longtemps que nous aurons besoin de l'argent des autres, nous vivrons sous la contrainte et nous aurons les mains liées par nos engagements irréfléchis. En d'autres mots, tant que le Tchad ne sera pas financièrement indépendant, nous ne savourerons jamais la véritable indépendance et liberté.
Par ailleurs, je suis parfaitement d'accord avec le ministre de l'enseignement supérieur, Ahmat Taboye quand il disait " Il faut dorénavant une moyenne de 10 ou plus pour pouvoir composer le BAC". Pourquoi fait-on le 1er et 2ieme semestre si, de toutes les manières, on laisse ceux qui ont une moyenne annuelle de 9 ou moins composer les examens au Bac ? L'idée de faire des devoirs durant l'année scolaire n'est-elle pas de savoir si l'étudiant a les connaissances suffisantes pour passer au Bac ou au niveau supérieur? Si les 2 semestres démontrent que l'élève n'a pas ce qu'il faut pour composer le Bac, pourquoi lui y admet-on ?

Pour terminer, mettons nous une chose dans la tête. Sans une bonne éducation, pas de développement. C'est dans les grandes universités et instituts que se développe le savoir, qui se traduit ensuite en innovation qui augmentent notre richesse, notre patrimoine et notre qualité de vie ( qui est pour le moment très misérable ). Négliger l'Éducation, c'est scier la branche sur laquelle nous sommes assis. C'est encore plus vrai dans le cas d'une petite nation comme la notre (12 millions d'âmes), qui devra forcement compenser avec ses rares têtes pensantes les pairs de bras qu'elle n'a pas.

Votre ami et frère,
Mahadjir.Fils
Amérique du Nord.

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Que certaines autorités tchadiennes se fassent violence et prennent en considération les contributions de leurs concitoyens!

Par Talha Mahamat Allim
Genève, Suisse

(24/02/10)Beaucoup de nos compatriotes nous ont adressé des questions diverses et variées en particulier sur les opportunités qu’offrirait, pour le Tchad, la coopération bilatérale et multilatérale en Suisse. Avant d’aborder ces questions, qui seront ultérieurement traitées sous formes des dossiers thématiques dans d’autres articles, nous aimerions d’abord réitérer notre appel à l’endroit de nos dirigeants en général et plus particulièrement à nos plus hautes autorités. Précisons par ailleurs que nous gardons à l’esprit les questions spécifiques et factuelles relatives à l’ambassade du Tchad à Genève ; nous y reviendrons au terme de ces développements thématiques.
 
Cet appel concerne l’attitude de certaines de nos autorités face aux articles et autres contributions intellectuelles des tchadiens, surtout quand ils mettent en évidence les dysfonctionnements ou défaillances de nos institutions. Elles ont tendance à avoir un regard suspect vis-à-vis des auteurs, moins d’enthousiasme à prendre connaissance du contenu des contributions, encore moins de prendre en considération les apports qui y figurent. Cela est dommageable pour le Tchad et les tchadiens dans le sens que cette attitude ne peut mener qu’à l’appauvrissement du débat intellectuel et politique ainsi qu’à la stagnation du Tchad alors que le contexte national, régional et international change.

De ce point de vue, il serait judicieux que les structures mentales évoluent aussi, et qu’on cesse de s’enfermer dans les mêmes cadres de référence qui font appel aux aprioris, aux préjugés, aux stéréotypes, aux étiquettes et mises en relation simplificatrices et simplistes à partir desquels elles cataloguent les tchadiens et évaluent les positionnements politiques de ces derniers.

Au lieu de lier la prise de connaissance et la prise en compte des contributions des tchadiens (de l’intérieur et de la diaspora) au verdict de ces catégorisations et évaluations stéréotypées, il est nécessaire et profitable de se fier à la pertinence de ces contributions et de ce qu’elles peuvent apporter de plus intéressant pour le Tchad et les tchadiens.

Que nos autorités se fassent violence et acceptent de lire jusqu’au bout et en profondeur les contributions écrites concernant le Tchad quels que soient les canaux de communication utilisés, plus spécifiquement Internet qui est devenu aujourd’hui un outil de communication incontournable. Cela pourrait s’avérer utile surtout comme une forme de démocratie participative et une opportunité de prendre connaissance des préoccupations légitimes de leurs concitoyens. Après tout, en principe, ces autorités représentent les tchadiens et sont là pour eux, quelles que soient les catégories socio-économiques, politiques, culturelles, etc. De ce fait, elles doivent écouter et servir tous les tchadiens sans discrimination.  

Les vieilles ruses politiques et politiciennes ne peuvent que desservir le Tchad et en dernier ressort leurs auteurs. L’honnêteté et la transparence sont non seulement gages de la bonne conduite des affaires publiques mais aussi indispensables pour le progrès du Tchad. Dans cette optique, il est opportun qu’il soit mis fin à l’abus et à la mystification du pouvoir qui, dans la plupart des cas, ne servent qu’à masquer l’incompétence de certains dirigeants et l’exploitation des tchadiens par certains de leurs concitoyens.

Certes, tous nos dirigeants n’ont pas le même pouvoir, ni la même capacité d’influence. Cela ne dispense pas à ceux qui sont moins influents de lire ces contributions et de se faire une opinion propre, voire d’agir selon leurs convictions profondes ; ils ont quand même des valeurs et une certaine autonomie morale, spirituelle et intellectuelle en dépit de leur faible influence. Une prise de conscience individuelle et collective ainsi que certaines actions, même si elles sont localisées, peuvent faire bouger les choses, voire le système, dans le sens du progrès.

Talha Mahamat Allim.

 

Décès de M. Adoum Maurice HEL-BONGO : hommage à un grand homme !

Par Talha Mahamat Allim,
Genève, Suisse

(20/01/10)M. Adoum Maurice HEL-BONGO, ancien ministre du Tchad (1963), ancien fonctionnaire international au BIT et ancien président du Présidium de la Conférence nationale souveraine de 1993 est décédé ce 19 janvier 2010, à Genève (Suisse).
En ces moments douloureux, nos pensées vont aux siens. C’était un homme responsable, qui s’est toujours acquitté dignement des missions qui lui étaient confiées. En 1993, malgré les tensions, il a dirigé avec succès la Conférence nationale souveraine, dont l’objectif était de réformer les institutions de l’Etat et de conduire le Tchad sur la voie de la démocratie.
Nous avons eu le privilège de discuter avec lui, de nombreuses fois, sur diverses questions concernant le Tchad. C’était un sage, avec un sens élevé de l’Etat et un grand amour pour son pays. Il a toujours été partisan de l’édification de la nation tchadienne dans la paix, l’unité et la justice, sur des bases démocratiques. Pour lui, une grande conférence inclusive de tous les acteurs de la vie politique, économique et sociale est incontournable pour explorer les voies et moyens susceptibles de concourir au rétablissement  d’une paix durable au Tchad. Il était convaincu, jusqu’à sa disparition, qu’il n’était jamais trop tard pour bien faire.
Il était contre toutes les formes d’injustice. C’était un humaniste, généreux, ouvert, rassembleur, toujours au service des autres.
Ses grandes qualités ont même été reconnues en Suisse, au-delà de la diaspora tchadienne : la Mairie d’Onex (République et Canton de Genève) lui a fait décerner la palme d’honneur et l’a invité à prononcer un discours à l’occasion de la célébration de la fête nationale suisse (le 1er août 2008). Même en ce moment qui lui était dédié et au-delà du Tchad, il avait à cœur l’Afrique et les africains vivant en Suisse :
"[…] je pense, Mr le Maire, que la palme d’honneur que vous me faites décerner ce soir s’analyse, de votre part, en un témoignage de confiance et d’espoir en direction de mon grand Continent d’origine, l’AFRIQUE, cette Afrique qui ne cesse pourtant de patauger dans la misère et les guerres tribales, mais dont je suis absolument certain que, malgré les obstacles et les freinages de toutes parts, elle s’en sortira un jour, même avec panache. Beaucoup d’entre nous ne seront plus là certes, pour vivre cet heureux évènement, mais là n’est pas la question. Je tenais simplement à dire ici que c’est dans une optique résolument optimiste pour notre Afrique de demain qu’au nom de tous les africains qui vivent de plus en plus nombreux en Suisse, et dont certains se trouvent même déjà intégrés heureusement dans les rouages et les structures politiques de votre pays, c’est effectivement, dans cette optique, et en leur nom, que je vous exprime ici ma profonde reconnaissance, et mes respects." (Extrait de son discours du 1er août 2008, cf. www.onex.ch/downloads/Discours/2008/Hel-Bongo_01-08-08.pdf)
M. Adoum Maurice HEL-BONGO est l’un des acteurs majeurs de l’histoire du Tchad. Sa disparition est une perte immense pour le Tchad et la diaspora tchadienne en Suisse ; nous venons de perdre un grand homme. Que son âme repose en paix ! Nous adressons toutes nos condoléances à son épouse, ses enfants et tous ses parents.

 

Réponses aux interrogations de notre compatriote Abdoulaye Annour concernant l’Ambassade, Mission permanente du Tchad à Genève

Talha Mahamat Allim
Genève, Suisse

(17/01/10)Nous avons lu avec beaucoup de plaisir votre interpellation concernant l’appellation Ambassade, Mission permanente du Tchad à Genève. Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à nos contributions, et nous nous réjouissons de vous apporter les éclaircissements demandés.
La représentation diplomatique tchadienne à Genève sert à la fois comme une ambassade pleinement accréditée auprès de la Confédération suisse et comme une mission permanente auprès de l’Office des Nations Unies à Genève et des autres organisations internationales et agences en Suisse.
L’Ambassade et la Mission permanente à Genève sont destinées à promouvoir et protéger l’image et les intérêts du Tchad en Suisse : l’ambassade dans le cadre bilatéral, et la Mission permanente au niveau multilatéral.
La diplomatie bilatérale met en présence deux Etats, le Tchad et la Suisse dans le cas présent. Dans ce cadre, l’Ambassade du Tchad est appelée à œuvrer pour la promotion des relations diplomatiques et de la coopération avec la Suisse aux niveaux fédéral et cantonal. Elle doit aussi protéger les intérêts des tchadiens de la diaspora en Suisse et offrir des services consulaires aux étrangers qui désirent se rendre au Tchad et à des ressortissants tchadiens vivant en Suisse.
Dans le cadre multilatéral, la Mission permanente du Tchad à Genève est censée s’occuper des activités et questions d’intérêt commun impliquant plusieurs parties, en l’occurrence auprès des Nations Unies et diverses organisations et agences internationales basées en Suisse, plus particulièrement à Genève – une ville où se cristallisent les débats internationaux importants, un des carrefours essentiels des relations entre Etats ainsi qu’entre Etats et institutions internationales. A titre indicatif, par an, environ 4’500 réunions et conférences y sont organisées, plus de 170’000 délégués/experts assistant aux réunions et conférences ainsi que 3'000 visites de Chefs d’Etat/Gouvernement, de Ministres et d’autres dignitaires (VIP). (Cf. « La Genève internationale en chiffres » publiée, le 06 janvier 2010, par la Mission permanente de la Suisse auprès de l’Office des Nations Unies et d’autres organisations internationales à Genève).
Certaines des raisons qui poussent à combiner les deux structures diplomatiques (Ambassade et Mission permanente) relèvent des capacités  du pays, de ses intérêts et des structures internationales dans le pays hôte. A titre d’exemple, aux USA, les deux structures diplomatiques du Tchad (Ambassade et Mission permanente) sont séparées, contrairement à Genève ; le Tchad a une ambassade auprès des USA à Washington et une Mission permanente auprès de l’ONU à New York. Toutefois, l’association Ambassade, Mission permanente du Tchad à Genève pourrait évoluer avec le développement et l’intensification de la coopération et des relations diplomatiques entre le Tchad et la Suisse ;  ce qui pourrait amener à délocaliser l’ambassade vers Berne (capitale de la Suisse) et conserver la Mission permanente à Genève.
Cela étant, au regard des activités et des missions que doit mener l’Ambassade, Mission permanente du Tchad à Genève, il serait judicieux de réformer son organisation et sa gestion mais aussi de la renforcer en ressources humaines et matérielles afin que notre pays puisse tirer pleinement profit des nombreuses possibilités (du point du vue du développement) qu’offre la coopération bilatérale et multilatérale en Suisse. Par ailleurs, dans le souci de rationalisation de nos représentations diplomatiques, il serait utile de restructurer certaines d’entre elles, voire même de redéfinir leur cartographie et leurs missions au regard de la transformation des enjeux géostratégiques, politiques, socioculturels et économiques régionaux et internationaux. Ces questions devraient, à notre avis, figurer sur l’agenda d’éventuels états généraux du Ministère de relations extérieures souhaités par de nombreux diplomates.
Au terme de ces clarifications, nous aimerions revenir sur la question du non-respect des règles administratives. En tant que citoyens tchadiens, fonctionnaires de l’Etat et agents diplomatiques, nous sommes régis par un certain nombre de textes réglementaires et de règles de procédure administrative. En ce qui nous concerne personnellement, nous nous sommes engagé dans une procédure administrative pour faire valoir nos droits auprès des autorités hiérarchiques compétentes au Tchad. Comme la procédure est toujours en cours, nous ne pouvons pas entrer plus en profondeur sur cette question.
Nous remercions notre compatriote Abdoulaye Annour pour ses questions pertinentes et nous espérons avoir d’autres échanges enrichissants à l’avenir. Nous lui souhaitons plein de succès dans ses études afin qu’il puisse nous faire profiter de ses compétences et nous apporter plus de dynamisme et de fraîcheur dans notre diplomatie.
Talha Mahamat Allim.

De l’urgence de nouvelles valeurs pour certains de nos chefs de Missions diplomatiques, dans la perspective d’une diplomatie de développement au Tchad

Par Talha Mahamat Allim,
Genève, Suisse

(15/01/10)Au moment où nous écrivons cet article, Haïti vit un drame consécutif au séisme qui l’a frappé ; nous pensons à toutes les victimes et exprimons notre compassion au peuple haïtien.

La mobilisation internationale face à la gravité de la situation démontre de l’importance de la coopération internationale et de la nécessité de la solidarité. L’ampleur des dégâts humains et matériels démontre aussi la nécessité de consolider et de moderniser les infrastructures, mais aussi de promouvoir le développement socio-économique dans les pays les moins avancés.

Le Tchad fait partie de ces pays malgré ses richesses naturelles. Pour parvenir à ce développement, à cette modernisation et à une meilleure efficacité de la coopération, il est nécessaire que soient promues certaines valeurs dont le sens de l’intérêt général, de responsabilité, de gestion rationnelle, de solidarité... Comme beaucoup de nos compatriotes, nous n’avons cessé d’apporter des contributions dans ce sens pour soutenir le progrès socio-économique, politique, diplomatique, culturel…

Les actions entreprises actuellement au Tchad pour lutter contre la corruption, la mauvaise gestion, le détournement des deniers publics, le gaspillage… sont à encourager ; et il est souhaitable qu’elles aillent jusqu’au bout. Comme l’a dit notre compatriote le Dr Djimet Adoum, dans son dernier article, nous espérons que ces actions pourront finalement donner aux sceptiques toutes raisons de croire que la fin de la kermesse du désordre est enfin arrivée. 

Dans cette optique, il est important de faire appel à des cadres honnêtes, compétents et responsables pour que ces habitudes, qui ont pris forme depuis plusieurs années dans nos institutions publiques à l’intérieur du pays comme dans certaines de nos représentations diplomatiques à l’extérieur, puissent disparaître des mentalités de beaucoup de nos hauts responsables. Dans ce sens, les contributions intellectuelles et autres de la diaspora s’avèrent indispensables comme le témoigne le discours de fin d’année du Président de la République, qui a aussi insisté sur la compétence, l’intégrité et les valeurs morales.

Ainsi, pour le bien-être de la population tchadienne, il ne faut pas hésiter à dénoncer l’inacceptable, et surtout ne jamais céder à l’arrogance, aux mensonges, aux divisions des citoyens, à l’étiquetage fantasmatique d’appartenance politique ou politico-militaire de ceux qui se plaisent dans le statu quo, tel que nous l’avons déjà soulevé dans nos différents articles sur l’ambassade du Tchad à Genève. Les stratagèmes de ce genre d’individus démontrent véritablement qu’il faut une lutte active, permanente, multiforme et toujours demeurer aux côtés de ceux qui travaillent pour une bonne conduite des affaires de l’Etat, au service du Tchad et des tchadiens. Chacun de nous, en tant que citoyen, se doit et doit à sa patrie de ne pas se laisser charmer par les "experts" du tchatchou akoulou ("trompe-les et profite") qui figurent parmi nos représentants en général, et nos chefs de Mission en particulier.
 
Le Tchad d’aujourd’hui et de demain  ne doit pas être celui de la corruption, de la médiocrité, des injustices et des mensonges, mais plutôt celui de la dignité humaine, de l’équité, de la citoyenneté, de la responsabilisation, de la créativité, du respect des valeurs républicaines, spirituelles et traditionnelles ; un Tchad où ses ressortissants auront les meilleures conditions pour le faire gagner dans tous les domaines de la vie économique, politique, sociale, culturelle, artistique, scientifique … au service du développement national. C’est notre profonde conviction.

Il nous semble judicieux que c’est dans cette perspective que nous devons concevoir le fonctionnement de nos représentations diplomatiques et engager leurs actions vers une diplomatie du développement. La diplomatie est aujourd’hui considérée comme un outil important pour le développement d’un pays, à condition que le pays en question sorte de la doctrine classique de la diplomatie pour en faire une véritable stratégie au service de son développement.
Dans la diplomatie classique, chaque pays construit et gère ses rapports avec d’autres pays autour de la projection de sa puissance économique, politique, culturelle, militaire, scientifique… sur la scène internationale. Pour les pays en développement  comme le Tchad, l’enjeu est plus leur développement que l’animation des rapports politiques inter-états ou la démonstration de leur puissance, dans le cadre de leur coopération bilatérale et multilatérale.
De ce point de vue, il est vital que le Tchad innove dans ses pratiques diplomatiques afin de concevoir des techniques et promouvoir des mécanismes cohérents, efficients et efficaces au service de son progrès économique, social, politique, scientifique, culturel…Ce qui implique aussi de revoir les types de partenaires qu’il a et de garder une certaine flexibilité dans ce domaine pour s’adapter, au besoin, à l’évolution des enjeux et des défis qu’il a à relever au profit de sa population.
Dans le cadre de sa coopération bilatérale et multilatérale, le Tchad se doit d’user de ses atouts formels et informels pour mener une offensive diplomatique tournée vers les domaines essentiels pour son développement, voire vers de nouveaux partenaires plus bénéfiques comme la Chine et d’autres pays d’Asie du sud-est par exemple.

Pour que tout cela puisse devenir tangible, il est impératif que certains de nos représentants, apprennent à dire "Nous" à la place de "Moi" ; on ne dirige pas une institution publique pour acquérir de l’argent et du pouvoir mais pour promouvoir l’intérêt général et le développement national.

Nous profitons de cet article pour exprimer nos remerciements pour les nombreux messages que nous avons reçus et continuons de recevoir.

 

Talha Mahamat Allim

 

DÉMENTI DES CALOMNIES A PROPOS DES  PRETENDUES EXACTIONS DE L ’OPPOSITION TCHADIENNE AU DARFOUR, PROPAGÉES PAR UN CERTAIN OSMAN HUMAIDA A TRAVERS SON ONG FICTIVE (ACJPS)
 

(11/01/10)Nous rejetons catégoriquement les allégations d’une prétendue ONG dénommée ( African Centre for Justice and Peace Studies- ACJPS ) dont le nommé Osman Humaida serait le « directeur exécutif ».

Nous  avons été surpris de lire dans certains journaux en ligne soudanais, un article qui accuse  l’opposition tchadienne d’avoir commis une série d’attaques à l’encontre de la population civile de Darfour. Nous sommes surpris de constater que les sites qui ont repris ce document n’ont pas pris la peine de vérifier l’authenticité de cette fausse ONG qui n’existe nulle part dans la liste des ONG reconnues et opérant au Soudan.
En fait , il s’agit d’un simple site Internet créé  par un individu nommé Osman Humaida, un opposant soudanais, connu de notre représentation en Grande Bretagne et qui se présente comme « Directeur exécutif » de cette prétendue ONG.
Plus grave  encore, ce Monsieur qui se cache derrière cette fausse ONG affirme que l’opposition tchadienne aurait détruit des propriétés,  des villages et commis des viols des femmes.
Avant de mettre en ligne une information d’une telle gravité, les responsables de sites soudanais et autres qui ont repris machinalement l’information auraient du vérifier l’existence de cette prétendue ONG au Darfour ainsi que  l’identité de l’individu qui se cache derrière elle ; et contacter  l’opposition  tchadienne  afin de s’assurer de la véracité de l’information si réellement leur  objectif principal est de défendre la population civile du Darfour.

Rappelons que l’opposition tchadienne opère dans cette zone frontalière depuis 2005, et contrairement  aux allégations de cette ONG nous n’avons jamais été accusés ni par les populations civiles, ni par les ONG effectives qui opèrent dans la région, ni par les forces internationales.
Au contraire, l’opposition tchadienne a toujours vécu dans l’harmonie avec la population locale.
Nous ne nions pas à ce Monsieur Osman Humaida le droit de s’opposer au gouvernement de son pays, mais il n’a pas le droit de régler ses comptes avec le gouvernement soudanais à travers l’opposition tchadienne, en créant une ONG fictive réduite à sa personne et un site Internet pour des diffuser des calomnies contre l’opposition tchadienne.

Par ailleurs, s’il y a des telles violations de droits de l’homme de la part de l’opposition tchadienne, les ONG humanitaires les forces africaines qui travaillent surplace seront les premières à constater et à dénoncer et non  par un individu isolé, exilé à Londres, qui se cache derrière une  prétendue organisation basée, loin des réalités.
Nous attirons l’attention des différents médias sur ce, qui semble être le début d’une campagne pour salir l’opposition tchadienne afin compliquer davantage les efforts diplomatiques entrepris par les pays frères et l’Union africaine tendant à rétablir la paix dans la région par le dialogue entre les parties concernées/

L’opposition tchadienne est une opposition responsable, constructive qui lutte contre un régime dictatorial et pour le respect de la personne humaine et ses biens. Elle n’a jamais eu le moindre problème avec les populations civiles locales tchadiennes ou soudanaises et moins encore avec le gouvernement Soudanais. Dire que l’opposition tchadienne a commis des exactions sur les populations civiles relève de la malhonnêteté intellectuelle.

Aussi, saisissons-nous cette occasion, pour lancer un appel solennel à tous ceux qui utilisent le problème de la sous région à des fins politiques inavouées d’arrêter leur cynisme.

L’opposition tchadienne a toujours privilégié les relations harmonieuses de bon voisinage entre les deux peuples frères et elle compte les maintenir.

Ahmed A Haggar
Ahamat1968@hotmail.co.uk
Représentant de L’UFR En Grande-Bretagne

 

Réaction à l’article de notre compatriote Talha Mahamat Allim intitulé :
Défis posés à la diplomatie tchadienne par la crise de la filière coton.
Certains de nos ambassadeurs sont-ils à la hauteur ?

(04/01/10)Notre compatriote à travers cet article a posé avec pertinence la question de l’avenir de la culture du coton au Tchad et ce que les politiques publiques peuvent et doivent faire pour freiner la détérioration des niveaux de vie des cotonculteurs  et l’accentuation de la pauvreté. On sait que le coton est l’une des réussites agricoles récentes dans notre pays et joue un rôle fondamental dans l’économie tchadienne, la création d’emploi et la réduction de la pauvreté en zone rurale. M. Talha a relevé à juste titre les subventions versées aux producteurs américains et européens qui déréglementent le marché international au profit des pays développés et au détriment des pays en développement qui croient au respect des règles commerciales internationales.
Ajouter à cela, l’effondrement des cours mondiaux du coton, les faiblesses institutionnelles et les conséquences négatives du processus de privatisation de la  société cotontchad.

Tous ces éléments posent des grands défis à relever par nos décideurs politiques et nos acteurs diplomatiques qui sont en contact avec les institutions internationales.  Je suis vraiment en accord avec la proposition de Talha d’utiliser la gomme arabique non seulement comme un produit d’exportation, mais surtout comme un outil de régulation et de pression sur les pays développés afin de les amener à respecter un temps soit peu les règles du commerce multilatéral.
On sait que le Tchad et le Soudan sont les deux plus grands producteurs de la gomme arabique au monde. On sait aussi que la gomme arabique est un produit presque exclusivement africain avec des usages multiples comme l’a souligné Talha, j’ajouterais à ces usages le domaine de l’armement et des grosses industries des boissons l’utilisent aussi. C’est pour dire que nous pouvons, c’est à dire l’Afrique unie peut faire prévaloir ses intérêts dans le cadre des  négociations commerciales internationales en créant ce que notre compatriote a appelé un « choc gomme arabique » allusion faite au choc pétrolier qui se réfère aux conséquences sur l’économie globale d’une modification brutale de l’offre de pétrole, combinant hausse du prix et baisse de la production. Je rêve un jour que le Tchad et le Soudan avec toutes les richesses naturelles dont ils disposent, formeront un ensemble économique puissant  pour peser sur le marché international au profit du bien être de leur populations respectives.

Je dois dire aussi que notre compatriote a parfaitement raison de pointer du doigt ce que notre représentant diplomatique à Genève fait dans ce cadre là. Au ministère du commerce où les agents travaillent sur le dossier coton, notamment dans le cadre du C4 (Mali, Bénin, Burkina Faso, Tchad), les griefs adressés à notre représentation à Genève sont nombreux. Nous ne citons que la formation des cadres négociateurs au niveau des organisations internationales à Genève. Les magouilles dans les désignations n’honorent pas notre représentation à Genève et démotivent les agents.. Or, il fut un moment ou les agents envoient directement leurs dossiers à une institution concernée et les candidats sont retenus en fonction de leurs compétences et de la pertinence de leurs dossiers et non pas en fonction des affinités comme cela se pratique aujourd’hui. Espérons que comme le souligne souvent notre compatriote Talha dans ses articles que  l’intérêt général prime sur les intérêts particuliers et partisans.

Je termine mon propos en remerciant notre compatriote Talha pour les choix et la pertinence de ses articles centrés sur les dysfonctionnements de nos représentations diplomatiques avec comme cas particulier celui de Genève, ainsi que pour les services qu’il nous a rendu et qu’il continue de nous rendre.
Il faut aussi méditer sur les propos d’un ancien ambassadeur et ministre des affaires étrangères du Tchad qui disait que les nouvelles technologies de l’information, notamment la cybermétique est sans doute un exemple d’inspiration pour la génération montante ou chacun peut et doit apporter une contribution concrète, à partir de là où il se trouve, avec les petits moyens à sa portée, dans un domaine qu’il peut maîtriser.
J'admire le courage de Talha. Je m'excuse de ne pas donner mon identité sous peine des represailles administratives.

Excellente année 2010

De la part d'un Citoyen tchadien Fonctionnaire à N’djamena

 

Comité de soutien à Hassan Fadoul Kitir (C.S.H.F.H)

(03/01/10)Nous famille, proches et amis de Mr Hassan fadoul Kitir demandons la libération immédiate et sans délai de ce dernier car son arrestation est arbitrale et illégale. Mr Hassan Fadoul qui vie depuis des années au Togo sous la protection du HCR n’a causé aucun soucis ou trouble dans son pays d’accueil et pour quoi maintenant juste après la visite du Président togolais Faure Eyadema au Tchad que tout cela lui arrive? Nous nous posons la question sur cet évènement malheureux et qui met clairement en danger la vie de HFK qui, aussi un témoin clé et très gênant pour la personne Idriss Deby Président de la République du Tchad concernant l’affaire des faux billets de Bahreïn.
On profite de l’occasion dans un premier temps d’appeler le HCR et les organisations de droits de l’Homme à nous appuyez à obtenir la libération immédiate et sans condition de Mr HFK et ensuite ouvrir une grande enquête internationale pour mètre au clair l’affaire des faux billets de Bahreïn.

Comité de soutien à Hassan Fadoul Kitir (C.S.H.F.H)

Il faut sauver le témoin Hassan Fadoul Kitir!

L’arrestation de M. Hassan Fadoul Kitir, une réclamation de Idriss Deby auprès de Faure Gnassingbé.


(01/01/10)Le monde entier sait pertinemment que le président Deby est le principal commanditaire de l’affaire de faux dinars du Bahreïn qui avait défrayé la chronique de tous les journaux. Dans ce trafic monstrueux, M. Hassan Fadoul Kitir (HFK) reste et demeure le seul témoin capital si la justice (si justice il y a) veut savoir un jour, la vérité. Aussi, Idriss Deby, pris au piège par son jeu favori de faussaire des monnaies, s’est-il attelé à faire taire définitivement HFK  par tous les moyens.

Tout d’abord, il a réussi à influencer les autorités judiciaires françaises à « ignorer » l’existence de ce témoin capital. Non seulement la justice a refusé de faire citer HFK, malgré son désir manifeste de venir se défendre et témoigner au procès de Paris, un visa d’entrée lui a été refusé par la France. Ainsi, avec l’absence de HFK, personne ne fit cas de Deby, le président –fraudeur. Comme le ridicule ne tue pas, la justice française s’est contentée de menus fretins pendant que le cerveau de l’affaire, le financier, le receleur et le vrai bénéficiaire de faux dinars bahreinis se la coule douce à N’djamena, protégé par ses parrains français.

Ensuite, malgré la condamnation de Hassan Fadoul Kitir (le procureur lui a requis cinq ans de prison ferme), le président Deby reste bien conscient qu’un jour cette sale affaire lui éclatera à la figure, d’une manière ou d’une autre. Alors, il a entrepris une autre démarche auprès des parents de HFK, lors de son dernier voyage à Iriba, pour que ces derniers convainquent leur fils à revenir au bercail. En dépit des coups de fils et des arguties avancées par les soi-disant médiateurs, les résultats furent négatifs car, HFK connait IDI, son compagnon de Bamina, mieux que quiconque et il sait ce qui l’attend, une fois, au Tchad.

Enfin, ne sachant pas comment se prendre avec l’enfant terrible, le président Deby s’est tourné vers ses collègues de la Françafrique où on se sert les coudes dans de pareils cas. Il profita de la présence de Faure Gnassingbé au sommet de l’organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA), tenu le 20 décembre 2009, à Ndjamena pour réclamer la tête de Hassan Fadoul Kitir qui vit depuis plus de six ans à Lomé, sous la protection du HCR. Un service que Faure ne put refuser quant on sait le coup de main donné par Idriss Deby au père Eyadema. Qui ne se rappelle pas d’un certain Abadi Sair, coopérant militaire tchadien au Togo dans les années 90, présentement directeur général de la police nationale?

C’est ainsi qu’une fois de retour au Togo, HFK fut convoqué à Kara au Nord de Togo, dans la ville natale du président pour lui signifier qu’il est en état d’arrestation pour cause de non respect du devoir de réserve requis aux réfugiés, un prétexte bidon avancé pour la consommation extérieure.
En réalité, le président tchadien est décidé de faire payer à HFK toutes les révélations faites au Journal « Bakchich », en 2004. Il est obnubilé par une seule idée : éliminer le seul témoin vivant qui a osé dévoiler ce gigantesque trafic des faux billets. Des agents de l’agence nationale de sécurité (ANS), la police politique de Deby seraient déjà au Togo pour se faire livrer le colis précieux.

C’est pourquoi nous invitons à tous les démocrates, les défenseurs des Droits de l’homme, aussi bien qu’à tous ceux qui souhaitent voir un jour triompher la vérité sur ce crime qui a fait tant de mal à notre pays de condamner cette arrestation injuste, de se mobiliser pour empêcher que HFK ne soit  extrader vers le Tchad et enfin d’exiger purement et simplement sa libération.
La rédaction du CNR

 

Défis posés à la diplomatie tchadienne par la crise de la filière coton. Certains de nos ambassadeurs sont-ils à la hauteur ?

Par Talha Mahamat Allim
Genève, Suisse

(01/01/10)Le Tchad fait partie des pays qui n’ont pas su tirés avantage du développement des courants d’échanges commerciaux, d’investissements et de nouvelles technologies, et qui sont loin de remporter la lutte pour le développement et  pour la réduction sensible de la pauvreté.  Il ne parvient pas à surmonter les nombreux obstacles qui lui font face, pour réaliser son potentiel économique et humain de manière à intégrer ses populations dans les secteurs productifs et à tirer profit de ses ressources naturelles.

Il est globalement reconnu que le développement du Tchad passera entre autres, sinon principalement, par la promotion du secteur agricole, par la valorisation d’une culture de responsabilité et de solidarité collective, par une bonne gestion des deniers publics ainsi que par la construction de la paix et de l’unité de tous les tchadiens.

Certes, le pétrole devient de plus en plus un secteur prioritaire, mais l’agriculture et l’élevage restent les deux mamelles de l’économie tchadienne au regard de la place qu’ils occupent dans la vie quotidienne de près de 80% de la population tchadienne ; une complémentarité harmonieuse s’impose. Et le coton constitue l’un des piliers du secteur agricole ; selon les données de la Banque mondiale, il représente plus de 60% du revenu des exportations et constitue près de 55% du chiffre d’affaires de l’ensemble des banques de la place , il est aussi l’un des plus importants fournisseurs d’emploi au Tchad.
Mais depuis quelques années la filière coton tchadienne traverse une crise aiguë liée à une gestion inadéquate de cette filière et au contexte international de plus en plus défavorable aux producteurs ; il devient de plus en plus rude de vivre de la production de coton au Tchad.

Les politiques des pays développés, et plus spécifiquement les subventions (internes et à l’exportation) versées aux producteurs  américains et européens, ont des effets de distorsion des échanges et entraînent une chute drastique des prix du coton alors que ceux des engrais et des matériels agricoles sont à la hausse, pour la production des pays d’Afrique qui, eux, ne versent pas de subventions et dont les producteurs ont du mal à accéder aux crédits. Il en résulte une baisse brutale de la production avec des effets économiques et sociaux désastreux que cela peut avoir pour la population tchadienne.

Le dossier coton oppose, au sein de l’OMC, les pays africains aux Etats Unis d’Amérique et à l’Union Européenne ; aucune avancée significative n’est encore atteinte dans les négociations au sein de cette organisation. Ainsi, le coton représente un test pour le cycle des négociations de Doha : le test du respect mutuel, de l’équité des règles du commerce multilatéral ainsi que de la prise en compte des intérêts des pays en développement, en particulier les pays les moins avancés (PMA), dans le commerce mondial et le fonctionnement du système multilatéral.

Les PMA estiment que tous les membres de l’OMC doivent réaffirmer leur respect des engagements pris à Hong Kong (2005) et qu’une décision relative aux subventions soit rapidement prise et appliquée, et que le dossier coton soit traité de manière spécifique dans le cadre des négociations de l’agriculture. Cependant, les pays développés rechignent à lâcher du leste.

Si nous nous limitons à attendre patiemment qu’ils changent leurs positions, nous resterons toujours en retard et passeront notre temps à jouer les derniers rôles. En même temps, la situation de nos populations continuera à se dégrader ; ce qui est dommageable pour notre pays. Cela nous exige de revoir notre façon de penser et d’agir.

Le coton offre ainsi une occasion à nos représentants diplomatiques de montrer leur créativité, de prouver leur efficacité et d’affirmer leur crédibilité. Ils peuvent notamment se servir de leurs compétences et leurs contacts (bilatéraux et multilatéraux) d’une manière favorable au développement de notre pays. Il serait productif de s’employer à promouvoir la diversification de nos partenaires, de nos débouchés (régionaux et internationaux) et des investissements au Tchad ainsi que l’amélioration de la productivité agricole, la transformation, la complémentarité et la diversification de nos produits, de manière à accélérer et intensifier le processus de création de richesses pour la population, sans quoi la lutte pour le développement et l’éradication de la pauvreté serait perdue d’avance.

En apparence, notre diplomatie semble s’orienter dans cette direction, si nous nous référons au dernier développement de la coopération avec l’Inde, qui a vu naître une usine d’assemblage de tracteurs à N’Djamena, dans l’optique de l’industrialisation, de l’autosuffisance alimentaire, de l’accroissement de la productivité et des revenus des producteurs ; ce qui pourra contribuer au développement national. Cette usine est indispensable pour l’augmentation de la productivité agricole, mais il est opportun de penser aussi à la diversification et à la transformation de nos produits. La gomme arabique offre de meilleures perspectives de ce point de vue : c’est un produit important, hautement stratégique, presque exclusivement africain, avec des multiples usages (pharmaceutiques, cosmétiques, alimentaires, textiles, imprimerie…)  ; elle peut servir pour peser sur le marché international et dans le cadre des négociations commerciales sur l’agriculture, en créant par exemple un "choc gomme arabique" (allusion faite au choc pétrolier de 1973).

Malheureusement, certains de nos Chefs de Mission diplomatique n’ont pas le sens d’une diplomatie du développement, et se servent du dossier coton et d’autres négociations bilatérales ou multilatérales à des fins personnelles. Ils semblent ignorer que toute personne dépositaire d’une autorité publique se définit davantage par le sens des responsabilités et de solidarité, sur fond de justice sociale et d’intérêt général. C’est le cas de l’Ambassadeur du Tchad à Genève dont la gestion frise un manque de conscience professionnelle, sinon de conscience publique ou de sens aigu de l’Etat, et cela se manifeste souvent par des  actes juridiquement infondés, administrativement inconséquents, politiquement maladroits et diplomatiquement irréfléchis. Cela ne peut être effacé par le simple fait qu’il s’emploie par diverses manœuvres à vouloir prouver, à qui peut préserver ses intérêts, qu’il est le défenseur de l’étendard du parti au pouvoir (MPS) ; ce qu’il exhibe au bureau national du MPS n’exprime pas forcément ce qu’il défend intérieurement : lui seul sait qui il sert véritablement !

Dans tous les cas, notre pays sera ce que nous en faisons aujourd’hui et ce que nous en ferons demain. Le changement ne tombe pas du ciel, il repose sur la construction d’une nouvelle manière de penser et d’agir. Faire le bilan de nos expériences, surmonter les peurs, promouvoir l’innovation et encourager l’excellence, dans un esprit de paix, d’unité et de justice sociale, nous semblent indispensables pour susciter le progrès. C’est dans cette optique que, durant cette année 2010, nous allons continuer à faire le même travail de réflexion sur d’autres aspects pouvant contribuer à l’amélioration du fonctionnement de nos ambassades. Bonne et heureuse 2010 à tous ! Joyeuses Fêtes !

 

La manne financière des visas : source d’instabilité du personnel à l’Ambassade du Tchad à Genève.

Par Talha Mahamat Allim
Genève, Suisse.

(10/12/09)Comme annoncé dans notre précédent article, nous voudrions brièvement mettre en évidence l’esprit qui anime la gestion des affaires consulaires au sein de l’Ambassade du Tchad à Genève, à travers le cas particulier de la délivrance des visas.

Au-delà de l’aspect stratégique de Genève que nous avons déjà soulevé, cette représentation est spécifique du fait de son double rôle : celui d’Ambassade du Tchad en Suisse (coopération bilatérale) et celui de Mission permanente du Tchad auprès de l’Office des Nations Unies à Genève et des autres organisations internationales en Suisse (partenariat multilatéral). Ce qui lui accorde une importance particulière sur le plan des affaires consulaires en général, et de l’émission des visas en particulier.

Il convient de souligner d’emblée que les ressortissants tchadiens établis dans un pays étranger bénéficient généralement des droits reconnus par les traités internationaux, la législation tchadienne et les lois en vigueur dans le pays de résidence. En conformité avec l’esprit consulaire, ils peuvent aussi bénéficier des services administratifs et consulaires ainsi que de l’exercice de leurs droits de citoyens garantis par les lois et règlements tchadiens. Il serait souhaitable qu’ils s’immatriculent auprès de la section consulaire de la représentation diplomatique tchadienne dans leur pays de résidence.

Cependant, suite à des préjugés et des idées préconçues de certains de nos chefs de mission, certaines de nos représentations diplomatiques ne font pas d’efforts pour entrer en contact avec les ressortissants tchadiens pour leur faire connaître l’ambassade et les informer des services dont ils peuvent y bénéficier. Des efforts dans ce sens pourraient contribuer à promouvoir la cohésion de la communauté tchadienne à l’étranger et à permettre à nos ambassades de mieux jouer leur rôle dans divers domaines, dont l’incitation et l’encouragement d’investissements au Tchad par des tchadiens de l’étranger. Au lieu de catégoriser les citoyens, il serait productif de se rapprocher d’eux et d’échanger sur des questions importantes pour le Tchad ; les divergences d’opinions ne devraient pas constituer un obstacle au dialogue. Le Tchad a besoin de tous ses fils et filles pour se reconstruire et se développer.

Rappelons à toutes fins utiles que la compétence consulaire inclue les actes notariés, le registre civil (enregistrement de naissances, décès, mariages, divorces… des citoyens tchadiens), l’authentification et la légalisation de documents, la facilitation d’obtention de  documents (cartes d’identité nationale, de passeport), l’émission des laissez-passer consulaires ou des visas pour entrer au Tchad, la sécurité, un éventuel soutien en cas des difficultés, etc.

La délivrance de visas fait partie des prestations soumises à tarification ; ce qui en fait une source non négligeable de revenus pour l’Ambassade, Mission permanente du Tchad à Genève, d’autant plus que Genève est au cœur de l’Europe, que de nombreuses demandes de visas émanant des pays proches sont adressées à cette ambassade et que les tarifs sont parmi les plus élevés. Les visas coûtent 110 francs suisse (soit 47'739 FCFA) pour 1 jour à 1 mois avec une seule entrée, 160 francs suisse (soit 69'454 F CFA) pour 1 jour à 3 mois avec une seule entrée et 300 francs suisse (soit 130'205 F CFA) pour 1 jour à 3 mois avec deux entrées ; exception faite des visas pour les passeports diplomatiques et les laissez-passer du personnel onusien qui sont délivrés gratuitement conformément aux accords internationaux. Depuis son ouverture, l’affluence de demandes de visas reste importante ; ce qui est une bonne chose pour le Trésor public tchadien, encore que…

La tâche d’émission de visas est généralement confiée, dans les représentations diplomatiques tchadiennes, au premier secrétaire. Ce qui nous paraît étonnant est que, dans l’Ambassade du Tchad à Genève, trois personnes ont occupé le poste de premier secrétaire en l’espace de 4 ans. La première personne n’a même pas exercé ses fonctions, encore moins les affaires consulaires du fait que le Chef de mission en place a voulu coûte que coûte garder ces affaires entre ses mains. La deuxième personne n’a pu les assumer qu’après plusieurs mois depuis sa prise de fonction, grâce aux pressions d’un des membres du personnel ; mais elle a fini par partir aussi. Nous ne serons pas étonné d’apprendre que la troisième personne rencontre les mêmes difficultés que ses prédécesseurs.

Ce qui nous a amené à nous interroger sur les raisons de cette instabilité du personnel à ce poste de premier secrétaire. L’explication à laquelle nous sommes arrivé est que ce ne serait pas le personnel qui serait en cause, mais la manne financière émanant de la délivrance des visas que le Chef de mission voudrait garder sous son contrôle sans que personne de l’Ambassade n’en connaisse la destinée. Cet argent, dont les proportions restent non négligeables, va-t-il dans ses poches ou dans les caisses du Trésor public tchadien ?

Cela nous semble pertinent d’autant plus que le budget de fonctionnement de l’Ambassade est excédentaire comme nous l’avons relevé dans nos précédents articles. Par ailleurs, cette instabilité du personnel à ce poste et le fait que le Chef de mission se préoccupe plus des affaires financières que du reste ne peuvent que freiner le dynamisme du fonctionnement de l’institution. De ce fait, ce qui semble sage et judicieux, c’est que les organes tchadiens chargés de la lutte actuellement menée contre la corruption et le détournement des fonds publics puissent s’intéresser de près à la gestion de cette manne financière afin  de remédier à cette instabilité et ses conséquences.

Comme nous l’a fait récemment remarquer une haute personnalité tchadienne, ce Chef de mission – à l’instar de certaines autres personnalités – a des moyens matériels et financiers considérables acquis de manière suspecte, qui lui servent pour corrompre (sous diverses formes dont des cadeaux en nature…) et fortifier ses réseaux afin de garder les privilèges que lui procure sa fonction. Il n’hésite pas à utiliser sa position d’ambassadeur et ses avantages pour d’autres fins que celles que lui assigne l’Etat…. Est-il au service de l’Etat et de la population tchadienne ou à son propre service ?

Outre les articles que nous avons écrits sur les dysfonctionnements de cette ambassade, ces quelques lignes sur l’achat du véhicule de fonction (article précédent) et la délivrance des visas démontrent globalement l’état d’esprit qui anime la gestion de cette représentation diplomatique. A l’instar de nos agents diplomatiques, nous pensons qu’il est utile pour notre pays qu’un forum réunissant tous les acteurs diplomatiques tchadiens soit organisé afin de débattre de l’état actuel de nos représentations diplomatiques et de leur avenir au regard de l’évolution du contexte international, des enjeux de la mondialisation et des défis qu’elle pose.

Malgré les péripéties de la vie et les injustices dont beaucoup d’entre nous font l’objet, il est vital que chacun(e) apporte sa contribution constructive – quelle qu’elle soit, pour le bien-être du Tchad et des tchadiens. C’est à cela que chacun(e) de nous sera jugé(e) par les générations présentes et futures !

A l’heure actuelle où le Sommet de Copenhague appelle à la responsabilité de chacun au niveau planétaire, il est opportun que nos représentants fassent aussi preuve de responsabilité dans leur conduite des affaires publiques, quelle que soit l’échelle : si nous sommes responsable dans les "petites" choses, nous le serons sûrement dans les "grandes".

Talha Mahamat Allim.

Le comble du ridicule au pays de merveille de deby itno.

(07/12/09Nous avons à faire ni la construction de la réplique de la Tour Eiffel de Paris, moins encore celle de la statue de la liberté de New York city mais c’est petit un rond point sur lequel est dressé une statuette en forme de cavalier que le sanguinaire deby vient d’inaugurer avec faste et trop de bruits. Évidemment, Il s’agit là, encore de l’une de ces absurdités, de ces sottises que seuls les dignitaires du régime de Ndjamena ont le secret. Sinon pourquoi alors le gouvernement se glorifie pour un tel fait banal, un non-événement. Mais il est presque normal que chez les politicards de Mps: ceux la mêmes qui ont appliqué la corruption comme un système de gouvernance pour piller les maigres ressources du pays, ceux qui ont échoué dans tous les domaines, sans aucune réalisation digne, l’inauguration dudit statut est une opportunité à saisir qu’il faut exploiter en le médiatisant au maximum.
 
Ce monument de la honte a couté la somme astronomique de dix-sept milliards huit cent soixante-dix millions (17.870.628.211) FCFA aux contribuables tchadiens. Vous ne rêvez pas, c’est bien réel, ces chiffres que vous avez sous vos yeux. Donc ne vous étonnez pas que cela ne se passe ni dans les monarchies du Golf ou ailleurs dans un pays riche mais c’est au Tchad: un pays pétrolier dont 99% de la population vit sous le seuil de la pauvreté. Les tchadiens meurent de faim et par manque des soins de premières nécessités.
La capitale Ndjamena n'a rien à envier à ses autres sœurs de la sous région. À première vue, les visiteurs ont l’impression que le temps s’était arrêté sur l’ancienne Fort Lamy. Car elle donne l’image d’un gros village typiquement africain, on dirait une transposition des anciennes villes historiques de Ségou ou Tombouctou. Les maisons sont construites, pour la plus part en argile. Il n'y a pas une seule maison des jeunes et de la culture digne de ce nom. Les salles de cinemas tombées dans l'oubli. L’eau potable est devenue une denrée si rare que prendre une douche est releve du miracle et c'est ce qui est la cause du boom des produits deodorisants et notamment les parfums sur les marchés de la place. La population s’approvisionne  au niveau du fleuve  comme dans les anciens temps ou regnait sur les deux rives du Chari, le tout puissant sultan Bangaourang du royaume de  Baguirmi. Quant à l’électricité, elle est devenue un lointain souvenir. Seuls quelques rares privilégiés, le plus souvent des proches du régime: parents et famille du président-dictateur, s’offrent le luxe d’éclairer leurs nombreux foyers aux grand dam des hopitaux, maternités et l'aeroport. En ce qui concerne le système d’assainissement d’eaux usées de ladite ville, il est presque inexistant, c’est ce qui explique que tout au long des saisons des pluies, la capitale se transforme en une marre voire un lac. Cela entraine des inondations répétées qui forcent hommes femmes et enfants à des fréquents déplacements.
Cette situation a pour des consequences néfastes sur la vie de cette popupation.
 
Enfin, contrairement à l’intoxication de la machine de propagande orchestrée par la présidence, ce statut n’envoie aucun message de paix. Le tyran a plutôt érigé sur l’ancien croisement Etoile un symbole de la mort, de dominance et de terreur: un « chevalier de la mort ». Voyez-vous chers lecteurs, le cavalier est mini d’une lance qui est une arme de guerre et la colombe qui est ici symbolisée pour refléter la paix, est une proie donc  la victime de cette même lance. Ainsi donc, chers compatriotes, le despote Idriss deby, toujours par ses provocations et ses manigances, lance un message clair à l’endroit Tchadiens, un message déclaration de guerre.
Que l'on doit se pose sérieusement la question de savoir à quoi ce monument est utile-t-il pour le Tchad ? Pourquoi le régime ne s'intéresse t il à dépenser dans le domaine de l’éducation, de santé, les voies de communication qui sont des priorités pour la survie de la nation tchadienne?
 
 
Cheickh Tidjane galmai
www.tchachadi.com

La Résistance n'oubliera jamais ses héros ! 1ére partie

(02/12/09)Nous voudrions rendre un hommage par cette contribution citoyenne aux héros de la Résistance Nationale qui ont pu dire non à la barbarie du « régime » MPS dès le début de son règne.
Nous le faisons par devoir de mémoire à notre combat actuel et aussi pour sensibiliser nos concitoyens contre ce système impopulaire et aux abois qui a fait de notre pays le plus corrompu au monde, (le dernier au classement de l’Unesco matière d‘éducation). à cela s’ajoute une perversion confirmée des mentalités des cadres actuels du pays. le courage et la bravoure de ces héros qui ont payés de leurs vies ne doit pas être oublié.
Persuadés que l’amateur politique Deby n’arrivera jamais à gagner la confiance des Tchadiens pour mettre le pays sur le rail, ces hommes n’ont pas hésité à exprimer leur refus catégorique de collaborer avec l’homme de Bamina.

Autoproclamé chef de l’Etat depuis le 1er décembre 1990, sans même avoir de projets de société réels pour le Tchad si ce n’est qu’ instaurer un « régime » de clan à la solde des puissances étrangères avec lesquelles il entretient des relations obscures et douteuses dont les profits ne concernent en rien les intérêts du peuple tchadien, cet homme devient véritablement nuisible pour la coexistence intercommunautaire .
Ces hommes dont l’indépendance d’esprit leur a couté la vie, restent ignorés par leurs camarades qui ne se sont point ressaisis pour bouder le système hors du Tchad. C’est pourquoi notre pays reste toujours entre les mains d’un général à la tête d’un clan mafieux , exagérément ’’ambitieux’’ dont les dégâts se font ressentir dans la sous -région en allumant partout le feu : des conflits ethniques(sédentaires et nomades) , à la corruption généralisée
jusqu’aux parodies des élections.

Rien que pour ces raisons, il est très urgent que Deby soit combattu par tous les moyens pour qu’il rende ce pays à ses enfants qui l’aiment, les hommes intègres, politiquement irréprochables, des hommes auxquels les Tchadiens ont
confiance.

C’est pourquoi aussi, des Tchadiens lucides sont convaincus qu’aujourd’hui le salut du Tchad se trouverait au bout du canon. Un choix imposé par la barbarie d’Idriss Deby. La résistance vaincra un jour.

Il faut arrêter Deby de se donner à cœur joie à des pratiques dangereuses pour la république dont, entre autres, l’anéantissement de l’opposition dite « démocratique », de la société civile, avec la complicité de la '' Franç-afrique ''.

Bref, nous n’oublierons jamais ces héros et martyrs de la cause nationale dont Maitre Josèphe Behidi ,Bisso Mamadou, Mbailao Mianbé, Adoum Açyl, Bichara Degui,Abass koty, Youssouf Togoymï , Mahamat Guetty ,Ibni Oumar Mahmat Saleh …et bien d’autres anonymes. leur combat sera relayé par la jeunesse de la résistance.

A suivre … la biographie(cursus) de l’un des héros .
Djibrine Abakar issa alias Khirachi
&
Brahim Ibni Oumar Mahamat Saleh
À Reims( France).

 

Responsabilité et solidarité dans les institutions publiques tchadiennes : hiatus entre discours et pratiques. Cas de l’Ambassade, Mission permanente du Tchad à Genève.

Par Talha Mahamat Allim
Genève, Suisse.

 

(26/11/09)Malgré ce titre évocateur d’un thème de recherche ou de mémoire, il ne s’agit pas dans le présent article de restituer des résultats d’une recherche scientifique. Il s’agit de quelques observations faites au sein de l’ambassade du Tchad à Genève quenous essayons de mettre en parallèle avec les valeurs de responsabilité et de solidarité. En effet, au dernier sommet mondial sur l’alimentation organisé par la FAO à Rome (Novembre 2009), le Président de la République du Tchad avait appelé, dans un discours intéressant, la communauté internationale à plus de solidarité et de responsabilité pour éradiquer la faim dans le monde.

Nous partons de cet appel, plein de bon sens, pour l’adapter aux réalités tchadiennes. La réalité qui nous intéresse plus spécifiquement ici, c’est le fonctionnement de la représentation diplomatique du Tchad à Genève ; pour deux raisons : d’une part nous y avons exercé, et d’autre part, la position stratégique de Genève à laquelle nous avons fait allusion dans nos articles antérieurs.  A travers quelques exemples concrets, à titre indicatif, nous aimerions illustrer le fait que la  gestion menée par l’ambassadeur est en décalage avec ce discours sur la responsabilité et la solidarité. En plus, elle ne rime pas avec les attentes légitimes de la population tchadienne pour laquelle la représentation existe. Cela n’œuvre pas, par ailleurs, pour la cohésion et l’efficacité de l’équipe en place.

Le cas de Genève est  intéressant à plus d’un titre, au regard de la gestion et du fonctionnement des institutions publiques. Pour tous ceux qui connaissent la Suisse en général, et Genève en particulier, ils ne nous contrediront pas si nous affirmons que la modestie et la simplicité des plus hautes autorités de ce pays et de cette ville, à tous les niveaux, ainsi que leur sens de responsabilité et de solidarité publique pourraient nous servir d’exemple dans la gestion et le fonctionnement de nos institutions publiques, surtout pour un pays en retard de développement comme le Tchad malgré ses richesses naturelles.

Alors, comment  chacun d’entre nous pourrait-il être responsable et solidaire dans ses actions quotidiennes de manière à contribuer, à son niveau, à la réalisation des attentes de la population tchadienne, entre autres, l’objectif national d’autosuffisance alimentaire ? Chacun peut y répondre à sa manière, mais ce dont nous sommes sûr d’une part, c’est que cela ne pourra pas être réalisé sans une conscience permanente de remise en question de soi-même et sans être guidé par la notion de service public et l’esprit d’intérêt général. D’autre part, l’obstacle principal est l’enfermement dans la recherche frénétique du confort personnel et familial sans se préoccuper de l’équilibre constructif entre intérêts privés et intérêt général, avec comme seule motivation les intérêts individuels et égoïstes.

De ce point de vue, le cas de l’Ambassade, Mission permanente du Tchad à Genève est révélateur. Les exemples de manque de sens de la responsabilité et d’absence du sens de la solidarité dans la gestion de cette institution sont légion, mais nous nous limiterons à un seul d’entre eux qui, malgré son caractère "anecdotique", est symbolique et riche d’enseignements quant à la vision de la chose publique de notre Chef de Mission à Genève.

En effet, dans le cadre de la mise en place de son parc automobile,  l’Ambassade, Mission Permanente du Tchad à Genève a reçu du trésor public tchadien une enveloppe consistante pour procéder à l’achat d’un véhicule de fonction du Chef de Mission. Une des caractéristiques du sens de la responsabilité et de la solidarité est la gestion rationnelle des ressources publiques qui nous sont confiées. Cependant, le Chef de Mission à Genève a procédé à l’achat d’un véhicule dont le coût aurait pu contribuer à faciliter la mobilité de son personnel (5 personnes) – dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions – en plus d’un moyen de locomotion conforme au rang de Chef de Mission.

Au regard des exigences du contexte dans lequel évolue l’Ambassade, cette facilité de mobilité pour son personnel aurait accru l’efficacité de cette équipe et permis à l’Ambassade de jouer pleinement et mieux le rôle qu’on attend d’elle : elle aurait permis au moins un lobbying (bilatéral et multilatéral) intensif qui aurait aidé à capter des fonds (minimes soient-ils) susceptibles de contribuer à la réalisation de l’objectif national d’autosuffisance alimentaire. Relevons, à titre indicatif simplement, que la plupart d’autorités suisses n’hésitent pas à se déplacer en voitures privées, en transport en commun, en scooter ou à vélo ; leur achat et leur gestion de véhicules de fonction ne se font pas dans le même état d’esprit ("M’as-tu vu ?") que celui de notre Ambassadeur à Genève.

Le bon sens aurait voulu qu’il y ait au moins une consultation de l’équipe en place dans l’optique d’une évaluation de besoins en mobilité et de la prise d’une décision plus rationnelle, au lieu de se référer toujours à un avis familial, alors qu’il s’agit d’une institution publique. Par ailleurs, si nous essayons de mettre de côté cette facilité de mobilité (en comptant sur la débrouillardise du personnel en place), un fonds d’entraide pour le personnel aurait pu être mis en place pour parer aux éventuelles difficultés du séjour de l’équipe à Genève, sans remettre en question l’achat du véhicule de fonction du Chef de Mission, et Dieu seul sait que ce ne sont pas les difficultés qui manquent actuellement (sauf pour le Chef de Mission). Et nous savons tous que ces difficultés vont à l’encontre de l’efficacité des membres du personnel en place, et donc de l’Ambassade, en dépit de leur esprit débrouillard. Ce qui exige beaucoup de sacrifices de leur part, qui ne sont pas récompensés en retour comme le voudrait le bon sens. Le seul à se récompenser, sur le dos de son équipe, c’est le Chef de Mission.

Au cas où la création de ce fonds d’entraide aurait été jugée inopportune, si l’achat du véhicule de fonction du Chef de Mission avait été responsable – rationnel et solidaire, il y aurait eu un excédent qui aurait permis d’améliorer les infrastructures de notre Ambassade à Genève en complément au budget de fonctionnement. Il est incompréhensible et inadmissible, même pour le simple d’esprit, que l’Ambassadeur puisse louer une résidence (sur les fonds publics) de haut de gamme et mieux lotie que la Chancellerie elle-même, alors que cette dernière est une vitrine internationale de notre pays. La seule conclusion qu’on puisse en tirer, c’est que la vitrine personnelle de l’Ambassadeur vaut plus que celle de notre pays !

La gestion rationnelle et le bon fonctionnement de notre Ambassade, tenant compte de ses moyens et de ses missions ainsi que des réalités tchadiennes, aurait été un signe de solidarité avec notre population qui est confrontée à diverses difficultés qui ne trouvent pas encore de solutions durables.

Par ailleurs, au-delà de capter des fonds susceptibles de contribuer à la réalisation de l’autosuffisance alimentaire, un minimum de sens de responsabilité et de solidarité dans la gestion de cette ambassade aurait permis de canaliser vers le Tchad des ressources scientifiques, techniques, matérielles et financières suisses et internationales au profit de divers domaines vitaux dans lesquels nos compatriotes rencontrent plus de difficultés, en l’occurrence la santé publique, l’énergie, les infrastructures routières et de transport, l’éducation et la formation professionnelle, le logement, l’environnement, etc. Cela ne peut être réalisé si on n’a que son propre ventre comme GPS. Comme l’a souligné notre compatriote le Dr Djimet Adoum , ceux qui ne font que brouter tous azimuts là où ils sont attachés ne font que contribuer au délabrement de notre pays, et donc à celui de nos institutions et des conditions de vie de nos concitoyens.
 
Nous nous réjouissons du récent recrutement d’un deuxième chauffeur de l’Ambassade ; nous pensons que cela allègera les charges qui pesaient sur l’unique chauffeur qui était en place et fluidifiera les déplacements du personnel dans le cadre de l’accomplissement de leurs missions. Nous voyons aussi en cela un des effets attendus de nos articles, en plus de la prise de fonction de la secrétaire consécutive à nos publications. Nous profitons ainsi de cette occasion pour encourager ceux qui publient déjà des contributions visant l’amélioration de nos institutions, et ceux qui s’apprêtent à le faire. Les personnes disparaissent, mais leurs écrits restent et finissent par produire leurs effets ; il suffit qu’ils rencontrent une oreille qui accepte d’écouter, sans peurs ni préjugés !

Nous espérons que ce recrutement, qui est un premier pas (certes timide), ouvrira des voies aux questionnements et solutions des divers dysfonctionnements de notre Ambassade qui l’empêchent de tirer le meilleur parti des opportunités qu’offre la coopération bilatérale et multilatérale en Suisse en général, et à Genève en particulier.  

Au terme de cet article, nous aimerions réitérer notre position et l’état d’esprit dans lequel nous écrivons nos articles. Ils ne sont pas faits dans un but subversif, mais constructif. En plus de nos services à la fonction publique, les idées exprimées dans nos articles représentent une contribution supplémentaire à l’édification et au progrès de notre pays. Ne tardons pas trop longtemps à prendre, certes avec discernement, le train de la modernité institutionnelle, politique, économique, socioculturelle, etc. C’est dans cette optique que, au-delà de l’exemple symbolique et anecdotique donné plus haut, nous reviendrons ultérieurement plus en profondeur sur d’autres exemples touchant entre autres aux questions consulaires, commerciales et de la fonction de représentation.

Nous sommes persuadé que l’intérêt général – dont l’une des voies est l’esprit de responsabilité et de solidarité, peut constituer un fondement unificateur de notre Nation et donner plus de sens à notre vie ; comme l’a dit Albert Pines, "Ce que nous faisons pour nous-même disparaît avec nous. Ce que nous faisons pour les autres et pour le monde est immortel et demeure." A méditer !

Bonne Aid El Adha à tous et à toutes. Assimah.

 

Talha Mahamat Allim.

 

 

 

Lettre a' Mr. le ministre de l'éducation nationale IX.

(09/11/09) Ce qu'on voit au Tchad s'agissant l'éducation déprime plusieurs personnes. Des amis, qui sont présentement des profs, me disent qu’il n’y a pas eu grand changement au niveau de l'éducation. Si cela' s'avère vrai, c'est grave. En 1995, moi et quelques camarades jouions au scrabble a' la bibliothèque du pays de vanne (adjacente au Lycée d'Abéché). Vous savez, il y'avait en ce temps 3 ou 4 vieux dictionnaires. Les dicos en questions dataient du début des années 1970. I am telling you. Ils étaient défraichis, la reliure tenait par un fil et les cartes géographiques incluses dans ces livres usés mentionnaient des pays et des lieux qui n'existaient même plus. " Pays de vanne ", une vraie bibliothèque d'une école du tiers-monde. Nos petits frères continuent d'utiliser les mêmes genres des dicos. Je me demande pourquoi ces quelques compatriotes détourneurs qui jettent bcp d'argent par terre (sur des apprentis chanteurs soudanais) n'achètent pas des dicos qui coutent 25 000 fcfa pour donner en charité aux vieilles bibliothèques. En pensant a' ca, c'est facile a' comprendre. L'éducation tchadienne est dans la merde ! Il faut qu'on regarde la vérité en face avant que ca ne soit trop tard.
Au Tchad on met souvent la charrue avant les bœufs. On construit de nouveaux hôpitaux alors que les anciens ne sont pas bien entretenus et n'en possèdent pas des médicaments nécessaires. On construit de nouvelles écoles alors que les anciennes n'ont pas assez des profs et nos bibliothèques sont remplis des livres qui datent de l'époque coloniale (A l'image de la bibliothèque Foyers des jeunes a' Abéché). C'est bien beau de grands projets mais quand on vit dans une case ou une maison en banco, on ne s'achète pas une Audi, un Mercedes, Une Bentley voire un Masharati quand même. Au Tchad nos route s'effritent (avec plein des nids de poules), presque 90% de la population en manque l'eau potable et l'électricité, plus de 10% de nos compatriotes mangent qu'une seule fois dans la journée et pire encore on éduque nos enfants (futurs cadres du pays) avec des livres élimés qui datent de l'époque de Ngarta Tombalbaye. On ne s’étonne pas que certains bacheliers tchadiens sont incapables de rédiger un rapport ou une bonne demande. Peut-on régler ces problèmes prioritaires avant de se lancer dans des projets débiles ?
Tenez bien, il y'a un mois, je lisais sur internet que la ville de Ndjamena portait sa candidature pour accueillir le jeu de la Francophonie 2010. Are we kidding or what ? Inviter le Monde de la Francophonie a' venir chez nous a' Ndjamena ? On va mettre ou' tout ce beau Monde. Avec notre seul vieux Stade " Galaxie " comment peut-on accueillir un tel jeu ? come on guys ? Si on veut accueillir le Monde de Sport, le ministre de la Jeunesse et de Sport doit s'attacher la ceinture et l'État doit l'épauler pour construire vite les 5 stades promises il y'a une année. Sinon, ne rêvons pas. Investissons, plutôt, notre argent dans l'éducation de nos enfants qui sont pour la plupart en déroute et perdition totale.
L'éducation tchadienne va mal et pire on vole le peu d'investissement qu'on fait a' cet égard. Depuis les scandales de la corruption a' plusieurs niveaux, bcp des cadres civils du pays ont perdu leur réputation et honneur. Dites les mots " cadres civils " devant n'importe qui au Tchad profond et on réagira comme s'il s'agissait d'un bandit, d'un corrompu, d'un détourneur du bien public... La débandade a connu une accélération ironie et sans précédent avec l'arrestation des cadres civils de haut niveau. Depuis des corrompus ne cessent d'être démasqués, dénoncés a' tour de bras. Les enveloppes a' gauche, les comptes de dépenses a' droite, les ministres et DG qui nourrissent leurs compagnies privées, les voyages a' qui mieux-mieux. C'est la kermesse de desordre totale.
Le " cadre civil " au Tchad a été sali et pour longtemps. Même si, en principe, ils exercent une profession de haute importance, les cadres civils ont maintenant l'allure des bouffons malhonnêtes, des cupides, des voleurs, et ce, a' tous les paliers. Le courant est devenu trop fort, les bons sont emportés par les mauvais. Rappelons que parmi les corrompus et détourneurs du bien public figurent un ex-premier Ministre, un ministre de l'Éducation (Chic), quelques membres du gouvernement louches et plusieurs agents experts en corruption. Aurais-je besoin d'écrire ma 10ieme lettre s'adressant au département de l'Éducation d’ici quelques jours ? Peut-être que j'ai besoin d'attendre la démission ou la destitution du Ministre Koko pour finaliser mes 10 lettres. Sinon, ca sert a' quoi d'écrire des lettres puisque les corrompus n'ont pas le temps de lire des écritures qui ne les arrangent pas !
Ce n'est pas fini, des qu'un projet tombe dans les mains de nos " cadres civils " (comprenez moi bien, pas tout le monde), les délais s'allongent, les coups se multiplient et le ridicule s'installe. Projet mort-né, enveloppes par dessus magouilles, coup bas, hypocrisie par dessus jalousie, détournement par dessus cupidité, tromperie par dessus fourberie, coups des pieds sous la table, associations notoires et prévisions loufoques font en sorte que l'administration de l'argent du pauvre peuple tchadien est entre les mains aux doigts croches, les détourneurs qui n'ont aucune pitié aux misérables et vulnérables qui travaillent fort pour joindre les 2 bouts. Si le Tchad a été classé il y'a quelques années le pays le plus corrompu du Monde, c'est en grande partie a' cause de ses individus aux mœurs légères. Le pire c'est que ca ne s'arrête plus. On regarde a' droite, il sort un scandale a' gauche. C'est la peste. Qui sait qu'un jour des gens se permettent de détourner de l'argent destiné pour l'éducation de leurs propres enfants, frères et sœurs sans même acheter une boite de craie ou de stylos? Pauvre Tchad.
Fraternellement,
Mahadjir.Fils
Amerique du Nord.

 

ACTION  TCHADIENNE  POUR  L' UNITÉ   ET  LE  SOCIALISME / PARTI RÉVOLUTIONNAIRE  POPULAIRE  ET  ÉCOLOGIQUE  
                                                     ( ACTUS / prpe)
                                                           Courriel : actus-prpe@club-internet.fr   

 (09/10/09)DÉCLARATION  du Dr LEY-NGARDIGAL Djimadoum, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL  de  ACTUS/prpe  SUITE  AUX ÉVÈNEMENTS  TRAGIQUES  DE  GUINÉE  CONAKRY.

L’ACTUS/prpe condamne la répression brutale des manifestants guinéens par la junte militaire. Nous  présentons nos condoléances aux familles qui ont perdu leurs proches.
Il y a un an la junte militaire du jeune Capitaine Moussa Dadis Camara prenait le pouvoir sans effusion de sang après 25 ans de dictature implacable du Général Lansana Conté.
Le Peuple frère de Guinée  a manifesté avec ferveur sa joie et son soutien aux nouveaux dirigeants. Le Capitaine a posé quelques actes positifs tels le  démantèlement des réseaux de narcotrafiquants et l’arrestation des auteurs des détournements des deniers publics, ce cancer des régimes dictatoriaux et corrompus d’Afrique qui freinent le développement de l’Afrique.

Le Chef de la junte martela publiquement qu’il ne se présentera pas à la prochaine élection présidentielle. L’espoir d’atan disparaît pour faire place à un scepticisme fondé. En effet, depuis plusieurs semaines le Capitaine Moussa Dadis Camara laisse planer le doute avec en filigrane une dérive dictatoriale. Son comportement laisse présager de jour en jour que sa candidature était un secret de polichinelle. Le Peuple exaspéré et impatient a exprimé son mécontentement pacifiquement dans un stade de la capitale Conakry. Selon les sources émanant de l’opposition, la répression militaire par tirs à balles réelles  aurait coûté la vie à plus de 157 manifestants et plusieurs centaines de blessés, des femmes ont été violées.
L’ACTUS/prpe appuie la formation d’une  Commission d’enquête internationale impartiale pour que les auteurs et les commanditaires de ces actes criminels et crapuleux soient traduits en justice puis sévèrement punis.
Notre Parti, demande au peuple guinéen d’être vigilant et solidaire face aux visées impérialistes. Nous dénonçons par ailleurs les gesticulations de certains pays notamment la France qui rêverait déjà de se saisir de cette tragédie pour pouvoir reprendre sa revanche sur le « non à la France de 1958 » du Président Sékou Touré. Interrogé le dimanche 4 octobre lors du Grand jury RTL-Figaro-LCI, le Ministre français des Affaires Etrangères Bernard Kouchner a déclaré : « Il me semble que maintenant, on ne peut plus travailler avec M. Camara et qu'il faut qu'il y ait une intervention internationale », « Il y a eu un déferlement de violences, même Amin Dada n'avait pas fait ça ». Quelle hypocrisie ! Pourquoi le Chef de la diplomatie française demeure t-il aveugle et aphone lorsque son ami, le dictateur Général Président Déby a assassiné plus de 25000 Tchadiens selon les rapports des Associations des Droits de l’Homme et continue d’exterminer le Peuple depuis 19 ans sous la bienveillance de l’armée française basée au Tchad ? Pour tout observateur africain conscient et averti des  crimes de la Françafrique, ce brusque regain d’activité « humaniste et humanitaire » de l’hexagone en direction de la Guinée cacherait un plan de reconquête de ce pays et cela n’augure rien de bon pour ce peuple frère. L’ACTUS/prpe dénonce par ailleurs les infiltrations habituelles des agents provocateurs  des puissances étrangères dans les manifestations afin de dénaturer et d’usurper l’orientation pacifique des revendications des manifestants afin de pouvoir dominer le pays en imposant leurs Hommes. Les exemples de ces stratégiques d’infiltration avortées lors des manifestations au Venezuela, en Iran, Zimbabwe…sont autant de preuves  qui doivent inciter le Peuple Guinéen à la grande vigilance et à la solidarité nationale et patriotique face à l’ennemi extérieur.
L’envoi des troupes internationales de « protection» en Guinée suggéré par certains ne serait-il pas une opportunité  pour  ces puissances de s’installer en permanence dans ce pays? La puissante armada de l’OTAN en Afghanistan a-t-elle réussi à ramener la paix dans ce pays ?  L’Eufor aujourd’hui la Minurcat ont-ils réussi à imposer la paix et protéger les réfugiés dans l’Est du Tchad ?  Dans un récent rapport  sur le conflit du Darfour paru le 30 septembre dernier, l’ONG, Amnesty International affirma : « les réfugiés du Darfour subissent des viols quotidiens au Tchad ». Dans le cas du Tchad, ces Forces servent plutôt de bouclier  et de parapluie contre les Forces de résistance nationale de l’UFR. Ces dernières ont été stoppées à plusieurs reprises dans leurs foudroyantes opérations militaires pour anéantir le dictateur Déby grâce à aux interventions de l’Armée française.


- Peuple de Guinée et Peuple d’Afrique trouvons en nous les ressources nécessaires pour la résolution de nos conflits.

            - Battons nous pour désigner nos dirigeants, défendre nos intérêts, notre indépendance  contre ceux des impérialistes et leurs valets locaux à l’instar du dictateur Déby qui a été imposé par la Françafrique.

            - Enfin battons-nous pour choisir notre modèle de développement et pour  créer les Etats-Unis d’Afrique indépendants, puissants et prospères.

Le 05 Octobre 2009
Action Tchadienne pour l’Unité et le Socialisme Parti Révolutionnaire Populaire et Écologique (ACTUS / prpe)                                           
Le Secrétaire  Général 

Dr LEY-NGARDIGAL  Djimadoum                       

 

Alerte aux tchadiens et associations de droits de l’homme

 (09/10/09)Le régime de Khartoum continue à arrêter des opposants tchadiens. Mr. Hassan Issa dit wal baah ex directeur de protocole du Général Mahamat Nouri a été arrêté par le service de sécurité soudanais au domicile du Général Mahamat Nouri  à Khartoum il y a deux semaines soit une semaine avant la fin de ramadan.
Mr. Hassan Issa qui occupait également le poste de conseiller auprès du chargé de la défense de l’UFDD, a été conduit vers une destination inconnue et plus personne n'a eu de ses nouvelles. Selon un de ses proches, l'intéressé s'est exprimé ouvertement sur la gestion financière catastrophique  de son mouvement et la tenue du congrés dans l’immédiat pour restructurer l’UFDD.
  Plus de 2000 tchadiens injustement incarcérés dans des prisons soudanaises. Les détenus sont généralement des opposants soupçonnés d’intelligence avec l’ennemi c'est-à-dire le gouvernement tchadien. Il y a trois types de détenus.
 -Premièrement : ceux qui ont été dénoncés par les différents leaders de la rébellion tchadienne auprès de la sécurité soudanaise, pour avoir émis un avis contraire à celui de la direction rebelle.
  -Deuxième : ceux des opposants qui se rétractent à un moment donné, préférant  ne plus soutenir la rébellion.
- Troisième : il y a ceux qu’on estime populaire au sein de la rébellion et qui sont incarcérés sur instruction directe des leaders rebelles. On peut citer à titre d’exemple ceux qui ont eu la chance d’échapper après un séjour en détention, comme :le président des Forces Nouvelles Abidah Mahamat Gourbal l’ex-président du  Scud Yaya Dilo, le général Yaya Batit, le colonel Tourabi,
 le colonel Abdelmounim , Issakha Koty ou encore Mahamat Abbo Silek incarcéré pendant huit mois, ceux qui sont automatiquement liquidés comme les frères Abdelchakour abattus à Eljenina en 2006, pour avoir changé de camp et aussi ceux croupissent toujours dans les prisons celui du jeune  Capitaine  Houle Dj et le dernier Hassan Issa . 
 Malgré le SOS des prisonniers, leur cas n’intéresse ni le gouvernement tchadien encore moins les défenseurs des droits de l’homme.
 Mahamat Faudoul Rozzi
Membre de la résistance Nationale 

 

Lettre à Mr. le ministre de l'éducation nationale (VII).

(20/09/09)D’abord bonne fête a' tous les musulmans de la Planète (presque un milliard et demi des membres ou croyants.) Une autre chose, j'intitule ma lettre VII au lieu de V parce que dans ma lettre précédente je me suis trompé des chiffres. D'ailleurs les chiffres romains ne sont pas comme les chiffres décimaux qui sont plus faciles pour les êtres humains. Je Blague. J'aurais voulu écrire VI mais j'ai écrit IV par une erreur de vitesse. Sinon j'ai déjà adressé la lettre V au ministre de l'éducation depuis l'an 2008 ! J'ai l'intention d'écrire 10 lettres aux différents ministres de l'éducation. Mais ces derniers me découragent par leur silence. Voila' la 7ieme lettre mais ils n'ont jamais daigné répondre ne serait-ce qu'a' une seule de mes lettres. On dirait qu'ils s'en fichent pas mal des réactions des autres tchadiens. A cela' s'ajoute le détournement de 2 milliards de FCFA destinés a' ce grand département. Pauvre Tchad, après des massifs détournements a' la Douane et aux impôts, les cupides reviennent pour voler ce qui est sensé d'aider les pauvres enfants tchadiens pour sortir de l'Ignorance. Les mots nous manquent pour leur montrer notre désespoir et manque de confiance en vers de tels cadres sans scrupule. Mais on se console en se rappelant ces 2 petites expressions: « Toute chose a une fin » et « tout passe, la vie continue ».

Depuis un certain temps, le débat entourant notre système d'éducation a dérapé. Au lieu de parler de la qualité de l'éducation que le Tchad devrait offrir a' ses enfants, nous sommes pris dans des débats idéologiques (sur la corruption, sur les frais de scolarité, la gouvernance, la place du privé dans nos écoles ...). Si on n’essaye pas de sortir de tels débats, tôt ou tard, ca va nuire a' l'accessibilité et a' la qualité de l'éducation au Tchad. D'ailleurs, la qualité de l'éducation au Tchad est déjà médiocre. On ne peut pas en plus tolérer des cadres de ce département pour détourner des milliards qui sont sensés d'apporter un grand changement et sur l'accessibilité et sur la qualité.
Désormais, chaque idée devrait plutôt être analysée au mérite afin d’atteindre certains objectifs que les intellectuels tchadiens devraient se fixer en matière d’éducation. Que nous intellectuels de ce pays devrions comprendre une chose : Il n'y pas de développement sans une bonne éducation de base. Alors l'éducation doit être au centre de notre développement. Un développement qui ne sert pas seulement les intérêts d'une partie de la population (les mieux nantis ou les riches) mais bien ceux de l'ensemble de notre peuple.
Les taux de décrochage sont trop élevés au Tchad, ce qui est une catastrophe sociale et économique. Voila’ des années que nous nous le répétons. Tant que nous n’en ferons pas une véritable priorité nationale, ce problème de décrochage perdurera. En outre, rappelons que l’obtention des diplômes tels que le BAC ou le BEPC posent de sérieux problème dans notre pays. Dans 12.000 candidats au Bac combien d’élèves ont réussi au Bac cette année? Même pas 20%. Laissez moi vous donner une grande nouvelle. Au Québec, plus de 70% des jeunes ont obtenu un diplôme d’études secondaires l’an dernier. Malgré ce grand succès Madame la ministre de l’éducation du Québec Michelle Courchesne mise sur 13 actions pour faire passer ce taux d’obtention des diplômes a’ 80% d’ici 2020. La mise en place de ce plan nécessitera, a’ terme, des investissements de 160 millions de dollars par an (selon la même source). Pourtant au Tchad avec un petit taux de 20% de passage, aucune décision n’a été prise pour améliorer ce médiocre taux de passage.
En aout 1996, de Faya j’ai fait une escale a’ Ndjamena pour passer un mois dans la capitale et aller poursuivre mes études a’ Abéché. Vers le 15 septembre il y’a eu une grève de profs a’ Abéché. Alors j’ai prolongé mon séjour a’ Ndjamena. La’ j’avais un ami qui s’appelle Abdel Madjid Sabre qui était en classe de première au Lycée de la Liberté. J’ai posé a’ mon ami la question de savoir combien étaient ils dans leur classe? Il m’a répondu : « Nous somme presque 90 élèves dans la classe ». J’ai profité pour aller étudier un mois dans sa classe sans même m’inscrire. Je vous assure, jusqu'à mon départ pour Abéché vers le 15 octobre aucun professeur ni élève n’a su que je n’étais pas un élève en règle ( a’ l’exception de mon ami Sabre ). J’ai même passé quelque fois au tableau pour résoudre de petits problèmes de Math. Donc un prof, qui ne sait même pas qui est son élève régulier et qui ne l’est pas, ne peut pas aider ses élèves pour mieux apprendre. Selon une étude, si une classe a plus de 30 élèves, le prof serait dépassé c’est a’ dire il ne peut pas tout contrôler sur ses élèves. Il faut donc des mesures draconiennes, telle la diminution du nombre d’élèves par classe aux lycées soient prises.
Il faudra aussi sortir des sentiers battus et nous attaquer aux limites que nous nous imposons lorsque nous prolongeons le sous-financement de nos institutions et que nous continuons a’ imposer des barrières financières aux étudiants (surtout aux pauvres). Comme nation et comme notre pays est pétrolier, nous avons les moyens de nos ambitions. Il suffit d’avoir assez de confiance en nous pour prendre la voie du développement. Une éducation de qualité et accessible profitera a’ tous les tchadiens.
Dans ma lettre précédente et celle du directeur de publication du site web LibreAfrique nous avons mentionné l’utilité d’une Reforme. Si jamais le ministre Koko accepte de réviser la reforme scolaire (malgré qu’on a bcp entendu parler au cours du dernier mois des fraudeurs de tout acabit dans le monde de la finance et surtout la corruption de 2 milliards dans le département de l’éducation) je propose une dernière chose : Dans quelques écoles arabes du Tchad on enseigne aussi la religion. « L’école est le temple du savoir, de la science et de la connaissance. » disait Mr. Stan. Bcp des intellectuels du 21ieme siècle se posent la question suivante : « Qu’est ce que la religion vient faire la’ dedans? » Si quelqu’un veut enseigner a’ ses enfants que le monde a été créé en six jours, que le peuple de Nouh ou nohé (le 1ier prophète) a été noyé, que Jésus a été enfanté par une vierge, que Dieu a parlé a’ Moise par l’entremise d’un buisson qui brule sans consommer ou que Mohamed est le dernier prophète, c’est son droit le plus absolu mais qu’il le fasse chez lui, hors des heures de l’école et d’apprentissage. N’interprétez pas mal mes phrases. Je suis un musulman pratiquant. Au moment ou’ je vous écris ces lignes, je suis en carême. J’ai aussi eu le temps d’étudier 6 ans le cours coranique. Mais je pense sincèrement que pour enseigner ses enfants la religion, qu’on les envoie aux cours coraniques ou bibliques a’ la maison ou en ville. Pas a’ l’école.
Bref, la mission première de l’école est d’encourager les enfants a’ penser. Or comme dirait le polémiste états-unien Bill Maher, la religion est l’art de ne pas penser. La religion n’enseigne pas l’Esprit critique : Elle enseigne a’ croire sur parole sans jamais douter ni jamais remettre en question. C’est tout le contraire ce que devait prôner l’école. D’une part Bill Maher a raison. Il m’arrive aussi de donner raison au philosophe grec du nom de Protagoras qui disait : « Chaque individu croit ce qui est vrai pour lui, et personne d’autre que lui ne peut critiquer ses croyances ou ses valeurs. » Donc la religion n’a pas sa place a’ l’école qui est le temple de savoir. L’école est la’ pour apprendre aux enfants a’ émettre un JUGEMENT.
Avant que j’oublie, j’aimerais évoquer un grand objectif très essentiel. Cet objectif est de régler le sous-financement des universités tchadiennes. En effet on n’a pas des matériels nécessaires dans le réseau universitaire du pays de toumaii. Pas d’électricité 24/24. En tant que pays pétrolier, l’État doit investir la’ dedans et c’est la société toute entière bénéficie un jour de travail de nos étudiants.
Pour terminer, nous sommes tous conscients que le fardeau de la dette publique a atteint un stade inédit par contre investir dans l’éducation c’est toujours une bonne idée. Il importe donc pour le gouvernement de chercher a’ aller plus loin lorsque l’on parle de l’éducation. Désormais, l’État devrait être en mesure de jeter les bases d’un système d’éducation avec une vision de ce que devra être notre nation dans 50 ans voire 100 ans. Investir dans l’éducation est le meilleur moyen d’améliorer notre qualité de vie et notre démocratie. Tous ceux qui se croient plus importants et mieux tchadiens que certains tchadiens sont a’ mon avis moins éduqués. Sur ce, je vous quitte en vous rappelant ces propos venant de 2 grands intellectuels du 18ieme Siècle qui répondent aux noms de Leopold Sedar Senghor et Thomas Jefferson : « L’indépendance culturelle est le préalable nécessaire aux autres indépendances : politique, économique et sociale. » et « Il est dans l’intérêt de notre pays, et dans le devoir de ses dirigeants, de s’assurer que chaque citoyen reçoive une éducation propres aux conditions et a’ la poursuite de sa vie ». Merci pour votre lecture et bonne journée. Visitez www.enfantdutchad.com.
Votre ami et frère,
Programmeur et webmaster,
Mahadjir.Fils alias Enfant du Tchad
Montréal, Québec, Canada, Amérique du Nord.

 

Ambassade du Tchad à Genève : une mise au point nécessaire.

Par Talha Mahamat Allim
Genève, Suisse

(17/09/09)Par ces quelques lignes, nous voudrions mettre en évidence et porter à la connaissance de nos compatriotes le glissement dangereux qu’opère l’Ambassadeur actuel du Tchad à Genève quand il est mis face à ses responsabilités au regard de ses devoirs et des attentes de la population tchadienne, face aux dysfonctionnements de sa gestion et à ses insuffisances  vis-à-vis des défis actuels du Tchad. C’est aussi l’occasion de rappeler aux hautes autorités du Tchad qu’il est judicieux qu’elles prennent en compte les apports constructifs des tchadiens de tous bords quels que soient les canaux d’informations qu’ils utilisent, sans se laisser charmer par certains manipulateurs et déformateurs des faits ; ce qui compte avant tout ce sont les intérêts et l’avenir du Tchad.
Rappelons d’abord que, suite au constat des dysfonctionnements de la représentation diplomatique du Tchad à Genève, nous avons émis – à l’échelle interne – des critiques objectives et constructives en vue de l’amélioration du fonctionnement de l’ambassade et de sa contribution au développement du Tchad. Face à l’absence de dialogue interne malgré nos multiples efforts, nous avons été amené à rédiger un article intitulé «  Quelles reformes pour une diplomatie de développement au Tchad ? », qui a été transmis au ministère tchadien des relations extérieures et posté sur les différents sites Internet tchadiens gouvernementaux et non-gouvernementaux, tout en respectant le droit de réserve du diplomate.
Cet article a été fait dans l’unique souci de contribuer à redynamiser la diplomatie tchadienne et à susciter un débat tchado-tchadien sur le fonctionnement et l’efficacité de nos représentations diplomatiques, conformément aux priorités du Tchad et à la nécessité de son développement. Au lieu de cela, nous avons été démis de nos fonctions suite à des ruses et manipulations par ceux qui ont interprété cet article comme une éventuelle menace pesant sur leurs carrières, qui ont usé de notre soi-disant connivence avec la rébellion armée pour berner les autorités compétentes dans l’unique but de nous faire taire. Ces renards oublient que nous faisons partie des cadres techniques, dont l’un des rôles est de relever ce qui ne fonctionne pas bien et de proposer des solutions en vue d’une amélioration.
Au lieu de maintenir le débat au niveau des dysfonctionnements et de l’amélioration de nos représentations diplomatiques, l’ambassadeur du Tchad à Genève a transformé cela en une confrontation personnelle, à la fois sur le plan administratif et sur le plan privé. Fidèle à notre éthique, nous choisissons de rester sur le plan des dysfonctionnements pour mettre en exergue le fait que, animé par ce désir de confrontation personnelle, ce représentant diplomatique a piétiné intentionnellement les règles élémentaires de l’administration dans l’unique souci de faire du mal.
A titre indicatif, depuis mi-juin 2009, il  a usé de divers moyens pour nous mettre dans une situation délicate face aux autorités administratives suisses en recherchant l’annulation de nos titres de séjour. Ce qui est étonnant, c’est qu’il a entrepris cela sans nous en informer et avant même l’aboutissement de la procédure administrative d’application du décret présidentiel (N° 594/PR/PM/MRE/2009 du 3 juin 2009) mettant fin à nos fonctions. Il est ainsi sorti du cadre réglementaire de l’administration, ignorant le fait que tant que la procédure est en cours nous restons administrativement rattaché à l’Ambassade du Tchad à Genève. Même les documents administratifs auxquels il a apposé sa signature montrent que les démarches qu’il a entreprises depuis mi-juin auprès des autorités suisses sont administrativement et juridiquement infondées. Par cela, il n’a fait que révéler au pays hôte ses insuffisances dans la maîtrise des procédures administratives, tout en nuisant à l’image du Tchad.
Cela est révélateur d’une certaine incompétence et de l’état d’esprit qu’elle induit. Pour ne pas encourager le renouvellement, le renforcement et la perpétuation de ce genre d’attitudes au sein de nos représentations diplomatiques – qui, en passant, engagent le Tchad et les tchadiens, nous avons entrepris les démarches administratives nécessaires auprès des autorités compétentes pour faire corriger les erreurs qui ont été commises. Si ces erreurs persistent et que cela s’avère nécessaire, d’autres démarches qu’administratives sont envisageables. Nous espérons que les autorités tchadiennes sauront faire face aux ruses et manipulations, et qu’elles feront respecter l’esprit des règles et procédures administratives dont elles sont garant.
Au-delà de la fonction instituée du représentant diplomatique qu’assurent nos ambassadeurs, tout tchadien reste un ambassadeur de son pays dans sa vie quotidienne. Par ses pensées, ses sentiments, ses élans de désir et d’action, il reflète implicitement ou explicitement l’image  de son pays. De ce fait, nous nous devons de participer à l’effort déjà déployé par de nombreux tchadiens pour rehausser l’image du Tchad et contribuer à son développement. C’est dans cet esprit que nos articles sont rédigés et que nous allons les poursuivre.  
Talha Mahamat Allim.

 

Meurtre : le meurtrier Sogour Mourno sera-t-il sacrifié à l’autel de la réconciliation?

            (14/09/09)La tension autour du meurtre de M. Ali Mht Sourgouno monte d’un cran. Paix à son âme, Ali Mht Sourgouno n’est plus. Il est victime d’un assassinat lâche et crapuleux orchestré par un certain Sogour Mourno, un cousin germain du président Deby.

Ce meurtre intervint au lendemain d’une dispute larvée autour d’une propriété foncière.  En effet, tout avait commencé quand Ali - un Zaghawa Kobé de père Naoura et de mère Angou – partit visiter un terrain vierge appartenant à son oncle maternel, feu Hassan Terap. Il surprend le sieur Sogour Mourno entrain d’y construire une villa à l’insu du propriétaire bien sûr. Révolté par la confiscation de la propriété familiale,  la victime potentielle exige l’arrêt immédiat des travaux. Sogour ne l’entend pas de cette oreille. Il persiste dans son acte, qui était apparemment délibéré, en faisant savoir à son interlocuteur, qu’il compte quand même achever les travaux sur la propriété à laquelle il a simplement jeté son dévolu. Une altercation s’ensuit alors entre les deux hommes. Forcé à déguerpir, Sogour promet à son adversaire de lui faire payer son culot très prochainement; une menace que le défunt  n’avait certainement pas pris au sérieux.

En digne protégé du président Deby, l’intouchable tint ainsi son engagement en revenant à la charge quelques jours plus tard. Accompagné de deux autres complices, il retrouve Ali entrain de changer le pneu de son véhicule. Déterminé plus que jamais à laver l’affront, l’homme enragé descend de sa voiture et s’approche furtivement de son adversaire. Il dégaine et lui tire, par derrière et à bout portant, une balle dans la tête. Pire, pour assouvir sa vengeance, il passa avec son auto à travers le corps inerte de sa victime. Ce dernier acte est un message riche d’enseignements : il fait partie du groupe des Tchadiens qu’il ne faudrait surtout pas défier.

Enfin  satisfaits de leur forfait, le meurtrier et ses complices prennent le large. Cependant, le meurtre étant commis publiquement, l’identité des auteurs ne fut qu’un secret de Polichinelle. Alertée, la famille de la victime se mobilise et promet à son tour de se faire justice. D’ores et déjà, elle s’est emparée, en signe de provocation bien entendu, du troupeau de 250 têtes de chameaux appartenant à la famille de Sogour. Informé de la tournure désastreuse des événements, Idriss Deby rentre dare-dare de son puits natal d’Amdjeres et tente de faire la médiation. Il aurait déjà avancé sa première offre : livrer Sogour à la famille de la victime pour fin d’exécution et payer chèrement la « Dia » à la place des deux autres complices. Pour l’instant, la famille de la victime exige qu’on lui livre non seulement l’assassin, mais aussi ses deux complices.
En attendant de savoir si la famille du défunt tiendra elle aussi son engagement, l’on est tout aussi tenté de croire que c’est peut-être le meurtre qu’il ne fallait pas commettre.

Abdel-Rasoul Mht
             N’Djamena, Tchad

Question de la rédaction :
             Où se situe l’autorité de l’État dans cette affaire?

 

Les charlatans ou les voleurs à cravate.

(31/08/09)D'abord Ramadane Kerim a' tous les musulmans. Me voici de retour après 2 mois d'occupation ( en passant 10 ans dans un monde immense et froid j’ai décidé de visiter « Afrique mon Afrique. Afrique de fier. Guerriers dans la savane ancestrale. Afrique que chantent nos grands-mères au bord de leurs fleuves lointains…». Comme vous pouvez le constater on ne peut pas faire un voyage de 20.000 kms bredouille. Donc je travaille 70 heures par semaine. Je suis entrain de jongler entre 4 compagnies : Vinci Park a’ l’aéroport de Montréal le weekend, Petro-Canada, Uhaul et megaproblem. Ce qui m'empêche d'écrire comme d’habitude). Présentement je suis épuisé mais je trouve important de parler sur ce gros nuage qui assombrit le ciel, l'histoire des charlatans a' cravates.

Avez vous entendu parler de grandes scandales telles que celles d'Enron aux USA, Scandale des commandites et de Norbourg au Canada ? Depuis ces scandales inédites on s'intéresse a' ces voleurs en costumes et cravates. Déjà les juges et les populations en général semblaient excuser ce genre de crime puisqu'il n'y avait de violence. Mais les temps ont changé et tant mieux. Voici en dessous quelques exemples:

Conrad Black, qu'on a vu se pavaner dans les corridors du palais de justice de chicago, a déclaré coupable et a reçu une sentence de 6 ans et demi. J'ai déjà parlé sur ce monsieur il y'a quelques mois. Vous pouvez peut-être lire en visitant quelques sites web tchadiens.

Martin Tremblay, qui narguait la GRC (Gendarmerie Royale Canadienne), a été trouvé coupable et condamné a' 4 ans de pénitencier.

Bernard Madoff passera le reste de ses jours en prison aux USA. Il a été condamné a' 150 ans pour des fraudes totalisants 65 milliards de dollars (il semble être plus riche que Bill Gates avec ses 40 milliards).
Vincent Lacroix, qu’on a vu dans le medias plusieurs fois a été également déclaré coupable. Rappelons ce crapule sans scrupule a floué par terre presque 1000 petits investisseurs. Il y’a des vieillards qui devraient retourner travailler toute leurs courtes vies qui restent a’ cause de ce charlatan voleur en habit 3 pièces.
Les acteurs du Scandale des commandites ont été condamné et ont recu des sentences de 1 a’ 3 ans. Malheureusement pour les victimes, tous ces personnages vont payer un peu leur dette a’ la société, mais lorsqu’ils reprendront leur liberté, ils sont et resteront pour la plupart multimillionnaires. «  The world is not fair ». Quand on dit le crime ne paie pas, certainement pas dans leur cas.
Bcp des intellectuels se demandent «  quelle est la différence entre un voleur de Banque, voleur des maisons, voleur des animaux, voleur des voitures, coupeur des routes ou Bandits de grands chemins et un voleur a’ cravate ? » La réponse est flagrante. Les premiers utilisent la force pour commettre leur larcin; le deuxième utilise son génie. Mais quand même a’ la fin il y’a toujours des victimes.
Ces individus aux mœurs légères, crapules et sans scrupules qui ruinent les vies entières des autres ne méritent aucun pitié. Il est grand temps que les tribunaux nationaux comme internationaux reconnaissent l’importance du crime commis et sévissent en conséquence.
Dans la vie, on a toujours 2 choix, et ce, même quand on vient d’un milieu extrêmement démuni : Travailler honnêtement ou s’orienter vers les crimes. Je pense qu’il y’a moyen de se retrousser les manches, d’obtenir des diplômes et de se trouver un travail honorable. Mais il y’en a malheureusement aussi pour qui c’est plus attrayant et lucratif de s’orienter vers le vol, la drogue et les crimes. J’ai opté pour le premier. Je suis venu en Amérique du Nord en 1999. Depuis 10 ans je m’en vais matin et soir a’ l’école et je travaille parallèlement 25 heures par semaine. Ce n’est pas facile un tel sacrifice certes, par contre on sera fier de nous au bout de la ligne. Quand on se donne le meilleur de soi même on a la fierté du travail accompli. Il y’a 3 mois quand j’ai pu finir mes études, j’ai envoyé mes CV a’ 3 grandes compagnies. Comme mon CV est plein d’expériences de travail et des papiers (certificats, attestations, diplômes collégiaux et de surcroit comme je suis impeccablement bilingue) toutes les 3 compagnies m’ont appelé pour une entrevue. Et sans me vanter, toutes les 3 m’ont accepté. Comme j’ai envie de visiter « Afrique mon Afrique » j’ai opté pour le mieux payé. Ce n’est pas dans mon domaine. On fait des traitements de textes. On traduit des textes français en Anglais et des textes Anglais en Français. En outre, on traite des dossiers de crédits, civils et criminels ! Si j’ai un conseil a’ mes petits frères africains qui pensent que l’Occident c’est l’Eldorado, ils se trompent. Ici la belle vie ne se donne pas, elle se mérite. Oubliez la vie facile. Ici pas des faveurs pour un pauvre africain et de surcroit noir. Travaillez dure ou regagnez le bercail avant que ca ne soit trop tard.
Revenons au sujet. Je veux vous écrire sur une autre crosse inédite du siècle. J’ai suivi a’ la TV CNN, Andrew Cuomo, le ministre de la justice de l’Etat de New York, dévoiler des chiffre hallucinants. Citigroup, qui a perdu autour de 28 milliards dans la crise et qui a reçu 45 milliards d’aide du gouvernement, a versé 5 milliards de bonus a’ ses employés. Merrill Lynch, qui a perdu 27.5 milliards, a versé 3.5 milliards de bonus. La grande nouvelle arrive. Goldmans Sachs a versé ( réveillez vous) 20 milliards de bonus ( une moyenne de 700.000 par employé ). Tout ca, bien entendu, pendant que le pays traverse l’une de pires crises de son histoire.
Le gouvernement donne des milliards a’ des entreprises en faillite pour sortir de la noyade mais ces dernières utilisent une partie de cette aide pour féliciter leurs employés et enrichir leurs cadres supérieurs. Cela’ prouve que le monde actuel tourne pour l’Argent.
Une petite parenthèse : Il semble que les emmerdeurs devenus emmerdés sont les banques, les gosseurs de la Finance et les charlatans a’ cravate qui jouent avec l’argent des autres. Les charlatans ont toujours l’air de savoir ce qu’on ne sait pas. Ils se donnent des airs de divins quand ils tombent sur la manne et se défilent derrière l’imprévisibilité quand ils se plantent. Oh! J’ai oublié, la caisse de dépôt ( au Québec) a englouti 38 milliards a’ cause de suppositions, d’impalpabilités, de risques engagés par des innocents qui n’étaient des dresseurs de serpents de plastiques. Bref ils sont démasqués les charlatans a’ cravates. Il est clair qu’ils se sont faits fourrés par leur propre système, mais avec l’argent des pauvres ou des investisseurs.
Quand un de ces illusionnistes se trompe, ce n’est pas grave. Mais quand ils le font en groupe, c’est très grave. 1+1 ca fera 2, même si un charlatan nous fait croire que dans 52 mois, 2+2 feront 40.000. Un seul conseil : On travaille de notre mieux, on essaye d’en mettre de coté et attention ne confions pas cet argent arraché a’ la sueur de notre front a’ un fumiste, un idiot en Mercedes voire un charlatan voleur a’ cravate ou en habit 3 pièces.
Je devrais vous donner une bonne nouvelle avant de donner mon opinion en conclusion. Première fois dans l’histoire du Monde, un simple individu, un pauvre artiste a pu prouver aux yeux du Monde entier que la grosse corporation CINAR l’avait volé et il a réussi a’ la mettre a’ genoux! En effet Mr. Robinson avait intenté sa poursuite il y’a 14 ans. Il réclamait un dédommagement et une condamnation pour la violation de son droit d’auteur. Les intimés reconnus coupables dans cette affaire sont la Firme CINAR et ses fondateurs qui ont plagié l’œuvre de Robinson chez France Animation. Donc la cour supérieure a condamné le groupe a’ verser 5 millions de dollars a’ l’auteur Claude Robinson pour le plagiat de son œuvre Les aventures de Robinson Curiosité.
D’habitude dans la vraie vie les grosse corporations remportent presque toujours la bataille parce qu’elles ont plus d’argent, parce qu’elles peuvent se payer des meilleurs avocats, parce qu’elles ont des amis haut placés…Eh bien croyez le ou non, mais hier, c’est arrivé. Un artiste sans moyen a réussi a’ mettre son tout puissant ennemi par terre et a’ le faire déclarer coupable ! Cette bonne nouvelle a fait fondre en larmes bcp des gens honnêtes et intellectuels. Car ce n’est pas facile d’avoir confiance dans le système de justice. Jour après jour, a’ la Télé, on voit des bandits se la couler douce. Mais hier le pauvre artiste Claude Robinson a enfin sacré une volée a’ l’une de plus grosse maisons de production au Canada ( CINAR ). Claude Robinson a mené une enquête digne de Sherlock Holmes. Toutes nos félicitations.
Pour terminer, quelle méthode faut-il utiliser pour empêcher les charlatans a’ cravates de récidiver? La meilleure méthode c’est de ramener quelques vieilles traditions, comme la Pilori : Une structure de bois monté au milieu de place publique, qui coinçait la tête et les mains du voleur. Pendant une semaine les habitants pouvaient tirer des légumes pourris au visage du charlatan voleur condamné. En pratiquant cette vieille méthodes je pense que le nombre des voleurs a’ cravates pourraient diminuer. Merci pour votre lecture et Bonne journée.
Ps : Le site enfant du tchad est déjà en ligne. Vous pouvez visitez sur www.enfantdutchad.com.
Votre ami et frère
Programmeur et Webmaster
Mahadjir.Fils alias Enfant du Tchad.
Montréal, Québec, Canada, Amérique du Nord.

Goukouni Weddeye : restez vous-même

Le 19 août 2009, les Tchadiens apprennent le retour au Tchad de l’ancien -Président Goukouni Weddeye en compagnie de quelques fidèles. Rien de plus normal car tout Tchadien à le droit de rentrer dans son pays quand il veut, et d’en sortir quand il le souhaite. Cela fait partie des libertés fondamentales d’un peuple.

(21/08/09)Toutefois, le Président Goukouni n’est pas n’importe quel Tchadien. C’est tout de même le seul Président de notre pays désigné par consensus à l’issue des accords de Lagos en 1980, pour ramener la paix dans un pays meurtri par la déferlante haineuse des forces armées du Nord de Hissein Habré.

Cela ne lui enlève pas le droit d’aller et venir dans son pays, de s’y installer définitivement s’il le veut. Mais cela lui impose une responsabilité particulière lorsqu’il est amené à s’exprimer sur la question essentielle de la restauration de la paix dans notre pays

J’ai été et je reste persuadé que Goukouni Weddeye est l’un des hommes idoines autour desquels on peut amorcer un processus de réconciliation inter-tchadienne.

Lors de la rencontre de Libreville et N’djamena en juillet 2007, j’ai beaucoup aimé sa réactivité à l’égard des présidents Bongo et Déby chaque fois que l’un ou l’autre s’écartait des conditions indispensables au consensus inter tchadien et à la réalisation d’une paix juste.

Son voyage actuel semble se situer dans le prolongement de l’initiative de Libreville, avec semble-t-il l’engagement de s’installer au Tchad. Il s’agit là d’une requête constante de la partie gouvernementale Tchadienne. Cette demande maintes fois réitérée ne me parait pas scandaleuse en soi.

Elle traduit simplement le souci du pouvoir de contrôler la manœuvre et les éventuelles démarches à réaliser pour la conciliation.

Compte tenu de sa stature, de ses anciennes prises de position, du rôle qu’il peut jouer, l’ancien -président nous doit des propositions plus justes, plus en adéquation avec la gravité de la situation du pays Il ne doit pas parler de mécontents de l’extérieur et de l’intérieur «qui doivent ouvrir leur cœur à partir de maintenant, la main dans la main, pour construire leur pays plutôt que de faire la guerre».Goukouni Weddeye connaît les problèmes qui se posent au pays, notamment des déchirements qui entravent la recherche d’une paix juste.

Il ne peut ignorer les menaces sérieuses exercées sur le régime en place par les groupes politico- militaires organisés à l’est de notre pays qui auraient pris le pouvoir en l’absence du bouclier Français.

Sait-il aussi, que beaucoup de chefs de ces groupes sont condamnés à mort et qu’ils risquent leur tête s’ils suivaient son adorable conseil ?
A quels Tchadiens de l’intérieur s’adresse-t-il ?- A ceux d’en-haut qui ont tous les privilèges et pour qui Ndjamena est un véritable chantier expérimental ?
- A ceux d’en bas qui croulent sous le poids de la misère et regardent hébétés les fréquents défilés de machines de guerre achetées à prix d’or ?
Ceux là subissent les déguerpissements arbitraires, les conséquences sociales de décisions politiques inappropriées.

La société tchadienne reste violente par la faute des gouvernants, qui porte en eux la guerre comme la nuée dormante porte l’orage..
C’est pourquoi la réalisation d’une paix non exclusive est la revendication principale des populations tchadiennes qui souffrent de la guerre mais n’en vivent pas.
Faites rentrer tous les tchadiens de la diaspora et cela ne suffira pas pour avoir la paix véritable.

Par contre sa réalisation nécessite quelques conditions indispensables :
1 - Négociation et établissement d’un accord sans leurre avec l’opposition militaire. Rôle particulier de la communauté internationale dans l’organisation des pourparlers et la garantie d’application des accords
2 - Prise en compte et satisfaction des revendications de la société civile et des partis politiques
3 - Rétablissement de relations cordiales avec le Soudan et signature d’accords crédibles de non ingérence.


Le Président Goukouni est un des rares hommes susceptibles de faire entendre raison au président Idriss Déby, de lui rappeler quelques idées simples telles que :

1 - Lorsque notre Dieu tout puissant vous donne la grâce de conduire votre pays pendant presque 20 ans, c’est à vous de prendre la main comme au jeu, de proposer des solutions réalistes pour réunir la communauté nationale
2 - Les accords partiels ne mènent à rien ou conduisent à des drames
3 - L’unité nationale, le travail, le progrès, la liberté, l’égalité, sont des valeurs, cardinales et fondatrices de notre République. Et donc de la réconciliation nationale, de la paix. Leur respect l’honore.
4 - S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tout le monde.


Voilà ce que le Tchad est en état d’attendre de Goukouni Weddeye. Qu’il reste celui qu’il fût, conscient des véritables défis, avec le courage de dire à Idriss Déby les vérités parfois désagréables, qui sont toutefois le prix de la paix.

Fidel .MOUNGAR
Ancien Premier Ministre

 

DECLARATION DE TIMANE ERDIMI PRESIDENT DE L’UFR A L’OCCASION DE LA FETE DE L’INDEPENDANCE

Le 11 Août, fête de l’indépendance nationale est une journée qui marque la mémoire collective des tchadiens. Elle constitue aussi un tournant dans l’histoire du Tchad, qui acquit son indépendance après une colonisation française qui s’est caractérisée par sa brutalité et le manque de respect des droits élémentaires des tchadiens.
L’indépendance nationale n’a jamais été totale et notre peuple continue à vivre et à subir les séquelles d’une décolonisation tronquée qui n’a jamais consacré l’exercice des libertés et de la démocratie.
L’histoire du Tchad n’a été qu’une succession des régimes despotiques qui ont ravagé, pillé le pays, détruit son administration et maintenu le peuple sous le joug d’une dictature maladroite et inacceptable.
C’est ainsi que les luttes révolutionnaires depuis 1965 et les révoltes populaires qui les ont précédées, se sont intensifiées tout au long de notre histoire pour combattre et renverser la dictature.
Le combat du peuple tchadien pour sa liberté a contraint les dirigeants politiques a desserré la pression et instaurer quelques fois des semblants de démocratie qui très vite ont montré leur limite.
Le pouvoir d’Idriss Deby en est une parfaite illustration  après les espoirs suscités le 1er décembre 1990 d’un véritable changement. Le slogan « ni or, ni argent mais la liberté», s’est vite transformé par un autre « la matraque et l’injustice pour tous ». Les élections organisées à coût des milliards par ce régime corrompu, ne sont en fait que des farces destinées à perpétuer le régime sanguinaire de Deby.
Les richesses nationales sont dilapidées, les vaillants fils du pays sont contraints à l’exil et n’ont d’autre choix que celui des armes pour combattre et à anéantir cette dictature implacable et tous les prédateurs qui ont pris en otage notre grand et beau pays.
La création de l’UFR est une réponse à cette injustice et un espoir pour le changement et l’émergence d’un Tchad nouveau. Un Tchad de paix, d’unité et d’égalité où les libertés élémentaires sont respectées et où chacun peut vivre tranquillement sa vie et les inégalités fortement combattues.
L’ambition de l’UFR est aussi de mettre fin à l’enrichissement illicite  pour les uns et les maigres salaires et le spectre de la pauvreté pour les autres !   Notre jeunesse qui paye un lourd tribut dans cette guerre doit voir désormais des perspectives nouvelles s’offrir à elles.
Fini le temps où les nantis donnent les meilleurs éducations à leurs enfants, tandis que ceux des canuts  subissent de plein fouet les conséquences désastreuses du pillage national et se contentent d’un enseignement au rabais en fréquentant des écoles et des universités délaissés par l’Etat et Tréduit au délabrement.
Les derniers combats d’Am-Dam ont montré la volonté des forces de la résistance de renverser le pouvoir décadent et antinational de Deby et notre peuple doit garder l’espoir de voir ce régime corrompu et sanguinaire prendre fin.
 Nous avons pris l’engagement de nous battre et de sacrifier nos vies pour l’émergence d’une société nouvelle et nous partirons à l’assaut de cette dictature autant de fois qu’il le faudra. Nous ne renoncerons jamais à débarrasser le Tchad de cette bande mafieuse, inconsciente qui ne se pense qu’à s’enrichir, tuer, piller et violer.
L’UFR se prépare pour très bientôt  à attaquer de nouveau le fondement de ce régime et répondre ainsi aux aspirations de l’ensemble du peuple tchadien pour une société enfin libre, démocratique et débarrassée des délinquants et des despotes qui la dirigent.
Puisse ce jour de commémoration nous donner la force de tenir nos engagements et de continuer notre combat salutaire pour le bien de tous.
   Hadjar Marfaine le 11 août 2009
TIMANE ERDIMI
Président de l’UFR

 

Représentations diplomatiques du Tchad : des costumes trop grands pour certains Chefs de mission.

Par Talha Mahamat Allim
Genève, Suisse.

(06/08/09)A la veille de la fête nationale tchadienne et du début du mois saint du ramadan, nous voudrions tout d’abord souhaiter à tous nos concitoyens nos meilleurs vœux de santé et de prospérité ainsi que de paix et de développement pour notre cher pays, le Tchad. Aussi, permettez-nous de présenter notre profonde reconnaissance à tous nos compatriotes, notamment ceux exerçant dans les ambassades du Tchad à l’étranger et le Département des Relations Extérieures à N’Djamena, qui ont bien voulu apporter de nombreuses contributions riches et variées dans le débat constructif sur le fonctionnement de nos représentations diplomatiques afin d’impulser une véritable dynamique de progrès social, économique, culturel, scientifique, spirituel et politique à la hauteur des défis du monde actuel. Ce qui permettrait de rehausser l’image et la place du Tchad non seulement sur la scène régionale et internationale, mais aussi aux yeux des tchadiens et tchadiennes. Cette prise de conscience nous conforte dans notre combat pour une diplomatie du développement, celle qui ne se contente pas uniquement de porter les habits classiques de bienséance et de la mondanité mais qui contribue de manière efficace, cohérente et efficiente au développement réel du pays représenté, en l’occurrence le Tchad. Ce qui nous remplit d’espoir d’un meilleur avenir pour notre pays.

Cela ne peut être réalisé que si on est habité par une profonde conviction de défendre et de promouvoir l’intérêt général, c’est-à-dire d’être utile et efficace pour son pays, pour ses compatriotes, pour tous. C’est ce principe qui a guidé nos différentes analyses depuis quelques mois et qui va continuer à orienter notre combat intellectuel. C’est dans cette optique que nous aimerions préciser ici que ces analyses ne visent pas le représentant diplomatique en tant qu’individu, mais en tant qu’incarnation symbolique et institutionnelle de l’Etat qu’il représente ;  en d’autres termes, la manière dont il assume concrètement cette incarnation et non pas l’individu en tant que tel. L’ambassadeur, ce n’est pas seulement un titre mais surtout une fonction qui engage l’image et la vie de tout un pays, de tout un peuple. Le représentant diplomatique n’est pas seulement un individu mais un pays, un peuple. Ainsi, la personne qui assume cette fonction doit être à mesure de porter ce costume et de jouer ce rôle, sinon elle ne fait que coller aux apparences ; elle n’est pas à sa place ! Cela est d’autant plus exigé pour les personnes qui assument à la fois les fonctions d’Ambassadeur et de Représentant Permanent. Ce qui demande d’être ferme dans leur recrutement et d’éviter des parachutages de circonstances.

C’est cette précision que nous voudrions apporter dans le présent article en réponse à certaines personnes qui prennent les critiques de leurs fonctions de manière personnelle, confondant leurs positions de responsables publics et leurs ego, entachant leur fonction par leur égoïsme, leur égocentrisme et leur égotisme. 

Par ailleurs, certains de nos représentants diplomatiques oublient souvent qu’au-delà de l’œuvre de représentation et d’information, ils doivent protéger, négocier et promouvoir les intérêts du Tchad et des tchadiens. Ils se complaisent dans l’archaïsme et mesurent leur performance par la quantité de correspondances expédiées, surtout au pays-mère. Ils sont le plus souvent sans chaleur humaine, faisant tout pour réduire les contacts chaleureux et bienveillants avec leurs collaborateurs, ignorant que ce sont ces contacts qui construisent et consolident une équipe ; le savoir-faire entouré d’un savoir-être augmentent les chances de la performance de l’équipe. Ils oublient également qu’en dehors des discours et démarches officiels, l’obtention de bons résultats passe aussi par une bonne organisation et  un bon fonctionnement des structures diplomatiques, par des négociations et démarches de couloirs, renforcés par la manière de penser, de s’exprimer et d’agir. Ils préfèrent rester dans l’ombre, cultivant l’anonymat, comme s’il y avait des choses qu’ils aimeraient cacher ; ce qui est plus qu’étonnant à l’heure de nouvelles technologies de l’information et de la communication, d’autant plus que ces technologies ont déjà fait leurs preuves ailleurs en matière de contribution au développement.

Au regard de l’évolution actuelle du monde, un Chef de Mission se doit à lui-même et doit à son pays d’avoir une bonne culture générale, une maîtrise de certaines langues et certains outils technologiques, avec une bonne capacité de communication et une culture de la performance, ainsi qu’une volonté et une certaine capacité d’en faire bon usage et d’obtenir d’excellents résultats au profit de son pays. Ce que peuvent apporter les jeunes générations, mais elles se heurtent le plus souvent aux griffes des "faucons", prêts à défendre becs et ongles leurs postes et habitudes. Certains des anciennes générations peuvent aussi être source d’un apport substantiel, mais ils se heurtent à des manœuvres de découragement et d’autres subterfuges de la part de ceux qui ne veulent pas que les choses changent et qui cherchent à préserver leurs avantages.

Certains de nos Chefs de mission cherchent, par tous les moyens et en chaque circonstance, à maximiser leurs intérêts personnels, privilégiant ce qui peut leur apporter la reconnaissance des autorités hiérarchiques, une promotion, une certaine puissance dans le jeu du pouvoir, des privilèges symboliques et matériels ; le tout sur le dos de leurs collaborateurs qui sont le plus souvent à l’origine des réussites et mérites que s’attribuent ces Chefs. Il serait avantageux, pour la paix sociale, le développement et la prospérité de notre pays, qu’ils se fassent violence et brident leurs appétits matérialistes et leurs désirs frénétiques de reconnaissance et de pouvoir afin de revêtir les valeurs morales, avec un sens d’intérêts collectifs, de l’honneur, de la dignité et du respect pour autrui.

Ces observations ont été nourries par notre expérience dans l’Ambassade, Mission permanente du Tchad à Genève ; elles ont été renforcées par des échos qui nous sont parvenus d’ici et là. Ce qui nous étonne, c’est qu’à notre connaissance peu de choses ont changé dans cette Ambassade, Mission permanente ; même les règles élémentaires de l’administration sont piétinées. Si cela relève de l’ignorance, c’est compréhensible mais une formation continue en administration s’avère nécessaire. Par contre, si ça relève d’une simple méchanceté, c’est dommageable pour le responsable et pour la fonction qu’il assume ; le seul remède, c’est de songer à une autre carrière ! En passant, nous voudrions pointer du doigt la bassesse dans laquelle l’Ambassade, Mission permanente du Tchad à Genève est tombée : au moindre rappel, à la moindre mutation, les serrures des locaux abritant l’Ambassade sont démontés et changés sous le prétexte que le personnel rappelé ou muté pourrait revenir pour accéder à Internet, au téléphone, etc. Quelles dépenses inutiles ! Surtout quelle absurdité !

Nous aimerions que nos observations soient une source supplémentaire de motivation pour ceux et celles qui voudraient embrasser la carrière diplomatique ou de fonctionnaire en vue d’un véritable changement au profit de la population tchadienne. Nous nous réjouissons déjà de constater certains changements : à titre indicatif, au lieu de continuer à louer les locaux de ses représentations diplomatiques, l’Etat tchadien a entrepris d’acheter ses propres locaux ; ce qui nous semble judicieux et rationnel. Mais, il nous semble aussi sage d’une part de penser davantage au contenu qu’au contenant, et d’autre part, d’œuvrer réellement pour un véritable dialogue en vue de la réconciliation nationale et la consolidation de la paix au Tchad. Le fait que de nombreux tchadiens et tchadiennes s’intéressent à ce débat laisse entrevoir une lueur d’espoir et d’optimisme.

De manière spécifique, le Ministère tchadien des relations extérieures devrait prendre le flambeau et entretenir la flamme du changement créateur de paix sociale, de développement, de prospérité… La nature du site d’information sur lequel les différentes analyses et observations sont publiées ne devrait pas leur enlever leur pertinence ni être un obstacle à leur approfondissement en vue de l’adoption et l’application de propositions y formulées ; ça reste un débat tchado-tchadien qui n’a d’autre ambition qu’un meilleur avenir pour les tchadiens et une belle image du Tchad à l’étranger. Quel que soit le gouvernement en place, le débat se poursuivra tant que cette ambition ne sera pas réalisée. Alors soyons à la hauteur des costumes que nous imposent les fonctions publiques que nous assumons, et ne perdons pas de vue la raison d’être de ces fonctions dont le soubassement fondamental reste l’intérêt général avant les intérêts personnels ; sinon changeons de métier ! Rappelons que « les hommes passent, mais les institutions restent » ! Les jours, les semaines, les mois, les années qui viennent nous seront témoins.

Talha Mahamat Allim
hatalha@yahoo.fr

Annonce

Initiative citoyenne pour une conférence de paix au  Tchad

 

(27/07/09)Depuis plusieurs années, le Tchad est confronté à des multiples conflits qui restent d’actualité. Ils constituent un véritable obstacle à la sécurité, à la liberté, à la démocratie et au progrès de notre pays, sans oublier les innombrables victimes et destructions liées à ces conflits.

Partant de ce constat et eu égard à l’urgence d’une solution immédiate et durable,  un groupe de ressortissants tchadiens résidant à Genève s’est réuni pour en discuter. De ces discussions, il ressort qu’il est impératif qu’une conférence pour la réconciliation nationale et la paix au Tchad soit organisée à Genève, dans les meilleurs délais, avec la participation de tous les acteurs tchadiens et le soutien de la communauté africaine et internationale. Dans ce sens, une pétition réclamant l’organisation de cette conférence est en préparation et sera mise en ligne dans les prochains jours pour solliciter le soutien de tous les tchadiens et tchadiennes.

Ainsi, au nom de ce groupe, nous vous invitons à nous apporter votre soutien le moment venu, en ajoutant votre nom sur la liste qui accompagnera cette pétition en ligne. Nous vous remercions pour cet acte citoyen que vous allez poser en nous appuyant et espérons un soutien massif de votre part.

Le coordinateur
HAROUN ZORRINO
E-mail: zharoun@hotmail.com
             paixautchad@yahoo.

 

Rébellion tchadienne : ils tombent comme des fruits murs.

(27/07/09)Ils s’effritent. Les seigneurs de guerre tchadiens tombent comme des fruits murs. Mahamat Nour Abdelkerim est mis hors jeu. Eljineidi  travaille aux ordres d’un esclave selon ses termes, ce qui fait déduire certains qu’il est logiquement moins qu’un esclave ?   Hassaballah Soubiane vient de faire allégeance à Deby. Son parcours est connu et ressemble à tous les autres prédécesseurs chefs de guerre : de son tourisme armé au Soudan, il prouve sa capacité de nuisance (hommes et armes) puis la propose en vente à Deby. Quel est l’argument ? Rechercher la paix au nom du peuple tchadien. Voilà Soubiane a fait un tour chez Kadhafi pour faire passer la transaction et rentre pour toucher son magot à Ndjamena.

Hassabbalah Soubiane est un pauvre monsieur qu’on a pas encore fini d’humilier. On lui a collé en face au premier : « Article 1 : Le Respect de la Constitution de la République du Tchad. » Qu’est-ce que ça signifie? Ça veut Soubiane dit « amin » à la constitution qui autorise Idriss Deby à se représenter indéfiniment. Voilà la merde qu’on a fait avaler à Soubiane contre quelques millions de francs CFA. On verra bien si retour à Ndjamena, les crimes de Deby auront mystérieusement disparu le temps de quelques heures. 

 L’UFCD est saigné à blanc avec les multiples ralliements à son defaveur. Le chef Adouma Hassaballah est incapable de contrôler l’hémorragie.  Une lente agonie se pointe à l’horizon et bientôt  la vision pourrait s’assombrir pour basculer complètement dans le noir. Ça commence à murmurer que c’est le moment pour vendre les actions de nuisances armées avant que le cours à la bourse de l’affairisme armé ne s’effondre.  Qui entre Adouma, Nouri, Erdimi,
Koulamallah va suivre d’ici Soubiane ? Je vous laisse deviner. Nous autres,
nous connaissons déjà qui va se dépêcher pour aller lécher les chaussures de
Deby.

L’UFDD du général Mahamat Nouri a accouché tellement  de progénitures de groupes dissidents que cette bande est devenue comme une vieille dame d’où tous les enfants sont sortis du ventre. Elle ne garde que sa coquille, son enveloppe corporelle pour ses derniers jours. En attendant la grâce de Deby.

Timan Erdimi a été celui par qui, de l’histoire de la rébellion armée, la défaite ayant causée le plus de mal est arrivée. Timan est sorti de cette expérience avec une bonne raclée, assez sonné, doutant et se questionnant qu’est-ce qu’il est venu chercher dans ce bordel ? Incapable de justifier la défaite, incapable de mobiliser, incapable de tenir un discours rassembleur, incapable, incapable et incapable. Timan Erdimi est là et c’est tout. Kalass.

Les actuels chefs de guerre tchadiens sont finis. Ils ne recommenceront pas de sitôt l’aventure militaire à l’Est.
Leur âge les interdit. Les moyens des forces gouvernementales les dissuadent.
L’environnement social et la conscientisation font que le business n’est pas
assez lucratif comme il ya 10 ou 15 ans. Le temps a simplement changé et leur a imprimé  ses lois et vérités. Implacable ! Par le silence ou le non-verbal,
les seigneurs de guerre ont avoué et reconnu cette nouvelle réalité terrible et destructrice pour l’affairisme à mains armées.

Quoi dire d’autres ? Est-ce vrai que c’est la dernière génération des seigneurs de guerre tchadiens ? L’affirmation de Joe Al Kongarena sur le site www.librafrique.com annonçant la dernière génération des seigneurs de guerre tchadiens me paraissait tellement gratuite et superficielle il ya plusieurs mois. Aujourd’hui, elle me tombe dessus comme un coup de massue. Ce n’est pas l’analyse de Joe Al qui m’assassine et tue en moi tout engouement et espoir pour la résistance nationale. Ce sont les seigneurs de guerre eux-mêmes qui viennent établir la véracité de cette analyse et lui donne une allure prophétique.  Tous les signes, les démarches et les agissements des chefs de guerre  indiquent aujourd’hui que nous avons bien à faire à une génération de seigneurs de guerre appelée à disparaitre dans un avenir proche.

Les temps sont durs. Ce qui me fait encore trop mal, ce sont ces jeunes qui se sont voués corps et âmes à communiquer, à défendre, à argumenter, à promouvoir, à faire campagne pour la cause de la résistance nationale et qui ne sont même pas remercier, reconnus pour le sacrifice de leur corps et esprit. Les vieux trouvent la force dans les jambes pour courir seuls auprès de Deby et manger. Ah! Les temps sont durs.

Brahimy Mahamat Abdelkerim

 

Lettre à Mr. le ministre de l'Éducation nationale (IV)

(23/07/09) Le sujet de l’Éducation est déjà couvert par une pléthore des compatriotes intellectuels dont le grand frère Enoch Djondang dans le passé et Mr. AlKongarena récemment et que je n’ai rien de pertinent a’ ajouter a’ tout ce qui a été écrit. Mais au moins je vais me défouler. Apparemment notre pays le Tchad n'a pas eu une reforme scolaire depuis longtemps. Est-ce que la reforme scolaire qui existe déjà respecte bel et bel les petites règles d'apprentissage? Est-ce qu'elle repose sur les mêmes principes que des reformes similaires lancées dans quelques pays occidentaux (France, Belgique, Suisse)? Ou bien est-ce qu'elle ressemble plutôt aux reformes de quelques pays arabes (Arabie Saoudite, Égypte, Soudan)? Quelque soit la réponse à ses 2 questions, il s'avère qu'il y a une grosse différence entre l'éducation tchadienne et celles des pays cités ci-dessus.
Dans ces pays avancés, des qu'on voit que les résultats scolaires piquaient du nez, on arrête immédiatement la machine pour voir qu'est-ce qui ne va pas chez les élèves ou étudiants. La bas au Tchad, les responsables de l'éducation continuent de boire leur GALA jusqu'a' la lie. Pire encore, depuis un certain temps, les élites de notre société ont une grande peur de l'Échec et on dirait qu'ils ont un profond complexe d'infériorité face a' la culture. Donc ils essaient de faire passer au maximum des étudiants même si ces derniers n'ont pas le niveau nécessaire.
A titre d'exemple, en 1998, J'étais candidat au BAC. On était entre 90 et 100 élèves en TD. Durant l'année scolaire, ceux qui ont eu le moyen de passage (10/20) étaient autour de 30 élèves. Je pèse mes mots. Nous avions 10 '' TOM'' dans la classe mais 70% de mes camarades auraient été des ratés d'office ! Autour de 5% de mes camarades n’ont pas eu la fameuse moyenne de 5 (5/20). A Abéché en ce temps toute personne qui trouvait une moyenne de 5 ou moins serait exclue définitivement du Lycée.  Il y'avaient des camarades qui ne sont pas capables de poser une seule bonne question aux professeurs. Je connais des camarades qui n'ont posé aucune question durant toute l'année scolaire. La raison principale c'est qu'ils ne sont pas capables.
A la surprise générale, 90% de nous avons réussi au BAC. Incroyable mais vrai. Par contre dans des pays comme le canada il faut au moins 60% (12/20) pour passer. Pour cette raison quand certains étudiants tchadiens sans niveau trouvent leurs bourses pour aller étudier ailleurs (dans de grandes institutions), la plupart d'entre eux occupent la queue de peloton. Conscient de notre bas niveau, il m’a fallu prendre des cours de rattrapages surtout en Maths et base en informatique avant de poursuivre les études supérieures. Ces cours de rattrapage m’ont pris 18 mois mais je ne regrette absolument pas.
Le ministre devrait corriger les aspects les plus superficiels de la reforme « Tchadienne », comme l’allure des bulletins de notes. Bref il faut lancer une autre reforme et vite même si cela’ exige bcp d’argent. Il semble que tous les différents ministres qui ont passé a’ la tête de cette importante institution tournent cependant autour du pot pour ne pas dire ce qui crève les yeux : Qu’il s’agit d’un naufrage total dont nous allons tous payer le pris pour longtemps. Chaque ministre ne veut pas porter l’odieux d’admettre que c’est pendant qu’il était aux commandes que s’est enclenché ce dérapage colossale. Personne ne veut se faire dire qu’il a trop dormi en son temps, alors que s’accumulent les preuves de cet immense gâchis. Personne ne veut être le premier a’ admettre s’être trompé (pour peut-être ne pas en payer le prix politique ou pour ne pas donner des minutions a’ son successeur.) Alors on se renvoie la balle. Et les étudiants pendant ce temps? Un bachelier est incapable de faire son propre CV. Un breveté n’est pas capable de faire une demande ou des rapports. Un diplômé de CEPE ou un élève de CM2 est incapable d’écrire une petite lettre a’ ses amis. Il ne reste plus qu’a’ pleurer. Encore et encore.
Une petite parenthèse : Le Dr. Ali Abdramane Haggar a bien su le dire : « construire des infrastructures d’accord, mais des hommes avant… ». Au lieu de construire a’ coup des millions des écoles ici et la’, d’abord il faut former de bons profs et leur donner des matériels nécessaires. C’est inimaginable qu’un prof de Math du second cycle enseigne avec un seul vieux livre des années 1980 alors que nous sommes en 2000 ! Les exemples de ce genre sont plus que nombreux. Vous débloquez des millions de Fcfa, mais au lieu d’utiliser ces millions pour régler de vrais problèmes sur le Terrain, vous les utilisez pour flatter la structure dans le sens du poil. Vous faites plaisir aux bureaucrates, aux syndicats, aux fonctionnaires, aux poisseux de crayons…Il nous arrive de penser que le Tchad au grand complet souffre de cette étrange maladie. C’est toujours la structure en premier et le citoyen ensuite…
En général le Tchad est comme une grande pyramide de plusieurs étages. Le gouvernement est tout en haut (au sommet), et les citoyens tout en bas (au pieds du Mur). Régulièrement le gouvernement lance des billets de fcfa ou des petro-cfa par ses grandes fenêtres. Les citoyens sortent alors de leurs maisons et regardent les billets tomber du Ciel. Les billets flottent tout doucement dans l’Air. Ils passent devant l’étage des fonctionnaires, qui se servent. Ils passent devant l’étage des bureaucrates, qui se servent. Ils passent devant l’étage des corporations, qui se servent. Ils passent devant l’étage des syndicats, qui se servent. Ils passent devant l’étage des plantons, Karancarangs, Bogobogos et tous les autres petits voleurs illégitimes, qui se servent. Finalement, après que tout le monde soit servi, il n’y a que quelques petits billets qui tombent dans les poches des citoyens tout en bas dans les rues !!! Donc on veut que les plus nombreux billets tombent dorénavant devant la grande étage de l’Éducation pour pouvoir donner une bonne éducation a’ nos enfants et petits enfants car ils sont l’avenir même de la patrie.
Avant que j’oublie, est-ce que le nouveau ministre est au courant du décrochage scolaire au Tchad? Est-ce qu’il s’est posé la question de savoir pourquoi bcp des élèves et étudiants tchadiens décrochent l’école? Les raisons sont multiples. Je voudrais partager avec vous une petite causerie que j’ai eue avec mon neveu (fils ainé de ma sœur ainée). Mon neveu en classe de 2nd me reprocha l’autre jour de dramatiser : Un pompier a’ l’Asecna, disait il, gagne plus au Tchad que bien des ingénieurs ou des docteurs. Au sens strict, il a raison. Question d’offre et de demande. Et nous avons évidemment besoin des pompiers qualifiés. Mais le simple fait de raisonner de cette manière est révélateur d’une certaine conception des choses. Ses amis qui ont tous lâché l’école vivent mieux que lui, ajouta t’il ! Ce que mon neveu oublie, ce ne sont pas tous ceux qui ont quitté l’école vivent mieux que lui. Bref, on abandonne l’école pour mille et une raison, mais l’appât du gain, l’envie de se payer vite des choses, l’envie d’être riche au plus tôt possible est un des motifs fréquents. Je ne peux pas le prouver mais je suis persuadé qu’il est plus fort qu’au Tchad qu’ailleurs dans le Monde.
Derrière la question scolaire, c’est tout notre rapport a’ la culture qui est en cause au Tchad. Ce n’est surement pas un hasard si les tchadiens fréquentent si peu les musées, si le relâchement généralisé de nos deux langues (officielles) écrites et parlées ne trouble pas grand monde, si enfin l’intellectuel est vu chez nous comme un docker au grand Marché de Mil. ( je m’excuse de l’expression).
Mr. Le ministre, l’Éducation au Tchad va mal. Elle va du mal en pire. Un enfant finit son primaire sans savoir lire et écrire. Il passe au secondaire. Finit son secondaire sans savoir s’exprimer et faire des analyses ou des dissertations. Un bachelier n’est pas capable de faire des rapports. Bref veuillez redonner aux profs, aux écoles, aux commissions scolaires ( s’il en existe) le pouvoir que leur a confisqué la bureaucratie pour rendre les écoles plus souples, efficaces, adaptées et responsables que celles des autres pays pétroliers et avancés !  Une nouvelle reforme scolaire s’impose.
Pour terminer, je me permets de copier et coller quelques belles idées du directeur de publication de LibreAfrique Mr. AlKongarena qui semble mieux raisonner que moi sur certains points. Après tout je voudrais insister sur la nécessité d’une nouvelle reforme. Joe écrit :
«  Les équipements techniques utilisés dans nos écoles, parmi les plus archaïques sur terre, ridiculisent la pertinence des compétences pratiques acquises en cours de formation. Conséquence : En termes de résolution autonome des problèmes, les finissants de notre École en général montrent très vite leurs limites. Il ya un terrible défaut de spécialisations, de compétences pratiques, de méthode efficiente de travail ou tout simplement de crédibilités et du sérieux. Sachant cette triste vérité, les employeurs vont chercher ailleurs des mains-d’œuvre plus qualifiées ou aptes à techniquement se mettre à jour rapidement pour répondre à la concurrence rude et pressante des nouveaux marchés. »
« Les violences verbales voire physiques entrainant les décrochages scolaires : les violences envers les élèves pour obtenir leur sujétion  (humiliations devant les condisciples du genre « tu ne vaux rien !» ou toute autre forme de dénigrement, manque d’écoute et absence d’encouragement )  sont des éléments qui alimentent le décrochage scolaire parce que l’élève se convainc à tord, voire par l’attitude de  l’enseignant lui-même, qu’il n’a pas sa place à l’école. »
Enfin « Nous ne trouvons aujourd’hui que des raisons qui doivent nous pousser à repenser notre système éducatif, le reformer totalement et lui donner de nouvelles justifications et son sens afin qu’il continue sa mission qui est celle d’instruire; de former des jeunes Tchadiens et Tchadiennes capables d’évaluer par exemple les enjeux des débats politiques et des lois qu’ils seront appelés à arbitrer ou voter; de produire des jeunes actifs, indépendants, entreprenants plutôt que passifs et dépendants. » Merci pour votre lecture et bonne journée.
Votre ami et frère
Programmeur et Webmaster
Mahadjir.fils
Amérique du Nord.
NB : Je viens de mettre sur pied un site Web que je baptise Enfant du Tchad. Ce site sera dédié a’ tous les enfants tchadiens (filles comme garçons) sans distinction. Enfant du Tchad sera en ligne éventuellement. Je suis présentement trop pris mais j’essaierai de mon mieux. Thanks one more time.

 

Pourquoi s’en prend–on  à la  résistance armée actuelle ?

(06/07/09)Je n’ai pas une réponse approprié à cette question , mais il me semble qu’actuellement  c’est  une   énigme aux  résistants résolument sincère et cette  question  est interssente et  amusante aussi à vrai dire,  personnellement  je suis partagé s’il y’aurait  une formule intermédiaire.  
Et  cependant j’ai l’ultime  conviction que c’est la seule issue(on ne dit jamais assez)  de sauver le pays de cet otage actuel, même si cela est répétitivement argumenté par la jeunesse  partisane de la résistance qui n’ont  eu aucune tâche politique dans les régimes successifs et surtout propre politiquement parler. Si on peut se  permettre  et croyez moi ,il n’y a pas que ces vieux chacals de la  politique Tchadienne qu’on les voit défilés à la tête de la résistance , et loin de là  pour  que la révolte actuelle perte son substance et fera l’objet des critiques insensés et sans proposition envers cette résistance légitime de la jeunesse Tchadienne, qui fait de la désobéissance civile un cheval de bataille contre ce  mal imposé ..
 Mais ici je parle  de ceux  qui résistants par amour de leur patrie d’apporter un changement radical et en fin le  voir libre. Au fait, c’est à vous de voir mais ce n’est pas par amour de la violence que ces enfants accroupissent avec leurs armes à la main derrière les arbres et les  grottes dans cette contré du Tchad. Car ils ne rêvent que du départ de Deby et que Dieu exauce leur vœux. Pour nous, leur aspiration est légitime et leur  combat est juste parce qu’ ils n’ont pas  d’ autres choix .
Cette  voix d’opposition violente actuelle pour parler terre à terre, on est dans une impasse chers compatriotes. En effet, la brutalité a été imposée aux enfants du Tchad par  cette façon amère de conquête du pouvoir. C’est pour cela  qu’on a besoin de  l’unité des Tchadiens meurtris dans leurs âmes et elle  doit s’imposer pour gagner la confiance du monde qui nous entoure et 
celle des Tchadiens  qui sont encore réticents sur le choix des leurs compatriotes résistants.  cette violence doit s’arrêter mais à condition qu’elle chasse celui qui la imposée contre la volonté de tous .
En fin, j’ai toujours prié pour  que cette guerre sera la dernière entre tous les fils du Tchad  après Deby.
 
C’est plus qu’une évidence, voyons déjà au rabais,  sans trop s’étaler sur les évènements  politiques, Il n’y a  pas eu une opposition démocratiquement  crédible depuis la  dernière modification de la constitution qui a  permis à Deby de  prolonger  son mandate  à  l’infini, c’est ce que j’ai appelé «  la boucle est  bouclée» .D’ailleurs même  celle d’avant avait  juste un semblant de crédibilité mais  pas plus ,puisse qu’ elle n’a jamais eu l’ occasion de caresser  et de  jouir pleinement  des activités réellement  démocratique dont  les Tchadiens ont cru et  espéré dans le discours du 04 décembre 1990. Alors nous voilà en vain les armes à la main.
Dans la même logique ,on constate toujours que l’ensemble des  partis politiques actuels  sont des partis satellites,   l’armée  n’a rien de nationale, une gestion administrative archaïque, des commerçants invétérés, une jeunesse désœuvrée,  des cadres pervers ,  en sommes on ne peut  qu' être déçu de la gestion actuelle du pays c’est pourquoi la révolte du peuple est méritée.
 On a beau cru à quelques choses au début  de l’annonce de la démocratie par notre jeune président à l’époque, mais  épargner moi des détails car le bilan politique de Deby par sa médiocrité  prouve qu’ on assiste  au grand jours  à  la vulgarisation de l’opportunisme, le  clientélisme et une politique « nationale »  exclusive…qui consistent à organiser des parodies
d’élections qui ont fini par agacé les tchadiens.
 
Dix neuf années de règne d’un clan insouciant à l’intérêt commun , on ne dit jamais assez  avec ce résultat  macabre .
Au lieu de jouer leur véritable rôle auxquels elles étaient destinées naturellement, les associations de la  société civile se sont transformées  en guignols à la solde du « régime » avec des organisations des marches, des communiqués des condamnations  monnayé par de l'argent des contribuables tchadiens.
Ceci  justifie t-il l’action de la Résistance comme une agression étrangère ?quelles hypocrisies ! ou quoi dire chers concitoyens éclairé ?
 
Et alors qu'en même temps, les discours de Deby sont sans ambiguïté par leur  rejet du dialogue ,il pense profondément  que le Tchad est  en paix.  le paradoxe ,il l'a  dit lui même par apport à l'alternance pacifique  souvenez vous  de sa fameuse phrase : "je ne suis  pas venu par un billet d’Air  Afrique".. C’est aberrant quand même si on constate  cet
’écart de langage et le balbutiement de cet homme.
 
Et encore, on nous dit qu'on est en démocratie avec une presse quotidiennement intimidée et  bâillonnée ,des fermetures des radios sans raison valable, des  interdictions des manifestations pour des causes  juste( telle que la manif des femmes contre la vie chère), des déguerpissement  des quartiers de la capitale selon l' humeurs du jour des autorités  ,bref notre pays va mal dans cette règne  doré des Itno. 
 
Toutes les indications sont au rouges selon  les rapports des institutions internationales et au vu de la réalité que nos compatriotes  vivent au quotidien, je dirais  on n’a pas besoin de fabriquer des loupe ou d’être spécialiste d'une science quelconque  pour regarder  et  alerter  ce  danger qui  sévit dans notre patrie. On pourrait utiliser tous les moyens notamment  par la volonté politique pour secourir  notre pays qui est aux antipodes chers compatriotes .
Toutefois  l’évincement de ce « régime »  serait   évident dans la mesure où tous les compatriotes arrive à réaliser ce chaos  dans lequel Deby a   entraîné le pays.
  le Tchad est  doigté en  permanent  défaillant et  jamais le meilleur  depuis l’arrivé du MPS et  il est le  dernier  au monde. Selon l’UNESCO , le Tchad occupe le dernier rang dans le système éducatif .
En outre  il  figure  parmi  les sept premiers pays au monde détenteur  de flambeau de la   corruption , des députés «  mandaté »  pour 4 ans  alors qu’ils  sont à leurs 7ème année ,des autorités publique dédaignent  les  décisions de la justice, des hommes considérés comme de vulgaire mercenaires hier,  aujourd’hui sont des hommes d’Etat  au arène du pouvoir . il y’a des multiples exemples de dysfonctionnements  et  des contradictions de ces genres dans les institutions  du pays , bref  le Tchad est  laissé à la guise de Deby et il ne sert à rien de s’attarder dessus car  l’incurie politique de ces hommes au pouvoir  n’est plus à démontrer , quant aux opposants « démocratique »  certains se   sont résignés et bloqués dans leurs rêve , d’autres suivent tranquillement le cri de leurs ventre , ainsi  la galerie est amusée..
Autrement dit notre pays est actuellement à la merci de la girouette  avec ces autorités aux mœurs légers. Alors voilà on est   tous devant ces maux qui minent le pays et on remarque que certains « intello » se trouvent le plaisir de s’attaquer à la révolte
actuelle comme si elle est partisane ou propriété des  certains Tchadiens mais non ! , à notre niveau  on peut dire que  la question  de la résistance est un droit constitutionnel et  elle n’a pas raison d’être poser, puis qu’ on estime être en accord avec  ce droit.
l’ennemi actuel du pays est Deby et  il lui appartient de convaincre le tchadiens à ce  que les armes se taisent à jamais. Arrêtons de caricaturer  l’opposition armée  lors que le mal est connu  et identifié.
 
 Djibrine abakar khirachi

La diplomatie tchadienne : des cliques et leurs bénis oui-oui à l’action réfléchie et efficace.

(03/07/09)Nous avons fait observer dans nos analyses précédentes que l’influence diplomatique du Tchad sur la scène régionale et internationale ainsi que la contribution de sa diplomatie au développement local et national dépendent entre autres :

- de l’efficacité, de la cohérence et de l’efficience de la politique intérieure et extérieure du Tchad ainsi que de son financement adéquat;
              - de la volonté de nos décideurs politiques et de leur capacité à placer les personnes qualifiées et compétentes à la place qu’il faut pour mener à bien cette politique ;
              - de l’implication effective et soutenue de chacun(e) de nos compatriotes en général, et nos cadres diplomatiques et techniques en particulier, dans la définition et la mise en œuvre de la politique intérieure et extérieure du Tchad ;