Présentation succincte du CNR
Le Conseil National de Redressement du Tchad (CNR) est une
organisation politico-militaire créée le 21 juin 1992 par des
opposants au régime dictatorial et clanique de M. Idriss Deby, sous
la direction du colonel Abbas Koty Yacoub.
Les nombreuses violations des Droits de l'Homme, la navigation à
vue, la gestion calamiteuse du pays, l'insécurité permanente et les
divergences chroniques survenues au sein du Mouvement patriotique
du salut (MPS) montrèrent très tôt la nature dictatoriale du nouvel
homme fort de N'djamena qui, une fois au pouvoir, a renié les
valeurs de justice, de démocratie et de progrès social pour
lesquelles de nombreux fils du Tchad se sont sacrifiés.
Une fois assis dans le fauteuil présidentiel, le colonel Deby,
entouré de sa famille et de quelques tchadiens opportunistes,
véreux et de moralité douteuse, a instauré fermement un régime
dictatorial et clanique : concentration de tous les pouvoirs entre
les mains de sa famille, exécutions sommaires d'opposants
politiques (Bisso Mamadou, Maitre Béhidi…), assassinats crapuleux
de paisibles citoyens (Maxime Koudingar, Aldo Madjigoto, Djirabé
Declaud…) et élimination et humiliation des compagnons de lutte
(Maldoum Bada Abbas, Ibrahim Al-Yass, Ketté Moïse Nodji…), pillage
de l'économie nationale, l'embrigadement de la justice,
délaissement de l'éducation et du social…
Les citoyens sont dépossédés de leurs biens (maisons, terrains,
motos, bijoux…) et de leurs droits élémentaires. La paix, la
sécurité et la liberté tant attendues ne sont que désillusions.
L'insécurité gagne chaque jour du terrain.
Les nouvelles espérances du peuple tchadien ont été très vite
déçues car, sous le couvert du pluralisme le président du MPS,
soutenu par des forces extérieures, utilise sans vergogne la
division, le mensonge, la corruption et la répression comme
méthodes de gouvernement pour asseoir son pouvoir entraînant les
massacres des populations innocentes, la haine et les divisions
entre les différentes communautés ethniques et donnant naissance à
des soulèvements qui aboutirent souvent à des oppositions
armées.
Devant l'absence de toute possibilité de dialogue et face au
simulacre de démocratie qui a rendu impossible l'alternance
pacifique dans notre pays, un certain nombre des patriotes
décidèrent de s'opposer résolument à la dictature clanique par tous
les moyens politiques, diplomatiques et militaires et d'en finir
avec le régime rétrograde et antinational du MPS en vue d'instaurer
un État de droit et une véritable démocratie au Tchad. C'est ainsi
qu'est créé le Conseil National de Redressement du Tchad
(CNR).
Le CNR est un mouvement nationaliste et progressiste qui regroupe
les Tchadiens de toutes les couches sociales sans tenir compte des
considérations ethniques, régionales et religieuses en vue de la
réalisation des objectifs définis ci-dessous :
- Combattre par tous les moyens politiques, diplomatiques et
militaires le régime dictatorial et clanique de Deby en vue
d'instaurer un État de droit et une véritable démocratie;
- Restaurer la sécurité, la paix, la stabilité politique en
réalisant la réconciliation et l'unité nationales avec toutes les
oppositions de l'extérieur comme de l'intérieur ;
- Réorganiser toutes les forces de défense et de sécurité ;
former une armée véritablement nationale au service du peuple et du
développement et dissoudre toutes les forces armées
parallèles;
- Doter le pays des institutions fiables capables d'instaurer et
de renforcer un Etat de droit, une bonne gouvernance et une vie
démocratique garantissant les libertés, les droits économiques et
sociaux des citoyens ;
- Restructurer l'économie nationale tout en préservant les
secteurs vitaux et redynamiser l'administration publique en
reformant les structures financières de l'Etat et en luttant
résolument contre la corruption;
- Reformer l'appareil judiciaire en lui rendant toute son
indépendance pour qu'il rende une vraie justice pour tous ;
- Développer une politique extérieure et de coopération active
avec tous les pays épris de paix et mener une politique de bon
voisinage ;
- Garantir la laïcité de la République du Tchad.
Depuis sa création en 1992, le Conseil National de Redressement
du Tchad (CNR) doté d'une direction politique et d'une force armée
structurée en petites unités, contribue activement dans la
recherche d'une solution politique au drame tchadien (sa
participation à la conférence de Franceville en janvier 1996 et son
rôle dans la coordination des mouvements politico-militaires…).
Malheureusement, le CNR s'est heurté à l'absence de volonté
politique de la part du président Deby.
Les forces combattantes du CNR opèrent dans la région de l'Est du
Tchad à la frontière du Soudan et de la république centrafricaine
(RCA). Toutefois, compte tenu des moyens militaires, financiers et
politiques colossaux déployés par le gouvernement du Tchad contre
le CNR, ce dernier est amené à adapter sa tactique de lutte en
fonction de la situation sans pour autant changer de
stratégie.
De 1992 à 1993, le CNR fut dirigé par le colonel Abbas Koty Yacoub,
élu au congrès constitutif de Maroua (Cameroun). A la suite des
manœuvres de «médiation» conjuguées entre le Soudan et la Libye, le
CNR fut contraint de signer le 16 Octobre 1993 à Tripoli, un accord
de réconciliation et de paix avec le régime de N'djaména. En dépit
des assurances données par le gouvernement du Tchad aux deux pays
«médiateurs» sur la sécurité du colonel Abbas et ses compagnons, M.
Deby fit assassiner le premier président du CNR, le commandant Adam
Açyl et d'autres militants, le 22 Octobre 1993. Le régime arrêta et
jeta en prison sans procès de nombreux militants du CNR dont
Bichara Digui Arou, membre du Bureau politique du CNR chargé de
l'économie et des finances (qui sera d'ailleurs assassiné lâchement
à son tour par un commando de la présidence, le 16 août 1996)
mettant ainsi fin les accords de réconciliation et de paix signés
avec le CNR.
De 1995 à 2003, la direction du Conseil National de Redressement du
Tchad a été assurée par M. Hissein Koty Yacoub qui était déjà
membre du Bureau politique, chargé de la logistique.
Actuellement, le CNR est dirigé par le Dr. Bichara Idriss Haggar
précédemment membre du Bureau politique chargé du Département des
Relations extérieures, de Coopération et Porte-parole du
mouvement.
Durant toutes ces années de lutte contre la dictature clanique, le
CNR a traversé bien de dures épreuves et connu des hauts et des
bas, mais sa détermination à poursuivre la lutte jusqu'à la
victoire finale demeure intacte. Car, le CNR reste plus que jamais
convaincu qu'il n'y aura ni paix, ni stabilité ni alternance
politique par la voie des urnes au Tchad avec M.Deby au pouvoir.
Que les Tchadiens ne se fassent pas d'illusions. Croire à une
quelconque cohabitation avec le président actuel relève d'une
naïveté politique car, l'homme de Bamichi ne changera jamais.
Aussi, pour éviter de faire perdurer la situation catastrophique
dans laquelle se trouve plongé le pays, le CNR renouvelle son appel
à tous les Tchadiens épris de paix, de liberté et de justice de
mettre au rebut leurs préjugés ainsi que leurs querelles stériles
afin qu'ils se joignent à sa cause pour combattre résolument la
dictature clanique.
Le CNR se veut, par conséquent, un mouvement national rassembleur
qui lutte objectivement pour un vrai changement au profit de tous
les Tchadiens.
Qui est Dr. Bichara Idriss Haggar, Président du CNR ?

Originaire de Biltine, Bichara Idriss Haggar est né en 1952 à
Bakaoré, dans la sous-préfecture d'Iriba où il a fait ses études
primaires avant de continuer au lycée Franco-Arabe d'Abéché puis au
Lycée Félix-Éboué de N'djamena. Titulaire d'un Bac (D), il
bénéficie d'une bourse d'études et part pour la France en octobre
1972 où il fréquente des différentes Universités et grandes Écoles
professionnelles.
Titulaire d'un Doctorat d'État en droit, avec mention très
honorable et d'un Diplôme d'Études Approfondies (DEA) en Politique
et Droit de Développement de l'université de Poitiers, d'une
Maîtrise en Administration Économique et Sociale de l'université de
Tours, d'un diplôme d'inspectorat des Impôts et Taxes de l'École
nationale des impôts de Clermont-Ferrand, le Dr. Bichara I.Haggar
rentre au pays en janvier 1984, pour apporter sa modeste
contribution au développement du Tchad.
Il a exercé des fonctions de directeur général de l'École nationale
d'administration et de la magistrature (1984-1989), d'enseignant à
la faculté des sciences économiques et juridiques de l'Université
du Tchad (1984-1992), du président du Conseil d'Administration de
la STEE (1989-1991).Il fut membre de la commission technique
Tchad-Libye sur le différend frontalier (1988-1990).
Il a occupé également des fonctions politiques telles que membre du
comité central (1984) puis secrétaire exécutif deuxième adjoint
(1988) de l'UNIR. A la prise du pouvoir par Deby par la force, en
décembre 1990, il prend ses distances vis-à-vis du régime MPS et se
consacre principalement à l'enseignement. En juin 1991, il fut
nommé directeur des Impôts et taxes mais cette nomination n'a pas
empêché le Dr. Bichara de militer ouvertement dans l'opposition
«démocratique».
Après la publication de l'ordonnance N°15 en octobre 1991
légalisant la création des partis politiques, il participe
activement à la création du Rassemblement pour la Démocratie et le
Progrès (RDP) en décembre 1991 et devient membre du Directoire et
responsable de la commission de politique générale au sein du
mouvement.
Emprisonné en janvier 1992 pour ses opinions politiques par le
président Deby puis libéré sous la pression des organisations de
défense des Droits de l'Homme, le Dr. Bichara continue sa lutte
sans relâche contre le régime dictatorial et clanique de
Deby.
Constamment surveillé par la police politique, il fut contraint de
quitter le Tchad en juin 1992. Conscient que le régime de Deby ne
peut comprendre que le langage de la force, il crée avec le colonel
Abbas Koty Yacoub en juin 1992, le Conseil National de Redressement
du Tchad (CNR), un mouvement politico-militaire pour combattre le
régime MPS par tous les moyens en vue d'instaurer un État de droit
et une véritable démocratie capable de faire avancer le Tchad dans
la voie du développement économique et social. Élu membre du Bureau
politique au Congrès de Maroua, en décembre 1992, il fut chargé du
département des relations extérieures et de coopération et
porte-parole du mouvement.
En décembre 2004, Dr. Bichara Idriss Haggar est élu président du
CNR.
Il est auteur de deux livres intitulés: « Tchad:
Témoignage et combat politique d'un
exilé » et « FRANÇOIS
TOMBALBAYE 1960-1975 Déjà, le Tchad était mal parti !
», parus aux éditions L'Harmattan respectivement en 2004 et 2007.
Installé au Canada depuis décembre 1998, il lutte sans relâche pour
un tchad libre, juste, démocratique et prospère.
Il est marié et père de quatre enfants.